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 GUET-APENS

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Tanlee
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MessageSujet: GUET-APENS   Sam 13 Sep 2008 - 18:41

J’avais envie d’écrire une fic sur Esprits Criminels, une idée m’est passée par la tête et je me suis lancée... scratch

Les personnages ne sont pas ma propriétés, je ne retire aucun bénéfice de mes textes…

Situation : saison 2
Résumé : un tueur met à rude épreuves les nerfs de nos agents, tension dans l’équipe… diablo

Une bonne partie de cette fic est écrite mais n’hésitez pas à faire des commentaires, souvent ça permet de corriger certaines choses et de donner de nouvelles idée.

Bonne lecture


GUET-APENS



PROLOGUE

A travers la baie vitrée de la cuisine, Washington s'étendait à perte de vue sous le regard absent de JJ. Une tasse de café posée sur la table, seule, son esprit vagabondait, ricochait de souvenirs en souvenirs : l'agression d'Elle – elle se revit au téléphone dans la voiture avec Morgan au volant, Hotch lui annonçant qu'Elle était à l'hôpital entre la vie et la mort – le départ d'Elle de l'équipe, c'est comme si tout avait commencé ainsi. Il lui semblait qu'à partir de ce moment-là les choses avaient déraillé, comme si le départ de l'un des leurs avait enclenché un processus incontrôlable, étrange, indéfinissable : Morgan s'était fait accuser de meurtre, Reid kidnappé. À cette dernière pensée, son estomac se noua. Cela faisait exactement un an que le jeune profiler avait été séquestré par Tobias Anckle. Un anniversaire sinistre. Mais, il s'en était remis et c'était le principal. L'estomac de JJ se noua un plus comme pour la forcer à avouer son mensonge : S'en était-il vraiment remis ? Il ne se droguait plus certes mais ils n'en avaient jamais reparlé. « Je te demande pardon » voilà les dernières et seules paroles qu'elle avait été capable de formuler à ce sujet. Alors comment savoir s'ils s'en étaient vraiment remis ? Il semblait heureux depuis quelques semaines, plus heureux qu'elle ne l'avait jamais connu, alors peut-être que c'était elle qui n'avait jamais réussi à surmonter sa culpabilité. Le doute avait brisé quelque chose en elle ce jour-là. Depuis le kidnapping du jeune homme, une question ne cessait de la hanter : avait-elle sa place dans une telle équipe ? Son travail qui touchait plus à l'administration et à la communication qu'autre chose et qui ne mettait en rien ses compétences d'agent de terrain en jeu, ce travail, elle l'assumait. Parfaitement. Mais, lorsqu'elle se glissait dans la peau d'agent de terrain, ce pourquoi elle avait choisi de rentrer au FBI, elle laissait un collègue à découvert et entre les mains d'un meurtrier.
Son téléphone portable sonna et la tira de ses sombres pensées. La police de Washington. Un nouveau meurtre. Qui en annonçait d'autres peut-être. Sûrement. En raccrochant, elle soupira, se leva et attrapa sa veste. Elle ouvrit la porte d'entrée de son appartement, prête à sortir, hésita, jeta un dernier regard à ce lieu qui lui était si familier et réconfortant après une journée passée à examiner les photos de cadavres et de scènes de crime. Un étrange pressentiment lui donna la chair de poule. Elle le chassa en claquant la porte de chez elle. Cependant, la sensation qu'elle ne rentrerait pas chez elle avant longtemps la poursuivit jusqu'au BAU.

@@@

Reid avait dormi peu cette nuit. Des images qu'il pensait avoir oubliées, auxquelles il avait livré un combat éreintant pendant des mois et qu'il pensait, peut-être avec une certaine arrogance, avoir vaincu, le rattrapaient. Il décida de se lever. Il était encore tôt mais il savait que le combat était perdu d'avance. Il se rendit à la cuisine et se servit un café. Le soleil commençait son ascension dans un ciel parfaitement bleu et promettait une belle journée. Pourtant, après des jours de pluies battantes et de grisaille, ce répit ne réussit pas à le tirer de ses sombres pensées. Cela faisait un an. Un an que Raphaël l'avait livré à plusieurs reprises à la volonté de Dieu, un an qu'il avait goûté aux préceptes religieux de Charles Anckle et ses applications tordues et un an que Tobias Anckle lui avait fait partager le sentiment étrange, terrifiant, de trouver un certain réconfort et une réponse à l'angoisse dans la drogue. Le docteur Reid, malgré ses connaissances en matière de comportement et de psychisme humain, n'arrivait toujours pas à penser Raphaël, Charles et Tobias Anckle comme une et une seule personne. Trois personnalités en la seule personne de Tobias Anckle. Peut-être était-ce la folie humaine poussée à son paroxysme ? Il poussa un soupir de résignation. La journée risquerait d'être longue. Avec un peu de chance, le téléphone ne sonnerait pas aujourd'hui. Il n'en revenait pas de penser une chose pareille. Était-ce l'angoisse de retourner au travail en ce jour étrange – un an, quel anniversaire sinistre – ou bien le bonheur de ses quelques semaines qui le retenait chez lui pour la première fois de sa vie. Il sourit à cette pensée. Le bonheur pouvait arriver par la porte du plus grand malheur. Et des blessures les plus éprouvantes. Peut-être que l'un sans l'autre ne pouvait exister. Soudain, son téléphone bipa. Son estomac se noua. Un message de JJ. Une affaire en cours. Meurtre à Washington. Elle non plus n'avait pas oublié ce sinistre anniversaire : D'habitude elle téléphonait et ne se contentait pas d'un SMS. Le doigt prêt à appuyer sur la touche de rappel, il hésita, puis se contenta de lui renvoyer un message : « j'arrive ». Ils n'avaient jamais reparlé de ce qui s'était passé juste avant qu'il ne se retrouve entre les mains de Charles Anckle. Jamais. Reid se sentait responsable et s'en voulait encore d'avoir fait porter ce poids à JJ, poids qu'elle portait certainement encore. Après tout, ce fut lui qui prit l'initiative de partir vérifier l'arrière de la grange des Anckle.
Il se leva et se rendit dans la salle de bains, ouvrit la boîte à pharmacie. Les deux flacons de dilaudid le narguèrent. Inconsciemment, sa main se porta à leur niveau, et il lui fallut un certain effort pour l'en détourner et s'emparer de la boîte d'anti-anxiolytiques qu'il prenait encore lorsque la tension intérieure qui l'habitait lui était trop insupportable. Cela arrivait de moins en moins souvent mais en ce jour… En ce jour, mieux valait être prévoyant. Hors de question de replonger, pas après tout ce qu'il avait surmonté, pas à présent qu'il goûtait au bonheur.
Il avala un comprimé, se rendit dans le salon, s'empara d'un crayon et d'un papier : « Chérie, je vais au bureau. Boulot en vu. Je rentre au plus vite. Je t'aime. Spencer " griffonna t-il à la va vite. Alors qu'il s'apprêtait à sortir, la seule voix capable de le retenir chez lui lorsque le travail l'appelait retentit.
- Tu t'en vas ?
Il se retourna et s'approcha de la jeune femme.
- Oui désolé, le boulot tu sais...
- J'ai entendu le téléphone
- Prit la main dans ce sac !
- T’as une petite mine, tu es sûr que ça va ?
- Ouais, répondit Reid, c'est juste… juste que c'est particulier aujourd'hui.
- Je sais… je les ai vus dans ta pharmacie.
Reid savait que la jeune femme parlait des deux flacons de dilaudid.
- Oui c'est... Je peux pas, pour l'instant.
- Moi, je peux les jeter si tu veux.
- non.
- Pourquoi ?
- C'est trop tôt.
- Je comprends... Bon alors ?
- Alors quoi ?
- Embrasse-moi idiot !
Le jeune homme sourit et embrassa la jeune femme.
- C'est mieux Docteur Reid.
- Oui, je trouve aussi.
Il se détourna mais la jeune femme le retint encore.
- Si ça ne va pas, si t'as un coup de blues, appelle-moi.
- tu pourrais venir au bureau avec moi aussi.
- Non.
- Pourquoi ?
- C'est trop tôt.
Soudain, le téléphone de Reid sonna. Il hésita puis coupa la sonnerie.
- Benjamin ?
- oui
- Reid, tu…
- Pas aujourd'hui. La journée va être suffisamment difficile comme ça.
- Il veut juste te connaître.
- Je sais mais… pas aujourd'hui.
Reid sourit, s'approcha à nouveau de la jeune femme et l'embrassa.
- Jackson mère 999, lui murmura-t-elle à l'oreille.
- Jackson mère 999, lui répondit-il
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l'enfanteuse
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MessageSujet: Re: GUET-APENS   Sam 13 Sep 2008 - 21:16

Je me suis dit: chouette une fic qui a l'air sympa... Bon je trouve le style fluide et l'écriture agréable mais la mise en page est comme un pavé trop lourd à porter. Aère un peu le texte, c'est plus sympa pour celui qui lit directement sur le PC.
Et puis, le choc... non, pas ça!!!!! non, pourquoi?!!!!!!
affraid affraid affraid affraid
Du ship!!!!!
Bon, me reste plus que deux solutions...le dilaudid... nut bon, d'accord, mieux vaux oublier!! Bon, ben alors ce sera dodo_couette


ouinnnnnnnn, pourquoi respecter tant le caractère des perso et en même temps glisser un ship qui n'existe pas?!!!!
vraiment je reste une anti-shipeuse !!!
Sorry Embarassed

Bonne continuation! hein2
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MessageSujet: Re: GUET-APENS   Dim 14 Sep 2008 - 10:52

Moi, je trouve ta fanfiction très bien écrite! Et comme je n'ai rien contre le ship (je serais même pour en ce qui concerne Spencer), je me réjouis de savoir qui est cette inconnue... Razz

Assez facile à lire, prenante aussi, franchement, vivement la suite! applaud
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Tanlee
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MessageSujet: Re: GUET-APENS   Ven 19 Sep 2008 - 16:40

Citation :
la mise en page est comme un pavé trop lourd à porter.

Merci pour cette remarque, c’est vrai qu’en relisant ça fait un sacré pavé ! je vais essayer de faire autrement.


Citation :
Du ship!!!!!... pourquoi respecter tant le caractère des perso et en même temps glisser un ship qui n'existe pas?!!!!
vraiment je reste une anti-shipeuse !!!

Ça il est clair qu’on aime ou qu’on n’aime pas.

Ma fic ne tourne pas autour de la ship entre Reid et cette inconnue (inconnue ? vraiment ?) disons qu’elle revient régulièrement au cour de l’intrigue. Et puis ça m’éclatait d’imaginer les personnages dans leur vie privée. Chacun va y passer même si ça reste anecdotique et pour certain va tourner brièvement au cauchemar !

On va dire que cette fic est habitée d’un fantôme pesant lourd sur la conscience de l’équipe

Alors voici la suite, on rentre dans le cœur du sujet : l’enquête avec son lot de cadavres même si il y aura, sorry Embarassed pour ceux qui n’aiment pas, encore un peu de ship ! Mon côté fleur bleu peut-être… ou sadique, Twisted Evil tout dépend de la tournure des évènements !


Et merci à Manon pour ces encourageusements, d'ailleur quand tu dis :

Citation :
je n'ai rien contre le ship (je serais même pour en ce qui concerne Spencer), je me réjouis de savoir qui est cette inconnue...

La question que je me suis posée, c’est comment Reid a pu s’en sortir après son enlèvement. Après tout, il n’a pas de famille, ne peut pas s’appuyer sur sa mère alors vers qui il a pu se tourner en dehors de son boulot… certainement que la réponse que j’ ai imaginé risque de faire débat…


Bon je me tais, you_ouh, voici la suite
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Tanlee
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MessageSujet: Re: GUET-APENS   Ven 19 Sep 2008 - 16:49

Chapitre 1

JJ et Hotch pénétrèrent dans le bureau. Toute l'équipe était réunie autour de la table ronde. Hotch avait sa tête des mauvais jours, le visage fermé et le regard noir.
- Un meurtre à Washington, expliqua t-il, une mère et son fils. La police a fait immédiatement appel à nous au vu du caractère étrange de la scène de crime. Reid et moi nous rendons immédiatement sur les lieux, JJ vous donnera les détails.
Hotch tourna les talons et sortit. Morgan donna un coup de coude à Reid pour qu'il réagisse. Ce dernier se leva et rattrapa rapidement son collègue.

JJ s'installa à la table aux côtés de Gideon et Prentiss.
- Les victimes sont une femme, 34 ans, et son fils de 6 ans. Ils ont été découverts par le mari qui rentrait d'un voyage d'affaires. La police a immédiatement fait appel à nous à cause du caractère étrange du crime. Tout d'abord rien n'a été volé donc on peut écarter la thèse du vol comme mobile. La mère et le fils ont été tués dans leur salon (les visages des victimes apparurent sur l'écran de l'ordinateur) aucune trace de sang, ni de coup. On attend l'autopsie pour savoir si une substance aurait pu causer la mort.
- Donc, pour l'instant, on ne sait pas comment ils ont été tués ? demanda Morgan.
- Non, on ne sait pas. Mais le plus étrange, c'est la position dans laquelle ils ont été retrouvés.

