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 Un écho du passé

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l'enfanteuse
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MessageSujet: Re: Un écho du passé   Lun 2 Juin 2008 - 0:48

Dans les mains du Diable

Chapitre cinq

God knows it's terrifying,
God sees it all unfold,
There's a million reasons for you to be crying
You been so bold and so cold.


Un petit rire parvient de l’avant. Spencer essaye de ne pas se laisser intimider mais il ne peut se défaire d’un sentiment de malaise. Il avait prévu de se battre mais faut-il pour cela avoir un adversaire en chair et en os. Hors pour le moment son ravisseur se fait discret. A aucun moment Reid n’a pu l’approcher.

En lisant la missive, Reid a compris qu’il n’avait pas d’autre choix. On lui a donné des ordres et il a obtempéré. Il est entré de son propre chef dans le véhicule, s’est glissé à l’arrière et a fermé ses menottes personnelles sur ses poignets. En y repensant, Spencer se donnerait des claques, mais sur le moment, c’est ce qui lui a semblé le plus sûr, le moins dangereux, du moins pour JJ.
Reid essaye de se persuader que les choses se sont déroulées ainsi. Le message était explicite, du moins pour lui, tout comme l’était la présence de son bourreau à proximité de Jennifer. En réalité ce que Reid tente d’atténuer, c’est la réminiscence d’une soumission qu’il avait refoulée mais qui est bien encrée en lui. Il avait su s’en extraire alors qu’il était enfant, mais qu’en serait-il à présent ? Spencer, l’agent du FBI, avait imaginé pouvoir attaquer son ancien maître. Une fois à l’arrière du véhicule il s’était préparé à la rencontre. Malheureusement celle-ci se fait attendre.
D’abord il se fait gazer, à l’ancienne, avec de l’éther… Spencer a beau essayer de se souvenir du moment où le chiffon a été apposé sur son visage, rien à faire, tout juste croit-il se rappeler avoir entendu un bruit derrière lui. Et maintenant alors qu’il a réussi à énerver son bourreau pour l’obliger à se dévoiler, voila que l’homme se maîtrise rapidement et fait machine arrière, s’installant calmement à l’avant du véhicule. Il donne l’impression de savoir exactement ce à quoi s’attendre, comme s’il avait un antidote anti-Spencer ! En fait c’est cette analyse que l’agent du FBI craint le plus. L’homme le connaît, lui le docteur Reid, pas seulement l’enfant Spencer, et paraît de ce fait être capable d’anticiper ses moindres actions. Comment dans ses conditions l’amener au corps à corps ?
-Tu sembles bien pensif Spencer. Tu cherches une réponse à ma question ?
-Quelle question ?
-Ne cherche pas à m’énerver. C’était bien joué mais vois-tu j’ai d’autres projets pour toi, pour nous, qu’un combat dans une Dodge, aussi spacieuse soit-elle. De plus je sais comment t’amener à répondre. Bientôt tu seras le gentil petit garçon que tu n’aurais jamais dû cesser d’être. Spencer, réponds à ma question ! Que suis-je pour toi ?

Spencer contracte instinctivement ses mâchoires et serre ses poings derrière son dos. Que peut imaginer cet homme pour qui il avait tant d’admiration ? Que peut-il avoir inventé pour obliger Spencer Reid à l’obéissance ? Spencer est très loin d’être rassuré. Il perçoit une telle assurance chez cet homme qu’il en vient à craindre un pouvoir quasi paranormal. C’est d’une voix plus enroué qu’il ne le voudrait qu’il tente une fois de plus de faire sortir l’homme de ses gonds.

-Un vieux professeur de langue. Un vieil homme érudit. Voila ce que vous êtes pour moi professeur Leland. Ceci et rien de plus !
-Cesse donc ce petit jeu idiot ! Je te connais mieux que tu ne te connais. Je sais ce qui te fait peur Spencer, je connais tes tourments. La peur de l’abandon, du rejet. La peur d’être comme ta mère…
Le vieux professeur laisse sa phrase en suspens. Il a marqué quelques points et compte bien permettre à Reid de le digérer, de le faire sien. Il est plus fort que lui, il est plus que temps que Spencer l’admette !
-Ma mère est ce qu’elle est, mais elle ne m’a jamais abandonné.
-Non, mais ton père oui.

Reid voudrait garder le contrôle de la situation mais il perçoit bien dans son intonation le trouble qui l’envahit.
-Non, ce n’est pas moi qu’il a abandonné, c’est le contexte, ma mère et les difficultés qui en découlaient.
-Il a été lâche.
-Oui, ça c’est vrai, il a été lâche. Je le suis aussi quand je retourne à Vegas. Je ne peux pas l’en blâmer.

Spencer reprend de l’assurance. Le docteur Reid comprend que l’homme veut visiblement l’entraîner dans un lieu où l’enfant qu’il était sera fragilisé. Mais Spencer connaît cet endroit depuis si longtemps, qu’il en a apprivoisé les moindres recoins et sait où dénicher les sorties de secours. L’échappatoire étant souvent de reporter son agressivité sur lui-même, une proie facile d’accès, une proie qui a une bonne armure pour ce qui est des reproches et des jalousies malsaines du monde extérieur.

Leland fulmine. Il donne un coup de poing dans le volant. Il se doutait évidemment qu’il serait difficile de dompter Spencer avec de simples mots, mais il espérait quand même pouvoir le déstabiliser. Paradoxalement, la rapidité avec laquelle l’agent a su reprendre le contrôle de lui-même instille en Leland un sentiment de fierté. Ce petit gars là est extraordinaire ! Il méritait vraiment d’attendre. Douze ans, cela avait été si long. Mais comme il l’avait écrit dans ses directives à l’attention de Spencer, ce dernier en valait la peine. Leland avait aimé écrire ce message. Le choix des mots avait été difficile mais le résultat était au-delà de ses espérances. Détourner ces termes et cet humour qu’ils avaient tant aimés avait été un pur bonheur, un avant goût de ce qui les attendait. Pour le moment le docteur Reid ne voit certainement pas les choses avec clarté mais bientôt il lui en sera reconnaissant.

Bien, puisqu’il n’a guère d’autres choix, il va devoir passer à l’action. Sous peu Spencer sera à lui, il n’y a aucun doute possible.

***


Aaron Hotchner s’approche du tableau d’affichage et punaise une nouvelle photo jaunie montrant un petit gamin blond de douze ans, la victime X, Spencer. Son geste se veut intimiste mais tous les regards sont tournés vers lui. Le silence alourdit encore plus l’ambiance lugubre qui règne en maître dans la salle. Hotch sait qu’ils sont tous acharnés dans leur recherches, mais parfois à vouloir avancer trop vite on a tendance à stagner, voire à reculer. D’autant qu’ils n’ont pas grand-chose à se mettre sous la dent. Hotch regarde le papier que les spécialiste du FBI viennent de lui faxer. Un espoir, enfin. Sans rien dire il baisse la luminosité de la pièce pour s’attirer, comme s’il ignorait que ce geste était inutile, l’attention de tous. Une image apparaît sur le mur prévu à cet office.

