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 GUET-APENS

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Tanlee
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MessageSujet: Re: GUET-APENS   Dim 16 Nov 2008 - 18:56

- Appelle les autres, demanda Elle à l'informaticienne, le jeu va changer.
L'ex-profiler ne parvenait pas à détacher son regard de l'écran. Reid n'était plus que l'ombre de lui-même. Les yeux enfoncés dans leur orbite, cernés, la lèvre éclatée, les pommettes écorchées, il tenait à peine debout. En fait, Elle était en colère. Ce qui la faisait enrager avec tant de force était que son compagnon ne cherchait même pas se défendre, juste à se protéger des coups de l'ours. Elle était presque en colère contre lui. Mais il l'avait averti : il ne lâcherait plus rien parce qu'il y avait trop à perdre. Mais à perdre quoi ? Sa dignité lorsqu'on suppliait, la confiance en soi en révélant à l'agresseur la partie la plus fragile de soi, des moments de vie, des terreurs, des peurs infantiles. L'agent du FBI et ex-profiler qu'Elle abritait encore quelque part en elle approuvait la résistance et la détermination de Reid mais la compagne qu'elle était pour lui ne pouvait s'empêcher de penser qu'il agissait comme s'il n'avait plus rien à perdre : la vie, ce qu'ils avaient construit ensemble... Qu'en faisait-il ? Cela représentait-il si peu à ses yeux ?

@@@


- l'agent Derek Morgan est mort.
Reid blêmit et ne put soutenir le regard de Lyli.
La jeune femme lui octroya un instant de répit pour lui laisser le temps d'appréhender cette réalité. Il éprouva presque de la reconnaissance à son égard. Pour cela, il se maudit. Il ne lui devait rien et encore moins un quelconque respect pour ce qu'elle était, pour le fait qu'elle lui laissait un répit pour appréhender cette réalité éprouvante qu'était la mort de Morgan qu'elle avait elle-même tuée. Il la haïssait à cet instant. Il ravalât le bouillonnement d'émotion qui le traversait et se ressaisit de sa lame fétiche qui venait du plus profond de lui-même : ne rien lâcher. Cette promesse qu'il s'était faite à lui-même issue de son expérience dans la cabane de Tobias Anckle et d'autres qu'il préférait ne pas se rappeler et qui au final était peut-être bien pire. Il releva la tête, et riva son regard à celui de Lyli lui signifiant qu'il était prêt.

- bien, commenta Lyli un petit sourire aux lèvres ne pouvant cacher son plaisir, comment vous sentez-vous Docteur Reid ?
- aussi bien que l'on peut aller en de pareilles circonstances.
- Oui, l'ours a beaucoup d'énergie et d'entrain à la tâche.
- Que faites vous avec lui ? Que lui avez-vous promis pour qu'il vous suive ?
- Du divertissement tout simplement.
- Et Nathan ?
- Il est jeune, il a besoin d'un maître à penser, à l'initiation de l'art si subtil de tuer.
- Ça vous plaît n'est-ce pas ?
- Quoi ?
- De sentir que vous les dominer, que vous avez du pouvoir sur eux.
Lyli sourit avant de demander :
- et vous docteur Reid, vous êtes très intelligent, pourquoi êtes-vous rentré au FBI ? Au lieu de devenir profiler anonyme vous auriez pu devenir un brillant scientifique, un chercheur reconnu qui fait des publications... Alors dites-moi docteur Reid ça vous plaît de vous limiter dans vos capacités ?
- qui vous dit que je me limite dans mes capacités ?
- Utilisez votre intelligence pour traquer les meurtriers n'est-ce pas un peu limitatif ? Se borner à suivre des indices alors que vous pourriez vous-même créer de nouvelles choses.
- la traque de tueurs tels que vous demande une intelligence bien plus grande que vous ne la décrivez, des capacités créatives que vous ne soupçonnez pas.
- Merci du compliment.
- Ce n'est pas un compliment mais un simple constat.
Lyli haussa les épaules avant d'ajouter :
- vous me haïssez n'est-ce pas ?

Ce fut au tour de Reid de hausser les épaules en feintant l'indifférence. Il savait que Lyli abordait le cœur même de sa folie. Il n'oubliait pas ces paroles : « C'est par amour pour vous que je le fais docteur Reid. Il me tarde de mieux vous connaître. Vous finirez par m'aimez, vous verrez ». Ainsi, il préféra la laisser parler pour voir jusqu'où ses idées pouvaient être tordues par son histoire, son vécu, car il ne doutait pas qu'elle avait vécu de terribles choses pour en arriver là. Parfois, en y pensant, il avait presque pitié de sa geôlière. Un tel besoin de sentiment de puissance avait dû naître en elle dans des situations d'impuissance répétées et aliénantes.
- Oui, je sais que vous me haïssez à cet instant mais vous devez savoir en tant que profiler que la haine naît souvent d'un amour profond pour l'autre.
- Ce que vous essayez de me dire c'est qu'en fait je vous aime derrière la haine que je peux éprouver à votre égard ?
- Pas exactement. Je pense que vous aimez ce que je représente et que vous me haïssez pour ça.
- Et que représentez-vous pour moi selon vous ?
- Ce que vous pourriez être, ce que vous pouvez risquer de devenir si votre esprit si brillant venait à basculer un jour.
- c'est pour ça que vous avez pris Nathan Harris sous votre aile, parce que je le connaissais ?
- Vous lui avez sauvé la vie. Toute autre personne que vous l'aurait certainement laissé mourir sachant ce qu'il était. Mais pas vous. Pourquoi ?

Reid détourna les yeux de ceux de Lyli comme un désaveu. Il se souvenait de la peur qu'il avait ressentie en voyant Nathan allongé sur le lit, se vidant de son sang, et de cette peur tout aussi forte qu'il s'en soit sorti grâce à lui.
- Peut-être avez-vous raison, se ressaisit Reid, peut-être que je traque ces tueurs comme je traque la part sombre de moi-même, une espèce de garde-fous, c'est à ça que vous vouliez arriver, à cette conclusion ?
Lyli se contenta d'un sourire avant d'ajouter :
- avouez docteur Reid que ce n'est pas banal.
- Pathétique vous voulez dire, commenta Reid dans un pâle sourire
- pathétique ? Je dirais plutôt paradoxal.
- Du paradoxe naît la créativité car les réponses ne sont pas simples que pour y répondre. Regardez vous-même.
- Expliquez-vous, demanda Lyli fronçant les sourcils.
- Vous m'avez choisi parmi les sept membres de l'équipe n'est-ce pas ? Demanda Reid sans attendre la réponse de la jeune femme, vous m'avez choisi pour vous confronter à votre propre folie, à votre propre paradoxe. Vous savez que tuer va à l'encontre de toute morale et même au-delà de toute pensée cohérente mais vous le faites parce que vous n'avez trouvé aucun autre moyen de vous sentir exister. Ainsi, vous m'avez choisi parce que je vous représente, vous, en négatif, celui qui a su trouver comment résoudre votre paradoxe : se sentir exister sans tuer, arriver à trouver sa place, à se sentir appartenir à quelque chose, à une équipe, alors que parfois on se sent si différent, qu'on a l'impression de ne pas exister, de vivre comme dans un rêve, de ne pas avoir de prise sur ce qui nous entoure. Le seul moment où vous avez l'impression d'agir et d'avoir un impact sur le monde c'est lorsque vous tuez... Et moi lorsque je traque des gens comme vous. Vous m'avez choisi parce que vous cherchez une autre réponse possible à votre paradoxe. À savoir comment exister, se sentir vivre, pouvoir vivre avec un tant soit peu de contrôle sur sa vie sans tuer. Vous attendez de moi que je trouve une réponse à votre paradoxe, à votre folie.

Reid sentit qu'il avait touché juste.
Lyli eut un instant d'hésitation avant de se dévoiler complètement à son prisonnier, à lui dévoiler sa fragilité que personne d'autre, aucune autre de ses victimes, n'avait réussi à décrire aussi bien. Mais, après tout, ne l'avait-elle pas choisi pour ça ?
- Peut-être pourrions-nous la trouver tous les deux, cette réponse, effectivement, admit Lyli après un instant de silence pesant.
- Non, je ne crois pas, finit par répondre le profiler après avoir longuement pesé ses mots.
Il aurait pu lui mentir, ça aurait été plus facile mais, même s'il n'arrivait à l'admettre, il avait bien trop d'estime pour elle.
- pourquoi ? Lui demanda Lyli.
- Vous voulez la vérité ? Lui demanda Reid afin de retarder le moment de lui répondre.
- Bien entendu.
Reid garda un instant de silence cherchant les mots adéquats pour formuler sa pensée, pensée qui était à double tranchant : soit elle lui épargnerait la vie pour quelque temps encore soit elle le condamnerait promptement. Il eut une pensée pour Elle, pour les membres de l’équipe avant de se lancer.
- je crois que vous le savez, se ravisa-t-il au dernier moment.
- J'ai besoin de l'entendre.
Reid hésita. Il cherchait encore ses mots.
- parce que vous avez déjà tué, que vous y avez pris goût et que le plaisir que vous procure le meurtre ne trouvera aucun substitut aussi puissant. Votre folie vous a rattrapé. Vous n'êtes plus dans le paradoxe, vous êtes dans la recherche d'une confirmation que la réponse que vous avez trouvée à ce paradoxe, la voix que vous avez empruntée, celle du meurtre, était la meilleure. Et vous attendez de moi cet assentiment.
Lyli sourit.
- félicitation docteur Reid, vous avez parfaitement décrit mon attente à votre égard alors que me répondez-vous ?
- Je ne peux cautionner le meurtre comme exutoire à une quelconque souffrance intérieure, répliqua Reid dont la voix tremblait légèrement, de façon incontrôlable, mais dont Lyli ne parut pas percevoir la peur l'habiter.
- Vous êtes honnête, un peu bête pour le coup mais honnête. Vous espérer que votre honnêteté vous sauvera la vie ?
- Non je n'ai pas cette naïveté.
- Alors pourquoi me dire la vérité ? Si vous ne me donnez pas ce que je veux, je pourrais vous tuer alors pourquoi ? Ce serait si facile de mentir et de me dire que j'ai raison.
- Il y a trop à perdre.
- Vous perdriez un peu de vous-même n'est-ce pas ?
- Certainement.
- Et vous savez pourquoi ? Pourquoi me mentir à moi serait vous mentir à vous-même ? Car dans ce que je suis vous vous retrouvez un peu, n'est-ce pas ?