JJ cliqua sur la télécommande, plusieurs photos s'affichèrent sur l'écran.
- Comme vous le voyez, le meurtrier a soigné sa mise en scène. Les corps ont été installés dans le salon, la mère assise sur le canapé et son fils assis par terre au milieu de ses jouets comme... Comme s'il jouait. Le père a mis quelques secondes avant de réaliser qu'ils étaient morts.
- Donc ce qu'on sait, c'est que la mise en scène est importante, intervint Morgan.
- Peut-être veut-il figer un moment de vie dans la mort, intervint Prentiss.
- A-t-il dérangé des choses dans la maison, déplacer des objets ? demanda Gideon.
- Non, apparemment pas, aux dires du mari mais il était très choqué.
- D'autres meurtres similaires ?
- Apparemment non mais Garcia est sur le coup.
- Espérons qu'elle fasse des miracles parce qu'on n'a pas grand-chose pour le moment, commenta Morgan.
- Le meurtrier a laissé un mot sur les lieux du crime.
- Ça ne colle pas, fit Gideon.
- pourquoi ? Demanda Prentiss.
- Parce que ce meurtre, quelle que soit sa motivation, ce veut intimiste de par sa mise en scène, répondit Morgan.
- Exactement, renchérit Gideon, ce qui l'intéresse à première vue c'est la mort dans la vie, une sorte de question existentielle qu'il se poserait à lui-même. Cette mise en scène est pour sa satisfaction personnelle, une façon de sublimer la mort à travers le semblant de vie qu'il donne à la posture des corps.
- toujours est-il qu'il a laissé un mot.
- Que dit-il ? Demanda Prentiss.
JJ cliqua sur la télécommande, la photo d'un texte, dactylographiée à l'ancienne sur une feuille de parchemin, apparut.


@@@


Acte premier

La voix du mort appelle
Elle a emporté la mère et le fils
Le père et le mari absent restera
À jamais seul
Pour l'éternité
Avec le souvenir de leur éclat mortuaire.

De Norah Cathnero.
Du Quatuor.


Lut Reid du parchemin retrouvé sur le canapé. Hotch balaya son propre agacement d'un geste de la main.
- C'est pas logique Reid !
- Oui, cette lettre va à l'encontre de la mise en scène des corps. À moins qu'il ne se lance dans une quête qui consisterait à transmettre un message sur la mort... un délire mystique mais… la voix du mort, c'est bizarre c'est comme si ce message était adressé à quelqu'un en particulier.
- En tout cas ce n'est pas son premier meurtre. Le MO semble très perfectionné. L'absence de sang, de coups, la position des victimes, le mot, c'est trop précis et bien orchestré pour être un premier meurtre.
- Espérons que Garcia trouve quelque chose.
- Il est signé Le Quatuor ? S'enquit Hotch, pense-tu qu'ils sont plusieurs ?
- Je ne sais qu'en penser. Le caractère intimiste de la mise en scène me ferait dire non mais le mot et la signature, Du Quatuor, laisse à penser qu'ils sont quatre. Peut-être qu'il a réalisé le meurtre seul puisqu'il a signé, Norah Cathnero, ça aussi c'est bizarre, et qu'il fait partie d'un groupe de quatre.
- Qu'est-ce qui est bizarre ?
- Norah Cathnero ferait supposé que l'auteur du mot est une femme mais est-ce que le meurtre a été commis par une femme ?
- Possible, suggéra Hotch.
- Oui, possible.
- Alors qu'est-ce qui est bizarre ?
- ce nom Norah Cathnero, c'est... Je ne sais pas, bizarre.

Hotch tournait comme un lion en cage dans le salon où avait eu lieu le meurtre et Reid n'osait pas lui demander ce qui l'énervait à ce point. Bien qu'il en avait une petite idée.
- Il y a de fortes chances qu'il recommence, se contenta-t-il de dire.
- Oui, ce salopard va recommencer !
Reid se figea au ton agressif de son collègue, et supérieur. Hotch perdait rarement son sang-froid. Reid ne se souvenait même jamais l'avoir vu le perdre.

Et Hotch perdait effectivement son calme. Voir cette femme et son jeune enfant pris par la mort en pleine vie, entendre les mots si juste du parchemin, lui qui passait la majeure partie de son temps au travail au lieu d'être auprès de sa femme et de son fils, le bouleversaient. Les photos que JJ lui avait présentées quelques heures plus tôt l'avaient atteint comme jamais une scène de crime ne l'avait touché. Comme si cette femme et son fils avait pu être sa propre famille figée dans la mort alors qu'il était loin de chez lui sur une énième affaire. Se retrouver sur les lieux du meurtre lui était insupportable.
- Excuse-moi Reid, finit-il par dire.
- C'est rien.
Reid hésita puis se lança.
- Vous savez, c'est peut-être ça qu'il cherche.
- Quoi ?
- Il cherche peut-être à nous toucher de cette façon, à nous pousser à nous interroger. Ce qui expliquerait la mise en scène à la fois intimiste, la position pleine de vie des corps et le mot.
- Oui, fit Hotch peu convaincu ou plutôt peu désireux de l'être. Espérons que Garcia trouve quelque chose.


@@@



- Nada, fit Garcia en rentrant dans le bureau alors que Hotch et Gideon examinaient les photos de la scène du crime et tentaient d'établir un profil.
- Rien ?
- Non pas un seul meurtre qui ressemble de près ou de loin à celui-là, répondit la jeune femme à Hotch.
- pourtant, il n'en est pas son premier crime, ça c'est certain. Il est organisé, méthodique et ne laisse aucune place au hasard ni même à ses pulsions. Il est froid, réfléchit Gideon tout haut.
- Et il a travaillé seul, renchérit Hotch, peut-être devrions-nous faire appel aux médias.
- Pour créer la panique, la psychose dans les familles ? Non, et puis ça risque de le pousser à perpétrer un autre meurtre.
- Mais on n'a rien !
- Alors quoi ? On va prévenir les médias pour qu'il commette un autre meurtre afin d'avoir plus d'éléments !

Garcia aurait voulu disparaître de la pièce pour échapper à la dispute entre les deux hommes, mentors de l'équipe. Hotch était sur les nerfs depuis ce matin, depuis qu'il avait vu les photos du meurtre.

- De toute façon, il va recommencer, commenta-t-il
- et le plus tard sera le mieux, répliqua Gideon, ça va nous laisser du temps pour tenter de comprendre.
- je ne crois pas que prévenir les médias le pousserait à agir plus vite.
- Il est méthodique, organisé, il suit une procédure. Peut-être même a t-il déjà choisi sa prochaine victime. Si on fait appel aux médias, ça risque de bouleverser ses plans et son mode opératoire…
- Et il commettra une erreur, le coupa Hotch.
- Ou changera complètement sa manière de faire et on ne le coincera plus. On a déjà quelques éléments.
- Lesquels ? On n'a rien !
- On sait qu'il est méthodique et organisé donc qu'il a dû passer du temps à observer ses victimes, leurs habitudes, leur rythme de vie familiale. Peut-être même qu'il est allé à leur rencontre, un voisin par exemple. On sait également qu'il a besoin de communiquer avec nous puisqu'il a laissé un mot.
- Mais ce n'est pas cohérent avec le mode opératoire tu l'as dit toi-même.
- Garcia, tu peux aller dire aux autres qu'on se réunit dans une demi-heure ?
- Oui bien sûr, fit Garcia qui ne se fit pas prier pour s'éloigner.

L'humeur noire de Hotch et l'obstination de Gideon n'inaugurait rien de bon pour la suite de l'affaire. Alors se retrouver entre les deux avec le risque de devoir prendre partie ne l'enchantait guère. Elle sortit de la pièce, referma la porte et se dirigea vers la cafetière. Morgan semblait absorbé.
- À quoi tu penses ? Le surprit-elle.
Il désigna Reid du menton.
- Au téléphone, encore, fit-elle remarquer.
- Tu crois qu'il l'a rencontrée où ?
- Ça t'intrigue hein ?
- Ouais j'avoue, pas toi ?
Garcia se contenta d'un sourire.
- On ne peut pas nier, ajouta Morgan, qu'il a changé depuis quelques temps.
- Qu'est-ce qui te met la puce à l'oreille ?
- La semaine de vacances qu'il a prise y a un mois.
- Ouais, assez exceptionnelle pour être remarqué.
- Et toi ?
- Ce petit quelque chose dans son regard.
- De quoi vous parlez ? Les surprit Prentiss.
D'un même mouvement, Morgan et Garcia désignèrent leur collègue.
- Reid… et ben quoi ?
- on le soupçonne amoureux, répondit Garcia, et on se demande qui elle est ? Comment elle est ?
- Je crois qu'il est temps de le savoir, fit Morgan déterminé.
- Que comptes-tu faire ? Demanda Prentiss.
- Regardez l'expert, répliqua-t-il mystérieusement.


@@@



À son retour des lieux du crime, Reid se sentit oppressé. Le silence pesant de Hotch, sa colère contenue, le mettait mal à l'aise. Arrivé au bureau, il se rendit dans les toilettes, sortit la boîte d'anti-anxiolytiques de son sac. Il en avait déjà pris un à peine quatre heures plus tôt. Le miroir au-dessus du lavabo lui renvoya une image de lui-même étrange : il était à la fois heureux du présent qu'il construisait mais, les cernes de sa nuit blanche ne le trompaient pas, il était encore hantée par une peur incontrôlable, insaisissable. Diffuse. Peut-être la peur de sa propre fragilité que Raphaël et Charles Anckle l'avaient forcé à regarder en face. Il hésita sentant les images de ce qu'il avait vécu dans le cabanon le rattraper, le submerger pour ne laisser en lui qu'une sensation insupportable d'impuissance.
Et puis, il repensa à la jeune femme qu'il avait quitté ce matin, qui avait réussi à le retenir chez lui, qui avait pleinement confiance en lui, alors il rangea la boîte dans son sac. En sortant des toilettes, Il s'empara de son téléphone.
- Salut, c'est moi.
- comment vas-tu ?
- J'avais besoin d'entendre ta voix.
- Ah ! C'est que ça va ou que ça ne va pas ? Lui demanda la jeune femme.
- Disons que ça va mieux maintenant.

Il l'entendit sourire et ce sourire lui fit du bien.

- Alors cette affaire ? Lui demanda-t-elle.
- Une femme et son fils de six ans, c'est dur. Hotch est... Est bouleversé je crois.
- Et toi, tu tiens le coup ?
- Raconte-moi ta journée, éluda le profiler.
- Rentre, dit la jeune femme, prends ta journée.
- Non. L'affaire en cours est...
- Vous n'êtes pas indispensable Dr. Spencer Reid, et puis ils pourraient comprendre ?
- je sais.
- Et puis, je te signale que je viens du Mexique pour te voir.
- Oui c'est vrai mais... C'est juste que je ne veux plus rien lâcher. Il y a trop à perdre.
- Je comprends. On se rattrapera ce soir. Je nous ai réservé une table au restaurant le plus chic de la ville.
- en quel honneur ?
- Un anniversaire, ça se fête quel qu'il soit.
- C'est plutôt sinistre non ?
- Non au contraire, c'est un espoir parce que tu as survécu. D'autant plus si tu survies à cette journée !
- Je t'aime.
- Moi aussi
- j'ai hâte d'être à ce soir.

En raccrochant, Reid se retrouva nez à nez avec Morgan.

- Que fais-tu ce soir ? Lui demanda ce dernier.
- Tu écoutes mes conversations maintenant.
- Je me renseigne c'est tout.
Reid se contenta de sourire.
- Comment s'appelle-t-elle ? Insista Morgan.
- qui ?
- Reid ! Je suis profiler je te rappelle.
- Et alors ?
- alors depuis quelques semaines, tu es plus enjoué, tu as même pris des vacances, chose exceptionnelle chez toi et Garcia trouve que tu as un petit quelque chose dans le regard.
- Ha ! Parce que vous parlez de moi dans mon dos !
- ne change pas de conversation. Allez, dis-moi.
- pour que tu t-empresses d'aller le raconter à Prentiss et Garcia.
- Alors tu as bien quelqu'un, comment s'appelle-t-elle ?
- Laisse tomber Morgan, tu n'en seras pas plus.
- Pourquoi ? T’as honte ?
- Non !
- oh! Je sais, elle est de la CIA !
- Mais ! Mais qu'est-ce que tu vas chercher ?
- Bah alors dis-moi son nom?
- C'est trop tôt.
- Trop tôt ?
- Oui, trop tôt.
- ne me dis pas que tu vas te marier !
- non, non on n'en est pas là, répondit Reid en riant, loin de là.
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Tanlee
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MessageSujet: Re: GUET-APENS   Jeu 25 Sep 2008 - 22:22

Alors voilà deux chapitres, et oui deux chapitre d'un coup parce que cette partie m'a posé beaucoup de questions et de problèmes scratch ... enfin bref, j'espère qu'elle vous plaira.