-Nos spécialistes ont enfin fini de reconstituer le papier trouvé par Derek. Certaines lettres étaient illisibles, trop endommagées, et ont été remplacées par les parties en bleu. Ce sont des propositions et non des certitudes. Tout avis est le bien venu.

Te soUViens-tu du filS de Marcus?
EnseMble, nous avons eu toUT le temps nécessaire pour trouver comment te FAire PlaIsir. C’est maintenant à tOn tour de patientER dans l’inconfort ; mais tu N’auras Pas l’espérance. ME voici eNfin dans la troiSIème forme qui appoRTe l’AccoMplissement. Regarde, le temps se gâtE Et il me serait aiSE de créer DeS vacancES sur ton bateau, alors reviens vite sur ma TeRre. Oublie que tu étais PAUvRe et rejoiNS-moi. Quitte tout, sauF Les anneaux pOur parer ton habit De Fiancé. BieNtôt nos Noces. Il me taRDe tant


Ce qui devait apporter la lumière sur le pourquoi du comment, plonge l’équipe dans l’expectative. Une évidence pourtant. L’auteur de la missive connaît très bien Spencer, assez pour partager avec lui un langage qu’eux seuls comprennent… malheureusement. Cela ne fait que conforter les soupçons sur le professeur Leland.

Dès la disparition de Spencer, l’équipe a tenté d’établir le portrait du sujet en ajoutant une donnée nouvelle mais fondamentale, son passé commun avec Reid. Evidemment Jennifer a de suite pensé au vieux professeur qui par le plus grand des hasards avait enseigné en terminal alors que justement Reid avait douze ans. De premier abord, elle avait écarté ses soupçons du vieil homme car celui-ci était avec un groupe d’étudiants au moment de la disparition. Elle se souvenait parfaitement l’avoir croisé en s’éloignant pour téléphoner. Comment aurait-il convaincu Reid de partir avec lui, s’il n’était pas là pour exercer une quelconque pression ? Puis JJ s’était souvenue de la crainte de Spencer. Il avait peur pour elle, pour Jennifer. La présence de Leland à ses côtés prenait alors un tout autre sens, celui de la contrainte, celui de la menace. Hotch, Morgan et même Prentiss venue à la rescousse, avaient tenté de trouver le professeur mais, à son tour, celui-ci avait disparu. Les profilers attendaient avec impatience la reconstitution de la missive pour savoir ce qui avait précisément été demandé à Spencer. Une longue attente d’espérances, aboutissant en cet instant à la déception.

***


Dernière édition par l'enfanteuse le Mer 11 Juin 2008 - 14:01, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Un écho du passé   Lun 2 Juin 2008 - 0:53

-Spencer ?
-…
-Je suis bien plus pour toi qu’un professeur de ton enfance, n’est-ce pas ?
-Non professeur, vous n’étiez rien de plus et maintenant vous n’êtes rien d’autre qu’un tueur, un psychopathe qui mérite de finir ses jours derrières les barreaux.
-Tu comptes me profiler Spencer ?
-Je le pourrais assurément, mais je ne le veux pas.
-Pourquoi ?
-Parce que vous ne méritez pas mon attention. Je vous ai tourné le dos il y a douze ans de cela et les choses ne seront pas différentes maintenant.

Leland est saisi par l’assurance de Spencer. En cet instant il est un homme, à n’en pas douter. Un homme mais bien plus encore, un profiler, un flic du FBI ! Leland sent monter sa fierté et proportionnellement son désir de le soumettre en est décuplé.

-Spencer, je ne veux pas te nuire bien au contraire. Je t’aime et je ne souhaite rien de plus que d’être pour toi le père que tu n’as pas connu. Je veux que tu me laisses t’aimer et te conduire vers cette relation qui nous manque tant à tout les deux. Accepte Spencer, accepte de me nommer comme le ferait un enfant et jamais plus tu ne souffriras.
-Non, c’est impossible. Quoique vous fassiez, vous n’obtiendrez pas cela de moi.
-Quoique je fasse vraiment ? Sais-tu ce qui effraie le plus les gens comme toi ? Certainement pas la souffrance. Tu n’as que faire de ton apparence physique et tu te ficherais pas mal de hurler si cela te soulageait… Non, ce qui tétanise de peur les petits génies de ton espèce, c’est de devenir de simples humains. Maintenant dis-le moi avant qu’il ne soit trop tard. Dis-le !

Reid sent monter une nausée. « Petits génies de ton espèce », les mots avaient été littéralement crachés avec haine. Spencer ignore ce qui se cache sous ce langage sibyllin, mais l’animosité et l’agressivité latente y sourdent comme d’une plaie béante, déclenchant une vraie inquiétude. Ce que Leland attend de Reid lui a été clairement énoncé dans la missive, mais à aucun moment Spencer n’aurait envisagé se laisser posséder dans ce type de relation. Le nommer Père ? Non, cela était au-dessus de ses forces.
Leland ne dit rien de plus, laisse passer quelques minutes de silence puis referme la cloison de séparation et les quelques centimètres qui le liaient à Reid. Spencer entend le moteur se mettre en branle mais la voiture reste fixe. Soudain une lassitude l’envahi et il comprend. Une sourde céphalée s’installe, martelant doucement puis avec de plus en plus de vigueur son cerveau déjà paniqué. Evidemment, comment a-t-il pu se croire plus fort que son vieux mentor ?
-Alors Spencer que penses-tu de mon petit stratagème ?
Reid ne dit rien. Une réelle panique l’a envahi. Le vieux professeur avait raison. Rien ne peut l’effrayer davantage que la crainte de finir ses jours dans un état végétatif et dépendant. Finalement l’apocalypse de Raphaël et de ses deux autres tiers, n’était rien comparée à ce qui l’attend ! A commencer par une nausée terrible que Spencer réprime malgré la douleur qui s’amplifie. Le monoxyde de carbone est inodore mais ce n’est pas le cas des autres gaz qui s’y mêlent et brûlent ses yeux et son palais comme de l’acide. Des larmes coulent sur ses joues, tentant vainement de faire disparaître l’irritation.

-Dis-le moi Spencer, dépêche-toi avant qu’il ne soit trop tard !
Le docteur Reid balbutie un incompréhensible « Non » avant de sombrer dans une perte de conscience à la fois salvatrice et source de toutes les terreurs. Dans quel état sera-t-il lorsqu’il en émergera ? Car à ne pas douter, le bourreau ne se contentera pas d’un seul essai…
Tout en perdant conscience, Spencer sait parfaitement qu’il aura droit à d’autres séances d’inhalation de CO, et qu’à chacune d’elle, ses chances de retrouver ses capacités cognitives s’amenuiseront.


***


Pour la centième fois, Gideon examine la missive laissée par Reid à leur attention. Comme tous les autres membres de la BAU, il explore et décortique les moindres millimètres de papier, en exploitant son propre regard sur le sujet et la victime. Le texte est hermétique à toute traduction simple. La reconstitution est approximative et le sens des phrases est terriblement sibyllin.

Garcia a déjà rentré dans sa base de données les termes, indications et tout ce qui pourraient faire ressortir de vieux indices oubliés. Malheureusement, en matière de langage et de références, aucune base de données ne vaut le cerveau du docteur Spencer Reid. Dieu, comme il manque, le gamin, dans ce genre de circonstances !