Reid se tut. Il ne voulait pas répondre à cette question mais son silence fut une affirmation bien plus cruelle. Lyli eu un sourire moqueur et victorieux.
- Bien, fit-elle après un instant. Nous reprendrons cette conversation plus tard. On va vous apporter à manger. Il ne s'agirait pas que vous mouriez maintenant, nous avons encore beaucoup de choses à apprendre l'un de l'autre.
Lyli s'apprêtait à sortir de la pièce mais avant de franchir la porte elle se retourna vers le profiler.
- Pour votre information, je ne désire pas seulement votre assentiment je veux vous prouver que le meurtre comme exutoire aux souffrances intérieures comme vous le dite si bien est la seule réponse possible. Je vous le prouverai et vous y goûterez avant que je ne vous tue.
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MessageSujet: Re: GUET-APENS   Lun 17 Nov 2008 - 0:41

Oula !
Tu nous fais durer le suspens dis donc !
Je suis ta fic' depuis le début , et je poste enfin pour te féliciter..
Je ne suis pas une inconditionnelle de Reid , mais ta fic' est prenante et très bien menée , donc bravo , tu m'as retenue ^^ Je n'ai pas arrêté de lire ! ( Il faut dire qu'on ne trouve pas beaucoup de fic de CM en français , et celles que l'on trouve sont généralement centrées sur Reid ! )
Allez , vite , une petite suite , même si on en a eu beaucoup aujourd'hui !
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Tanlee
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MessageSujet: Re: GUET-APENS   Mer 19 Nov 2008 - 18:12

Merci lolOw. Et j'espère bien entretenir le suspens jusqu'au bout ! Wink
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MessageSujet: Re: GUET-APENS   Mer 26 Nov 2008 - 11:32

Ah!!!je viens enfin de lire la suite de ta fic Lundi avant que esprits criminels commence et lu la suite hier
que de suspent super allé mes en encore une couche mdr
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MessageSujet: Re: GUET-APENS   Mar 2 Déc 2008 - 12:40

hey tu nous arez pas oublié par hasard?
A quand la suite je suis préssé de savoir ce qui va se passé, de voir ce que tu as imaginé.
Je crois que je suis tombé amoureux de ta fics. Vite la suite chaque minute sans lire ta fics est une torture. lol

ps : je ne suis pas une fanatique, enfin presque...
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Tanlee
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MessageSujet: Re: GUET-APENS   Mar 2 Déc 2008 - 22:24

Non, je ne vous aie pas oublié, rien à craindre et ça tombe bien puisque voici un petit chapitre. C'est presque de la transmission de pensée ! étrange ! certainement que Reid aurait quelques théories sur la question... !


Chapitre 14

Un roulement s'était instauré entre les différents membres de l'équipe pour rester devant l'écran qui montrait Reid. D'un commun accord, ils avaient décidé que rester tous devant l'écran n'avait aucun sens et ne ferait pas avancer l'enquête. Par ailleurs, c'était précisément ce que recherchait Lyli : les pétrifier, les immobiliser en leur projetant des images de leur collègue. Ils ne rentreraient pas dans son jeu même s'il avait été convenu que l'agent Ash devait faire passer l'information inverse. Morgan et Prentiss étaient partis interroger la femme de Walt Griber dit l'ours, JJ s'occupait de remonter l'origine du papier sur lequel avait été écrit les mots laissés sur les scènes de crimes, Hotch et Gideon épluchaient les crimes non élucidés depuis un an qui pouvaient correspondre au profil de Lyli. Ainsi tout en répondant aux diverses demandes d'informations de ses collègues, Garcia se retrouvait le plus souvent devant l'écran et supportait de moins en moins son impuissance quant à aider Reid. Son seul réconfort fut que Reid cicatrisait et reprenait des forces grâce aux repas réguliers. Une sorte de répit. Souvent, pour ne pas dire constamment, Ellie restait à ses côtés et scrutait l'écran dans l'espoir inavoué qu'un indice permette de localiser le lieu où Reid était retenu.
- tu devrais faire une pause, fit Garcia, tu as mauvaise mine.
- Je sais, oui.
- alors fais une pause, pour l'instant, il ne se passe rien. Reid dort. Si ça bouge, je te préviens.
- je ne peux pas.
- pour l'instant, tu ne peux rien pour lui. C'est après qu'il aura besoin de toi et dans l'état où tu es tu ne pourras pas lui être d'un grand soutien.
- je sais.

Garcia lâcha prise. Elle-même n’avait pas pris de pause depuis plusieurs heures, dormir elle ne savait même plus ce que cela voulait dire.
- depuis quand Reid et toi êtes ensemble ?
- deux mois
- comment… je veux dire comment ça s'est fait ?
- bizarrement
- c'est souvent comme ça, répondit Garcia la gorge nouée en pensant à Tom – son sourire, le timbre de sa voix, leur belle soirée, son corps baignant dans son sang la hantaient encore et l'empêchait de dormir.
- Reid m'a appelé un jour. On n’a pas su quoi se dire. J'ai juste senti qu'il n'était plus celui qu'il avait été, celui que j'avais connu, qu'il aurait aimé me parler de quelque chose et moi j'étais tellement étonnée, encore en colère aussi. Mais après son appel… quelques jours avant son appel, j'avais contacté Emy Baxter, tu la connais ?
- Non
- C'est un médecin qui a mis au point un traitement expérimental des chocs post-traumatiques. Je pensais qu'elle aurait pu m'aider mais son traitement est très particulier et ne correspondait pas à mon cas. Elle m'a juste conseillé de prendre contact avec un groupe de soutien, que c'était important de pouvoir partager son expérience avec d'autres qui avaient connu la même situation mais je ne me sentais pas encore prête à déballer mon histoire devant un groupe même de personnes qui avaient connu ça. Et lorsque Reid a appelé, je ne sais pas, j'ai senti peut-être quelque chose qui nous rapprochait alors je l'ai rappelé. On s'est mis à s'appeler souvent. Reid allait mal et moi ce n’était pas mieux alors on a commencé à se soutenir mutuellement et puis peu à peu… on s'est rapproché autrement.
- comment as-tu fais pour surmonter ton agression ?
- grâce à ma famille dans un premier temps mais ceux qui n'ont pas connu ça ont une tolérance à durée limitée.
- comment ça ?
- les premiers temps ma famille acceptait que je puisse sursauter au moindre bruit, que je n'arrive pas à dormir, que le silence me rende anxieuse mais au bout d'un certain temps elle ne comprenait plus. Elle pouvait oublier, moi non. Alors je suis partie. Au Mexique. Pour m'éloigner, ne plus entendre leur remontrances, leur "allez Elle c'est du passé maintenant, va de l'avant". Ça m'a aidée de partir mais il y avait toujours une peur terrée en moi. Et puis, il y a eu Reid et cette peur a disparu.
- Comment ?
- Je n'étais plus seule à avoir connu ça… mais… parfois, cette peur, elle revient, fit Elle sombrement en fixant son regard sur l'écran montrant Reid endormi.
- Il s'en sortira. On le retrouvera.

@@@


Morgan et Prentiss avait pris la route. Eléonore Griber, la femme de Walt Griber dit l'ours, habitait au sud de la ville dans un quartier délabré.
Morgan avait dû insister pour que Hotch le laisse sortir du bureau, à juste titre, il devait le reconnaître : Mme Griber était peut-être encore en contact avec son mari et ainsi, la supercherie de sa mort présumée serait révélée. Cependant, Morgan ne supportait plus de rester enfermé et il avait réussit à convaincre Hotch que le risque n'était que minime. Un silence pesant régnait dans la voiture. C'était la première fois depuis l'épisode de l'hôpital que Morgan se retrouvait seul avec Prentiss. Il ne supportait plus cette étrangeté entre eux, ce non-dit qui pesait et les maintenait à distance l'un de l'autre. Il s'apprêtait à briser le silence mais Emily le devança comme si elle avait senti son intention et qu'elle la fuyait :
- Tu crois que Reid va s'en sortir ?
- Il est fort. Il tiendra le temps qu'il faut, répondit Morgan autant pour rassurer sa co-équipière que lui-même.
- Mais après ? si on arrive à le retrouver…
- Il n'est plus seul maintenant
- Ellie
- Oui Elle
- Tu… tu étais proche d'Elle avant qu'elle ne quitte l'équipe ?
- Oui, on se comprenait, on avait la même vision du boulot, les mêmes exaspérations
- Lesquelles ?
- Parfois, je trouve difficile de rester impassible devant certaine situation, de mettre ses émotions au placard et passer par l'observation, l'analyse avant d'agir
- Pourtant c'est nécessaire
- Je ne te dis pas le contraire. Mais parfois, même si tu sais que l'analyse est nécessaire, indispensable, pour dénouer une situation, cette lenteur est insupportable. Tu ne le ressens pas parfois, ce paradoxe ?
- Non, ce que je ressens le plus souvent c'est… c'est de la peur, avoua Prentiss à demi-mot
- Tu la caches bien.
- Je suis très douée pour ça.
- Emily, commença Morgan après un long moment de silence, écoute j'aurais aimé qu'on reparle de…
- On est arrivé, le coupa Prentiss en garant la voiture.

@@@


Gideon et Hotch épluchaient depuis plus de trois jours les dossiers de meurtre non résolu en Virginie. Il y en avait beaucoup. Beaucoup trop pour espérer isoler un de ceux réalisés par Lyli dont le mode opératoire restait vague et certainement modifié en vue du plan qu'elle avait mis au point.
- Peut-être qu'on devrait restreindre la recherche ? proposa Gideon
- Et sur quel critère ? demanda Hotch
- Le temps. Lyli est organisé, patiente et calculatrice. Nathan a cessé de se présenter à ses séances thérapeutiques deux semaines après la mort de sa mère soit trois mois plutôt. Lyli l'aurait donc récupéré à cette période. C'est à ce moment qu'elle a commencé à mettre en route son plan. Elle ne se serait pas encombrée d'un gamin avant, sans nécessité.
- Où tu veux en venir ?
- On sait qu'elle a besoin de tuer donc elle a dû tuer juste avant de mettre en route son plan sachant qu'après il ne lui serait plus permis de le faire.
- Oui, donc il faudrait concentrer nos recherches sur le mois qui a précédé la disparition de Nathan du programme thérapeutique. De plus, Lyli est sûre d’elle, se sent toute puissante et nullement menacé par nous. Elle a dû orchestrer son dernier meurtre à Washington ou dans ses environs pour se faciliter la vie.
- oui, il faut restreindre également notre recherche à Washington et ses environs… Tu devrais rentrer Aaron.
- Non, ça va.
- Depuis combien de temps n'as-tu pas vu ta femme et ton fils ?
- Non, il faut avancer.
- On est tous crevé. Va voir ta famille et te reposer, et tu prendras mon relais si je n'ai rien trouvé d'ici là.
- Très bien. D'accord. Appelle-moi s'il y a du changement.
- Compte sur moi.

@@@


JJ piétinait sur la recherche concernant les parchemins. Beaucoup de boutiques de papeterie proposaient ce type de papier. Et les conclusions du laboratoire concernant sa composition exacte venaient juste de lui parvenir. Elle contacta les différentes boutiques susceptibles de le vendre mais la plupart était bien en peine de lui dire de quelle composition chimique était faite leur papier. Elle reprit depuis le début en contactant cette fois les fabriques directement. Des heures de travail l'attendaient.

