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Luce
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MessageSujet: Nouvelles   Sam 12 Nov 2011 - 1:52

Voici deux nouvelles que j'ai écris :






La Maison Bleue






    Le soleil descendait lentement vers l'océan. Il irradiait de lumière tout comme Madeleine irradiait de beauté. Chaque soir, au coucher de l'Astre Naissant, elle venait s'assoir sur la plage pour en admirer la splendeur et la clarté. Elle aimait la couleur orangée dont se teintait le ciel quand il disait au revoir à Phoebus. C'était là son petit rituel personnel … et personne n'avait jamais trouvé quoi que ce soit à y redire. Elle pouvait rester des heures, assise dans le sable chaud, brûlant sa culotte en dentelle, à admirer les vagues aller et venir sur la plage, surplombées de l'éclatante lumière du soleil fatigué. Lorsque le ciel prenait une teinte bleue nuit, et commençait à s'illuminer d'étoiles blanches, la jeune Madeleine cédait sa place à la pâle et lumineuse Cynthia.
    Cette soirée là, elle fit ce qu'elle avait toujours fait. Dans un premier temps, elle avait appuyé ses deux paumes blanches bien à plat sur le sol et s'y était appuyée. L'effort ainsi fourni lui permit alors de se mettre debout. Et elle retourna chez elle, nus pieds. Il était courant de voir la jeune Madeleine aller et venir de la plage vêtue d'une robe blanche, sans manches et s'arrêtant au niveau de ses genoux, mais aussi pieds nus, ses cheveux blonds et ondulés lâchés sur ses épaules, et secoués par le vent du soir. Elle habitait une rue qu'on nommait White Street, en raison de ses allées de maisons blanches, sans tâches, sans aucune imperfection. Mais au milieu de ces belles maisons immaculées, se dressait une plus petite mansarde de couleur bleue indigo, au toit de tuiles noires, et entourée d'un jardin de fleurs plus belles les unes que les autres. C'est là que vivait Madeleine.
    Personne ne lui adressait jamais la parole. On disait d'elle qu'elle était rêveuse. Certains faisaient un mauvais jeu de mots en disant qu'elle un peu trop fleur bleue, et on riait de leurs stupides plaisanteries, mais personne n'y trouvait le moindre humour. Elle fascinait par ses qualités. Personne ne la connaissait vraiment, alors on ne lui trouvait aucun défaut. Les femmes se montraient tantôt jalouses, tantôt admiratives. Les hommes, quant à eux, venaient l'observer ou parfois même, ils ne faisaient que l'ignorer.
    On ne l'entendit jamais parler. Il arriva qu'un chant mystique s'élève de sa petite maison, et on eut ainsi supposé qu'il s'agissait là de la voix de leur belle inconnue. Une voix douce, claire comme le cristal, un vrai diamant éclatant de perfection. Mais ce ne furent que des suppositions.
    Madeleine parcourut la rue, d'un pas léger et lent. Elle n'était visiblement pas pressée de rentrer chez elle.

    De la fenêtre de sa chambre, le jeune Lysandre l'observait tous les soirs. Il la regardait partir, puis revenir. Il n'avait que douze ans, mais on disait de lui qu'il était intelligent et mature. Étant le plus jeune d'une fratrie de trois frères, on pu supposer que peu d'espérances reposaient sur lui. Mais il faisait la fierté de sa famille par ses nombreux talents. Il dessinait comme personne, inventait des histoires passionnantes, écrivaient des poèmes de toute beauté, jouait la comédie tel un professionnel et chantait comme un ange … ce n'est là qu'un résumé des incroyables capacités de ce jeune enfant. Mais ces derniers temps, le garçon n'avait plus la tête à réfléchir. Son carnet de croquis était rempli de dessins de sa charmante voisine, tous marqués par le prénom de la jeune femme et la date à laquelle ce dessin avait été fait. Il ne voulait qu'une chose : que personne ne tombe sur ses nombreuses œuvres.
    Cette nuit là, il fut pris d'une étrange envie. Ses jambes avancèrent seules vers la porte d'entrée. Et, pendant que sa famille était profondément endormie, il pressa la poignée et laissa la porte se refermer dans un sinistre grincement dans son dos. Le vent était frais, mais doux, il caressa les joues du garçon avec tendresse, sans la moindre animosité. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'il vit Madeleine, la vraie Madeleine, immobile devant lui ! Elle le regardait de ses yeux bleus comme l'azur. Un sourire étira ses lèvres, et tandis que le vent se faisait plus fort, elle lui tendit une main amicale. Lysandre ne se méfia pas une seconde … il approcha d'elle et prit sa main, plein de confiance. Son regard se posa sur cette main pâle qui tenait la sienne avec tant de gentillesse et de douceur. Elle lui sembla irréelle, tout droit sortie d'un de ses propres rêves, de la plus belle composition de Beethoven, de la plus fascinante peinture de Monet ou même de la plus intéressante pièce de Shakespeare. Puis il leva la tête pour admirer son visage. Elle était aussi belle que d'habitude, peut-être même plus … Inconsciemment, il demanda « Êtes-vous un ange ? », mais la jeune femme resta silencieuse. Ses deux yeux brillaient d'un éclat divin, ils étaient comme deux perles, c'était incroyable ! Magique !
    Ils restèrent longuement à se regarder dans les yeux. Puis Madeleine se mit à genoux devant lui, tenant toujours très fort les deux petites mains du garçon dans les siennes. Sur ses cheveux, à cet instant précis, se reflétait la lumière des lampadaires qui éclairait White Street au plus noir de la nuit. Madeleine ne fit pas un geste pour le prévenir, mais lorsqu'elle s'avança vers lui, il n'eut pas peur. Pas une seconde. Elle ferma les yeux et avança son visage vers celui de l'enfant. Et tendrement, elle embrassa ses lèvres.
    Derrière ses paupières closes, Lysandre voyait défiler une foule d'images. Des images douces et belles … et aussi le visage de sa jeune voisine, vêtue de sa superbe robe blanche, et lui faisant signe derrière sa clôture, le tout en souriant doucement. Le contact se rompit, mais Lysandre n'ouvrit pas tout de suite les yeux. Il sentit la main délicate de la jeune femme effleurer son front puis passer dans ses cheveux. Et une voix dit alors, avec douceur et grâce :