-Qui est ce Marcus ?
Prentiss est la première à lancer le débat. Hotch, Morgan et Gideon y répondent aussitôt en un jeu habituel de questions/réponses. Seule JJ se tient en retrait, travaillant davantage avec la police locale pour retracer le parcours du professeur Leland depuis son installation dans l’Oregon.

-Il n’y a aucun Marcus parmi ses victimes. Peut-être un personnage commun à leur passé.
-On parle ici davantage du fils de Marcus. Garcia qu'en est-il des parents des victimes ?

L’informaticienne est en duplex depuis ses quartiers où elle officie avec ardeur, pianotant en même temps sur plusieurs claviers, faisant travailler de nombreux moteurs de recherche, certains légaux, d’autres… beaucoup moins.
-Rien du côté des victimes. RAS également sur les enfants ayant été en terminal avec Spencer. J’élargis la recherche sur tous les protagonistes apparaissant dans l’affaire mais ce sera long.
-Bon, ensemble sous-entend quand même qu’il s’agit d’un travail commun. C’est étonnant car un complice n’entre absolument pas dans le profil du professeur Leland.
-C’est peut-être un code ou une référence. Un rappel à un évènement que seul Reid peut comprendre. En tout cas te faire plaisir paraît plus de l’ordre de la menace.
-D’autant qu’il insiste sur la notion de temps et d’attente. La menace semble être proportionnelle à cette longue attente, que nous pouvons deviner être de douze ans. Encore ce nombre maudit.
-Spencer n’avait rien trouvé là-dessus ?
-Non, rien de plus, mais maintenant que nous avons le nom du sujet nous pouvons chercher de façon plus précise.
-C’est déjà en route !
-Merci Garcia. Est-ce que quelqu’un a une idée sur ce que signifie la troisième forme ?
Les visages se figent, chacun cherchant dans le regard de l’autre la solution qu’il n’a pas. Hotch reprend la parole en se levant, montrant clairement qu’il est plus que temps d’agir.
-Prentiss, travaille avec Garcia sur ce texte, essaye de trouver une relation avec le passé de Reid et celui de Leland.
-Ok Hotch!
-Morgan, tu viens avec moi, on va fouiller chez Leland. Il y a surement quelque chose qui est passé entre les mailles de la police locale.
Gideon s’est également levé. D’un pas assuré il s’installe devant les dossiers classés sans suite.

-Je reste ici. Il y a là de quoi s’imprégner de Leland. Nous avons douze jours pour retrouver Spencer. Il nous faut trouver où et comment Leland compte achever sa tâche. Ce matin Spencer a dit à un policier que nous étions exactement là où il voulait que nous soyons. Qu’il était le maître du jeu. Nous devons maintenant en comprendre les règles. Nous avons été manipulés pour conduire Spencer entre les mains de Leland. Il savait précisément comment nous allions réagir. Pas seulement Reid, mais chacun de nous. Quand un psychopathe arrive en bout de quête, soit il tue l’objet de sa fascination, soit il se tue. Après une telle attente, Leland ne peut achever sa tâche que par une fin commune, se liant avec Spencer dans la mort. Il aurait certainement pu enlever Spencer n’importe où. Pourquoi ici, pourquoi nous avoir fait pénétrer son jeu ? Il veut finir en beauté. Je suis certain qu’il nous fera parvenir des indices. Il y en a peut-être déjà.


****************************************


Etes-vous de bons profilers ? A vous de décrypter le message donné par Leland au docteur Spencer Reid. Vous avez des éléments de réponses que Gideon et sa team ne connaissent pas.
Epatez-moi !

http://www.youtube.com/watch?v=AaOeTqXRBVc


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MessageSujet: Re: Un écho du passé   Lun 2 Juin 2008 - 1:27

coool! merci de nous faire participer! allez je m'y colle! je vais voir cette video! cheers

Edit: je réflichirai demain parce que là, mon esprit est trop fatigué! sourit2
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l'enfanteuse
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MessageSujet: Re: Un écho du passé   Lun 2 Juin 2008 - 21:40

nano a écrit:
coool! merci de nous faire participer! allez je m'y colle! je vais voir cette video! cheers
la vidéo c'est juste pour la musique de Bob Dylan ^^
Mais bon, pour ce qui est de la missive, si vous arrivez à la décortiquer, chapeau bas! applaud
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MessageSujet: Re: Un écho du passé   Lun 2 Juin 2008 - 22:34

la seule chose que j'ai trouvé c'est que le fils de marcus est Lépide....

mais apres je ne vais nul part

petite question: est ce que les lettres en bleues ont une importance ou non?
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l'enfanteuse
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MessageSujet: Re: Un écho du passé   Mar 3 Juin 2008 - 9:27

phenix999 a écrit:
la seule chose que j'ai trouvé c'est que le fils de marcus est Lépide....

mais apres je ne vais nul part

petite question: est ce que les lettres en bleues ont une importance ou non?
Un nouveau lecteur! merci2

top_1 juste pour la recherche mais...non!
-->Les lettres en bleu, ce sont les reconstitutions, des suppositions le plus souvent justes et évidantes (mais pas forcement) là où le papier avait été abimé.

Je vous donnerai bien un indice mais après, plus de suspens lol bon, vous savez au moins que dans cette missive il menace JJ et demande à Reid de s'attacher...comment, à vous de trouver.
Je pense que dans le prochain chapitre je ne donnerai pas la solution, comme cela ça vous laisse du temps. siffle Après tout, j'ai douze jours pour torturer Spencer non? diablo
Bon, si vous craquez avant je vous donnerai la solution mais uniquement en MP!

PS: je bosse cette nuit, si elle est calme (j'en doute vu le temps orageux) je ferai un peu d'écriture... jouer le CO avec Reid, m'éclate! Hou la vilaine! sourit0 angel
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MessageSujet: Re: Un écho du passé   Mar 3 Juin 2008 - 11:27

je crois que tu vas etre la responsable de ma calvitie précoce! sourit0 sourit0
Mais je continue à chercher! :rahhnonnn:
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phenix999
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MessageSujet: Re: Un écho du passé   Mar 3 Juin 2008 - 17:22

il demande a reid de laisser tout son attirail en disant "laisse tout sauf les anneaux" ce qui symbolise les menottes donc c'est la qu'il lui demande de se menotter....c'est tout ce que j'ai trouvé pour l'instant sourit_vert
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MessageSujet: Re: Un écho du passé   Mar 3 Juin 2008 - 17:52

c'est ce je pensais mais maintenant je reste vraiment bloqué sur "marcus" et "les vacances sur ton bateau!" you_ouh
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l'enfanteuse
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MessageSujet: Re: Un écho du passé   Mar 3 Juin 2008 - 20:04

nano a écrit:
c'est ce je pensais
et vous avez presque raison! Evidemment cela fait partie des seuls mots non codés sourit0
les futuresprofilers qui ont encore bcp de taf pour y arriver!" a écrit:
je reste vraiment bloqué sur "marcus" et "les vacances sur ton bateau!"
Alors Marcus est le père de celui qui a "Ensemble" permit l'encodage! L'histoire du bateau est compliquée mais de tous, c'est peut-être le code le mieux imagé! you_ouh you_ouh
Par contre il y a des détails qui semblent vous avoir échapé... pas à nos amis qui eux ont remarqué tout de suite quelque chose de particulier (outre le language incompréhensible!).
Bon courage ^^
mouhahahaaaaa diablo Twisted Evil Twisted Evil
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MessageSujet: Re: Un écho du passé   Mar 3 Juin 2008 - 20:12

c'est bizarre mais plus tu nous donnes des indications et plus je suis dans le brouillard complet! sourit2
ceci dit je perd pas espoir nut je continue a chercher! je creuse cant_wait
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MessageSujet: Re: Un écho du passé   Mar 3 Juin 2008 - 20:31

nano a écrit:
c'est bizarre mais plus tu nous donnes des indications et plus je suis dans le brouillard complet! sourit2