Chapitre 2

Toutes l'équipe se réunit autour de la table ronde. Gideon lança la charge :
- Bon, que sait-on ?
- Les victimes sont d'un milieu aisé, pas de problèmes familiaux apparents, un père et mari souvent absent, répondit Prentiss.
- le meurtrier est organisé, patient, poursuivit Morgan, il a très certainement longuement observé les victimes, peut-être même les a t-il abordées une fois voire plusieurs en l'absence du mari. Pour commettre ses crimes, il a besoin de se sentir en confiance, il aime aussi recréer une certaine vie, artificielle, donner l'illusion de la vie dans la position des corps. Assez intimiste, il prend du plaisir à être seul avec les victimes une fois morte, à imaginer la position qu'il va donner à leur corps.

- Il cherche très certainement à transmettre un message, enchaîna Gideon, bien que ça ne colle pas vraiment au profil solitaire et renfermé, à la satisfaction personnelle qu'il recherche mais le parchemin qu'il a déposé sur les lieux ne fait aucun doute. Quelque chose nous échappe sur sa motivation, il faut creuser de ce côté-là. Reid, tu as étudié le parchemin, qu'est-ce que tu peux nous en dire ?

- La voix du mort appelle suggère qu'il fait référence à quelqu'un qui est mort, un proche parent par exemple, et le reste semble montrer une volonté de mettre en garde à destination du mari de la victime et peut-être à tous les maris, ou pères, qui restent loin de leur famille mais il y a autre chose que je n'arrive pas encore à déterminer... Déjà, il signe Norah Cathnero qui suggèrerait que le meurtrier est une femme, qu'il appartiendrait à un groupe de quatre puisqu'il dit Du quatuor pourtant ça cloche au vu du caractère intimiste de la scène de crime… Ce nom Norah Cathnero me dit quelque chose mais...

- On va demander à Garcia de faire une recherche sur ce nom, fit Gideon.
- Au final, on a aucune piste où chercher, conclut Hotch visiblement agacé.
- Et l'autopsie, sait-on comment ils ont été tués ? Demanda Morgan
- overdose de rohypnol
- la drogue du violeur ! fit JJ, c'est plutôt étonnant.
- On a affaire à quelqu'un qui mélange les styles et c'est ça qui ne colle pas : il tient tout aussi bien du meurtrier froid qui éprouve une satisfaction personnelle à donner la mort et qui n'a pas besoin de le communiquer, de l'exhiber, de celui qui veut transmettre un message, communiquer, mettre en garde le reste du monde à travers ses actes comme pourrait le faire un meurtrier vengeur. C'est aussi un tueur qui assassine une femme et son fils et qui parallèlement utilise la de drogue du violeur alors que l'acte sexuel ne l'intéresse pas.

- Peut-être parce qu'il ou elle n'est pas seul, avança Reid.
- Explique, demanda Prentiss.
- Peut-être qu'ils se sont répartis les tâches de façon bien précise : l'un décide de la façon de tuer, l'autre du choix des victimes, un autre peut-être définit le message qu'ils transmettent.
- Une sorte de bande organisée, commenta JJ.
- Oui, approuva Gideon, mais ça se tient sans se tenir parce qu'on n'a jamais vu un groupe se compartimenter aussi bien les tâches. Il y a toujours un moment où les pulsions individuelles, le besoin de satisfaction des différents acteurs du meurtre, s'expriment et du coup la scène du crime n'est jamais aussi propre que celle-là.
- À moins que ce meurtre ne soit pas une fin en soi, réfléchit Reid tout haut, oui peut-être que ce meurtre n'est qu'une première étape pour atteindre un objectif bien précis. D'ailleurs ils le disent dans la lettre : acte premier ça suppose qu'...
Le téléphone sonna coupant court aux débats. Hotch décrocha et à son visage qui se ferma plus encore qu'il ne l'avait été durant la matinée, l'équipe sut que Reid avait raison.


@@@


Acte deuxième

La voix du mort appelle
Sa complainte sonne l'heure
De la vengeance pour ses frères
Elle le prendra, lui, celui qui a failli
Dans la souffrance et l'agonie
Et avec lui
Périra la communauté.

Du Quatuor.



- au moins, c'est clair maintenant, fit Morgan après avoir écouté Gideon lire le parchemin. Reid avait raison, le première meurtre n'était pas une fin en soi. La vengeance semble la motivation.
- Mais la vengeance à l'encontre de qui ou de quoi ? Intervint Hotch.
Chacun sentait sa colère bouillonner derrière sa question. Et pour être en colère, Hotch l'était. Une femme et son fils avaient péri une nouvelle fois, retrouvés par le mari en rentrant de son travail. Et le tueur avait mis autant de soin dans la mise en scène que dans le première meurtre sauf que cette fois les victimes avaient été retrouvées dans la chambre du garçon : lui couché dans son lit, sa mère à ses côtés un livre d'enfant ouvert posé sur ses genoux.

- Les victimes n'ont rien de commun avec le premier meurtre : le niveau socio-économique est différent, le mari s'absente très peu pour le travail puisqu'il a la possibilité de le faire à domicile, beaucoup de problèmes dans le couple, donc l'hypothèse selon laquelle il en voudrait à tous les maris absents ne tient plus.
- Peut-être que c'est ce que le meurtrier voit dans chaque mari ou père, qu'importe que ce soit vrai, intervint Prentiss.
- Non, je crois que Hotch a raison, la victimologie est trop différente objecta Gideon, la seule constante est l'âge des victimes et la mise en scène : La volonté de donner l'illusion de la vie dans la mort et la présence du parchemin. Si les victimes avaient un quelconque lien avec l'objet de la vengeance alors la victimologie notamment les relations entre les différents membres de la famille seraient similaires dans les deux meurtres.

- Même le message est différent, intervint Reid.
- Comment ça ?
- Il signe juste Le Quatuor cette fois comme si le message était porté par l'ensemble des membres d'un groupe une sorte de mot de ralliement.
- Tu crois qu'ils sont plusieurs.
- J'en ai bien peur, il parle de vengeance pour ses frères et avec lui périra la communauté, oui je crois qu'il n'y a plus de doute, on a affaire à un groupe.
- Bon, fit Gideon, alors reprenons le profil sur la base de cette hypothèse.


@@@



Hotch fut soulagé de retrouver sa femme et son fils après cette interminable journée. Il se rendit compte en franchissant le pas de la porte que la peur de les retrouver morts dans leur maison l'avait poursuivit toute la journée. Et ce fut avec une certaine précipitation qu'il ouvrit la porte. Sa femme était dans la cuisine en train de terminer la vaisselle, une assiette attendait encore sur la table, la sienne.
- Comment s'est passée ta journée ? Lui demanda-t-elle.
Hotch ne répondit pas se contentant de la regarder.
- Qu'est-ce qu'il y a ? Finit-elle par lui demander.
- je t-aime, dit-il avant de l'embrasser.
Haley fut étonnée. Ce n'était pas le genre de son mari de s'épancher sur ses sentiments.
- Moi aussi, répondit-elle... Tu as l'air fatigué.
- Oui la journée a été longue, il dort déjà.
- Je l'ai mis couché il y a à peine cinq minutes.
- Je vais monter le voir.
- Qu'est-ce qui se passe ? Le retint-elle inquiète.
- La journée a été longue.

Elle n'insista pas. Son mari mettait un point d'honneur à séparer son travail de sa vie familiale. Pour les protéger son fils et elle. Elle avait mis longtemps à le comprendre. Mais à présent elle le respectait. Les horreurs qu'il voyait à longueur de journée devaient rester au BAU pour lui comme pour elle, certainement la seule façon de préserver leur vie familiale.
Moins d'une heure après qu'ils se soient couchés, le téléphone sonna. Au bout du fil, Pénélope Garcia était paniquée.
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Tanlee
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MessageSujet: Re: GUET-APENS   Jeu 25 Sep 2008 - 22:24

Chapitre 3

L'équipe avait décidé d'un commun accord de prendre un peu de repos. Leurs recherches ne menaient à rien et la fatigue envenimait la tension. Hotch avait été particulièrement à vif toute la journée. Gideon ne l'avait jamais vu perdre pied ainsi. Cette affaire l'affectait au point que ses émotions en venaient à paralyser ses capacités réflexives. Comme quoi, même les meilleurs n'étaient pas à l'abri d'une perte de contrôle de leurs émotions, songea le profiler et c'était tant mieux. Ils restaient humains en fin de compte.

Il monta dans sa voiture, s'installa derrière le volant, tourna la clef de contact et mit 1'autoradio en route. Ses gestes rituels qui lui permettaient habituellement de laisser derrière lui les affaires en cours, de se réapproprier son espace intérieur – épargné par les atrocités vues durant la journée – ne lui apportèrent pas l'apaisement escompté. L'affaire, ces meurtres étranges au profil incohérent, l'obsédait.
Au cours de sa carrière, déjà d'un certain nombre d'années, il n'avait jamais rencontré tant d'incohérences intrinsèques à deux meurtres qui pourtant ne faisaient aucun doute quant au fait qu'ils avaient été réalisés par le ou les mêmes meurtriers. Il savait que l'affaire était loin d'être finie et il pressentait qu'elle allait prendre une tout autre tournure. Le parchemin lui même l'annonçait : sa complainte sonne l'heure de la vengeance.

Plus aucun meurtre dont les victimes seraient une mère et son fils, il en était persuadé. Cependant, il était incapable d'anticiper le comportement du meurtrier et il craignait le pire. Tuer une mère et son fils avec autant de maîtrise et de soins, ne laisser aucune preuve, pas la moindre empreinte ni le moindre cheveu sur les lieux du crime, démontraient un grand professionnalisme si l'on pouvait parler ainsi d'un crime. Et surtout démontraient que le meurtrier n'en était pas à son premier meurtre. L'hypothèse de Reid selon laquelle ces meurtres n'étaient pas une fin en soi semblait corroborée par le parchemin trouvé sur le deuxième meurtre. Alors que préparaient-t-ils en ce moment même et contre qui réclamaient t-ils vengeance ? C'est avec cette question en tête que Gideon arriva chez lui et ce fut chez lui, après l'effroi qui le figea l'espace d'un instant, qu'il trouva la réponse à sa question. Il sortit son arme.


@@@



JJ hésita puis se porta à la rencontre de Reid. Ce dernier était au téléphone. Encore, songea la jeune femme qui trouvait son collègue changé depuis quelque temps.
- Oui à tout à l'heure, fit-il avant de raccrocher en la voyant s'approcher.
- Je peux te parler ? Lui demanda JJ un peu gênée.
- Oui, répondit Reid n'ayant aucun doute sur le sujet que sa collègue voulait aborder.
Il le sentit à sa retenue, à son regard qui n'osait croiser le sien. Alors il prit les devants. Il lui devait bien ça.
- Comment tu te sens ? Lui demanda-t-il.
- Bien, mentit la jeune femme avant de se reprendre, non pas très bien en fait. Ça fait un an.
- Oui. C'est étrange non ? Parfois j'ai l'impression que c'était juste hier et à d'autres moments que c'était il y a très longtemps.
- Comment tu tiens ?
Reid sourit avant de répondre.
- Sur le fil du rasoir parfois mais peu à peu le fil devient plus épais. Et toi ?
- Pareil je crois.
- Tu sais quel est mon plus grand regret ? Demanda Reid
- non.
- C'est d'avoir pris l'initiative que l'on se sépare ce soir-là, devant la grange des Anckle.
- Je t'ai laissé faire, j'aurais pu...
- Non tu n'aurais pas pu. Je suis parti avant, sans vraiment prendre le temps de te concerter.
- T'as pas à chercher à me déculpabiliser. J'ai ma part de responsabilité dans ce qui s'est passé.
- Tu sais, il y avait une chance sur deux.
- Une chance sur deux que quoi ?
- Que Tobias Anckle se retrouve derrière la grange pour fuir. Il aurait pu tout aussi bien nous attendre à l'intérieur pour nous affronter et là c'est toi qui te serais retrouvé face à lui. Et je crois que j'aurais eu plus de mal à m'en remettre encore.
- Reid, arrête, tu...
- JJ, tu aurais pu te faire tuer par ces chiens. Écoute, ce que j'essaye de te dire… dans ce qui s'est passé on porte tous les deux notre part de responsabilité mais on partage aussi la chance de s'en être sorti. Et c'est le principal. On a survécu.
- Oui, fit JJ dans un sourire.
- Et tu sais ce qui est le plus important ?
- Non.
- On a survécu aussi à cette journée, à ce sordide anniversaire. On n'a rien lâché. On devrait fêter ça.
- fêter quoi ? Demanda Morgan en surgissant derrière eux.
- Un anniversaire, répondit Reid.
- De qui ?
- Plutôt de quoi ? D’être encore en vie.

Morgan fronça les sourcils.
- Tous les prétextes sont bons pour faire la fête, non ? S'expliqua Reid
- très bien, demain soir, fit Morgan, ce soir j'ai un rencard.
- On parle de faire la fête, les surprit Prentiss.
- Oui demain soir.
- Et pourquoi pas ce soir ? Après une journée aussi épouvantable...
- Morgan a un rencard, Garcia est déjà partie et moi je ne suis pas là ce soir, répondit Reid.
- Rendez-vous galant ? l'interrogea Morgan.
- Peut-être, fit Reid amusé par la curiosité tenace de son collègue.
- Bon et bien JJ, il ne reste plus que toi et moi, que dis-tu d'aller boire un verre pour prendre de l'avance sur demain ?