@@@


Il était 16h lorsque Hotch arriva chez lui. Haley fut étonnée de le voir passer la porte de leur maison après deux jours et demi passé au bureau. Pendant un instant, elle crut que l'affaire avait été résolue, Reid retrouvé, mais à la mine taciturne et fatigué de son mari, elle sut qu'il n'en était rien.
- comment vas-tu ? Lui demanda t-elle après l'avoir embrassé
- bien
- menteur, fit-elle tendrement

Hotch se contenta d'un sourire. Seule sa femme pouvait le percer à jour ainsi. Il n'arrivait jamais à lui cacher tout à fait ses émotions concernant son travail alors qu'il s'y employait avec ardeur pour la protéger, les protéger, elle, son fils et leur famille.
- On n’a pas avancé. On en sait pas plus qu'il y a deux semaines.
- Vous le retrouverez
- Peut-être mais après est-ce qu'il s'en sortira ?
- Il est fort
- Tu n'as pas idée de ce qu'il traverse en ce moment, ça fait un peu plus de deux semaines Haley, deux semaines.
- Vous l'aiderez
- Comment ? on est des profiler. Comme il l'a dit on ne se préoccupe pas de comment les gens survivent à l'après et ce n'est pas anodin. C'est trop difficile. Ça va recommencer comme après l'agression d'Elle, comme après le premier enlèvement de Reid, rien ne sera dit et c'est de ma responsabilité.
- Fait en sorte que ça change
- Comment ?
- Tu trouveras, je le sais, répondit Haley avant de l'embrasser
- Où est-il ?

Haley savait que son mari ne lui en dirait pas plus. C'était déjà exceptionnel qu'il lui ait confié le désarroi et l'impuissance qu'il vivait en ce moment au travail. Elle aurait aimé qu'il lui en dise plus pour pouvoir l'aider. Elle aurait aimé qu'il s'autorise à parler de ses difficultés professionnelles car alors elle-même s'autoriserait peut-être à parler de ses propres difficultés. Elle lui en voulait parfois de se fermer ainsi et avait l'impression effrayante, quelque fois, qu'ils s'éloignaient l'un de l'autre.
- il finit sa sieste au premier, finit-elle par répondre.
- Je monte le voir.

Les doutes qui avaient traversé Haley quelques instants plutôt s'envolèrent lorsque le visage de son mari s'éclaira alors qu'il montait voir leur fils.

@@@


Morgan et Prentiss descendirent de la voiture sur leur garde. Le quartier était loin d'être accueillant, cerné de hauts buildings gris et sales, désespérément rectangulaires. Ils s'engouffrèrent dans une ruelle jonchée de détritus puis pénétrèrent dans le hall d'un immeuble.
- Mr. et Mme Griber, 10eme étage, lut Prentiss sur l'une des boîtes au lettre pleine à craquer dont le courrier dépassait, on dirait qu'elle n'a pas prit son courrier depuis des semaines. Peut-être n'habite-t-elle plus ici.
- Allons voir.

Ils envisagèrent de prendre l'ascenseur mais au vu de son état ils préfèrent prendre les escaliers. Arrivés en haut, ils trouvèrent rapidement la porte de l'appartement de Mme Griber.
- Mme Griber, l'appela Morgan après avoir frappé plusieurs fois, FBI, Mme Griber, si vous êtes là, ouvrez.

Il s'apprêtait à défoncer la porte lorsque cette dernière s'ouvrit sur une petite bonne femme, le visage chiffonné, en robe de chambre et bonnet de nuit.
- qu'est-ce que c'est que tout ce raffut ?! leur cria-t-elle après.
- bonjour madame Griber, commença Prentiss, nous sommes du FBI
- je ne suis pas Mme Griber.
- Vous n'êtes pas mariée avec M. Walt Griber.
- Je l'étais avant que ce salaud ne m'abandonne pour cette garce.
- Est-ce qu'on peut rentrer pour vous parler de…
- Non et ne vous avisez pas d'essayer !
- D'accord, comme vous voudrez, mais pourriez-vous répondre à certaines de nos questions ?
Mme Griber disparut et laissa la porte entrouverte. Morgan et Prentiss l'interprétèrent comme une invitation.
- elle est folle, murmura Prentiss à Morgan alors qu'elle franchissait le seuil
- complètement.

Ils pénétrèrent dans l'appartement, un capharnaüm puant dans lequel se côtoyaient vêtements roulés en boule et restes de repas à même le sol. Ils retrouvèrent Mme Griber assise sur un canapé miteux. Prentiss et Morgan restèrent debout.
- Mme Griber où est votre mari ? demanda Morgan
- Parti je vous dis, combien de fois faudra t-il que je vous le répète !
- Depuis quand ?
- Depuis que cette salope est venue me le voler mais je le savais, je lui avais dit de se méfier.
- Qui est la femme dont vous parlez ?
- Une salope, je vous dis !
- Madame c'est important, connaissez-vous son nom ?
- Lyli.
- Lyli comment ?
- Lyli quelque chose, je ne sais pas moi !
- Madame c'est important si vous pouviez essayez de vous rappelez de son nom ?
- Lyli je vous dis, vous êtes sourd ou quoi !
- Non mais…
- C'est à cause de son frère tout ça ! Explosa la femme
- Le frère de votre mari ? demanda Prentiss
- Bah oui de qui d'autre ! Lee bien sûre.

Prentiss et Morgan échangèrent un regard consterné. Lee et Tom Griber dit l'ours seraient frères. Pourtant Lee n'avait pas de famille, du moins ils n'en avaient pas trouvé.
- Madame, dep…
- Il a commencé à boire quand il a su, je pouvais crever après ça il n'en avait rien à faire.
- Madame…
- La faute de son frère je vous dis et puis…

Morgan fit signe à Prentiss de se retirer un peu à l'écart alors que la femme parlait toute seule.
- Appelle l'hôpital. Il faut qu'on en sache plus et puis on ne peut pas la laisser ainsi.
- Ça risque de prendre des heures.
- Je sais oui mais ça peut valoir le coup.
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Tya
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MessageSujet: Re: GUET-APENS   Mer 3 Déc 2008 - 0:30

et ??????? sourit_vert
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Tanlee
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MessageSujet: Re: GUET-APENS   Ven 5 Déc 2008 - 14:00

Tya a écrit:
et ??????? sourit_vert

Surprise !

Bon ok je suis un peu vache Twisted Evil alors juste pour te faire patienter, quelques indices :

Spoiler:
 

Voilà, voilà pour les deux prochains chapitres !
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lolOw
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MessageSujet: Re: GUET-APENS   Ven 5 Déc 2008 - 18:36

Ah ça devient de plus en plus intéressant !

Vivement la suite ! ^^

Au fait , applaud applaud pour ce chapitre !
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Tanlee
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MessageSujet: Re: GUET-APENS   Mer 10 Déc 2008 - 14:56

thank_you1 LolOw, j'espère que la suite va continuer à te plaire. D'ailleur la voici. Eh oui ! Je suis en congé aujourd'hui pom_pom et il neige alors je suis coincée chez moi ! Donc voici un petit chapitre.


Chapitre 15

Reid se remettait peu à peu des passages à tabac de l'ours mais l'anxiété et son inquiétude ne cessaient de croître. Depuis plusieurs jours – combien il n'aurait su le dire exactement – il avait retrouvé des repas réguliers, la lumière qui s'éteignait et s'allumait alternativement et l'ours n'avait pas remontré le bout d'une patte. Il savait que ça ne durerait pas, que Lyli préparait certainement autre chose. Régulièrement, elle venait le chercher et le menait dans la pièce aux allures de bureau du FBI pour discuter. Il parlait de tout et de rien. Lyli aimait philosopher sur la moindre petite question et souvent ils en venaient à aborder des sujets sensibles. Reid avait toujours réussi à éviter de tomber dans une voie sans issue dans laquelle la loi du donnant-donnant devenait incontournable et provoquerait un nouveau bras de fer avec Lyli – bien que cette dernière n'attendait que ça. Il le voyait dans son regard brillant de plaisir à chaque fois qu'ils effleuraient un sujet susceptible de les mener dans une impasse.

Le répit fut de trop courte durée à son goût. Certainement que la patience de Lyli s'étiola car ce jour-là elle fut plus directe que d'habitude le menant inexorablement dans une impasse.
- Alors dites-moi docteur Reid vous avez dû élaborer mon profil depuis le temps ?
- Peut-être répondit-il prudemment.
- Et qu'en avez-vous tiré ?
- Quel est l'intérêt que je vous en parle ?
- Je suis curieuse.
- Et moi intrigué.
-Disons que d'avoir entre les mains un profiler aussi doué et ne pas profiter de ses connaissances est dommageable.
- Dommageable en quoi ?
- Il est toujours bon de connaître son ennemie
- pour l'instant, je ne peux vous nuire d'une quelconque façon, répliqua Reid en tirant sur ces mains menottées aux accoudoirs de la chaise et en désignant le pistolet posé sur la table.
- Vous non.
- Vous parlez de mon équipe ?

Lyli se contenta de hocher la tête scrutant Reid pour évaluer ses moindres réactions. Conscient de l'attention de la jeune femme au moindre signe de faiblesse de sa part, Reid soutint son regard en silence.
- Ils sont doués n'est-ce pas ? Demanda Lyli dans un sourire.
- Oui très.
- Ce sont plus que des collègues pour vous.
Reid haussa les épaules. Il avait conscience qu'il devait marcher sur des œufs ne sachant où Lyli voulait en venir.
- Lequel est le plus doué ?
- Chacun a sa spécialité. Il n'y a pas de meilleurs ou de moins bons.
- Et vous ?
- Quoi moi ?
- Êtes-vous doué ?
- Je ne crois pas qu'il s'agit d'être doué ou pas. Je crois qu'il s'agit plutôt d'analyse et de réflexion.
Lyli sourit. Un sourire satisfait.
- Quoi ? Ne put s'empêcher de demander Reid agacé.
Il perdait le contrôle. Ses émotions prenaient le dessus.
-Vous vous dévalorisez.
- Non, je...
Reid se tut. Il ne devait pas répondre à ses provocations. Il ne devait pas rentrer dans son jeu. Le sourire de la jeune femme s'élargit exaspérant Reid davantage encore.
- Bien sûr que si vous vous dévalorisez. Vous dites des membres de votre équipe qu'ils sont doués, vous n'hésitez pas à l'affirmer et de vous, vous dites qu'il ne s'agit que d'analyse et de réflexion. Expliquez-moi un petit peu ça ?
- Je n'ai pas à me justifier auprès de vous.
- Ni auprès de vous-même apparemment ?

Reid refusait de suivre Lyli sur ce chemin là, sur le chemin de ses propres failles car il n'était pas sûr de tenir son impassibilité, pourtant vitale, face à Lyli. Au prix d'un grand effort, il maintint le silence et soutint le regard de sa geôlière. Dans les yeux de cette dernière, l'amusement brillait. Elle le devinait, le sentait bouillonner derrière son masque d'impassibilité alors il décida de tenter le tout pour le tout quitte à ne plus maîtriser ses émotions.
- Très bien, je vous écoute.
Le sourire de Lyli s'élargit. Elle n'attendait que ça.
- Avant, une dernière chose, intervint Reid, vous avez fait des études de criminologie n'est-ce pas ? Peut-être même de profiler ?
Pour la première fois, il surprit le doute traversé le regard de Lyli, doutes et inquiétude dont il ne comprenait pas l'origine.
- Pourquoi penser une chose pareille ? Demanda-t-elle légèrement exaspérée.
- Vous cherchez le moindre indice dans mon comportement, dans mes paroles qui vous aiderait à me faire céder. Et puis, cette pièce ressemble à un bureau, à une salle d'interrogatoire comme si vous mettiez en scène un rêve, un fantasme brisé.
- Nous reviendrons là-dessus plus tard, répliqua Lyli sèchement.
- Très bien, répondit Reid qui savait tenir une piste à présent, j'écoute le profil que vous avez dressé de moi, ajouta t-il cachant parfaitement l'appréhension qui lui nouait l'estomac.