Avec les bons éléments, tu trouves la solution en page 7 de google! les bons éléments c'est le fils de Marcus mais aussi et surtout un mot déterminant qui n'est pas dans la missive mais caché (en caractère gras) dans le chapitre lui-même!
Bon, je bosse dans... affraid une demie-heure! ouin veux pô! snif...
Bon courage à vous (et à moi^^)
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MessageSujet: Re: Un écho du passé   Mar 3 Juin 2008 - 21:50

Magnifique ! En voilà une fic comme je les adore ( du genre qui torture toute la nuit et dont on vient vérifier tous les jours l'avancement ^^) !
Avec une énigme en plus... de quoi titiller le profiler qui sommeille en nous !
Je suis hélas très loin de comprendre ce que comprend le Docteur Reid, mais j'ai cependant l'impression que la phrase "Regarde, le temps se gâte et il me serait aisé de créer des vacances sur ton bateau, alors reviens vite sur ma Terre." est la menace qui enjoint à notre pauvre petit docteur d'observer la proximité entre JJ et l'assassin. Le "bateau" serait l'équipe de Reid et "créer des vacances" reviendrait à en éliminer les membres Shocked ... Ainsi, le "reviens sur ma Terre" l'oblige à quitter l'équipe et ses membres et à regagner son état d'avant, lorsqu'il était encore "sur Terre", avec Leland...
Hm.... je ne sais pas si c'est ça, mais en tout cas, mon admiration est totale devant ton style d'écriture et tes idées ! merci1

Vivement la suite ! ^^
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MessageSujet: Re: Un écho du passé   Mer 4 Juin 2008 - 2:51

je sais pas si c'est ca mais Alecto a de bonnes idées! applaud
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MessageSujet: Re: Un écho du passé   Mer 4 Juin 2008 - 2:57

Alecto a écrit:
Magnifique ! En voilà une fic comme je les adore ( du genre qui torture toute la nuit et dont on vient vérifier tous les jours l'avancement ^^) !
Avec une énigme en plus... de quoi titiller le profiler qui sommeille en nous !
cant_wait suis toute chose là...
merci2
Citation :
j'ai cependant l'impression que la phrase "Regarde, le temps se gâte et il me serait aisé de créer des vacances sur ton bateau, alors reviens vite sur ma Terre." est la menace qui enjoint à notre pauvre petit docteur d'observer la proximité entre JJ et l'assassin. Le "bateau" serait l'équipe de Reid et "créer des vacances" reviendrait à en éliminer les membres Shocked ... Ainsi, le "reviens sur ma Terre" l'oblige à quitter l'équipe et ses membres et à regagner son état d'avant, lorsqu'il était encore "sur Terre", avec Leland...
^^
c'est pour cela que je disais c'est la plus imagée des définitions et la plus facile à trouver... Donc, même si tu 'as pas exactement les mots, l'idée est bonne. le bateau représente bien d'une certaine façon la team de gideon et JJ, quand aux vacances... bien raisonnée! Nous avons une profiler parmi nous lol
Avec ses raisonnements et le fameux mot caché dans le chapitre ^^ tu devrai trouver d'où me viennent ces mots et donc comment tout traduire de façon explicite.
Bon Travail
PS: le claier au taf est nulle et j'ai peu de temps donc sorry pour les fautes eventuelles! biz
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MessageSujet: Re: Un écho du passé   Ven 20 Juin 2008 - 12:56

la suite????? siffle faim1
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MessageSujet: Re: Un écho du passé   Ven 20 Juin 2008 - 16:22

a quand la suite?????????????????????????
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MessageSujet: Re: Un écho du passé   Dim 22 Juin 2008 - 22:37

Je ne vous oublie pas mais cette fin d'année scolaire (spectacle fin d'année sport, sortie avec l'ecole etc...) est ultra chargée et au taf, y'a du boulot+++ omg

Mais mon cerveau cogite... cogite...
je ne vous oublie pas, CM me manque! triste3
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MessageSujet: Re: Un écho du passé   Mar 8 Juil 2008 - 14:53

Une dédicace spéciale pour Alecto qui a "adorablement" accepté de remplacer mon habituelle bêtalectrice. Merci pour tes savoureux conseils top_1

Un chapitre surtout sur Reid mais le suivant vous apportera surement davantage de réponses sur la missive. indice: y'avais un indice dans le titre, je vous en donne un autre: dictionnaire! :pendu: diablo

Passons à la torture lecture!

Sur le chemin avec Charon


Chapitre six


Mama, take this badge off of me
I can't use it anymore.
It's gettin' dark, too dark for me to see
I feel like I'm knockin' on heaven's door.
Knock, knock, knockin' on heaven's door
Knock, knock, knockin' on heaven's door


Reid ne sait plus depuis combien de temps il oscille ainsi entre plusieurs états. De rares moments de lucidité lui rappellent sa triste situation, mais la plupart du temps il erre dans un monde imaginaire peuplé d’êtres aussi sympathiques qu’un démon de Dean Koontz ou de Stefen King… de douces peluches, en comparaison au monstre humain qui lui susurre des mots doux à l’oreille.

- Tends-moi ta main Spencer. Allez viens mon enfant.

Les mots sont réconfortants dans la tourmente physique et psychique qui l’engouffre inlassablement vers son pire cauchemar. A chaque nouvelle perte de connaissance, le docteur Reid sait qu’il s’approche du point de non retour qui signera son arrêt de mort… dans le meilleur des cas ! La peur du handicap intellectuel le submerge avec tant de violence qu’il en vient à espérer une fin plus définitive. Cette simple pensée le renvoie inexorablement à un souvenir proche et douloureux où le laisser-aller avait été sa seule bouée de secours. Le laisser-aller… et la drogue qui en s’instillant dans ses veines, y avait crée un enclos de béatitude. Spencer aimerait tant y retourner. « Ce n’est pas de ta faute » avait dit Gideon. Oui, bien… s’il le dit. N’empêche…
Les pensées de Reid se formulent de façons de plus en plus légères et enfantines. Il n’arrive plus à verbaliser correctement ce qui lui vient à l’esprit. Son côté scientifique lui annonce que cela est dû au monoxyde de carbone qui perturbe méchamment ses connections synaptiques et empêche son cerveau de fonctionner correctement. Mais son côté hypochondriaque et hyper fragile d’humain en manque terrible d’assurance, se délecte en imaginant la déliquescence prochaine de son magnifique potentiel intellectuel et de sa remarquable mémoire.
Spencer voudrait que cela cesse, voudrait que cela se termine vite, mais à chaque fois qu’il perd connaissance, il voit dans un dernier brouillard la main de Leland qui approche un masque à oxygène. Alors qu’il se laisse aller vers un évanouissement salvateur, il sait que le réveil est proche et sera de plus en plus douloureux ! Cette pensée l’obsède alors que les derniers mots de Leland se greffent dans son esprit « mon enfant ».