    « On se reverra, petit homme. »

    Alors Lysandre ouvrit les yeux. Mais elle n'était plus là … Madeleine s'était évanouie dans les ténèbres de la nuit. Comme si elle n'avait jamais existé. L'enfant tourna la tête vers la maison bleue … mais quelle ne fut pas sa surprise quand il remarqua qu'elle n'était plus là ! Il n'y avait plus rien du tout : les fleurs, les arbres, les buissons s'étaient envolés. Et la petite mansarde avait tout bonnement disparu. Il n'y avait plus de trace des fondations, de la clôture de bois blanc ou de la jolie boîte aux lettres discrètement dissimulée dans un buisson bien vert … tout ça n'était plus et ne serait plus jamais. Le garçon s'en retourna seul chez lui et, en se mettant au lit, il se demanda si la belle inconnue n'était rien d'autre qu'un rêve. Mais lorsque ses paupières furent closes, l'enfant s'endormit.
    Il fit un rêve cette nuit là. Un rêve si réel qu'il sentait encore la chaleur du soleil sur sa peau, et le parfum des fleurs autour de lui. Ce fut tellement réel qu'il ne saurait dire si ça avait été vraiment un rêve. Tout ce qu'il pouvait en dire, c'est que Madeleine était là, plus belle que jamais, dans la même robe blanche qu'elle semblait tant aimer. Assise dans les hautes herbes, elle caressait les pétales d'une marguerite sans jamais les arracher. Ses cheveux d'or tombait en une cascade sur ses épaules, et la grâce de ses mouvements était telle qu'il en fut entièrement retourné. Elle ne parla guère, ni ne chantonna. En fait, elle se contenta de tourner la tête vers lui et de lui sourire avec gentillesse, puis elle se leva. Il la regarda s'éloigner vers la porte de la maison bleue, et elle lui fit signe de sa main droite avant de fermer la porte derrière elle.







Richard






    2 février 1488

    Miss Kingsley entra dans la chambre, portant une pîle de linges blancs propres et correctement pliés. La jeune Annabelle criait encore et encore tant la douleur était forte. Elle s'agrippa aux mains de deux jeunes femmes de chambre qui l'encourageait à aller jusqu'au bout. Elle avait longuement pensé, dans sa douleur fulgurante, qu'elle pouvait tout abandonner et ne pas donner naissance à l'enfant qu'elle portait depuis neuf longs mois. Mais ça n'était pas aussi simple que ça … Elle poussa quand la gouvernante, Mrs. Jenkins, lui demanda de le faire. Et quand le cri d'un bébé retentit, elle se sentit comme délivrée d'un poids. Autour d'elle, les dames de compagnie étaient toutes émerveillées par la scène, notamment Claudia, la plus jeune de toutes, qui assistaient à un accouchement pour la première fois de sa vie.
    Mrs. Jenkins réclama des linges et on en lui apporta. Elle se pressa d'emmailloter l'enfant dans un linge blanc immaculé qui lui donna l'air d'un petit ange sur un nuage. Le nourrisson pleurait à chaudes larmes d'avoir été tiré de son petit lit douillet. Il était si beau, si parfait que personne n'osa dire un mot avant que la gouvernante ne dépose l'enfant dans les bras de sa mère en annonçant, un sourire aux lèvres :

    « C'est un beau petit garçon. »

    Annabelle sentit son cœur se gonfler de joie lorsqu'elle sentit le frêle petit corps de son bébé être déposé dans ses bras. D'abord, elle se mit légèrement à trembler, tant elle était émue mais aussi effrayée : n'allait-elle pas lui faire de mal ? Serait-elle à la hauteur de son devoir de mère ? La voyant ainsi peu sure d'elle, Miss Kingsley – qui était déjà maman – s'approcha d'un pas léger vers la couche qu'occupait la jeune mère, elle s'assit sur le bord du lit et murmura d'une voix confiante :