@@@


Gideon pénétra dans son appartement avec prudence, arme à la main. Sa porte était entrouverte et la photo punaisée sur le bois qui montrait Hotch et Reid sur le premier crime ne laissait planer aucun doute dans son esprit.

Il traversa le vestibule, arme pointée en avant et ce qu'il découvrit dans le salon le laissa stupéfait de terreur. Des photos en pagaille étaient accrochées un peu partout, le montrant, lui, dans sa vie personnelle et intime avec des personnes dont ses collègues ne connaissaient même pas l'existence, qu'ils avaient soigneusement préservée de toute interconnexion avec son travail afin de se garder une bulle d'air. Des personnes auprès desquelles il se ressourçait, des amis avec lesquels il partait camper, faisait de l'escalade et qui étaient exposées sur ses photos dans ces moments privilégiés qu'il pensait, jusqu'à présent, avoir réussi à protéger de l'univers glauque de son travail de profiler. Qu'il pensait avoir réussi à protéger de la mort qu'il côtoyait au quotidien.

Il se ressaisit rapidement et inspecta les autres pièces de son appartement avec prudence. Lorsqu'il revint dans le salon, il découvrit un parchemin posé sur la table basse.


Acte troisième

Quand l'un des nôtres meurt
Nous périrons tous à notre façon.

De Néo Gondaji.
Du Quatuor.


@@@



En sortant du BAU, Morgan fut plus que troublé par l'attitude de Reid. Il l'avait senti nerveux par moment, à toujours tripoter un crayon, à être sur ses gardes de façon excessive et, même si un rencard amoureux l'attendait ce soir, cette nervosité excessive ne s'expliquait pas. Comme s'il avait été poursuivi par des spectres toute la journée. Il ne l'avait jamais vu ainsi tout comme Hotch au bord de l'explosion émotionnelle, à croire que cette affaire les atteignait tous un peu d'une façon ou d'une autre et surtout d'une façon qu'il n'arrivait pas à comprendre. La colère contenue de Hotch à l'encontre du meurtre d'une mère et de son fils les mettait tous sous tension et l'idée de Reid, qu'il avait trouvé saugrenue au départ, de faire la fête demain le réjouit. Avec un peu de chance – bien qu'il émettait de sérieuses réserves sur la question – ils auraient résolu l'affaire et tout serait bien dans le meilleur des mondes ! Cependant, cette idée de faire la fête, venant de Reid, le dérangeait toujours un peu. « D'être encore en vie » lui avait donné Reid pour seule explication. Et brusquement, il se souvint de la période où il avait connu Reid si nerveux et angoissé qu'il réussissait difficilement à se concentrer sur le travail. C'était il y a un an. Exactement. Comment avait-il fait pour oublier ? non, il n'avait pas vraiment oublié juste esquivé, Il se maudit lui-même en claquant la porte de sa voiture. En colère contre lui-même, il pénétra dans le bar où il avait donné rendez-vous à Cassandra, une femme qu'il voyait pour la cinquième fois, rencontrée dans ce même bar. Ils ne portaient pas grand espoir que cette rencontre n'aille plus loin que les autres mais le temps d'une soirée, il avait le sentiment que c'était pourtant possible. Cassandra n'était pas encore arrivée.

Il s'installa au bar et commanda une bière. Au bout d'une demi-heure d'attente, il se décida à l'appeler. Les trois sonneries habituelles retentirent puis le répondeur s'enclencha. Ce fut bien la voix d'une femme qui retentit mais pas celle de Cassandra. Et le message d'accueil lui glaça le sang :


Acte quatrième

La voix du mort appelle
Elle l'a vue
Elle l'a prise
Elle le connaît lui
Elle sait
Elle sait
Il ne la laissera pas le prendre
Un avertissement
Oui un avertissement qu'elle lui donne
La vengeance n'admettra aucun obstacle.

De Megan Derrok.
Du quatuor.


@@@



JJ et Prentiss partirent les dernières du BAU. JJ avait tenu à classer quelques dossiers et Prentiss en avait profité pour repasser au crible les deux meurtres en cour. Sans succès.
- Je trouve que le fait que l'on parte les dernières du bureau est assez significatif du niveau de notre vie sociale, commenta Prentiss en s'asseyant au bar.
- m'en parle pas. Même Reid est parti avant nous.
- Avant tout le monde mis à part Garcia. Morgan pense qu'il a quelqu'un.
- Reid ? Ça expliquerait beaucoup de choses mêmes si ça reste difficile à croire.
- Tu crois qu'elle est comment ?
- Un QI 10 fois supérieure à la normale au moins.
Prentiss ne put s'empêcher de rire.
- Je me demande où il l'a rencontrée. Il ne sort pas plus que nous, j'aurais même tendance à dire pas du tout.
- Internet ? suggéra JJ
- Non, pas le genre de Reid.
- Tu fais son profil, se moqua gentiment JJ.
- Non, se défendit Prentiss.
- C'est quand même une tendance que vous avez tous.
- Peut-être... Déformation professionnelle certainement.

Le barman leur apporta deux cocktails.
- De la part du gars là-bas, fit-il en pointant son doigt en direction d'un homme à demi-dissimulé dans l'ombre.
- La soirée commence bien, commenta Prentiss.
- Avec ceci, ajouta le barman en glissant sur le bar un parchemin plié en deux.
D'un même mouvement, les deux agents tournèrent la tête dans la direction indiquée par le barman quelques instants plus tôt. L'homme avait disparu. Prentiss s'empara du parchemin et l'ouvrit :


Acte cinquième

La voix du mort appelle
Plus forte
Assoiffée de sang
Sa furie grandit
Car vous le saviez

Du Quatuor.


@@@



Garcia partit avant tout le monde. La journée avait été interminable. Entre les deux meurtres qui s'étaient succédé à quelques heures d'intervalle, les humeurs de Hotch et cet anniversaire sinistre de l'enlèvement de Reid, elle se réjouit que la journée prenne fin. Elle se demandait si les autres s'en souvenaient, de cet anniversaire. Ils n'en avaient dit mot, même Morgan. Elle, en tout cas, ne pouvait l'oublier. Voir des meurtres, des photos, des vidéos d'inconnus sur des écrans, sur ses écrans d'ordinateurs, était une chose, ignoble à n'en pas douter, mais voir un collègue sur ces mêmes écrans, se faire battre, en était une autre.
Les écrans d'ordinateurs étaient comme une extension d'elle-même, lui permettait de faire les choses les plus folles, comme collecter des dizaines de milliers d'informations, les trier et les classer. C'était une sensation étonnante que d'avoir ce pouvoir là, de débusquer une information qu'elle seule pouvait trouver. Mais lors de l'enlèvement de Reid, le voir se faire battre et mourir sur l'écran lui avait fait l'effet d'être dans la pièce avec lui, d'assister à sa mort et de ne rien pouvoir faire. Car aucune information, aussi difficile soit-elle à débusquer, n'aurait pu, comme par magie, le ramener auprès d'eux.

Et le pire c'est qu'aujourd'hui, elle n'avait pas eu la force d'aborder ce sujet que tout le monde avait tu comme s'il était honteux, comme s'il révélait une nouvelle fois la fragilité de l'équipe confrontée quotidiennement à des situations périlleuses. En tout cas, elle, elle n'avait pas eu le courage d'en reparler. Ainsi, ce fut avec soulagement qu'elle quitta le bureau et avec une joie retrouvée à la perspective de la soirée qui s'annonçait qu'elle pénétra dans le restaurant. Elle chercha du regard un homme avec une veste bleu marine et un chapeau melon. Le restaurant était bondé et elle mit un certain temps pour trouver un chapeau posé sur une table à coté de la baie vitrée. Pénélope réajusta son chemisier sur ses épaules et s'approcha. Un peu intimidée sans oser se l'avouer.
- Bonjour, vous êtes chat d'amour, fit-elle se sentant un peu ridicule d'évoquer à voix haute ce nom.
L'homme lui sourit lui révélant un visage d'ange. Un véritable visage d'ange.
- Thomas.
- Pénélope, répondit la jeune femme en lui tendant la main.
Il lui fit un baise-main. Garcia se sentit rougir jusqu'à la pointe de ses cheveux. Ridicule, songea-t-elle. Une vraie adolescente ma vieille, mais que l'adolescence avait du bon, ajouta-t-elle pour elle-même, rêveuse, tout en s'installant à la table.

Le dîner se révéla savoureux, autant les mets dégustés que la présence de Thomas. Tous deux accros aux ordinateurs, à la musique déjantée et aux échecs amoureux successifs. L'heure du dessert se présenta. L'heure de donner suite ou de rentrer chacun chez soi sans autre. La tension devint quelque peu palpable comme si chacun redoutait, même si la soirée s'était déroulé à merveille, la réponse de l'autre. Et c'était bon. Une sensation agréable longtemps attendue. Le serveur arriva et leur tendit la carte des desserts.
- Mademoiselle, de la part d'un admirateur, ajouta-t-il en lui tendant un parchemin.
- Un admirateur ? fit Garcia à la fois étonnée et gênée vis-à-vis de Thomas.
Elle prit la feuille que lui tendait le serveur et l'ouvrit. Elle blêmit au premier mot.


Acte sixième

La voix du mort appelle
Tant furieuse
Qu’elle ravit l'innocence
De l'innocente
Sans regret ni honte.

De Legacia Ronpee.
Du quatuor.


Garcia eut à peine le temps de finir de lire ses quelques vers que la baie vitrée explosa, qu'une gerbe de sang lui éclaboussa le visage. Le fracas de verres, les cris et les pleurs qui surgirent autour d'elle ne l'atteignirent pas. Pétrifiée, elle ne pouvait détacher son regard horrifié de Thomas tué d'une balle dans la tête, gisant dans son sang.
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MessageSujet: Re: GUET-APENS   Ven 26 Sep 2008 - 12:24

les signatures sont des anagrammes des noms des personnages qui le recoivent ^^ça leur est donc adressé … celui de megan derrock était trop simple Wink.
Sinon trop cool, continue…
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Tanlee
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MessageSujet: Re: GUET-APENS   Sam 27 Sep 2008 - 12:14

abeilledico a écrit:
les signatures sont des anagrammes des noms des personnages qui le recoivent ^^ça leur est donc adressé … celui de megan derrock était trop simple Wink.

Bien vu ! super1 J'ai intêret à faire plus attention pour la suite, il va falloir que je me creuse les méninges avec un agent comme toi dans le rang des lecteurs !

J'avoue que j'ai eu des difficultés à faire des anagrammes pour chaque personnage qui ne soient pas trop simple mais qui tiennent la route ! Difficile de faire de la place à chaque membres de l'équipe... Mine de rien ça fait sept perso à gérer. Parfois je me dis qu'écrire une fic à deux ou trois pourrait être une solution, après tout chacun se sent certainement plus proche d'un ou deux membres de l'équipe.
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lureglo
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MessageSujet: Re: GUET-APENS   Mar 30 Sep 2008 - 10:18

J'adore vivement la suite
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MessageSujet: Re: GUET-APENS   Ven 10 Oct 2008 - 14:45

Merci Lureglo, la suite devrait arriver ce soir ou demain si j'arrive à remettre d'aplomb les phrases bancales !
Ah ! les phrases bancales une vraie plaie... à vous you_ouh

Sinon, rien à voir mais je suis allée voir ton blog et il est vraiment très sympa.
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Tya
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MessageSujet: Re: GUET-APENS   Sam 11 Oct 2008 - 0:07

Géniale ! Ton intrigue est super interressante, on se pose des questions et ton scenario tient vraiment bien la route ! meme les explications de gideon et reid sont aussi destabilisantes que dans la série ! bravo !
j'ai hate de lire la suite, vraiment !
Spoiler:
 
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Tanlee
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MessageSujet: Re: GUET-APENS   Sam 11 Oct 2008 - 20:56

Merci Tya, j'espère que la suite sera à la hauteur de tant d'enthousiasme.

D'ailleurs en parlant de suite la voilà mais avant quelques mis en garde !
Chez les anti-shipeurs et les anti-shippeuses, les deux chapitres qui suivent peuvent provoquer des envies irrépressibles d’aller dodo_couette des crises de nut voire des auto- you_ouh

Pour les autres, les risques ne sont pas moins grands lorsque l’identité de l’inconnue que fréquente Reid sera dévoilée...

Bonne lecture, à vos risques et périls… et aux miens !