La nuit l’enveloppe de son épaisse noirceur. « Epaisse noirceur », Spencer pensait que c’était une tournure linguistique, une jolie phrase pour écrivain. Mais il n’en est rien. Plus il avance et plus le noir l’enlace et ralentit sa démarche. Pourtant il lui faut avancer. Il ignore ce qui l’attend au bout de cette pénible marche mais il doit y aller, cela il en a la certitude ! Au loin une voix l’attire. Une voix masculine qu’il n’a pas entendue depuis son enfance. Spencer lève la main pour essuyer une larme qui coule sur sa joue mais son mouvement est impossible. La nébuleuse noire envahit absolument tout, jusqu’à sa cavité buccale. L’asphyxie le gagne et avec elle la panique. Soudain ses bras reprennent leur autonomie et commence à brasser l’air autour de lui. La nébuleuse a entièrement disparue à l’intérieur du docteur Reid. Ses larmes deviennent aussi noires que ses idées. Puis tout disparaît.


Spencer Reid, l’agent du FBI est allongé à l’arrière de la Dodge. Malgré un masque qui lui procure un fort pourcentage d’oxygène, les odeurs de son environnement bousculent ses sens. Les émanations de la fumée évidemment, mais aussi celle de la sueur, de la peur à l’état pur, et de toutes sortes de résidus organiques en provenance de son corps meurtri. Un corps devenu un ennemi qui depuis peu, a repris son indépendance. Cet état de faiblesse extrême, associé au dégoût qu’il s’inspire en cet instant de souffrance, achève de briser sa résistance.
Lorsque la main de Leland se pose sur son masque, au travers d’un voile de larme Spencer ne distingue qu’une apparition fantomatique semblant vouloir se lover en lui. Une boule se noue dans son estomac avec tant d’acharnement qu’elle attire à elle toutes matières et toute vie. Spencer à la sensation de se consumer de l’intérieur, comme un trou noir qui ne tardera pas à restituer toute son énergie en une effroyable implosion. L’appréhension dépasse tout ce qu’elle avait été auparavant. Une agitation incroyable, compte tenue de sa faiblesse, l’envahit. Il secoue la tête de droite à gauche, comme pour éjecter l’ombre qui telle une sangsue s’accroche à lui et lui vole non son sang mais son oxygène. La lutte est perdue d’avance. Spencer se sent redevenir l’enfant qu’il était, absolument incapable de maîtriser un corps aux allures de « Marfan », un pantin désarticulé guidé par les actes raisonnés d’un esprit devenu adulte avant l’heure. En cet instant Reid veut fuir cette responsabilité qui l’assaille depuis si longtemps.
Alors que l’oxygène s’éloigne de ses voies respiratoires et que l’ombre noire s’approche davantage de lui, Spencer ne peut s’empêcher de lever la tête vers la silhouette. Dans ses fantasmes et ses rêves qui s’entremêlent, il aimerait que cet homme soit celui qu’il attend depuis son enfance. Celui qui se cache de l’autre côté de la nébuleuse. Un être qui fait vibrer son âme avec autant d’amour que de haine. Deux sentiments tout aussi niés et refoulés l’un que l’autre. Deux sentiments qui finalement ne sont pas si éloignés qu’il y paraît ; surtout alors que la vie vous échappe. La tête du docteur Reid repose inerte sur le sol encrassé du véhicule. Tout son corps semble attendre passivement. Seuls ses yeux tournés vers la silhouette implorent un geste d’amour.

-Tue-moi !

L’homme ne répond pas. Il passe ses doigts dans la chevelure de Spencer puis s’éloigne doucement, devenant une trouble silhouette. Leland retourne dans son compartiment sécurisé, laissant Spencer seul face à son calvaire. Reid croit voir les effluves de la mort danser autour de la forme qui s’estompe sous leurs drapés. La fumée semble prendre vie dans le délire de Reid. La forme disparaît pour être remplacée par son absence et le terrible sentiment d’abandon qui s’y associe. Pris de désespoir, Spencer se met à hurler. Mais ce qui devait être un cri n’est qu’un simple murmure entre deux spasmes.

-Non, ne m’abandonne pas. Pas encore… Papa !

Aussitôt la fraîcheur et les lumières tamisées de la nuit envahissent l’habitacle du véhicule. Leland a coupé le moteur et ouvert la lunette arrière du 4X4. L’air, avec son contingent d’oxygène, reprend ses droits dans les poumons et la circulation sanguine de l’agent. Spencer n’a que peu conscience de la situation. Tout juste perçoit-il le latex du masque que son vieux mentor lui accroche sur le visage.

-Voilà, avec ça, tu iras rapidement beaucoup mieux.

Leland prend Spencer dans ses bras, défait la paire de menottes qui entravait sa liberté puis colle son visage contre celui de l’agent.

-Je t’aime spencer. Douze ans… l’attente a été longue mais elle m’a permis de comprendre combien mon amour pour toi était pur.

Spencer éclate alors en sanglot, comme un petit enfant, laissant sa tête tomber sur les genoux de son persécuteur. Le sommeil l’accueille et pour la première fois depuis que cette longue journée a débuté, Spencer sait que son repos ne sera pas interrompu par la douleur… du moins pas trop vite. Le sommeil le gagne et il s’y plonge avec plaisir. Leland regarde son petit protégé s’endormir d’épuisement. Délicatement il pose un baiser sur son front, repousse une mèche rebelle puis approche ses lèvres et glisse une parole comme une prière.

-Dors mon petit. Je te sens vidé, mais tu ne l’es pas encore assez. Lorsque j’en aurai fini avec toi, tu ne seras plus qu’un réceptacle pour mon amour. Dors mon petit !


***



La nuit est tombée sur la grande rue de Baker City. Les quatre horloges de la tour qui domine le Geiser Grand Hotel indiquent déjà 2H12. La ville est endormie, seules quelques fenêtres de l’hôtel illuminent la grande avenue. De l’autre côté des vitres et drapeaux aux couleurs de l’Amérique, se trouvent les chambres occupées par les agents du FBI, où chacun à sa façon revit la journée passée, imaginant ce qu’elle aurait pu être et ce que sera la journée du lendemain…

Gideon leur a pourtant demandé de dormir, de trouver un peu de repos de corps et d’esprit avant d’attaquer avec énergie le 2 juin… et peut-être les dix jours à venir ! Qu’importe les ordres, il leur est impossible de dormir alors que leur ami est la victime d’un tueur en série.