- Vous êtes intelligents, même très brillant, surdoué en quelque sorte et vous utilisez votre intelligence comme rempart contre vos affects immatures, l'analyse, la réflexion, la logique, pour endiguer vos émotions aussi violentes que meurtrières. Et votre plus grande crainte est de basculer dans la folie comme votre mère paranoïaque schizophrène. Cette maladie étant génétique vous ne savez pas comment vous raccrocher à un quelconque espoir car l'analyse, la réflexion, la logique ne vous servent à rien et même pire ne font que conforter ce que vous savez déjà : Vous avez une forte potentialité de devenir schizophrène. Il n'est pas le seul domaine où votre intelligence ne vous est d'aucune utilité : votre père. Il vous a abandonné à l'âge de 10 ans à votre mère malade et depuis vous en gardez un profond sentiment d'abandon et de dévalorisation de vous-même. C'est de cette blessure qu'est issue votre sentiment d'être différent, de ne pas exister. Ce sentiment s'est aggravé lorsque vous avez pris la décision de faire interner votre mère à l'âge de 18 ans. Vous vous en êtes voulu et vous vous en voulez encore. Depuis combien de temps n'êtes-vous pas allé la voir ? Depuis quand n'avez-vous pas osé croiser son regard pour y voir briller la folie qui pourrait être vôtre un jour ? Vous avez peur. Vous êtes également en colère contre votre père qui vous a laissé seule avec la décision de faire enfermer votre mère, qui malgré sa maladie a pris soin de vous et vous vous en voulez encore plus. Alors vous vous interdisez de vivre, d'exister sauf depuis peu. Ce répit dans votre échappée intempestive s'appelle Élle Greenway arrivée par la porte d'une grande souffrance du nom de Tobias Anckle. Mais vous êtes terrifié n'est-ce pas ? Terrifié qu'elle vous abandonne ou que vous finissiez par lui faire du mal.

Reid avait baissé les yeux de peur de se trahir.
- Je me pose une question, poursuivit Lyli savourant sa domination, si j'en venais à tuer Élle par vengeance, après tout elle a tué Lee, est-ce que vous continueriez à ne rien lâcher, à me défier ou abandonneriez-vous ?
- Vous ne le ferez pas.
- Et pourquoi pas ?
- Parce que ce n'est pas la vengeance qui vous intéresse mais le jeu, répondit Reid en braquant son regard sur celui de Lyli, vous prenez plaisir à ce bras de fer que l'on a engagé.
- peut-être mais si vous persistez trop, il se pourrait que je perde patience et tuer Élle me semble un bon moyen de vous briser.
- Tuez-la et je vous fais la promesse de vous tuer de mes propres mains. Peut-être même que si vous m'en laissez la moindre occasion je n'hésiterai pas à le faire.
- Pour Morgan ?... C'est une menace ? Ajouta Lyli face au silence du profiler.

Elle n'avait pas besoin d'une réponse. Elle le savait au regard empli de haine de Reid. Un frisson de peur la traversa délicieusement. Elle lui sourit. Un sourire dans lequel Reid perçut le plaisir malsain l'habiter. Il en frissonna de dégoût. Il lui donnait ce qu'elle voulait. Il ne parvenait pas à la contrer. La seule fois où il avait vu le doute, l'inquiétude se peindre sur le visage de sa geôlière fut lorsqu'il évoqua la possibilité qu'elle ait étudié la criminologie. Il devait s'en servir et Lyli lui offrit cette occasion.
- Alors ?
- Alors quoi ? fit Reid feintant l'ignorance,
- que pensez-vous du profil que j'ai dressé de vous ?
- Vous avez le sens de la formule certes mais votre profil était loin d'être réussi.
Il sentit Lyli se tendre. Prudemment il poursuivit :
- vous êtes partie des connaissances que vous aviez de ma vie pour dresser mon profil. Or, un bon profiler part de ce que la personne montre à travers ses actes, son comportement pour en déduire les éléments passés de sa vie et anticiper ses actions.
- Alors je vous écoute docteur Reid, fit sèchement Lyli visiblement vexée.

Reid tenait une piste, une faille chez Lyli : son rapport à la criminologie ou quelque chose qui touchait ce domaine. Un échec passé peut-être : des études dans ce domaine, après tout elle était jeune, comment avait-elle pu en arriver là ? Quel en avait été l'événement déclencheur ? Il devait creuser la question et ne rien lâcher là-dessus.
- Très bien comme vous voudrez... Vous êtes méthodique et organisée. Très patiente. Un peu comme un loup lancé à la poursuite de sa proie. Vous pouvez courir pendant des heures sans vous fatiguer ni même vous décourager. Vous torturer vos victimes avant de les tuer. Des hommes, jeunes de préférence, faisant preuve d'une réussite sociale reconnue, homme d'affaires, jeune cadre ou loup de la finance. Vous les torturer jusqu'à ce que vous ayez l'ascendant sur eux, que vous puissiez en faire ce que vous voulez, qu'ils vous donnent ce que vous désirez. Votre besoin, vitale, est de savoir que vous leur êtes supérieure au point que vous le ressentiez jusque dans votre corps. C'est ça qui vous procure du plaisir. Vous ne vivez que pour ça, ce moment où vous vous sentez exister et durant lequel vous avez l'impression de contrôler votre vie. Pour vous, c'est une sensation extraordinaire de puissance, de confiance en vous-mêmes. Confiance qui vous a été volée dans votre enfance. Certainement que votre père ou un beau-père battait votre mère et que quand il en a eu assez, il s'est rapproché de vous. D'abord, une main aux fesses puis un baiser forcé, une main un peu trop baladeuse et de plus en plus insistante et puis il a fini par venir vous voir dans votre lit, toutes les nuits.
Lyli cilla, un tremblement peut-être. Reid poursuivit le regard rivé au sien.
- Parfois, il pouvait être tendre jusqu'à vous faire culpabiliser de la haine que vous éprouviez à son égard, après tout il subvenait à vos besoins et à ceux de votre mère, en tout cas, c'est ce qu'il vous disait. D'autres fois encore, il pouvait être d'une violence terrifiante.

Lyli détourna son regard et le laissa errer par terre. Reid découvrit la jeune fille qu'elle avait été, qu'elle avait dû être avant de commencer à tuer : terrifiée. Il poursuivit presque avec regret. Pour s'en donner la force, il songea à Morgan abattu par cette même jeune femme brisée qui se tenait devant lui.
- Mais le pire, le plus difficile à vivre, ce fut que personne ne se doutait de la situation, personne dans votre entourage aurait pu imaginer son vrai visage. Bien au contraire. Tout le monde le disait charmant, agréable, généreux, celui qui rend service dans le quartier. Alors qui aurait pu vous croire. Vous n'en avez jamais parlé à personne. Vous vous sentiez terriblement seul et vous avez accumulé en vous une haine si forte si puissante qu'elle a fait éclater en vous la culpabilité que vous éprouviez parfois. Après avoir patiemment attendu le bon moment, le moment propice, vous l'avez tué en prenant tout votre temps, méthodiquement, de façon à ce qu'il ait conscience de la moindre douleur. Ce fut votre premier meurtre. À cet instant, vous avez connu un tel soulagement, vous avez éprouvez un tel plaisir à vous sentir libre, maître de votre vie et confiante pour la première fois de votre vie que vous avez recommencée à tuer, une fois puis deux puis trois... Vu la maîtrise et la confiance dont vous faîtes preuve, vous devez en être à une quinzaine de meurtres.


Dernière édition par Tanlee le Mer 10 Déc 2008 - 15:01, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: GUET-APENS   Mer 10 Déc 2008 - 14:58

Un silence pesant s'abattit dans la pièce. Lyli, le visage toujours baissé. Reid ne parvenait pas à voir son expression. Et puis, elle sembla se ressaisir, seul un léger tremblement abîma sa voix.
- quatorze pour être précis, dit-elle en relevant la tête (son regard était encore plus froid et tranchant que d'habitude. Reid commençait à regretter son audace). Vous êtes brillant, doué même.
Il y eut un flottement puis elle ajouta :
- c'est cela alors que vous appelez le meurtre comme exutoire à des souffrances intérieures.
- Entre autres oui.
- Selon vous alors je tuerais parce que mon père ou un beau-père m'aurait violé.
- Non vous tuer pour conjurer la confiance qu'il a brisée en vous en vous violentant et dont toute personne a besoin pour vivre.
- C'est pareil.
- Non, dans le premier cas, vous ne seriez pas responsable de vos actes, la responsabilité en incomberait à votre père. Dans le second, vous êtes responsable car vous auriez pu trouver une autre solution pour vous en sortir. Vous le savez et c'est pour ça que vous cherchez mon assentiment car vous savez que vos meurtres n'ont aucun justificatif raisonnable. Vous êtes bien trop intelligente pour croire le contraire.
- vous êtes particulièrement présomptueux docteur Reid. Je n'ai pas besoin de votre assentiment pour continuer.
- Mais pour vivre si, pour vous regarder dans votre glace, si.
- Présomptueux vous l'êtes, car je vous ai dit que je ne cherchais pas votre assentiment mais vous prouver que j'ai raison.
- Pourquoi prouver à quelqu'un que vous avez raison si vous ne cherchez pas son assentiment.
- Pour vous montrer que vous avez tort.
Malgré lui, Reid sourit trahissant sa pensée.
- Vous vous moquez ? Demanda lyli.
- Votre folie dévore vos capacités de raisonnement et de logique.
Ce fut au tour de Lyli de sourire, un sourire qui glaça l'échine de Reid.
- Et j'adore ça, répliqua-t-elle, ça ne m'en rend que plus imprévisible... Bon alors vous n'avez toujours pas répondu à ma question docteur Reid.
- Laquelle ? Demanda Reid feintant l'oubli car il sentait que la patience de Lyli s'effritait et que ce qu'elle avait prévu pour la suite ne lui plairait guère. Elle était en train de le mener dans une impasse où un bras de fer serait inévitable.
- si je tuais Elle Greenaway, abandonneriez-vous ?
- Vous non plus, vous n'avez pas répondu à ma question
- laquelle ? Demanda Lyli dans un sourire.
- Avez-vous fait des études de criminologie ou de profiler ?
- La règle du donnant-donnant. Je n'ai pas oublié mais êtes-vous sûre docteur Reid de vouloir poursuivre dans cette voie. Vous avez survécu aux passages à tabac de l'ours mais ce qui vous attend est bien pire à présent. En quoi cela vous sera utile de savoir mon cursus scolaire ?
- Considérez que c'est par intérêt professionnel.
- Très bien comme vous voudrez docteur Reid mais je change la règle.
- Comment ça ? Fit Reid qui ne comprenait plus.
- Ça ne sera plus exactement donnant-donnant, fit Lyli en sortant de l'une de ses poches deux petits flacons qu'elle fit rouler entre ses doigts.
Reid sut ce qu'ils contenaient avant même qu'elle ne les pose sur la table. Du dilaudid.
- Alors vous êtes preneur ? Lui demanda-t-elle.
Il se contenta de secouer la tête après un long moment d'hésitation. Il ne devait pas céder.
- Votre dernière chance, insista Lyli.