N’hésitez pas à me faire partager vos réactions.
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Tanlee
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MessageSujet: Re: GUET-APENS   Sam 11 Oct 2008 - 21:02

Chapitre 4

Reid arriva au BAU le dernier, interrompant le dîner d'anniversaire loin d'être sinistre comme il s'y était attendu. Au contraire. La soirée avait été délicieuse, pleine de rires et de mots doux, une sorte de renaissance. Un pied de nez aux souffrances passées. Il regrettait d'avoir dû abandonner sa compagne au dessert, même si elle comprenait, du moins ils se le répétaient dans l'espoir d'avoir raison – après tout elle avait connu ce genre de situation par le passé. Ses regrets s'évanouirent en entrant dans le bureau où trônait la table ronde. Le visage de ses collègues en disait long sur la gravité de la situation et le sang qui tâchait encore le chemisier de Garcia, son regard éteint, ses traits figés le glacèrent d'effroi. Hotch lui avait juste dit de venir au bureau, que c'était urgent et avait refusé de lui en dire plus. Alors qu'il prenait place autour de la table dans le silence pesant qui régnait, il remarqua les quatre parchemins sous plastique.
- Reid tu avais raison, commença Hotch, les deux précédents meurtres n'étaient pas une fin en soi. Comment s'est passée ta soirée ?
- Quel... Quel est le rapport avec l'affaire ? demanda Reid redoutant la réponse.
Face au silence insistant de son supérieur, Reid répondit.
- Bien.
- Aucun incident ?
- Non.
- Alors nous sommes les deux seuls à ne pas avoir été visés.
- visés ?

Hotch finit par lui expliquer la situation. La mort de Thomas, un ami que Garcia avait rencontré sur Internet, la mort de Cassandra une amie de Morgan tuée chez elle alors que Morgan l'attendait au bar, les photos dans le salon de Gideon et le parchemin donné à Prentiss et JJ.
- Seule toi et moi n'avons pas fait l'objet d'une attaque, conclut Hotch.
- Moi seulement. Les deux meurtres de la mère et du fils vous étaient destinés je pense. Ils nous connaissent, peuvent anticiper nos réactions.
- Bon, intervint Gideon, la victimologie ne nous servira à rien. C'est un tueur vengeur ou un groupe de tueurs vengeurs. Il faut constituer le profil et identifié le mobile précisément.
- Que disent les parchemins ? Demanda Reid.

JJ les relut chacun dans l'ordre :

Acte premier
La voix du mort appelle
Elle a emporté la mère et le fils
Le père et le mari absent restera
À jamais seul
Pour l'éternité
Avec le souvenir de leur éclat mortuaire.

De Norah Cathnero.
Du Quatuor.



Acte deuxième
La voix du mort appelle
Sa complainte sonne l'heure
De la vengeance pour ses frères
Elle le prendra, lui, celui qui a failli
Dans la souffrance et l'agonie
Et avec lui
Périra la communauté

Du Quatuor




Acte troisième
Quand l'un des nôtres meurt
Nous périrons tous à notre façon.

De Néo Gondaji.
Du Quatuor.



Acte quatrième
La voix du mort appelle
Elle l'a vue
Elle l'a prise
Elle le connaît lui
Elle sait
Elle sait
Il ne la laissera pas le prendre
Un avertissement
Oui un avertissement qu'elle lui donne
La vengeance n'admettra aucun obstacle

De Megan Derrok
Du quatuor



Acte cinquième
La voix du mort appelle
Plus forte
Assoiffée de sang
Sa furie grandit
Car vous le saviez

Du quatuor.



Acte sixième
La voix du mort appelle
Tant furieuse
Qu’elle ravit l'innocence
De l'innocente
Sans regret ni honte.

De Legacia Ronpee.
Du quatuor.


- chaque parchemin est la pièce d'un puzzle, commenta Reid.
- Et ce puzzle est ? fit Morgan sortant de son mutisme.
Reid n'en avait absolument aucune idée. Il demanda les parchemins à JJ pour les examiner. Ce fut Gideon qui répondit.
- Cette fois, il n'y a plus aucun doute. Ils sont au moins quatre puisque cinq d'entre nous ont été attaqué simultanément. La vengeance annoncée dans le deuxième parchemin concerne l'équipe.
- Peut-être liée à l'une de nos anciennes affaires, suggéra Hotch.
- Je vais faire des recherches, intervint soudainement Garcia à la surprise de tous, je vais éplucher les anciens dossiers.
- Garcia, tu n'es pas obligée... Objecta Hotch.
- Non, le coupa-t-elle, je veux coincer ces salopards et s'il y a une chose que je sais faire c'est traquer les informations.
- O.K., alors il faut se mettre au boulot, fit Morgan aussi déterminé que Garcia comme si le ton revêche de sa collègue avait réanimé sa combativité, pour que tu aies de la matière et ne pas chercher à l'aveuglette.
- Je ne cherche jamais à l'aveuglette.
- Oui, je sais ma beauté.

Un pâle sourire éclaira le visage de Garcia pour la première fois depuis le meurtre de Thomas.
- Alors il faut reprendre le profil depuis le début, dit Gideon qui avait l'impression de se répéter depuis le début de cette affaire.
- Ils sont organisés, méthodiques et ont pris le temps de nous observer jusqu'à découvrir les aspects les plus intimes de notre vie, fit Hotch, par exemple, pour ma part, il savait que s'en prendre à une mère et à son fils m'atteindrait.
- Moi ils savaient que je m'efforce de protéger mes relations personnelles de mon travail, et exposé ainsi ma vie est une façon de m'atteindre également.
- Mais moi, comment pouvait-il savoir que j'avais rendez-vous avec Thomas, demanda Garcia pleine de colère, c'était notre premier rendez-vous et on l'a fixé seulement une heure avant de se voir.
- Réfléchit Garcia. En as tu parlé à quelqu'un ?
- Non même pas à un membre de l'équipe et puis Thomas et moi on ne se connaissait que… (Garcia se tut, tétanisée) que par Internet, finit-elle par dire. Ils ont espionné nos conversations.
- Faut-il une grande connaissance de l'informatique pour faire ça ?
- Oh que oui, fit Garcia, mon ordinateur est une véritable forteresse depuis l'agression d'Elle. S'ils croient pouvoir s'en tirer aussi facilement, fit Garcia en ouvrant l'écran de son ordinateur portable, c'est mal me connaître.
- Tu pense pouvoir remonter jusqu'à eux ?
- Je vais déjà chercher comment ils ont pu pénétrer mon serveur et après je les traquerai, jusqu'au Mozambique s'il le faut.
- Il ne pense pas Garcia responsable, intervint Reid. Le parchemin dit : Elle ravit l'innocence de l'innocente.
- et alors ? demanda Morgan.
- Alors ça veut dire qu'ils connaissent les rôles de chacun dans l'équipe et que Garcia n'est pas profiler. Dans le mot qui a été remis à Prentiss et Gigi, il dit sa furie grandit car vous le saviez, c'est comme s'il nous reprochait de ne pas avoir pu empêcher quelque chose d'arriver alors que nos compétences de profiler aurait dû nous le permettre.

- Moi, je ne suis pas profiler, objecta JJ.
- Oui mais... Soit le mot était adressé à Prentiss exclusivement soit il considère que tu es proche de la catégorie profiler dans le sens où tu es sur le terrain avec nous.
- Peut-être est-ce un proche d'une victime que l'on n'a pas pu sauver, proposa Prentiss.
- Non, fit Morgan, ça ne colle pas. Un proche se serait lancé dans une vendetta personnelle et la mise en scène des deux premiers meurtres est bien trop élaborée pour ce type de vengeance. Il y a autre chose que la vengeance, une recherche de satisfaction à travers le meurtre.
- Ou alors un proche d'un anonyme que l'on aurait arrêté ou tué, avança Prentiss.
- Une piste à suivre approuva Gideon. Peut-être un autre meurtrier avec lequel l'un de ceux que l'on a arrêtés était en relation.
- Une femme, fit Hotch, c'est bien une femme qui a laissé le message sur le répondeur de Cassandra.
Morgan approuva d'un hochement de tête et rappela que dans le premier profil, ils avaient évoqué cette possibilité.
- Garcia fait des recherches, voit si certains des anonymes avaient de la famille ou s'ils étaient mariés ou une copine, commence par les anonymes qui ont été tués à l'issue d'une affaire.
Garcia s'apprêtait à se lever.
- C'est bizarre, réfléchit Reid tout haut, ces noms sur chaque parchemin, Norah Cathnero, Néo Gondaji, Megan Derrok, Legacia Ronpee, ils me disent quelque chose, comme si je les connaissais.
- Travail dessus, tu vas pouvoir peut-être rassembler les pièces du puzzle. Nous, on va approfondir le profil.


@@@



- Alors ? Demanda Morgan en rentrant dans le bureau.
Reid avait affiché les six parchemins sur le tableau blanc avec les photos des meurtres correspondants y compris celui retrouvé dans l'appartement de Cassandra et qui reprenait mot pour mot le message du répondeur. Morgan détourna les yeux de la photo du cadavre de Cassandra.
- Il manque une pièce pour que le puzzle soit complet.
- Tu veux dire qu'ils nous réservent encore une surprise ?
- Il parle d'une vengeance, la voix du mort appelle suggère que c'est pour venger un mort et que cette vengeance est liée à quelque chose qui a été volontairement ignoré de notre part, que cette mort aurait pu être évitée.
- Ils pensent que nous aurions pu éviter la mort de quelqu'un et que nous l'aurions ainsi volontairement laissé mourir.
- Oui. Quand ils disent sa fureur grandit car vous le saviez, ça semble clair mais là où c'est moins clair c'est qu'à travers certains vers du parchemin il parle de nous. Par exemple quand ils disent quand l'un des nôtres meurt nous périrons tous à notre façon. L'un des nôtres semble faire référence à la personne dont l'équipe aurait pu éviter la mort.
- Comment le sais-tu ?
- Par le verbe au présent qui suit : meurt. Mais la suite nous périrons tous à notre façon, parlerait de nous, une sorte d'avertissement qui nous est adressé. Du genre vous avait laissé mourir l'un des nôtres ça nous a fait du mal et bien on va se charger de l'un des vôtres et vous souffrirez tous. C'est corroboré par la phrase dans le deuxième acte : elle le prendra lui, celui qui a failli, dans la souffrance et l'agonie, et avec lui, périra la communauté. Le dernier mot communauté fait référence à l'équipe très certainement.
- Donc, si je comprends bien, ils vont chercher à s'en prendre à l'un de nous pour atteindre l'équipe.
- Pas seulement pour l'atteindre mais la détruire.
- Ok mais ça ne nous avance pas à grand-chose.
- Oui je sais. Il y a toujours ces noms qui me chiffonnent. Je crois qu'ils sont plus importants qu'ils en ont l'air mais… Reid se tut.

La solution était simple. Il le savait mais la concentration nécessaire lui faisait défaut. Peut-être qu’il s’était surestimé, venir travailler alors que son esprit ne cessait de ressasser des souvenirs douloureux en ce sinistre anniversaire, oui certainement qu’il n’était pas dans son état normale.
- et disent-ils autre chose sur l'équipe en dehors du fait qu'ils veulent la voir périr.
- Il parle de Garcia, l'innocente, comme je l'ai dit tout à l'heure et un obstacle à la réalisation de la vengeance, certainement toi puisque c'est dans le parchemin qui t’as été remis : il ne la laissera pas le prendre, un avertissement, oui un avertissement qu'elle lui donne, la vengeance n'admettra aucun obstacle. Et de celui qui va faire l'objet de la vengeance : Celui qui faillit mais dont il ne dévoile pas l'identité. Et il nous manque la pièce principale du puzzle : le pourquoi... Et-vous de votre côté ?
- Rien. Garcia épluche comme une forcenée tous les dossiers que l'on a traités mais comme les anonymes ne sont pas des personnes particulièrement sociables...
- S'il y a une information à trouver, Garcia la trouvera. Et du côté du profil ?
- Rien qui nous mène bien loin tant que la dernière pièce du puzzle ne nous sera pas délivrée : le pourquoi.
- Tu tiens le coup ? Finit par demander Reid après un instant de silence.
- Oui et toi ?
- Moi ? Seule ma soirée a été épargnée alors je serais bien en peine de venir me plaindre.
- Tu sais très bien que je ne parle pas de ça.
- Oui je sais et oui je vais bien. J'ai survécu. Tout le monde n'a pas eu cette chance, fit Reid sombrement en posant son regard sur les photos des victimes.
- Parfois, il est aussi éprouvant de survivre.
- Oui c'est vrai mais survivre donne une chance de reconstruire et ça c'est précieux... Je suis sincèrement désolé pour Cassandra.
Morgan se contenta d'un hochement de tête, les yeux subitement plus brillants. Reid posa une main sur l'épaule de son collègue.
- C'était une fille bien.
- Je n'en doute pas, approuva Reid.

Soudain, le téléphone de Reid sonna. APPEL DE BENJAMIN indiquait le portable.
- Ton amoureuse ? S’enquit Morgan cherchant à lire l'appel.
- Non, répondit Reid dans un soupir.
Cela faisait la deuxième fois que Benjamin l'appelait. Ce matin, il avait déjà laissé un message auquel Reid n'avait pas répondu. Il s'apprêtait à décrocher lorsque Garcia fit irruption dans le bureau fulminante de colère.
- Ces salopards ne sont pas passés par mon ordinateur personnel pour rentrer sur mon serveur mais par ceux du FBI.
- Tu veux dire qu'ils ont accès à toutes les informations stockées sur les ordinateurs du bureau.
- Non, seulement aux données qui sont échangées entre le FBI et l'extérieur un peu comme s'ils avaient mis un radar sur la ligne qui relie le FBI au réseau.
- C'est déjà beaucoup.
- Ce qui m'agace le plus, c'est que je n'arrive pas à les débusquer.