Dans une chambre un peu en retrait, Emily Prentiss fait les cent pas. Dernière arrivée, elle se sent parfois un peu à l’écart. Elle était d’ailleurs assignée à la paperasse lorsque Reid et JJ se sont retrouvés « au front ». Est-ce qu’elle aurait pu voir venir le danger ? Aurait-elle agit différemment de JJ ? Ces questions ne cessent de tourner dans sa tête, les réponses aussi. Le comble étant qu’à chaque réponse s’associe une conséquence fort désagréable.
Qu’aurait-elle fait de plus ? Rien assurément. Cette situation dramatique s’était déjà produite précédemment… et Emily s’était sentie rejetée. D’abord par JJ qui la trouvait trop « insensible », trop « endurcie », puis par Reid bien plus tard. Quitte à ce que l’histoire se répète, Prentiss aimerait qu’elle soit identique…surtout dans sa fin ! Emily aime croire que la vie peut parfois être aussi simple. On ferme les yeux, on imagine le monde et celui-ci se façonne selon notre bon vouloir. Une manière pour elle de s’évader et de se dire que demain peut être mieux. Mais en éteignant la lumière et en fermant les yeux, Emily imagine Reid enfant. Un gamin bien loin des maisons de diplomate qui furent son lot quotidien… rien d’étonnant à ce que Spencer donne envie d’être aimer. Tout en lui, de ce qu’il est et de ce qu’il fut, tend à éveiller la tendresse, même chez les plus endurcies…
Même chez les pires psychopathes !

De son côté Morgan n’est pas plus serein. Tout comme Emily, il s’en veut, se reprochant de n’avoir pas plus tôt fait le rapprochement. Lui qui habituellement taquine Reid dès les premières minutes d’enquête sur sa ressemblance avec le sujet : son côté maniaque, son asociabilité plus ou moins latente, son intelligence au service du crime… Si seulement il avait joué cette carte de l’humour, ils auraient tous tilté dès la première boutade ! A quelques heures près, ils auraient pu comprendre, anticiper et éviter d’apporter Reid sur un plateau d’argent à son bourreau !

Leland… Morgan sent monter en lui une haine qu’il croyait d’un autre temps. Derek se souvient de celui qui avait été pour lui un mentor, de l’homme à qui il vouait une confiance sans limite avant d’être trahi. Mais Derek n’avait pas été brisé. Il avait su résister. Pourvu qu’il en soit de même pour Spencer !

-Tiens le coup mon grand ! Je te retrouverai.

L’agent spécial Morgan verbalise sa promesse avec une hargne qui traverse la cloison trop fine du vieil hôtel. Quelques centimètres au-delà du lit sur lequel il tourne et se retourne, se trouve la chambre de Gideon. Celui-ci n’entend rien d’autre qu’un bourdonnement fortement atténué par des boules en cire naturelle.
Survivre dans une équipe d’agents enquêtant sur les pires crapules des Etats-Unis d’Amérique nécessite quelques impératifs de vie auxquels il ne faut jamais déroger : respirer, manger, dormir. Cela peut paraître une évidence mais il n’en est rien.

Dormir… Aaron tire doucement le rideau qui le sépare du monde extérieur. Son regard se porte sur le ciel à peine éclairé par une petite lune anémique. Il lui avait fallu beaucoup de patience, de tendresse et l’aide d’une bonne dose d’anxiolytique pour calmer Jennifer et l’amener au sommeil. Aaron regarde une photo froissée par une vie trop vagabonde. Sa femme et son fils y sourient de bon cœur. Comment prendre soin de son équipe et être présent pour eux, alors qu’il n’arrive pas à l’être pour sa famille ? Hotch laisse l’image lui échapper des mains… quelle est sa vraie famille ? La question est là finalement. Celle qu’il chérit tendrement mais qu’il éloigne chaque jour davantage de son quotidien trop noir, trop… personnel ? Ou celle qui partage avec lui ses joies mais aussi ses peines, ouvertement, simplement…sincèrement ?


***


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MessageSujet: Re: Un écho du passé   Mar 8 Juil 2008 - 14:53

2 juin
Quelque part…

Etrange sensation. Celle d’un corps en apesanteur, léger mais coincé, cloîtré dans un environnement restreint. Un petit goût de Paradis dans un avant poste de l’Enfer ?

Avant même d’ouvrir les yeux ou de s’ouvrir tout simplement au présent, le docteur Spencer Reid commence par s’auto-analyser. Tel un logiciel de Pénélope Garcia, l’agent commence une minutieuse et méthodique étude de son intégrité.
Première certitude, son corps est totalement immergé dans un liquide, probablement de l’eau. De cette constatation découle une interrogation stressante... peut-il sortir de cette eau et respirer ? … et une conclusion, comme une urgence… quelque soit la réponse à ces doutes, il est grand temps de quitter son apnée interrogative !

Comme un diablotin sortant de sa boîte, la tête de Spencer émerge hors de l’eau. Une inspiration profonde soulage ses poumons meurtris par la fumée inhalée précédemment. Sans oser davantage ouvrir ses yeux sur ce qu’il devine être sa nouvelle prison, Spencer tente de profiter des rares sensations de bien-être qu’il perçoit… l’air frais, propulsé par un climatiseur dont le ronron discret rythme un silence étrangement rassurant et le parfum doux, légèrement piquant d’un agrume tout juste épluché. Une odeur qui navigue quelque part entre l’orange, le pamplemousse et la tomate verte.

Lentement, sans bousculer ses sens qu’il sait être fragiles, Spencer entrouvre les yeux. La luminosité ambiante est importante, presque violente dans sa blancheur aseptisée. Reid est assis dans une baignoire tout juste assez grande pour qu’il s’y allonge, les jambes repliées sur lui, tel un embryon dans sa gangue de liquide amniotique. Une nouvelle naissance ? La symbolique est flagrante, autant que sa nudité exacerbée par une peau hérissée de chair de poule. Reid n’ose pas porter trop loin son regard. Moins il en voit, plus il espère rester dans l’ignorance de ce qui l’attend. Cette attitude visant à nier la réalité est loin d’être la plus professionnelle, mais qu’importe. Si le docteur Reid, spécialiste en pas mal de choses et plus spécifiquement en comportement humain, a conscience de la stupidité de son attitude, Spencer l’enfant, lui, veut croire en la pensée magique, celle qui dit que ce qu’il ne voit pas n’existe pas ! Ha si seulement !


***



Après tant d’années à imaginer cet instant, il avait craint d’être déçu. Pourtant tout avait été parfait, dans les moindres détails, jusque dans sa rencontre fortuite devant l’école. Leland se remémore leur première année ensemble. C’était il y a douze ans exactement.

Douze… la date anniversaire était capitale pour le vieux professeur mais ce n’était qu’en découvrant Spencer qu’il avait réalisé l’importance de ce nombre. Spencer avait douze ans, l’intelligence et le raisonnement d’un adulte, mais une maturité affective proche du néant. Lorsque Leland avait lu le dossier de l’enfant Reid qui allait intégrer sa classe de terminale, auprès d’adolescents turbulents, insolents et n'ayant aucun état d’âme, il avait cru au sempiternel petit génie de la classe. Ha quelle erreur !