Reid fixait les deux flacons qui le narguaient, promesse d'apaisement.
- Juste une petite précision avant que vous ne preniez votre décision. Le jeu, à partir de maintenant, va changer et l'ours va vous paraître bien tendre par rapport à ce qui vous attend si vous refusez ce que je vous propose.
- Avez-vous fait des études en criminologie ? S'obstina Reid.
- C'est ça, fit la jeune femme en désignant les flacons de dilaudid, ou rien, à moins que vous ne répondiez à ma question.
- Alors c'est rien.
- Vous allez le regretter docteur Reid si vous le pouvez encore. Le dilaudid est une drogue soft par rapport à d'autres. Elioth ! Appela t-elle.

@@@


- Appelle les autres Garcia, le jeu va encore changer, Demanda Ellie la voix emplie de crainte.
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MessageSujet: Re: GUET-APENS   Mer 10 Déc 2008 - 14:59

Yes la suite cool je le lirais ce soir chez moi hors connection
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MessageSujet: Re: GUET-APENS   Mer 10 Déc 2008 - 15:14

Très bonne suite !

Reid qui arrive à destabiliser Lyli ^^ Même si elle se reprend rapidement !
( Une vraie psycho' ^^ )

Mais cela ne va-t-il pas lui attirer plus d'ennuis encore ?
Allez , vivement la suite !
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MessageSujet: Re: GUET-APENS   Lun 15 Déc 2008 - 21:58

lolOw a écrit:
Très bonne suite !

Reid qui arrive à destabiliser Lyli ^^ Même si elle se reprend rapidement !
( Une vraie psycho' ^^ )

Mais cela ne va-t-il pas lui attirer plus d'ennuis encore ?
Allez , vivement la suite !

Merci Lolow et pour te répondre, si Reid lui tien tête ainsi c'est pour une bonne raison que l'équipe ne va pas tarder à découvrir. Mais (et oui il y a toujours un mais ! lol) Reid ne s'imagine pas jusqu'où Lyli va aller et jusqu'où elle va le mener ! Elle a une carte en main qui risque de lui être fatal !

la suite arrive bientôt je pense.
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MessageSujet: Re: GUET-APENS   Mar 16 Déc 2008 - 22:07

Voici la suite. Bonne lecture ! sourit0


Chapitre 16

À l'appel de Lyli, un homme d'une quarantaine d'années pénétra dans la pièce. À travers ses lunettes rondes, son regard aussi froid que l'acier transperçait Reid comme s'il était déjà mort. Reid en frémit d'effroi.
- Il est à toi amuse-toi bien avec ta panoplie de petit chimiste. Docteur Reid une dernière précision, Elioth est un chimiste réputé dans son domaine. Il a travaillé avec les plus grands. Il avait besoin d'un cobaye pour quelques-unes de ses créations... Dernière chance docteur Reid après je ne pourrais plus rien pour vous.
Reid lui opposa son silence. Lyli haussa les épaules et sortit.
- Le docteur Reid, fit l'homme en le scrutant de ses yeux perçants comme s'il cherchait déjà à le disséquer. Je ne pensais pas que Lyli m'offrirait un cobaye si réputé.
Reid aurait pu choisir de garder un silence obstiné comme avec l'ours mais il opta pour une autre tactique.
- Vous me connaissez ? demanda-t-il à Elioth.
Ce dernier parut étonné. Peut-être s'attendait-il à ce que Reid lui oppose un silence farouche comme aux autres.
- J'ai entendu parler de vous effectivement. Dans mon métier les informations circulent vous savez.
- Quel est votre métier ?
Elioth haussa les épaules avant de répondre :
- il n'y a pas vraiment de nom. Chimiste bien que ce soit trop général pour être véritablement ça. Pour être plus précis, j'invente de nouvelles drogues.

Reid blêmit. Elioth ne parut pas s'en apercevoir toute son attention concentrée sur les flacons qu'il sortait avec minutie de sa mallette.
- Et quel genre de drogue ?
- Je n'ai pas de spécialité, en fonction de la demande du marché. Un jour ce sera plus hallucinogènes un autre plus de tranquillisants. Parfois, j'ai même des commandes spéciales en série limitée pour des soirées de grand standing.
- C'est... C'est étonnant effectivement, balbutia Reid en regardant Elioth remplir une seringue avec l'un des flacons.
Sans s'en rendre vraiment compte, Reid commença à s'agiter et à tirer sur ses menottes qui le maintenaient fermement aux accoudoirs. Elioth commença à relever la manche de son bras gauche.
- Attendez, attendez, fit Reid d'une voix plus empressée qu'il ne l'aurait voulu.
À son grand soulagement, Elioth s'arrêta et braqua son regard sur lui. Il y avait quelque chose de dur, d'inhumain dans ses deux prunelles noires. Reid sut que parlementer ne servirait à rien mais il ne put s'en empêcher tant la panique qu'il ressentait l'acculait. Il détourna son regard avant de lui demander :
- qu'est-ce que c'est ?
- Oh Un cobaye qui s'intéresse à mes créations. C'est bien la première fois...
Reid refusait de croiser une nouvelle fois le regard de cet homme qui lui glaçait le sang mais il s'y força. Il le devait s'il voulait avoir une chance de créer un lien avec cet homme. Il croisa donc son regard sans vraiment le voir, fixant son attention sur ses sourcils plus que sur ses yeux pour donner l'illusion qu'il le regardait. Ce subterfuge parut fonctionner car l'homme sourit, un sourire pincé, une grimace plus qu'un sourire.
- C'est un mélange subtil d'hallucinogène et de tranquillisants un cocktail assez étonnant je pense.
- Quels en sont les effets ?
- En théorie, vous allez vous sentir plongez dans une langueur pesante, peut-être même comme si vous vous enfonciez dans un trou noir, peut-être aussi un peu de délire paranoïaque.
- Et... Et en pratique, vous l'avez déjà testé ? Demanda Reid tout en essayant de contrôler sa voix
- non c'est une première. Et je suis honoré que ce soit vous.
Reid se retint de répliquer qu'il s'en serait bien passé.
- Bon, très bien, allons-y, vous êtes prêt ?

Le profiler se contenta de hocher la tête de peur que sa voix ne le trahisse. Il avait mis si longtemps à détourner ses pensées du dilaudid, du soulagement que cela pouvait procurer. Il ne savait si après le délire où la léthargie que provoquerait l'injection décrit par Elioth, il ne savait pas s'il resterait maître de lui-même. Il ne put s'empêcher de fermer les yeux devant l'inéluctable. Elioth finit de lui remonter la manche de sa chemise, lui passa un garrot autour de l'avant-bras. Reid entendit le rythme de son cœur s'accélérer de panique ou de soulagement, qu'il avait déjà goûté plus d’une fois, il n'aurait su le dire. Il sentit la piqûre de la seringue et dut exprimer sa douleur car Elioth émit un bref "désolé" que Reid entendit comme de très loin. Il fixait toute son attention sur les battements de son cœur, pour ne pas céder. Ne pas céder à la panique qui lui criait de se rebeller. Ne pas céder à l'extase d'éprouver l'abandon de soi-même provoquée par la drogue.

@@@


- Au boulot, fit Gideon, ça ne sert à rien de rester devant l’écran. Ce n’est pas ainsi qu’on va pouvoir l’aider. Et puis on a du pain sur la planche avec ces nouveaux éléments. Prentiss et Morgan sont toujours coincés à l’hôpital avec Mme Griber et Hotch prend une pause. Garcia peux-tu…
- identifier cet Elioth, acheva l’informaticienne qui pianotait déjà sur son clavier, ce nom me dit quelque chose… je le trouverais.
- JJ poursuit tes recherches sur le papier des parchemins.
- mes recherches n’ont pas abouti à grand-chose pour l’instant
- continue, parfois il suffit de peu.
- je m’occupe de Lyli, intervint Ellie, et de ses études de criminologie. C’est une piste à suivre et puis si Reid l’a évoquée, ce n’est pas sans raison, argumenta t-elle mais Gideon, contrairement à ce dont elle pensait, ne s’opposa pas à ce qu’elle participe plus activement à l’enquête.
- Très bien, juste une question… approuva t-il.
- laquelle ?
- lorsque tu as dit, quelques jours en arrière, que tu avais réussi à obtenir des informations c’était vrai ?
L’ancienne profiler qu’était Elle connaissait suffisamment Gideon pour savoir qu’il ne l’insultait pas en sous-entendant qu’elle leur cachait des informations. C’était sa façon à lui de lui exprimer son inquiétude quant à la situation.
- il s’en sortira Jason, tenta t’elle de le rassurer bien que la conviction lui manquait quelque peu.
Elle en venait à se dire qu’il ne fallait peut-être mieux pas que Reid s’en sorte. Comment ferait-il pour surmonter cette nouvelle épreuve alors qu’il se remettait tout juste de la précédente. Elle chassa cette sombre pensée de son esprit. Elle serait là, pour l’aider.

Avant de quitter la pièce, Gideon jeta un dernier coup d’œil sur l’écran. La caméra avait basculer sur la cellule, vide. Puis, Elioth et l’ours apparurent y traînant Reid inconscient. Ils le jetèrent sur le matelas. Gideon se détourna, son inquiétude devenait peur. Il préféra se sauver et plonger son esprit dans les dossiers des meurtres non résolus et tenter d’isoler un de ceux de Lyli pour trouver une piste. Comme il l’avait dit lui-même, il ne servait à rien de rester planter devant l’écran.

@@@


Reid émergea des ténèbres mêmes. Il mit un long moment avant de réaliser qu'il était étendu sur le matelas de sa cellule, roulée en boule comme si quelques terreurs l'avaient harcelé, et que Nathan se tenait à côté de lui, le visage inquiet.
- Ça va aller docteur Reid, lui assura le gamin.
Reid faillit lui demander ce qui lui était arrivé mais il se retint à la dernière minute lui opposant son habituel silence. Nathan se rembrunit face à ce dernier, perdant ses traits tendus d'inquiétude remplacés par son expression taciturne qu'il avait finie par adopter face à l'absence de dialogue. Reid avait remarqué que Nathan avait changé peu à peu. Il était devenu plus hésitant à son égard, plus distant quelquefois, surtout lorsque le profiler était au plus mal. Nathan ne cherchait même plus à communiquer avec Reid. Les mots qu'il venait de prononcer étaient les premiers depuis bien longtemps. Reid devait être dans un état des plus catastrophiques pour que Nathan sorte de son mutisme. Du reste, il n'avait pas besoin de se l'imaginer, il le ressentait jusque dans ses articulations. Il ne put retenir un gémissement lorsqu'il entreprit de déplier ses jambes. Ce simple geste le laissa à bout de souffle.
- Il faut que vous buviez, fit Nathan en portant une bouteille aux lèvres du profiler.

Reid n'eut pas le courage de refuser l'aide de Nathan. Un pâle sourire dessina les lèvres de l'adolescent. Un sourire de soulagement et de reconnaissance envers Reid qui le laissait pour la première fois l'aider. Un sourire humain qui fit du bien au profiler. Il n'en avait pas croisé depuis bien trop longtemps.