Le reste de l'équipe pénétra dans le bureau et s'installa à la table pour faire le point. Garcia réexpliqua la situation à tout le monde et Reid leur communiqua ses conclusions sur les parchemins.
- Donc on a des informations mais aucune qui nous permettent d'avancer, conclut Hotch.
- La seule chose certaine c'est qu'on sait qu'ils vont s'en prendre à l'un de nous, c'est tout. Mais on ne sait ni qui ni quand ni comment, résuma Reid.
Maintenant que la menace avait été énoncée clairement, la tension était palpable.
- Aucun indice dans les parchemins ? Demanda Hotch
- ils définissent leur prochaine victime comme celui qui faillit, ce qui est très vague.
- L'un d'entre nous qui aurait commis une erreur, répondit Morgan.
- Possible mais ça peut s'interpréter de différentes façons.
- Toi seul n'as pas été visé par une de leurs attaques, peut-être est-ce une affaire à laquelle tu n'as pas pris part.
- Possible mais dans la lettre donnée à Garcia il est dit que la voix du mort appelle, tant furieuse, qu'elle ravit l'innocence, de l'innocente. Donc ce n'est pas certain.
- Donc on ne peut qu’attendre.
- Oui, fit Gideon, je crains que pour l'instant c'est eux qui détiennent les pièces pour faire avancer le jeu.

Un coursier frappa à la porte et interrompit ainsi le débat.
- Une lettre pour le docteur Spencer Reid.
- C'est moi.
- Tenez.
Tous reconnurent l'écriture dactylographiée sur l'enveloppe que l'homme tendit à Reid adressée à son nom.
- Qui vous l'a donné ? Demanda Reid tentant de maîtriser sa voix tant une sourde peur montait en lui.
- Une femme.
- Comment était-elle ?
- la trentaine, les cheveux roux, blanche pourquoi ?
- son nom, vous avez son nom ?
- Oui j'ai le registre, attendez fit le coursier en sortant un bloc, ah! Voilà Penie Drecer.
- Une adresse ? Demanda Gideon
- non
- on va vous demander de vous rendre au bureau sur votre gauche, JJ tu veux bien l'accompagner ?
- Oui bien sûr.
- Je n’ai pas le temps, j'ai... Tenta de protester le coursier.
- Écoutez, nous vous demandons juste de faire le portrait-robot de cette femme. Elle est mêlée à une affaire de meurtre.
Résigné, le coursier se laissa guider par JJ tandis que Reid ouvrait l'enveloppe.
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MessageSujet: Re: GUET-APENS   Sam 11 Oct 2008 - 21:08

Acte sixième

Tout commença avec elle
Gary Neweelle
Et tout finira avec lui
Ainsi vengeance s'accomplira.

De Penie Drecer.
Du quatuor.


Reid eut un éclair de compréhension, un tremblement d'effroi lui fit lâcher la feuille. Pétrifié. Au moment où il se ressaisit prêt à prendre le téléphone, les écrans d'ordinateur du bureau sortir de leur veille. Il mit un certain temps avant de se reconnaître assis sur la misérable chaise dans le cabanon du cimetière de Parish. Ce fut pour lui une replongée dans un passé qu'il croyait avoir surmonté. Son estomac se noua douloureusement. Et ce fut sous ses yeux impuissants, comme lorsqu'il s'était retrouvé sur cette chaise affaiblie par les drogues, qu'il vit Charles Anckle le frapper jusqu'à ce que la mort le cloue au sol, Tobias revenir et le réanimer.

L'image sauta et le montra aux prises avec le dilaudid, avouer à Charles Anckle l'internement de sa mère. Puis l'écran devint noir mais pour Reid des images le hantaient encore, des souvenirs qu'il avait fui toute la journée. En vain. Un silence de mort régnait dans le bureau. Morgan ramassa le parchemin et posa une main sur l'épaule du jeune homme. Ce contact sortit Reid de sa torpeur. Il lui arracha le parchemin des mains et vérifia mentalement son hypothèse. Il n'y avait plus aucun doute, le parchemin parlait d'Elle Greenaway. Il s'empara du téléphone.
- Reid ! Reid! Tu vas nous expliquer... s'emporta Gideon qui avait reconnu la lueur de compréhension s'éclairer dans le regard de son collègue après la terreur.
- Une minute, juste une minute, oui bonjour je suis le docteur Spencer Reid, je veux que vous envoyer quatre agents à mon domicile. Une personne y est en danger... C'est urgent... Elle Greenaway, son nom est Elle Greenaway… oui… oui et je lui transmets.
Reid raccrocha et composa le numéro de chez lui.
- Elle, tu n'as rien... Ecoute-moi attentivement. Tu es en danger. Quatre agents vont t'escorter jusqu'au bureau. J'ai une arme planquée dans la chambre de l'armoire... Oui... non... T'as pas le choix... Je sais... Oui... Reste prudente et appelle-moi dès que les agents sont là... Oui, oui.
Reid raccrocha tremblant comme une feuille. Il ne vit pas les regards interrogateurs de l'équipe se poser sur lui. Une vague d'images et de panique, après l'éclair de lucidité qui l'avait traversé, déferla en lui avec une telle violence que la nausée le saisit. Il se précipita aux toilettes.
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MessageSujet: Re: GUET-APENS   Sam 11 Oct 2008 - 21:10

Chapitre 5


- ça va mieux ? Demanda Hotch à Reid blême, affalé sur l'une des chaises de bureau.
- Oui, c'est… je crois. C'est de voir ces images, ça m'a brassé, répondit le jeune profiler qui venait de vomir dans les toilettes.
- tu pourrais nous expliquer et nous dire ce qu'Elle vient faire là-dedans.
- oui, c'est… mais… Reid se tut
Sa voix tremblait encore au souvenir du moment où il avait réalisé le danger que courrait Elle.
- C'est les noms, fit-il après un instant de silence, ce sont des anagrammes c'est pour ça qu'il me semblait les connaître. Si vous prenez le nom de Gary Neweelle et que vous changez la place des lettres vous obtenez Elle Greenaway. Pareil pour Penie Drecer qui donne Spencer Reid. Ces anagrammes sont présents dans chaque parchemin et chacun d'eux correspond à l'un de nous.
- pourquoi ?
Reid se contenta de hausser les épaules avant d'ajouter :
- ils nous baladent depuis le début, une façon de brouiller les pistes une fois de plus. Ils nous connaissent. Ils savaient peut-être que ça m’interpellerait.
- Et Elle que vient-elle faire là dedans, demanda Gideon, (enfin on abordait le vif du sujet qui planait lourdement dans le bureau comme un orage prêt à éclater.)
- Elle a dû participer à l'affaire qui a déclenché tout ça. Peut-être même en est-elle à l'origine ou en tout cas les anonymes en sont convaincus : Tout commença avec elle, Gary Neweelle.
- Et Elle habite chez toi maintenant, demanda sèchement Morgan.

Reid redoutait cette question d'autant plus de la part de son collègue qu’il savait proche de la jeune femme à l'époque où elle faisait partie de l'équipe. Combien de fois avait-il été tenté de parler à son coéquipier des contacts qu'il avait repris avec la jeune femme.
- Non. Elle est en vacances. C'est... C'est une longue histoire.
Le silence qui s'abattit dans le bureau, qu'il sentit empli de reproches, ne lui laissait plus le choix.
- Après l'affaire de Tobias Anckle, j'ai passé comment dire ? Une période noire et ce n'était pas seulement au travail. Je ne mangeais plus, je ne dormais plus et... Enfin bref et puis peu à peu c'est allé mieux grâce à vous, à votre présence, au travail auquel je me suis raccroché mais quand je rentrais chez moi, le vide de mon appartement, c'était… je sursautais pour un rien, j'étais dans un état d'angoisse constant et… Et un soir, sur un coup de tête j'ai appelé Elle. On a dû s'échanger trois mots pas plus. Moi j'étais gêné et elle toujours en colère, je crois. Et puis le lendemain, elle m'a rappelé et on a commencé à parler, elle de son agression et moi de... Enfin, je crois qu'on avait autant besoin l'un de l'autre. On peut s'appeler à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit parce qu'on ne va pas bien, parce qu'on sent une panique inexplicable nous rattraper ou juste pour entendre la voix de quelqu'un quand on est seul chez soi et que des bruits, des voix d'une autre époque nous traquent. Je crois que c'était aussi important pour moi que pour elle de savoir que je pouvais l'appeler à trois heures du matin et qu'elle ne me prendrait pas pour un fou, qu'elle ne penserait pas que je déraille. C'est de cette façon un peu étrange qu'on a repris contact. Et puis, on s'est rencontré, une fois à Las Vegas et il y a un mois, je suis parti une semaine chez elle au Mexique, fit Reid en relevant la tête pour voir la réaction de ses collègues.

La stupéfaction se lut sur les visages de chacun de ses coéquipiers. Personne n'avait su qu'Elle s'était exilée aussi loin suite à tous ce qui s'était passé après son agression, peut-être par honte ou par peur, Reid ne le savait, certainement un peu des deux. Il avait mis du temps à comprendre la colère d'Elle à l'encontre du BAU et plus particulièrement de l'équipe. Il avait fallu qu'il passe entre les mains de Charles Anckle et de Raphaël pour toucher à l'essence même de cette colère. Cependant, il fallait que l'équipe comprenne avant qu'Elle n'arrive au bureau. Il fallait que chacun de ses coéquipiers entende ce que chacun d'eux avait refusé de parler après l'agression d'Elle.
- Après son agression, expliqua-t-il, Elle était très en colère à l'encontre de l'équipe, de chacun de nous et le fait qu'on n'ait pas entendu sa colère, ça ne l'a pas aidée.
- Elle a fait un choix ! S'emporta Morgan.
- Non. Bien sûr que non. Ce choix lui a été volé par Garner le jour où il lui a tiré dessus. C'est comme... Quand quelque chose comme ça vous arrive, quand vous vous retrouvez entre les mains de… d’un… impuissant, et même si vous survivez, il ne reste plus rien de vous, de ce que vous avez été et plus important de la confiance en ce que vous faites et en ce que vous êtes. À chaque pas que vous faites vous doutez. Et pour Elle, la seule façon de s'en sortir a été la colère, la colère est si forte si puissante qu'elle fait oublier votre misérable vie, le fait que vous ne maîtrisez rien. Elle efface même l'odeur de la mort. Alors non Morgan, Elle n'avait pas le choix ou plutôt ce choix n'en était pas vraiment un si elle voulait survivre à l'après. Elle a fait ce qu'elle a pu. En tant que profiler, on se préoccupe de retrouver les victimes vivantes quand elles peuvent l'être encore mais on ne se pose pas la question de savoir comment elles font pour survivre après, comment elles font pour se remettre de la mort.
- C'est un reproche ! s'exclama Morgan durement.
- Non, ça s'appelle de l'empathie et il y a un sage qui m'a dit un jour que c'était une bonne chose et que ça ferait de moi un meilleur profiler et un homme meilleur.

Morgan détourna le regard de celui de Reid. Il reconnaissait ses mots mais ne pouvait accepter les explications de son collègue. Il était en colère.
- Elle ! s'exclama soudainement Reid en se levant pour se précipiter à la rencontre de l'ex-agent du FBI qui était apparu dans l'encadrement de la porte du bureau.
Il la serra si fort dans ses bras qu'elle protesta.
- Tu m'étouffes !
- Désolé, dit-il en rompant son étreinte.
Machinalement, avec tendresse, il remit une mèche brune, rebelle, derrière l'oreille de la jeune femme. Elle sourit.
- Tu m'as fichu la trouille avec ton coup de téléphone.
- Désolé.
Le sourire d'Elle s'élargit.
- Embrasse-moi idiot.
Reid s'exécuta avec bonheur.