Quand Spencer était entré, traînant la patte, non par crainte, mais parce qu’il avait le nez coincé entre deux pages d’un vieil ouvrage poussiéreux, Leland avait su que cet enfant était différent. Et quand enfin Spencer avait daigné lever la tête et regarder son professeur, celui-ci avait manqué un battement de cœur. C’était lui l’enfant tant désiré, celui qu’il n’avait pas eu… ou si peu de temps.
Rapidement une complicité née d’une affinité commune pour la lecture, en particulier moyenâgeuse, les avait amenés à se retrouver régulièrement à la bibliothèque de l’école. Madame Reid était totalement absente et Spencer évitait toute discussion sur sa famille. Il aimait profondément sa mère, cela était évident, mais il avait scindé sa vie en deux. D’un côté sa famille qui se limitait à une mère malade et à un père disparu dans la nature. D’un autre côté une vie sociale et scolaire truffée de non-dits et de faux semblants. Depuis longtemps Spencer était devenu le chef de famille par défaut, gérant l’administratif comme un adulte. Un pied dans un monde réel, mais cruel et sans pitié, l’autre dans un univers d’amour, où l’imaginaire et la fantaisie régnaient en maîtres. A sa façon, le jeune Spencer Reid vivait dans une dualité proche d’une schizophrénie induite par sa délicate situation. Sauf que…
Du haut de ses douze petites années, Spencer se demandait déjà quelle était la part de l’induit et celle de la génétique. Une épée de Damoclès qu’il fallait gérer comme tout le reste ! Vivre avec, vivre sans, tel était le quotidien de Spencer Reid. Un quotidien dans lequel le professeur Leland avait osé insinuer.
Les premières semaines avaient été difficiles car Spencer ne se laissait pas approcher, au sens propre comme au sens figuré. Il rendait des devoirs toujours impeccables, bien au-delà des espérances de son professeur. C’était un bon élève, excellent même, mais il gardait toujours une distance, comme un cocon de sécurité, entre lui et le monde extérieur. Pourtant un jour, le professeur avait enfin eu l’occasion de garder Spencer rien que pour lui.

Au sortir d’un examen important, l’un de ses étudiants avait discrètement arrachée la copie des mains de Spencer pour la froisser, la déchirer puis la jeter dans la poubelle. C’était une blague malheureusement fort fréquente, les élèves pariant sur la capacité du jeune Reid à rebondir et à rendre en un temps record un devoir lui octroyant malgré tout un maximum de points. Ce petit jeu d’imbéciles était connu des professeurs mais à dire vraie, ceux-ci étaient sans aucun doute tout aussi crétins que leurs élèves ! Leland n’avait pas plus que les autres réagit, mais ses motivations différaient légèrement. Comme ses élèves, il aimait voir comment Reid se sortait de toutes ces situations laborieuses, mais plus que tout il aimait le voir ainsi mis au banc de la société, de sa classe et de tous les adultes pouvant faire office d’autorité. Il voulait s’assurer la pleine et entière gestion de ce rôle lorsque le moment serait venu. En l’occurrence ce soir-là fut le meilleur moment…et jusqu’à présent le meilleur souvenir du vieux professeur.
La sonnerie marquant la fin des cours avait retenti peu après le rapt du fameux devoir et toute la classe, excepté Spencer, avait rendu sa copie avant de s’éclipser en riant. L’enfant n’avait pas osé se lever, cherchant comment se sortir de ce guêpier. Mais Leland avait simplement posé un chronomètre sur la page blanche de Reid.

-Je te donne exactement quinze minutes.

Spencer l’avait alors gratifié d’un magnifique sourire. C’était bien la première fois qu’il voyait ce gamin heureux. Un quart d’heure, ce n’était pas du luxe, ni de la charité pour un devoir qui devait prendre au moins deux heures ! Spencer n’aurait jamais accepté d’être favorisé mais ces quinze malheureuses minutes lui offrait à la fois un salut et un défi à relever pour narguer la dizaine de paires d’yeux qui était agglutinée à la fenêtre de la classe. Ces minutes furent comme les préliminaires d’une union. Leland passait et repassait derrière spencer, s’approchant mine de rien, et posant parfois une main sur son épaule. Le jeune garçon, totalement absorbé par sa tâche, ne s’en offusquait pas, laissant le professeur grappiller lentement quelques millimètres d’intimité. A la fin du temps imparti, Spencer avait tendu son devoir, très fier de lui. Leland l’avait pris avant de s’asseoir aux côtés de Reid pour le corriger aussitôt. Cela avait pris du temps…beaucoup de temps durant lequel Leland avait entamé une conversation anodine, de celle qui liait insidieusement les individus.
Lorsque Spencer Reid avait quitté l’école, il faisait nuit noire. Spencer ce soir-là s’était couché avec le sentiment agréable d’avoir trouvé un allié. Leland ne s’était pas endormi. L’excitation était à son comble et il n’avait aucune envie de la sentir retomber.

En regardant Spencer émerger hors de la baignoire, les cheveux ruisselant d’eau, Leland sent son excitation renaître avec autant d’intensité. Il prend le devoir tendrement conservé durant ces longues années et y glisse le nez pour inspirer profondément. Spencer…

-Spencer, lève-toi et habille-toi. Nous avons tant à faire et si peu de temps… Allez dépêche-toi !


http://www.youtube.com/watch?v=1GNearEuncU


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MessageSujet: un echo du passé   Mar 8 Juil 2008 - 17:02

magnifique
vite une suite ta fic est trop belle
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MessageSujet: Re: Un écho du passé   Dim 13 Juil 2008 - 13:14

mariecuche a écrit:
[...] ta fic est trop belle
Ce ne serait pas les mots que j'employerais pour qualifier ma fic mais je t'en remercie... blush
J'ai deux autres fics en attente mais je pense faire le chapitre suivant de celle-ci dans la semaine à venir.
@ bientôt alors...
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MessageSujet: Re: Un écho du passé   Mar 15 Juil 2008 - 16:08

vivement caar j'ai trop hate de savoir comment Reid va finir. En plus l'émotion que tu transmets en l'écrivant, on l'as ressens en la lisant.
Merci pour ca, flower , vivement la suite.
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MessageSujet: Re: Un écho du passé   Ven 18 Juil 2008 - 14:13

Bah, elle est où la suite!?!?!?!?!?!?
Ta fic est suberbement bien écrit, elle est géniale!!!! J'ai hate de lire la suite!!!!!! applaud
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MessageSujet: Re: Un écho du passé   Dim 14 Sep 2008 - 16:10

Slow train


Chapitre sept


Sometimes I feel so low-down and disgusted
Can't help but wonder what's happenin' to my companions,
Are they lost or are they found, have they counted the cost it'll take to bring down
All their earthly principles they're gonna have to abandon?
There's a slow, slow train comin' up around the bend.


Douze jours... voilà le décompte des jours restant à vivre à Spencer. Douze moins un pour être exact ! Une journée chargée d’anxiété pour son équipe, une journée chargée de douleur physique et psychique pour l’intéressé. Même Leland avait souffert durant cette interminable escapade. Une douleur qu’il avait appréciée au-delà de toutes les autres. Aucune de ses précédentes victimes n’avait su lui procurer une telle satisfaction. Peut-être parce que l’attente avait rendu les choses plus délectables ? Chaque respiration de Spencer, chaque râle avait été autant de moment de jouissance. Leland ferme les yeux pour se replonger dans ses souvenirs, si frais, si intenses… Surtout ne pas se perdre, s’éparpiller. Garder chaque sensation dans son intégralité et la faire sienne.