@@@


Morgan et Prentiss attendait depuis des heures dans le couloir du service psychiatrique de l’hôpital. Mme Griber n’avait pas été très coopérative à l’arrivée de l’ambulance. Et ce n’était pas peu dire : les infirmiers, sceptiques dans un premier temps quant à l’absolue nécessité de l’interner, n’avaient plus émis aucun doute après la volée d’insultes qui s’était transformée, au fil des secondes, en véritable agressivité lorsqu’ils commencèrent à l’interroger au sujet de son mari. Pour finir, une bonne dose de tranquillisant avait été nécessaire pour éviter que le fer à repasser, après la planche, ne traverse l’appartement en volant.
Assis sur une banquette, Morgan menaçait de s’endormir. Il ne se souvenait plus de la dernière fois où il s’était véritablement allongé pour dormir.
- Fatigué ? lui demanda Prentiss
- oui pas toi ?
- la question ne se pose même pas.
- quelque fois je me dis que ce n’est pas une vie.
- quelquefois seulement ? demanda-t-elle dans un sourire.
- tous les jours…
Le sourire de Prentiss s’élargit.
- Emily, je…
- Non, pas maintenant Derek, c’est pas le moment, tu ne crois pas ?
- il n’y aura jamais de bons moments, dans notre métier c’est… c’est comme ça
- peut-être mais c’est trop difficile… trop compliqué.
- pourquoi ?
- on est agent tous les deux, dans la même équipe, tu imagines ce que ça pourrait donner. Ça ne serait pas une vie.
- ça ne l’est déjà pas.
- oui c’est vrai.
- je t’apprécie beaucoup et…
- justement il y a trop en jeu, notre relation de collègue, et vis-à-vis des autres membres de l’équipe comment…
- attends, tu m’as peut-être mal compris. Je ne te promets pas un amour éternel, c’est juste que je t-apprécie beaucoup, que je sens que… qu’entre nous je… je le sens bien.
- tu le sens bien ? demanda Prentiss amusée.
- Moques-toi.
- non, je ne me permettrais pas ! Pour moi, c’est juste difficile.
- je ne suis pas doué non plus pour ce genre d’histoire.
- on est bien monté alors tous les deux ?!... C’est un pari risqué.
- oui sans aucun doute… es-tu prête à le relever ?
Prentiss n’eut pas le temps de répondre. Un médecin venait à leur rencontre.

@@@


Quelques heures après le départ de Nathan, Elioth ouvrit la porte de la cellule. Reid n'avait pas bougé d'un iota alternant des moments de conscience et d'inconscience. À chaque fois qu'il se réveillait, il lui semblait revenir d'un trou noir et que son corps se solidifiait un peu plus à chaque fois, le paralysant complètement.
- Comment vous sentez-vous ? Lui demanda Elioth en s'accroupissant à ses côtés.
Reid dut s'y reprendre à deux fois pour réussir à émettre un son tant sa bouche lui semblait sculptée dans l'ébène.
- je... je… Ne parvint-il qu'à croasser.
- Très bien, je vois, commenta Elioth en fronçant les sourcils.
Du regard, il étudia Reid puis ouvrit sa mallette et en sortit un petit flacon.
- On va essayer ça, dit-il avant de marmonner des choses dont Reid ne parvint à saisir le sens.

Il s'agissait de plus de ceci ou de moins de cela. Lorsqu’Elioth brandit une nouvelle seringue, Reid ne put que reculer intérieurement. Elioth remplit la seringue avec la fiole puis fixa Reid d'un regard perçant. Reid eut à nouveau la sensation qu'il le disséquait. Comment avait-il pu espérer créer un lien d'une quelconque nature avec cet homme ? Rien que le sourire qu'il arborait le pétrifiait de terreur. Il n'avait rien d'humain. Pour Elioth, les autres n'étaient que des objets, des objets d'expérience. Reid ferma les yeux à défaut de pouvoir échapper à ce qui l'attendait. Il sentit la seringue piquer sa chair, une brûlure incandescente se propager à travers ses veines tel un feu liquide puis une douce et merveilleuse inconscience le happa.


Dernière édition par Tanlee le Mer 17 Déc 2008 - 22:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: GUET-APENS   Mar 16 Déc 2008 - 22:34

Ah , des mises à jour !
Bon , alors , que dire ?
Absence totale de Lyli , ça fait bizarre ^^
M'enfin ce Elioth là..J'l'aime pas ! Il va nous refaire plonger Reid dans la drogue !
Bon..on dirait bien que l"équipe piétine complèment aussi ^^
En tous cas , félicitations pour ce chapitre , et comme d'hab' , vivement la suite !

P.S : C'est pas que j'aime jouer ma relou' , mais j'avais envie de le faire ^^ ( moi et les fautes..xD ) ' Chaire ' à la fin du chapitre , s'écrit ' chair '. Le mot ' chaire ' n'a pas du tout la même signification ^^
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MessageSujet: Re: GUET-APENS   Mer 17 Déc 2008 - 22:15

Merci lolOw, je n'avais pas vu pour la faute et c'est vrai que ça n'a pas du tout le même sens ! Rolling Eyes mais à force de lire et relire le texte, je ne vois plus les fautes ! je vais la corriger. Si tu en vois d'autres n'hésite pas.

Juste au passage,
Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: GUET-APENS   Mar 23 Déc 2008 - 22:04

C'est quand la suite ? Snif moi j'aime trop ta fic j'ai trop hâte de savoir la fin, heureuse j'espère !!! Very Happy
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MessageSujet: Re: GUET-APENS   Jeu 25 Déc 2008 - 23:33

thank_you1 Ninie !
La suite va arriver lundi car je travaille ce week-end ! et c'est vrai que la fin approche dangereusement...
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MessageSujet: Re: GUET-APENS   Lun 29 Déc 2008 - 19:14

Voici la suite. Bonne lecture. sourit0

Chapitre 17


JJ avait fini par identifier la fabrique de papier du parchemin laissé sur les scènes de crime. Elle se trouvait dans le Tennessee. Un espoir. L’abattement la rattrapa bien vite : elle distribuait son papier dans une cinquantaine de magasins à travers les Etats-Unis. Pas un seul ne se trouvait en Virginie. Soit le Quatuor l’avait acheté dans un autre état au détour de l’une de leur étape auquel cas cela remontait à plus de trois mois – Nathan les avait rencontré à peu près à cette période donc ils étaient déjà à Washington – soit le Quatuor l’avait acheté par correspondance. Dans les deux cas, identifier le magasin prendrait du temps, d’autant plus si les magasins rechignaient à donner le nom de leur acheteur – demander une commission rogatoire était inenvisageable pour trente magasins sans aucune piste sérieuse – voir impossible s’ils avaient utilisé un nom d’emprunt. JJ s’empara une nouvelle fois du téléphone. La journée serait longue.

@@@


Garcia se souvenait avoir croisé le nom d’Elioth quelque part. Mais où ? Elle l’avait lu mais sa mémoire lui refusait sa coopération.
- je ne le retrouve pas, pesta-t-elle. Il est forcément là quelque part.
- Tu ne te souviens pas quand tu l’as vu ? C’était ces jours-ci ou beaucoup plus lointain ? lui demanda Ellie tout en scrutant l’écran de son ordinateur.
- C’est vieux, il me semble.
- avant ou pendant cette affaire ?
- pendant ça j’en suis certaine.
- Certainement au début alors, est-ce que l’équipe était avec toi ?
- je ne sais plus, je crois que je vous donnais des informations, et que… t’es géniale Elle.
- quoi ?

- Elioth, j’ai croisé ce nom quand on recherchait Morgan dans l’entrepôt, fit Garcia en tapant frénétiquement sur son clavier, le journal local… ça y est, je l’ai. Tu te souviens y a deux ans, l’entrepôt avait fait l’objet d’une perquisition car la police suspectait l’existence d’un labo. Et bien le journal local parle d’un certain Elioth Colmann, suspecté d’être à l’origine du plus grand réseau de drogue de Washington.
- T’as une adresse ?
- la dernière adresse connue date de deux ans et depuis une famille y vit
- qu’est-ce que tu as d’autres ?
- son nom revient fréquemment pour ne pas dire systématiquement dans les affaires de drogues à Washington.
- L’entrepôt lui appartenait ?
- attends… oui et encore aujourd’hui.
- donc peut-être que le Quatuor se terre dans l’une des planques de cet Elioth Colmann.
- je vais voir ce que je peux trouver sur les différents lieux connus qu’il a utilisé.
- Faut pas rêver, s’il s’expose sous notre nez, c’est que c’est une nouvelle planque mais connaître ses anciennes nous donnera peut-être une idée où chercher.

- et toi t’en est où ? demanda Garcia tout en tapant sur son clavier
- j’épluche les dossiers des différentes universités ou écoles qui touchent à la criminologie. Pour l’instant, je n’ai trouvé aucun étudiant qui correspond à Lyli.
- Reid a parlé de profiler ?
- oui j’ai axé mes recherches sur les formations qui proposent une approche du profilage mais… (Ellie se tut pour prendre le temps d’être sûre. Après les centaines de photos d’étudiants qui avaient défilé devant ses yeux elle avait peur de prendre ses désirs pour des réalités) je l’ai, regarde Garcia, fit-elle en tournant l’écran de son ordinateur vers l’informaticienne.
- c’est pas croyable ! s’exclama Penelope en observant la photo, elle est jeune.
- Lyli Green, elle est rentrée à l’âge de 15 ans à l’université de Standord.
- 15 ans à Stanford, rien que ça ! Un Reid au féminin.
- c’est pour ça qu’elle a choisi Reid certainement, elle se sentait proche de lui.
- elle a eu son diplôme ?
- oui elle a fait un master en criminologie puis une thèse. Sa thèse portait sur… la victimologie.
- elle aurait pu faire parti de l’équipe.
- certainement mais…quelque chose a dû dérailler.
- comment ça ?

- elle a réussit brillamment sa thèse, comme tu l’as dit toi-même elle aurait pu faire parti de l’équipe, avoir un avenir brillant alors comment s’est-elle retrouvée tueuse en série ?
- un évènement lié à sa famille ?
- attends… (Elle tapa sur son clavier), sa mère Anna Green est morte il y a deux an d’une crise cardiaque.
- l’évènement déclencheur ?
- non, vu sa maîtrise et son mode opératoire, elle tue au moins depuis cinq ans. Son père est mort alors qu’elle avait trois ans. Sa mère… s’est remariée alors que Lyli avait 10 ans avec un certains Joe Brook. Il est… porté disparu depuis cinq ans.
- tu penses que Lyli l’a tué ?
- certainement, Reid avait raison. Maintenant, il va falloir trouver ce qui s’est passé il y a cinq ans pour qu’elle commence à tuer. Cinq ans, ça correspond à la fin de sa thèse. Elle l’a fini en janvier 2003 et son beau-père a été porté disparu en octobre 2003.
- il va falloir trouver ce qui s’est passé entre janvier et octobre 2003 alors !

@@@


- je ne sais pas si Mme Griber pourra vous apprendre quoi que ce se soit, dit le médecin.
- pourquoi ? demanda Prentiss.
- nous avons dû lui administrer de fortes doses de médicaments pour la calmer et réguler son humeur et il faudra du temps pour que son organisme les assimile et qu’elle retrouve complètement ses esprits.
- on attend depuis des heures déjà. On ne peut pas attendre plus longtemps maintenant.
- je suis désolé. Je ne peux rien faire de plus.
- pouvons nous quand même la voir ? demanda Morgan
- oui bien sûre. Suivez-moi.