@@@



Elle avait demandé à Reid de l'embrasser parce qu'elle avait été soulagée d'arriver au BAU et de le voir, parce qu'elle avait eu besoin de sentir ses bras autour d'elle certes, mais aussi, elle devait se l'avouer, pour retarder le moment où elle avait dû faire face au reste de l'équipe. Ils étaient tous là : Hotch, Gideon, Garcia, JJ, Morgan, ainsi qu'une jeune femme, Prentiss très certainement. Ils les fixaient, elle et Reid.
- On va peut-être s'asseoir, proposa Reid joignant le geste à la parole.
Chacun se rassit, incapable de détacher son regard d'Elle. Le silence qui s'ensuivit fut assourdissant.
- ça fait plaisir de te revoir, finit par dire Hotch.
- Moi aussi. Je ne pensais pas que de me retrouver autour de cette table me ferait autant de bien... vous m'expliquez, ajouta-t-elle après un instant de silence qui s'étirait, trop à son goût.
Hotch se lança avec Gideon. Ils racontèrent l'étrangeté des deux premières meurtres, les multiples incohérences, les attaques dont chacun avait fait l'objet plus tôt dans la soirée et le dernier parchemin dans lequel son nom apparaissait sous forme d'anagramme suivi de la vidéo montrant Reid un an plus tôt.
- Ce que je ne comprends pas, c'est comment ils ont eu accès à ces vidéos, fit remarquer Garcia, leur radar sur notre réseau ne leur permette pas de fouiller dans le disque dur de l'ordinateur, juste d'intercepter les messages et ils ne peuvent pas avoir installé ce radar y a un an et même si c'était le cas, ces vidéos n'ont pas circulé sur notre réseau.
- Internet, proposa Morgan
- effectivement, peut-être que Tobias Anckle a fait circuler ces vidéos sur le net comme il l'a fait pour ces meurtres mais à plus petite échelle, en cercle fermé, seulement à certains destinataires. Il me faut l'ordinateur de Tobias Anckle, peut-être que je pourrais accéder à ses contacts.
- très bien, fit Hotch.
- et côté portrait-robot on en est où ? Demanda Gideon
- diffusé à tous les commissariats de l'État mais pour l'instant aucun résultat. Elle ne semble pas fichée, répondit JJ.
- Maintenant qu'on sait qu'Elle faisait partie de l'équipe au moment de l'affaire qui a déclenché le désir de vengeance des anonymes, ça va réduire notre champ de recherche, enchaîna Reid.
- Oui, il faut reprendre toutes les affaires avant ton départ Elle, approuva Gideon.
- Non pas besoin, répondit cette dernière.
- Comment ça ?
- Chercher du côté de Lee déjà.
- Pourquoi ? Demanda Morgan.
- Vous tenez vraiment à en discuter maintenant.
- Oui, répondit Morgan.
- Moi pas, rétorqua Elle qui sentait Morgan chercher la confrontation.
- Alors qui nous dit que ce n'est pas une perte de temps de chercher du côté de Lee ? Lâcha sèchement ce dernier.
- Parce que j'étais un bon profiler, et que j'ai fait partie de la meilleure équipe.
- O.K., fit Gideon, que doit-on chercher ?
- Il avait perdu sa mère six mois avant de commencer à tuer. Ils n'avaient pas d'autre famille donc il faut chercher les liens qu'ils pouvaient avoir avec d'autres personnes. Ce qui l'intéressait c'était violé et tué des femmes donc il n'avait certainement pas de petite amie. Solitaire et renfermé, ce n'était pas le genre à traîner dans les bars. Je ne vois qu'un seul moyen qui lui est permis de rencontrer d'autres personnes et une femme en particulier : Internet.
- Tu n'as rien perdu de ton talent, la complimenta Hotch.
- J'ai été à bonne école.
- Bon, en plus de l'ordinateur de Tobias Anckle, je vais demander que les archives me montent celui de Lee, commenta Garcia en se levant prête à partir.

Les ordinateurs du bureau sortirent une nouvelle fois de leur état de veille et sur les quatre écrans, une vidéo différente apparut : la femme de Hotch et leur fils à la sortie d'un supermarché en train de se rendre à leur voiture ; la sœur de Morgan se promenant avec des amies, discuter et rire dans les rues de Chicago ; la mère de Prentiss au téléphone dans son bureau et la mère de Reid au sanatorium assise devant la fenêtre en train d'écrire. Le téléphone sonna.
- C'est eux, fit Reid alors que JJ sortait du bureau précipitamment
- Garcia, ordonna Gideon.
- Oui, (l'informaticienne s'assit et tapota sur son ordinateur) c'est bon je suis prête.
Gideon fit un signe de tête à Reid. Ce dernier décrocha et actionna le haut-parleur.
- Docteur Spencer Reid
- Docteur Spencer Reid, C'est un plaisir, résonna une voix féminine dans le combiné.
- Moi de même si je savais comment vous appelez ?
- Nous aurons bien le temps de faire connaissance, ne vous en faites pas.
- Quand ?
- Je vous sens impatient ?
- Curieux.
- Ne dit-on pas que la curiosité est un vilain défaut.
- Certains le disent.
- Pas vous ?
- La curiosité apporte connaissance et réponse.
- Qu'attendez-vous donc comme réponse Docteur Spencer Reid ?
- Les vôtres.
- Pour celles-là, il faudra attendre, avant cela un message :


Acte septième

La voix du mort appelle,
Lequel de ses proches emportera-t-elle
Pour assouvir sa vengeance ?


- C'est une devinette n'est-ce pas ? Demanda Reid précipitamment de peur qu'elle ne raccroche.
Il l'entendit sourire et ce sourire lui glaça les sangs.
- Je vous l'accorde, une question pour une réponse. Je vous écoute ?
Reid réfléchit plus vite qu'il ne le fit jamais : les vidéos n'étaient qu'un leurre, qu'une façon de prendre contact. Il en était persuadé.
- Quel est l'enjeu ? Finit-il par demander
- Peut-on travailler à sa propre survie quand celle de nos proches est en danger, là est l'enjeu, là est la question.
- Ce n'est donc pas une réponse.
- 99 Jack 9 mèreson. Que la volonté de dieu vous compagne Docteur Spencer Reid, ajouta la femme avant de raccrocher.

- Je l'ai ! S'exclama Garcia, elle appelle d'une cabine téléphonique de la zone industrielle nord.
JJ fit irruption dans le bureau.
- Tout va bien, j'ai eu chacun de vos proches au téléphone. Rien d'inhabituel au cours de la journée.
- C'est un rendez-vous, fit Gideon, elle nous mène là où elle veut nous amener.
- Il y a quoi là-bas ? Demanda Morgan à Garcia.
- Des entrepôts, répondit la jeune femme en tapotant sur son ordinateur.
- Et qu'y a-t-il dedans ?
- Euh attendez... Des denrées alimentaires sont stockées dans l'un en provenance de l'Afrique, des caisses de matériel hi-fi et... Ah il y en a un vide.
- Un jeu de piste, fit Prentiss, elle cherche à nous balader.
- Je commence en avoir assez de ce petit jeu, s'impatienta Gideon, combien de mètres carrés l'entrepôt ?
- 1500
- c'est énorme ! s'exclama JJ.
- Elle aime mener le jeu, réfléchit Gideon tout haut, et chercher la confrontation. Certainement qu'elle va nous lancer dans un jeu de piste comme tu l'as dit Prentiss. Elle a pris directement contact avec nous cette fois. Ça veut dire qu'elle prend confiance en elle et qu'elle a soigneusement préparé ce qui nous attend là-bas.
- Un guet-apens, intervint Elle.
- Oui très certainement. Un guet-apens. Elle cherche à nous faire sortir de notre trou. Si l'on avait une idée de qui d'entre nous elle vise en particulier.
- Tu penses qu'elle a déjà choisi le membre de l'équipe sur lequel elle va faire peser sa vengeance.
- Elle est organisée, méthodique, prévoyante. De plus, elle a déjà tué au vu les deux meurtres précédents. Vu la séduction dans laquelle elle a été au téléphone certainement qu'elle tue des hommes, cherche à se mesurer à eux avant de les tuer. Une façon de se prouver qu'elle leur est supérieure.
- Donc elle viserait un membre masculin de l'équipe ?
- Possible à moins que la mort de Lee, si la mort de Lee est liée à cette affaire, ait changé le profil de ses victimes ou du moins l'ait rendu moins rigide, auquel cas elle pourrait s'en prendre aux femmes aussi comme dans les deux premiers meurtres.
- Aucune hypothèse sur laquelle s'appuyer sérieusement, ragea Morgan
- très bien on n'a plus qu'à se rendre au rendez-vous, conclut Hotch.
- Je viens avec vous, intervint Elle.
- Hors de questions, répliqua Hotch, tu n'es plus agent et tu es certainement la première à être visée par cette femme et son groupe si leurs actes sont effectivement liés à l'affaire de Lee. Tu vas rester avec Garcia et vous allez nous guider.
- Vous guidez ? demanda l'intéressée.
- Il est hors de question qu'on se rende là-bas à l'aveuglette. En route, on mettra ça au point en chemin.

Avant de quitter le bureau, Hotch ajouta à l'intention de Garcia : « la priorité est de savoir si cette affaire est liée à celle de Lee ».
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MessageSujet: Re: GUET-APENS   Dim 12 Oct 2008 - 20:10

Alors je vais etre franche,
Spoiler:
 
j'attends la suite de l'histoire avec impatience tout de meme, je veux savoir qui est ce quatuor !
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MessageSujet: Re: GUET-APENS   Dim 12 Oct 2008 - 21:16

Critique assez juste. Je me suis un peu emballé, je le reconnais. Mon côté fleur bleu peut-être. Embarassed Et puis, je pense que quand on se fait agresser comme Elle ou Reid, soit on s'écroule soit on dépasse ses blocages pour avancer... ça me smblait interressant de les réunir mais j'y suis aller peut-être un peu fort ! Disons qu'il fallait poser les choses pour la suite... Le quatuor va encore faire des ravages dans l'équipe. diablo
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MessageSujet: Re: GUET-APENS   Dim 12 Oct 2008 - 21:30

Garcia et Morgan par exemple ?? dis moi que oui oui oui !! sourit2
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MessageSujet: Re: GUET-APENS   Dim 12 Oct 2008 - 22:20

Morgan ? une piste à suivre effectivement... il se pourrait, avec l'un de ses collègues, qu'ils aient de gros ennuis dans un avenir proche... Twisted Evil très proche diablo
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lureglo
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MessageSujet: Re: GUET-APENS   Lun 13 Oct 2008 - 20:01

Quand j'ai lu la suite j'aurais pensé que c'etait Elle Greenaway (avant de voir quel était avec reid et que son nom apparait dans un des messages) qui se vengeais de quand elle c'est fait tiré dessus maissurtout sur Hotch puisque c'est lui qui a inssister pour qu'elle rentre et en plus elle connait bien ses anciens collègues!!!!

Vivement la suite moi j'en ai commencé un je crois qu'il sera jamais mis car c'est pas aussi interressant que le tiens
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MessageSujet: Re: GUET-APENS   Ven 17 Oct 2008 - 21:25

Salut
elle est trop bien ta fic j'ai tout lut d'un coup tellement que je l'ai trouvé interressante est trés bien écrite. C'est super d'avoir un ship qui sort un peu de l'ordinaire.
Vivement la suite, j'ai hâte de la lire.
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Tanlee
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MessageSujet: Re: GUET-APENS   Lun 20 Oct 2008 - 13:04

thank_you1 very much Cécile !

et concernant la ship, je suis contente que tu la trouves interessante. ça me rassure pour la suite, car au cour de l'histoire, une autre ship va voir le jour beaucoup plus discrête et beaucoup moins contreversée (enfin il me semble !). Décidément, mon côté fleur bleu...

La suite va arriver tout bientôt.
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Tya
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MessageSujet: Re: GUET-APENS   Lun 20 Oct 2008 - 20:44

Tanlee a écrit:

La suite va arriver tout bientôt.

vite vite :prie:
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Tanlee
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MessageSujet: Re: GUET-APENS   Mar 21 Oct 2008 - 20:52

Tya a écrit :
Citation :
vite vite :prie:

Voeux prononcé voeux exaucé ! pour cette fois !

Voici la suite. Je me suis particulièrement amusé à écrire les chapitres qui suivent. Je n'en diffuse qu'un pour aujourd'hui, histoire de ménager le suspense et de régler quelques détails dans les autres...

Bonne lecture


Chapitre 6

Prentiss, Hotch, Gideon, Reid, JJ et Morgan se retrouvèrent devant l'entrepôt à côté duquel le coup de fil avait été passé. Arme en main, ils s'approchèrent de la porte d'entrée, entrouverte. Une invitation. On les attendait. La consigne était claire : ne pas se séparer. Hotch ouvrit la porte et pénétra avec Prentiss dans le couloir suivie de JJ et Gideon. Reid et Morgan fermaient la marche. Des néons éclairaient le bâtiment et inondaient l'équipe d'une lumière sale et trouble. Ils avancèrent sur quelques mètres et tombèrent sur une intersection.