Le trajet en voiture avait été exactement celui rêvé par le vieux professeur. Il n’avait pas été difficile pour lui de deviner comment amener Spencer au bord d’une peur irraisonnée, de celle qui vous pousse à toutes les extrémités. Il connaissait sa proie mieux qu’elle-même.

Alors qu’il regarde Spencer se vêtir, Leland imagine ce qui se trame dans son esprit. Il connaît si bien son petit protégé qu’il pourrait pénétrer son cerveau et visualiser les connections neuronales filant aussi vite que la pensée de Reid, plus vite qu’il n’est humainement possible. Leland écarquille les yeux et imagine une représentation d’un cerveau Reidien… une imagine virtuelle qui lui semble si compacte, si concrète qu’elle en devient réelle. Instinctivement il tend la main pour la toucher et caresser la conscience de sa victime au plus près.
Ses doigts dansent dans le vide, mais Leland les voient accrocher de fins serpentins aux couleurs ocres ou écarlates, qui s’entrelacent suivant une logique complexe et immuable. Il sait ce que Spencer va tenter de faire. Les autres ont essayé aussi, enfin certains, les plus courageux, les plus téméraires, les plus savoureux aussi…


***


-Spencer, lève-toi et habille-toi. Nous avons tant à faire et si peu de temps… Allez dépêche-toi !

Sans trop se rendre compte de ses gestes, Spencer commence à enfiler le pantalon de coton blanc laissé à son attention au bord de la baignoire. Il se souvient des photos exposées sur le tableau d’Aaron. Des enfants arrachés à la vie par son bourreau, des proies exhibées avec arrogance. Chacune avait des particularités traduisant l’évolution des pratiques de Leland… des petits détails que Reid préfère reléguer dans une zone lointaine de son cerveau. Il sait que son équipe doit être plongée au cœur de ces photographies et y piocher les plus infimes renseignements, mais en ce qui le concerne et dans l’immédiat, Spencer préfère faire table rase. Il sera toujours temps d’y accéder lorsque le moment sera venu… le plus tard possible. Sur ce dernier point Spencer ne se fait aucune illusion, mais chaque chose en son temps. La peur de ce qui est à venir, ne peut que nuire à sa concentration et ses espoirs de fuite, aussi infimes ou futiles soient-ils !

Un fin cordon permet de nouer la toile autour de sa taille. La chose pourrait être aisée mais sa peau encore humide gène considérablement la tâche et la séance habillage semble durer une éternité. Leland en profite pour se délecter de la vision d’un Spencer devenu adulte mais ayant conservé une physionomie encore infantile. Une fois vêtu, Spencer laisse son regard couler autour de lui. Il s’imprègne de couleurs et d’émotions, captant chaque parcelle des images que lui renvoient ses yeux. Des murs blancs et carrelés, une pièce totalement aseptisée et minimaliste. Une baignoire, un lit métallique et ce qui pourrait être une table d’étude scolaire. Trois murs hauts sans aucune ouverture, un plafond à peine distinguable tant la luminosité le lie aux autres parois, et face à lui… Leland.

La première analyse que spencer Reid fait de la situation est plutôt glauque et morbide. La pièce ressemble à une petite morgue, juste assez grande pour loger un résident, juste assez grande pour lui. D’instinct, Reid tourne le dos à sa prison et se tourne face à Leland. Un moyen de fuir l’emprisonnement ou un moyen d’affronter son bourreau ?
La lumière qui éclaire sa « cage » est extrêmement forte, comme propulsée vers lui par un projecteur de théâtre ou de cinéma placé juste face à ce qui semble être la sortie. La sinistre silhouette de Leland se distingue sommairement dans l’intense luminosité. Tout en fronçant les yeux, comme si cela pouvait accélérer son accommodation visuelle, Spencer porte sa main à son front, telle une visière.

-Professeur ?
La forme se détache légèrement de la clarté, oscillant lentement de droite à gauche. Une attitude traduisant l’anxiété … ? … ou l’impatience ?!
-Dépêche-toi Spencer.

La voix est très proche, trop proche. Effrayante de douceur. Même si Spencer ne distingue pas nettement le visage de Leland, il en devine les traits. Celui-ci s’est tranquillement assis, attendant sans empressement le moment le plus favorable pour agir. A moins que cette mise en scène ne fasse déjà partie de son plan ? Le docteur Reid sait qu’il lui faut être extrêmement prudent, mais Spencer, l’enfant, ne veut pas laisser s’échapper la moindre opportunité. Sans vouloir analyser davantage, la réflexion risquerait de nuire à sa rapidité, Spencer fonce droit devant, espérant rencontrer physiquement son ancien professeur. Une fois de plus, il espère que l’effet de surprise compensera son inaptitude physique. N’en déplaise à Hotch, Reid n’imagine pas un instant être à la hauteur de ses collègues de ce côté-là. Qu’importe, il compense par son intelligence et sa vivacité d’esprit. Oui, sauf qu’en l’occurrence, cela lui est peu utile.

Spencer fonce tête devant tel un bélier, mais ce qu’il rencontre n’est ni de chair ni d’os, quoique le choc pourrait le laisser supposer. Leland sourit. Il savait que spencer agirait ainsi. La luminosité couplée à la blancheur excessive des parois est traître pour les sens. Evidemment, Leland s’en réjouit. Aux perturbations sensorielles qu’il obtient aisément, et dont il aime jouer, s’ajoute une illusion d’optique qui se déguste sans modération.

-Non, Spencer, pas de sortie, pas d’issue à ta prison de faïence, juste une lucarne pour mon plaisir personnelle.
La phrase se perd dans un fou-rire qui n’atteint pas sa victime. Reid est étalé de tout son long sur le sol également carrelé. Du sang coule généreusement sur son front, donnant artificiellement un peu de couleur à sa geôle. Face à lui, à hauteur de son visage, du moins s’il était resté debout, une petite tâche de sang dévoile une cloison totalement invisible. Un mur de plexiglas ou de verre sécurit, qu’importe, qui ouvre sa prison vers une liberté exposée mais inaccessible. Quelques gouttes de sang s’écoulent en dessinant des barreaux imaginaires. Le rire de Leland perdure, atteignant finalement son objectif, pénétrant l’esprit embrumé de Reid. Allongé sur le dos, il a bien du mal à émerger. Ses oreilles bourdonnent, sa tête résonne furieusement et son amour propre vient de disparaître. Paix à son âme !

Deux évidences.

La réflexion devra être dans l’anticipation… qu’aurais-je fait que je ne doit pas faire ? Comment surprendre Leland ?
Encore onze jours… la réflexion ne sera pas béatitude et contemplation. Si madame Reid trouve ses rares crises de dépersonnalisation extrêmement stressante, Spencer y trouverait bien une source de repos et de réconfort. Il y a urgence à maîtriser le no man’s land qui donne à l’esprit un corps !
Se fondre au plus profond de soi-même pour mieux se maîtriser… Pour mieux se détruire.

***
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