Le médecin les mena jusqu’à la chambre de Mme Griber. Cette dernière, tassée dans l’un des fauteuils, était méconnaissable. Recroquevillé sur elle-même, une couverture jusqu’au menton pâle comme un fantôme, elle n’avait plus rien de la femme hystérique qui les avait accueillis chez elle. Une petite vielle aux portes de la mort. Elle avait pris trente ans en quelques heures. Lorsque Prentiss s’assit en face d’elle, elle ne lui adressa aucun regard. Elle fixait le vide, les yeux vitreux et hagards, sans même avoir conscience de Prentiss à ses côtés.
- Mme Griber, l’appela cette dernière doucement, Mme Griber, parlez-moi de votre mari…
Contre toute attente, une lueur sembla s’éclairer dans le regard délavé, noyé par les médicaments, de Mme Griber.
- votre mari, vous vous souvenez…
- il était beau, murmura Mme Griber.
- oui parlez-moi de lui.
- on s’est rencontré au bord de la mer. Il m’a fait la cour vous savez…
- je n’en doute pas… parlez-moi de son frère, ajouta Prentiss face au silence de la femme.
- Lee… il est arrivé si brusquement dans sa vie qu’il ne l’a pas supporté. Son frère était un mauvais garçon mais pas mon Walt. Non pas mon Walt.
- Mme Griber, l’appela Prentiss qu’elle sentait repartir, son regard se faisait de nouveau plus absent.
- tout à basculé après, souffla la femme.
- Mme Griber, Mme Griber…

Mais Mme Griber n’était plus avec eux, ses yeux les touchaient sans les voir. Ils la laissèrent à son errance intérieure et sortirent de la chambre.
- tout ça pour rien, se découragea Emily.
- non pas pour rien, on sait que Lee est arrivé brusquement dans la vie de son frère.
- enfant adopté peut-être.
- Peut-être. A vérifier.
- je ne suis pas sûre de tenir Morgan, avoua Prentiss après un long moment de silence.
Alors qu’il arrivait dans le hall d’accueil de l’hôpital, après une hésitation, Morgan se rapprocha d’Emily et passa son bras autour de ses épaules.
- Moi non plus, lui confia t-il à son tour.
Ils rejoignirent la voiture sans un mot, savourant ce répit qui leur était offert.

@@@


Hotch embrassa son fils puis sortit de la chambre. Avant de fermer la porte, il ne put s’empêcher de l’observer dormir. Parfois, il craignait de se réveiller un matin et de s’apercevoir que son fils avait grandi et qu’il n’avait pas été là pour l’accompagner. Il ferma la porte sans un bruit puis descendit les escaliers.
- tu y retournes ? lui demanda sa femme.
- oui.
- vous en êtes où ?
- pas très loin… Haley, je suis désolé que la situation actuelle… que je ne puisse être plus présent en ce moment.

Haley se retint de lui dire que ce n’était pas qu’en ce moment mais à peu près toujours ainsi. Mais, elle ne pouvait pas se le permettre, pas maintenant, pas alors qu’un collègue à son mari, qu’elle connaissait qui plus est, était en danger. Plus tard, elle lui en parlerait. Elle remettait toujours à plus tard, attendant le bon moment. Mais pouvait-il y avoir, un jour, un bon moment. Un jour où elle ne culpabiliserait plus de se plaindre de l’absence de son mari et de la distance qui se creusait entre eux alors que lui sauvait des vies.
- ils ont besoin de toi, le rassura t’elle avant de l’embrasser.

Hotch prolongea leur baiser comme pour s’y noyer et oublier. Il s’arracha des bras de sa femme avec regret. Cependant, il devait retourner au BAU et parler à Gideon. « Fais en sorte que ça change » lui avait dit Haley au sujet du silence de l’équipe concernant tout ce qu’elle avait traversé. Il se rendit donc au BAU d’un pas plus certain que jamais depuis le début de cette affaire. A la table ronde, personne. Il se rendit directement dans le bureau de Gideon dont la porte était ouverte. Son collègue était plongé dans un dossier et ne l’entendit pas arrivé.
- Tu as trouvé quelque chose ?
- et toi comment tu te sens ? Éluda Gideon en relevant la tête.
- je crois qu’on ne devrait pas annuler cette conférence à Oxford, répondit Hotch rentrant dans le vif du sujet.
- je croyais que tu devais rentrer pour te reposer ?
- j’ai vu ma femme et mon fils, me reposer on en reparlera lorsque cette affaire sera terminée… fit-il en s’asseyant en face de son collègue, alors qu’en penses-tu ?
- c’est de la folie Hotch, la conférence a lieu dans quelques jours seulement
- justement, ce serait l’occasion de discuter avec Emy Baxter, peut-être que si on retrouve Reid…
- on va le retrouver, le coupa Gideon.
- alors il faudrait songer à la possibilité de faire appel à Emy.
- tu es sérieux ?
- la première indication thérapeutique pour son traitement concerne le cas de Reid.
- la répétition du traumatisme… oui mais la deuxième indication ne le concerne pas.
- pas encore. Si on ne le retrouve pas très vite, il risq…
- je sais. On devrait en parler plus tard lorsq…
- non. Je ne referais pas deux fois la même erreur.
- Où veux-tu en venir Hotch ?
- je crois qu’il faudrait parler à l’équipe de ce qui ne s’est jamais dit. Ne serait-ce que pour Ellie. Elle est là et on le lui doit pour qu’elle puisse guérir.
- oui, je sais, fit Gideon dans un soupir en faisant glisser une photo sur le bureau. Il est mort il y a trois mois et demis, retrouvé il y a seulement deux jours par des employés municipaux. Voilà pourquoi nous ne trouvions aucun meurtre correspondant à Lyli en Virginie, le corps n’avait pas encore été découvert.

@@@


Reid ressurgit du trou noir, peu à peu, de façon agitée, à moitié délirant, comme si une mer houleuse l'avait recrachée sur une plage, hagard. La voix de sa mère hurlante le poursuivait jusque dans la rue sous les yeux de ses voisins avides, son père froid, distant, le scrutait de toute sa hauteur tel un géant observant un nain avec dédain, la voix d'Elle l'accompagnait parfois ainsi que celle de Morgan accusatrice, « tu n'as rien fait » lui crachait-il avec rage.
Ainsi, Reid parvint difficilement à s'arracher à ses brunes délirantes. Et lorsqu'il reprit complètement contact avec le monde qui l'entourait, Elioth l'observait par-dessus ses lunettes rondes. Reid sursauta de surprise et de peur. Il croisa le regard de l'homme toujours aussi tranchant mais préféra détourner le sien. Le silence d'Elioth était insupportable, aussi angoissant que la mort, comme l'un de ses préambules. Mais Reid ne savait que dire. Et puis, il se souvint. Il avait un plan ou tout le moins une stratégie. Il devait s'y raccrocher pour ne pas craquer. Alors, il rompit le silence.
- C'est un cocktail étonnant, commenta-t-il.
Elioth parut étonner que Reid lui adresse la parole. Il hésita puis demanda :
- la drogue que je vous ai donnée ?
- Oui.
- Qu'avez-vous ressenti ?


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Tanlee
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MessageSujet: Re: GUET-APENS   Lun 29 Déc 2008 - 19:15

Reid voulait lui en donner pour son argent, lui montrer qu'il était ouvert à la discussion, qu'il s'intéressait à son art même si cela lui coûtait. Alors, il lui décrivit tout ce qu'il avait ressenti : ses pensées qui s'étaient alourdies au moment où l'homme lui fit la première injection, l'étrange impression de l'abandon de soi aussi agréable qu'angoissante, le trou noir, le néant et enfin le réveil brutal, douloureux, les articulations qui craquent, le corps qui se rigidifie de minute en minute, la terreur de se sentir se paralyser peu à peu et de se figer dans un corps miné par la souffrance. Aussi difficile que ce fut pour Reid de livrer à son bourreau toutes les douleurs et les angoisses qui l'avaient traversées, aussi humiliant que ce fut de voir le sourire satisfait, tordu par la perversité, d'Elioth se dessiner, de sentir le plaisir l'habiter à mesure qu'il se racontait, il le fit sans omettre aucun détail et parvint même, à la fin de son récit, à planter ses yeux dans les siens.
- Bien parfait et après la seconde injection ? demanda Elioth aussi froidement que radieux.

Reid eue du mal à préserver son sang-froid face à l'indifférence de l'homme. Il fit appel à tout ce qu'il savait sur ce genre de personnalité pour se retenir de lui lancer une réplique acerbe et tenter de lui faire comprendre le désarroi dans lequel il se trouvait. Il devait lui montrer qu'il était comme lui, qu'Elioth pouvait se retrouver un peu dans ce que Reid était s'il voulait préserver le lien qu'il créait peu à peu avec lui. Et il le souhaitait, vivement ou du moins Lyli devait y croire, car c'était peut-être sa seule chance de s'en sortir.
- Après la deuxième injection, répéta Reid pour se donner le temps de se ressaisir – la mallette d'Elioth était posé à ses côtés et Reid ne doutait absolument pas de ce qui l'attendait après leur échange. Après la deuxième injection, je me suis senti comment dire ?
Reid ferma les yeux un instant cherchant la force de poursuivre. Il devait soutenir le regard de l'homme ou du moins lui donner cette impression et poursuivre cette discussion. Cela lui permettrait de gagner un peu de temps. Gagner un peu de temps, c'est tout ce à quoi il en était réduit. Il balaya de son esprit cette dangereuse pensée, proche, trop proche, de la résignation. Il ouvrit les yeux et poursuivit. Il raconta la délivrance de se sentir plonger dans l'inconscience, le néant puis les délires dans lequel il s'était retrouvé mêlant sa vie passée et présente.
- Et au niveau des douleurs dans vos articulations ?
- Évanouies.
- Bien, bien, très bien, approuva Elioth.
- Quel effet recherchez-vous ? Demanda Reid feintant le détachement.
- La première drogue m'a été commandée par un groupe, si je vous disais lequel vous ne me croiriez pas, qui désire faciliter les aveux par la douleur, une sorte d'interrogatoires musclés sans avoir besoin de frapper. Une façon de rester propre. Enfin bref, toujours est-il que ça me semble pas mal fonctionné juste quelques petits réajustements à faire.
- Lesquels ?