@@@


Garcia et Elle fixaient les six fenêtres ouvertes sur l'écran d'ordinateur qui montraient ce que chaque profiler voyait de l'entrepôt.
- je le sens pas, commenta Elle.
- Moi non plus, répliqua sombrement Garcia.
- Où sont les autres agents ? Et les renforts de la police ? Demanda Elle alors que l'équipe pénétrait dans l'entrepôt.
- Il sécurise un périmètre et quatre équipes passent par les quatre autres entrées de l'entrepôt et retrouve notre équipe ici, répondit Garcia en désignant un point sur le plan de l'entrepôt affiché sur un autre écran.
- Garcia ? Demanda Hotch alors qu'ils étaient à l'intersection.
- À gauche.
Sur l'écran, Elle et Garcia virent l'équipe s'engager dans le couloir de gauche. Rester à regarder ses anciens collègues passer à l'action mettait les nerfs d'Elle en pelote tant et si bien qu'elle n'arrêtait pas de taper le bout de son stylo contre la table. Elle en voulait à Hotch de ne pas l'avoir autorisée à les accompagner et s'en voulait encore bien plus de ne pas être passée outre son refus. Une vieille habitude qu'elle avait gardée de l'époque où elle était agent sous ses ordres.
- Tu veux bien arrêter ! Lui demanda Garcia en désignant le crayon qui n'arrêtait pas de battre la mesure entre les doigts d'Elle et qui la rendait nerveuse.
- Désolée... Ils n'auraient pas dû tous rentrer par la même porte.
- Ça aurait été leur facilité la tâche que de diviser l'équipe.
- Si il est certain qu'ils ne veulent qu'un de nos membres.
- Ils savent ce qu'ils font.
- Non, pas toujours, répondit Elle plus froidement qu'elle ne l'aurait voulu.
Garcia se tortilla sous son siège mal à l'aise puis bafouilla :
- tu sais... Je… c'est de ma faute ce qui t'est arrivé si...
- Non, la coupa Elle, c'est de la faute de Garner. Ne lui donne pas ça. Il y a trop à perdre.
- peut-être mais tu as des raisons d'être en colère contre l'équipe.
- Tu te trompes, je ne suis pas en colère contre l'équipe même si je l'exprime peut-être ainsi mais contre moi-même.
- Comment ça ?
- Je ne sais pas, répondit Elle dans un sourire, il faut demander au Dr Reid mais ce n'est pas le moment de parler de ça, ajouta-t-elle en désignant l'écran.
- À droite, répondit Garcia avant que Hotch ne lui demande la direction à suivre.

@@@


Reid se sentait oppressé dans ses couloirs étroits sous cette lumière blafarde. Parfois, il avait l'impression de sentir une odeur rance de poisson, chimérique ou réelle, il n'en était pas moins que le fantôme du cabanon sordide de Tobias Anckle le hantait. L'angoisse le poussait à se retourner plus que nécessaire.
- Ça va ? Lui demanda Morgan
- oui, lui assura-t-il alors qu'ils arrivaient au point de ralliement des différentes équipes. Chacune était déjà présente. Aucune n'avait rencontré la moindre difficulté.
- Où est-ce qu'ils sont ! Ragea Gideon.
- Peut-être qu'on s'est trompé, fit Prentiss.
- Non, répondit Reid, on a dû passer à côté de quelque chose.
- L'entrepôt est vide, objecta Morgan.
- C'est un jeu pour elle, c'est comme une énigme qu'il faut résoudre. Elle attend quelque chose de nous et lorsqu'on lui donnera ce qu'elle veut, elle nous donnera la piste à suivre.
- Elle a toujours un temps d'avance, fit remarquer Gideon.
- Pour l'instant oui, approuva Reid et comme si ces mots avaient une quelconque pouvoir magique, une porte dissimulée s'ouvrit sur leur droite.
- Il semblerait qu'on lui ait donné ce qu'elle veut, commenta Reid en resserrant ses doigts sur la cross de son arme.
JACKSON MERE 999, comment avait-elle su ? Reid en frissonna au moment où il s'engageait par la porte à la suite des autres. Cette entrée ouvrait sur un énième couloir. Il ne faisait aucun doute qu'elle cherchait à les mener à un endroit précis de l'entrepôt. Conclusion qui n'échappa ni à Elle ni à Garcia. Elles cherchèrent sur le plan un endroit stratégique.
- Si elle veut s'en prendre à un seul membre de notre équipe, il va falloir qu'elle divise le groupe et ce n’est pas dans un étroit couloir comme celui-là qu'elle y parviendra.

Au moment où Elle formulait à voix haute cette hypothèse, le groupe constitué des six profiler et de quatre autres agents arrivèrent dans une vaste pièce, des parois montées de façon anarchique l'habitaient, idéales pour un jeu de cache-cache. Les agents tinrent l'espace en joue, attentifs à la moindre vibration de l'air.
- Garcia, où est la sortie ? Demanda Hotch par l'intermédiaire de son oreillette.
- Exactement à l'opposé d'où vous vous trouvez.
- Et après qu'y a-t-il ?
- Une autre pièce.
- Très bien.
Il fit signe au groupe de se séparer en trois équipes : Morgan, Reid et un agent sur la gauche, Gideon, JJ et un autre agent sur la droite, Prentiss et lui ainsi que deux autres agents droit devant eux.

@@@


Sur l'écran, les six fenêtres montraient le point de vue de chaque équipe. Chacune d'entre elles montrait un lent défilé de parois de plâtre qui avaient été certainement montées récemment. Garcia scrutait les écrans à la recherche d'une ombre qui trahirait la présence d'un danger imminent. Ellie sentait monter une panique inexplicable, comme si elle aurait dû savoir quelque chose, comme si elle aurait dû comprendre quelque chose, et recommença à tapoter son crayon sur le bureau. Garcia, absorbée par les images qui défilaient, tendue, prête à avertir l'un de ses coéquipiers du moindre danger, ne s'en aperçut même pas.

@@@


Hotch et Prentiss, arme pointée au devant de chaque nouvelle paroi qu'ils contournaient, étaient à l'écoute de la moindre vibration de l'air. Au vu de l'immensité de la salle, les deux autres équipes devaient se retrouver à 50 mètres d'eux au moins. Un guet-apens avait dit Elle. Et elle avait raison. Une sourde terreur bourdonnait aux oreilles d'Hotch et lui donnait l'impression de ne pouvoir entendre ce qui se passait autour de lui. Il commençait regretter cette opération. Ils étaient en train de donner à leur meurtrière exactement ce qu'elle voulait : Ils s'étaient séparés et au vu de la préparation dont elle faisait preuve, de ses parois édifiées récemment et certainement spécifiquement pour leur visite, elle avait déjà un temps d'avance sur eux. Ils auraient dû rebrousser chemin, même au risque d'enclencher une escalade dans le mode opératoire de la meurtrière. Refuser d'entrer dans son jeu aurait été un risque pour eux, pour leur famille même, mais là, dans cette pièce, ce n'était plus un risque mais la certitude qu'un piège se refermait autour d'eux. Et comme si cette pensée avait été une prémonition, la voix de Garcia dans laquelle l'ombre de la peur s'insinuait s'éleva dans son oreillette.
- on a un problème.

@@@


JJ et Gideon contournait une nouvelle paroi, prudemment. Gideon sentait sa collègue se tendre à mesure qu'il s'enfonçait sur le côté droit de la pièce. Il posa une main sur son épaule pour lui signifier qu'il passait devant. Gideon était agacé de ne pouvoir anticiper le comportement de
leur mystérieuse meurtrière, certainement à la tête du quatuor. Rarement, pour ne pas dire jamais, il avait rencontré une femme tueuse en série, déjà rare, aussi méthodiques et surtout patiente. Depuis combien de mois préparait-elle son plan ? Certainement depuis le moment où elle avait appris la mort de Lee. Il était persuadé qu'elle ne faisait pas ça par vengeance, ni pour un amour qui lui avait été injustement arraché, non, ce moment avait signé un basculement dans son mode opératoire, un désir mégalomaniaque de passer à un plus gros poisson. Comment pouvaient-ils lutter face à un meurtrier qui préparait son plan depuis des mois alors qu'ils s'étaient retrouvés plongé dedans seulement deux jours auparavant. L'inquiétude pour les membres de son équipe le rongeait et il en arriva à la même conclusion que Hotch : ils auraient dû rebrousser chemin au risque d'enclencher une escalade dans le mode opératoire. Et puis, il eut la certitude que ni Hotch ni lui n'étaient directement visé pour la simple raison qu'il portait généralement la responsabilité des décisions prises, Hotch du fait de son statut de supérieur et lui de son expérience, et ainsi la responsabilité de ce qui arrivait aux membres de leur équipe. La meurtrière voulait détruire la communauté, l'équipe comme l'avait expliqué Reid et il n'y avait pas de meilleur moyen de le faire que de s'en prendre à JJ, Prentiss, Morgan ou Reid dont lui et Hotch avait la responsabilité. Comment pourraient-ils s'en remettre après l'agression d'Elle et le kidnapping de Reid ? Il eut une pensée pour Reid et Morgan, seuls à l'autre bout de la vaste pièce. A ce moment, tous les bouts d'indice dissimulés dans les parchemins, et ce que la meurtrière avait laissé traîner dans la conversation téléphonique, formèrent un puzzle parfaitement cohérent dans son esprit mais il était trop tard. Une arme le mit en joue, lui, JJ et le troisième agent.

@@@


Morgan était devant, attentif à chaque ombre. La lumière blafarde que les néons dispensaient irrégulièrement le gênait. Son champ de vision lui semblait trouble. Reid le suivait de près. Il en voulait à son jeune coéquipier de lui avoir caché sa relation avec Elle et plus simplement les contacts qu'il avait renoué avec elle. Comment Reid avait pu le lui cacher et plus encore pourquoi Elle ne s'était pas manifestée plutôt ? La colère avait dit Reid. Peut-être, oui, la colère mais ça ne l'excusait pas pour autant d'être ainsi parti de l'équipe sans un mot. Un bruit sur le côté balaya ses pensées, il pointa son arme dans la direction.
- On a un problème, entendit-il Garcia dire dans son oreillette.

@@@


Sur l'écran, tout se passa très vite. Garcia eut à peine le temps de prononcer ces mots : "on a un problème", au moment où une arme surgit devant Gideon et JJ que Prentiss et Hotch se retrouvèrent mis en joue également, puis Reid et Morgan.

@@@


Gideon ordonna à l'homme qui se tenait devant eux de lâcher son arme. Ce dernier ne bougea pas.
- Nous sommes trois, trois armes pointées sur vous, vous n'avez aucune chance, argumenta le profiler.
- Nous sommes quatre, répliqua l'homme dans un sourire. Si vous tirez, vous m'aurez peut-être mais l'un de vos collègues au milieu ou dans la partie gauche du jeu sera tué par l'un des miens.
- Il dit la vérité, fit Garcia dans l'oreillette, les deux autres équipes sont dans la même situation, ajouta-t-elle donnant ainsi l'information à l’ensemble de l’équipe.
- Baissez vos armes.
Gideon hésita puis s'exécuta imité par JJ et l'agent qui les accompagnait. Hotch et Prentiss, au centre de la pièce, obtempérèrent aussi sous la menace de l'homme qui les tenait en joue et l'avertissement de Garcia. Morgan et l'agent derrière Reid s'exécutèrent également. Reid, quant à lui, garda son arme pointée sur la femme qui leur faisait face. Elle lui sourit. Un sourire cruel.
- Je vous savais le plus fou de tous docteur Spencer Reid. Ne me défiez pas ou la vie d'un de vos collègues s'éteindra.
Ellie vit Reid, par l’intermédiaire de la caméra de Morgan, réassuré sa prise sur son arme.
- Reid, l'interpella t-elle à travers l'oreillette, pose ton arme. Hotch, Prentiss Gideon, JJ, ils sont tous désarmés.
Reid resserra sa prise sur l'arme. Il ne tremblait pas. Il ne cillait pas. Elle savait ce qui se tramait dans son esprit et elle savait qu'il pouvait aller très loin, aussi loin qu'elle était allée. Sauf qu'en cet instant, la vie de cinq de ses collègues et de quatre autres agents dépendait de lui.
- Reid... Commença Morgan.
- Lâche prise, le coupa Elle dans l'oreillette, lâche prise, juste cette fois. Une dernière fois.
- Je ne peux pas, murmura le jeune profiler.
- Fais le pour moi, je t'en prie. Fais-le pour moi.
Elle le vit réassuré sa prise sur l'arme.
- Reid, je t'en prie. Prentiss et Hotch ont une arme pointée sur eux. Gideon et JJ aussi. Sans défense. Il faut que tu lâches prise. Une dernière fois. Pour moi. Fais-moi confiance.
- Alors docteur Spencer Reid ? Que décidez-vous ? Travaillerez-vous à votre survie ou à celle de vos proches ?
Reconnaissant les mots de l’énigme que la jeune femme lui avait posé au téléphone, Reid baissa son arme et la laissa tomber à terre. Une résolution funèbre s'installa en lui. Il avait refusé de choisir entre la vie de ses six collègues face à l'arme de Raphaël puis avait finalement cédé. Dans l'espoir de s'en sortir vivant. À partir de maintenant, il ne céderait plus. Même pas pour un quelconque espoir.
- Sage décision, commenta la femme alors qu'un bruit de porte qui coulisse se fit entendre.
Un homme apparut derrière eux. La femme s'approcha de Morgan et le débarrassa de son oreillette et de sa micro-caméra. Elle fit de même avec l'agent qui les accompagnait et Reid.

@@@


Garcia et Elle virent les deux fenêtres correspondantes à la caméra de Morgan et Reid s'éteindre.
- Merde ! Ragea Elle.
- Qu'est-ce qui se passe ? Demanda Gideon.
- Taisez-vous ! Fit l'homme qui le menaçait.
- On a perdu le contact visuel et auditif avec l'équipe de Morgan, lui répondit Garcia.

Soudain, le bruit d'une détonation retentit. Un coup de feu. Un cri. Une porte qui se ferme violemment.
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