    « Vous verrez, Miss Ann, cela viendra naturellement. »

    Elle écarta un peu le drap du visage du bébé pour dévoiler son regard teinté de bleu comme l'azur. Annabelle eut un soupir d'émerveillement lorsque son fils la regarda dans les yeux, calmement, sans pleurer une seule fois. Elle prit sa petite main dans la sienne avec le plus de précaution possible, puis elle caressa ses petits doigts potelés de ses lèvres roses et déposa un baiser sur le dos de sa main. L'enfant émit un petit rire satisfait qui arracha un sourire à la jeune femme. Elle apposa son front contre le sien, partageant la chaleur qu'elle pouvait lui donner. Annabelle s'autorisa à laisser une larme dévaler sa joue comme l'avalanche dévale le flanc de la montagne quand vient les temps froids de l'hiver …
    Miss Kingsley était restée près d'elle. Elle avait observé la scène avec grande attention, et elle souriait comme heureuse de partager ce moment de bonheur avec sa jeune et généreuse maîtresse. Puis elle glissa une main sous les langes de l'enfant et le reprit dans ses bras, le berçant légèrement. Ann eut le cœur brisé de devoir laisser son nourrisson à quelqu'un d'autre mais, elle savait qu'il le fallait. La domestique se leva et quitta la pièce avec le bébé tandis que les autres séchaient le corps de la jeune maman avec les linges restants. On attacha ses longs cheveux d'ébène en une queue de cheval à l'aide d'un simple morceau de tissu blanc découpé dans une vieille chemise. Elle s'adossa de nouveau contre les oreillers qui bordaient la tête de lit en chêne massif.
    C'est alors que Miss Kingsley réapparut, portant l'enfant habillé d'un habit blanc dont tous les enfants de la famille avaient hérité les uns après les autres. Elle s'approcha à nouveau du lit, dévoilant un peu le petit corps du nourrisson. En s'appuyant sur le matelas, elle déposa le bébé dans les bras de sa mère une nouvelle fois, et Ann se sentit pleine de bons sentiments, d'amour pour cet enfant. Il était un cadeau, il était une merveilles, le miracle qu'elle attendait depuis si longtemps, celui qui donnerait un sens à sa vie. En le voyant bailler à s'en décrocher la mâchoire et se blottir tout contre elle, Annabelle sentit son cœur se gonfler d'émotions, d'émerveillement. Il était si beau qu'elle se demandait comment elle avait pu créer une telle perfection, cela ne pouvait être possible ! Elle balança le corps de l'enfant doucement de gauche à droite en chantonnant une petite berceuse qu'elle avait appris dans son enfance.
    Claudia ne put retenir ses larmes. La scène lui parut incroyablement belle, poétique. Elle aurait aimé tenir le bébé dans ses bras elle aussi, mais n'étant pas mère, elle avait peur de ne pas avoir le gêne maternel dont hérite toutes les femmes. Quand on lui fit remarquer qu'elle pleurait, elle attrapa le bord de son tablier en tissu blanc et essuya le coin de son œil. Voilà … c'était terminé ! Le bébé était né, et maintenant qu'il était là, Claudia se sentait comme heureuse, soulagée ou même détendue. Comme elle aurait aimé être maman elle aussi … mais il fallait se rendre à l'évidence : elle allait devoir attendre encore un peu pour que cette occasion ne se présente. Mais elle arriverait, tôt ou tard, car Claudia devait se marier, fonder une famille. Et elle aussi, elle tiendrait à jour une petite créature semblable à celle que tenait la jeune Annabelle. Un jour elle connaîtrait le bonheur de donner la vie à son tour …
    Pour Ann, ce fut comme un rêve éveillé. Ce petit garçon était là, endormi contre son coeur, elle savait qu'il en écoutait les battements mais elle espérait aussi secrètement qu'il en profite pour lire au plus profond de ses sentiments. Elle voulait rester près de lui jusqu'à la fin des temps, pour toujours et à jamais. Elle voulait le bercer, le serrer contre sa poitrine tout en chantonnant inlassablement la même berceuse. Et même si cela finissait par être agaçant, elle ne s'arrêterait pas tant que les douces paroles de la chansonnette auraient un certain effet sur son enfant bien-aimé. Elle baisa son front tendrement, comme une mère le ferait. Elle avait osé espérer que sa mère avait eut à son égard, les mêmes gestes d'amour lorsqu'elle même était venue au monde.

    « Comment allez-vous l'appeler ? »

    « Je vais l'appeler Richard … Richard. Comme mon père. »

    Elle posa un autre baiser sur le front du bébé tout en caressant de son pouce les quelques petits cheveux qui surplombaient sa tête.

    Elle finit par s'endormir, bercée par la douce respiration de son fils chéri.






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