Elioth eut un haussement de sourcil soupçonneux. Reid eut bien du mal à soutenir son regard.
- Vous êtes resté inconscient plusieurs heures, finit-il par expliquer, et l'objectif de cette drogue est de faire en sorte que vous restiez éveillé pour faire des aveux alors il va falloir diminuer la dose de tranquillisant. Je vais faire les modifications et on refera un essai plus tard.
Reid réussit par miracle à garder river son regard au sien. Il ne savait pas s'il survivrait une deuxième fois à la douleur qui avait sculpté son corps lors de la première injection. L'homme ouvrit sa sacoche et en sortit une nouvelle fiole.
- Et l'autre ? Demanda Reid plus pour retarder l'inévitable que par réel intérêt.
- La deuxième ? Elle a eu le mérite de faire disparaître les douleurs corporelles de la première, et puis c'est une commande spéciale pour une espèce de secte qui voudrait permettre à leurs disciples de revivre des moments de leur vie. Une sorte de rite initiatique. Mais ça n'a pas été une réussite, je crois que je vais revenir à quelque chose de plus classique.
- Comme ?
- Peut-être de dilaudid.
- Oui c'est une drogue efficace de ce côté-là, répondit Reid une pointe d'amertume dans la voix.
- Efficace mais trop instable d'une personne à l'autre. Bon revenons à nos moutons. Je pense que celle-là va vous plaire, fit Elioth en remplissant une seringue avec le flacon qu'il venait de sortir.
- Qu'est-ce que c'est ? Demanda Reid tentant de contrôler le tremblement de sa voix.
- Elle est soft vous verrez. Vous allez vous sentir bien comme si vous flottiez sur un nuage, répondit Elioth en installant le garrot autour du bras de Reid.
- et après ? Demanda ce dernier.
- Vous ne contrôlerez plus rien.
- C'est-à-dire ?
Pour seule réponse, Elioth lui fit son abominable sourire qui se voulait le plus chaleureux et rassurant. La panique s'empara de Reid. Cependant, son corps ne lui appartenait déjà plus, trop faible, et lorsqu’Elioth le piqua et qu'il voulut se dérober, il n'y parvint pas.

@@@



Gideon et Hotch avait réuni tout l’équipe autour de la table ronde y compris Garcia. Morgan et Prentiss venaient juste de rentrer de l’hôpital. La tension et la fatigue de chacun était palpable.
- Très bien, commença Hotch, faisons le point. Commençons par Elioth. Garcia ?
- Elioth Colmann, propriétaire de l’entrepôt dans lequel Reid a disparu, chimiste de formation, suspecté d’être à l’origine du plus grand trafique de drogue de Washington il y a 10 ans. Puis, il semble avoir réduit son activité à la création de drogues. Il n’y a pas une seule affaire de drogue où son nom n’est pas cité mais on avait encore jamais pu mettre un visage sur son nom enfin jusqu’à aujourd’hui. Il réussissait toujours à éviter les arrestations et à ne laisser aucun témoin vivant. Un véritable caméléon.
- Alors pourquoi se montrer au grand jour maintenant ?
- les gens le disent fatigués. Et récemment, un homme a été retrouvé à moitié vivant dans un des entrepôts suspecté d’abriter l’un de ses labos. A l’arrivée de la police, tous les (Garcia cherchait ses mots) tous les employés de ce labo étaient morts sauf cet homme. Gravement blessé, il est décédé avant d’arriver à l’hôpital mais il a tout de même survécu quelques heures de plus que ces collègues, quelques heures qui auraient pu coûter chères à Elioth.
- un homme méthodique comme lui ne commettrait pas une telle erreur. Il cherche à se faire coincé. Un homme fatigué, commenta Gideon, fort possible.
- Reste à savoir comment son nom a pu circuler sur les lèvres alors que son visage nous est resté inconnu jusqu’à aujourd’hui, intervint Hotch.
- La rumeur veut qu’il ait un ego surdimensionné. C’est une sorte de légende autant dans le milieu mafieux que policier à en croire les dossiers d’affaire dans lequel il apparaît.
- une piste à suivre. Son nom doit avoir de l’importance pour lui et il ne doit pas ou peu utiliser des noms d’emprunt. Peut-être pourra t’on ainsi remonter jusqu’à lui.

- et concernant Walt Griber ? demanda Gideon
- on a appris peu de chose si ce n’est que Lee était son frère, répondit Morgan.
- frères ? fit JJ stupéfaite, je croyais que Lee n’avait plus de famille
- pas à en croire sa femme. On n’a pas pu en apprendre beaucoup plus car elle a été internée au vu de son état psychologique. Cependant, elle nous a dit que Lee était arrivé brusquement dans la vie de son mari. On a supposé qu’ils ont été adoptés, séparés petits.
- exact, confirma Garcia, j’ai vérifié après votre coup de téléphone. Leur mère biologique est morte après la naissance de son deuxième fils Walt Griber. Lee avait deux ans quand Walt est né et que sa mère est morte. Par la suite, ils ont été séparés pour être adoptés. Walt a été adopté très vite. Il était encore bébé. Lee, lui, a longtemps traîné de foyer en foyer avant d’être adopté.
- et le père ? demanda Morgan.
- inconnu.
- donc, intervint Elle, Lee aurait appris qu’il avait un frère et décidé de prendre contact avec lui.
- La femme de Walt Griber nous a dit que son mari n’a pas supporté, qu’après tout avait changé, fit Prentiss, il est possible que pour lui, apprendre qu’il avait un frère l’ait bouleversé, son monde s’écroule, il commence à boire et tue quelqu’un à la suite une rixe. Il y prend goût, une façon de se libérer, et continue à tuer.
- Mme Griber a aussi évoqué Lyli. Elle l’a accusée de lui avoir volé son mari.

- Lyli, Walt et Lee se connaissaient depuis un certain temps déjà, commenta Hotch, pour Walt, la motivation est peut-être la vengeance. D’ailleurs dans l’un des parchemins, il est dit « sa complainte sonne l'heure de la vengeance pour ses frères »
- oui, certainement, approuva Gideon. Lyli rencontre Walt, comment cela reste un mystère mais peu importe, puis Lee apprend qu’il a un frère et le rencontre. Dès lors, ils forment une sorte de trio meurtrier. Mais pourquoi Lyli se serait embarqué dans un plan pareil. Ce n’est pas par vengeance, en tout cas pas concernant la mort de Lee. Elle a un égo trop fort pour se sentir toucher par la mort d’une personne même proche… La mort de Lee lui a donné envie de passer à un plus gros poisson, à un meurtre plus ambitieux. Cependant, il nous manque un élément.
- Reid avait raison, intervint Elle, Lyli à bien fait des études de criminologie. Elle les a commencées à 15 ans à Stanford puis a enchaîné une thèse sur la victimologie terminée en janvier 2003, brillamment. Son beau-père disparaît en octobre.
- tué par Lyli, fit Gideon, c’est de loin le plus beau profil que Reid est réalisé.
- certainement mais ça ne nous aide pas, ragea Elle.

- qu’a-t-elle fait entre janvier et octobre ? que fait-on avec une thèse en victimologie ? Réfléchit Gideon tout haut
- on se fait embauché dans la police, enchaîna Morgan
- non Lyli a un égo surdimensionné, elle a dû viser beaucoup plus haut.
- CIA ? FBI ? Il faut chercher dans leur dossier de candidature.
- ceux qui ont été recalés déjà.
- je m’y mets tout de suite, fit Garcia.
- et toi JJ, tu en es où avec le papier des parchemins ? demanda Hotch
- ça avance doucement, les différentes boutiques que j’ai contactées rechignent à me communiquer des informations sur leur client. Il faut expliquer, insister. Ça prend du temps.
- continue.

Un silence pesant s’installa dans le bureau. D’habitude, c’était toujours Gideon ou Hotch qui annonçait d’une façon ou d’une autre la fin de la réunion. Le silence se prolongea. Morgan ne le supporta plus et le brisa.
- qu’est-ce qui se passe ? demanda t-il inquiet
Gideon posa sur la table la photo d’un corps mutilé accroché à un tuyau par des menottes dans ce qui semblait être les égouts.
- il a été tué il y a trois mois, retrouvé il y a deux jours, expliqua Gideon, il a subi de nombreuses privations, a été drogué visiblement, et a été violement torturé avant d’être égorgé. Son identité reste inconnu vu l’état de putréfaction du corps. Il faut attendre les résultats de l’analyse dentaire.
- Vu les mutilations dont il a souffert, nous pensons que Lyli possède une deuxième personnalité moins froide, moins calculée, plus désorganisée et sujet à de violentes colères. Certainement que cette personnalité se révèle lorsque sa victime commence à craquer ou lorsqu’elle perd patience.

- schizophrénie ? demanda Prentiss
- pas de manière aussi marquée.
- il faut que Reid tienne alors sinon… (Garcia ne put se résoudre à finir sa phrase)
- Nous pensons qu’il l’a compris assez vite et que c’est pour ça qu’il lui tient tête depuis le début mais ça commence à faire long maintenant, il faut envisager la possibilité que peut-être on n’arrive pas à le retrouver à temps.
- Vous plaisantez Hotch !
- laisse-moi finir Elle, on va tout faire pour le retrouver mais même si on le retrouve vivant, comme il l’a dit lui-même nous sommes des profiler nous retrouvons les personnes vivantes quand elles peuvent encore mais une fois retrouvée on ne se soucie plus d’elle parce que ce n’est pas notre domaine de compétence pourtant… j’ai peur qu’on ne le retrouve plus tel qu’il était. On envisage de faire appel à Emy Baxter.
- Hors de question, les risques sont trop importants.
- pas autant que si on ne fait rien.
- Reid n’en est pas là pour l’instant.
- pour l’instant. On se doit d’y penser Ellie pour ne pas reproduire ce qui s’est passé après ton agression. On a perdu un membre précieux de notre équipe et nous ne voulons pas en perdre un deuxième.
- ce sont des excuses Hotch ?
- oui, j’aurais aimé que les choses se passent différemment après ton agression.
- Moi aussi. Merci.
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MessageSujet: Re: GUET-APENS   Lun 29 Déc 2008 - 21:26

Je n'excuse de vouloir jouer les grognon mais il ne manquerait pas le chapitre 17.

Sinon, tout simplement J'ADORE.

Bravo
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Tanlee
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MessageSujet: Re: GUET-APENS   Lun 29 Déc 2008 - 21:43

Oups ! Embarassed tu suis mieux que moi ! lol. En fait c'est bien le chapitre 17 mais j'ai oublié de corriger l'erreur : mes chapitres se sont décalés. enfin bref je vais le rééditer sourit_vert

sinon merci ! merci2
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MessageSujet: Re: GUET-APENS   Lun 29 Déc 2008 - 23:05

Impatiente de lire..Mais Néanmoins , j'attendrai demain , car , bien que je lise vite , je ne voudrais pas lire entre les lignes..
Et je ne veux pas non plus louper CM ^^ Qui commence dans 15min en gros. Donc , pour demain !
Pour l'instant , je te dirai merci pour cette suite ^^

Après lecture : Ah , toujours aussi bien ! Félicitations. Bon , je n'écrirai pas un long roman ( ^^ ) parce que je vais devoir y aller , mais je te dirai simplement que c'est toujours très intéressant , et que j'attends la suite avec impatience..
P.S : Ca y est , l'équipe trouve des petits éléments ! Tant mieux...même si ça sent la fin. Seule petite question que je me pose : Dans quel état vont-ils retrouver Reid ? ( S'ils le retrouvent bien sûr ^^ )
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MessageSujet: Re: GUET-APENS   Mer 31 Déc 2008 - 2:37

trop bien !impatiente d avoir la suite! c'est la premiere fic que je vois sur "esprits criminels"et je dois dire que c'est tres bien ecrit applaud Razz sourit_vert et merci pour le morgan/prentiss meme si jaime bien garcia je prefere prentss donc vite la suite!!! faim1 sourit1 sourit0
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