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 Tel est pris qui croyait prendre/Et maintenant ?

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lilou
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MessageSujet: Re: Tel est pris qui croyait prendre/Et maintenant ?   Sam 4 Déc 2010 - 16:35

j'aime toujours autant et je suis contente d'en avoir appris un peu plus sur Parkson et sa famille, pourquoi il est devenu comme ça.

pauvre Emily toujours prisonnière....
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manu29
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MessageSujet: Re: Tel est pris qui croyait prendre/Et maintenant ?   Sam 4 Déc 2010 - 21:05

Moi aussi j'aime tjs autant!
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NTACvic
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MessageSujet: Re: Tel est pris qui croyait prendre/Et maintenant ?   Dim 5 Déc 2010 - 4:57

Merci pour cette suite!

Tres interessant pour l'histoire de la famille de Parkson. J'aime beaucoup ta fic.
Et oui, quand est-ce que tu comptes liberer Emily? Very Happy Ou comptes-tu jouer encore avec nos nerfs (ce qui n'est pas pour me deplaire)? Twisted Evil
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MessageSujet: Re: Tel est pris qui croyait prendre/Et maintenant ?   Dim 5 Déc 2010 - 19:10

Moi, jouer avec vos nerfs ? Jamais ! angel

La fin est proche c'est promis ... Encore deux ou trois posts à attendre avant la fin de cette deuxième partie Wink

Merci beaucoup pour vos commentaires !!!
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MessageSujet: Re: Tel est pris qui croyait prendre/Et maintenant ?   Mer 8 Déc 2010 - 12:54

Petite suite. L'équipe se rapproche un peu plus ...

----------

Hotch piétinait d'impatience dans la salle, attendant désespérément que le téléphone sonne. Reid se rongeait les ongles au sang bien incapable de contenir le stress accumulé. Rossi, lui, avait caché son visage au creux de ses mains, peut-être comptait-il même les secondes. Quant à Morgan il fixait le portable posé sur la table et remuait sans cesse sur sa chaise. La sonnerie retentissant fut une délivrance pour chacun et Hotch s'empara du cellulaire aussi brusquement que s'il eut attrapé une mouche en plein vol. La conversation ne dura que quelques secondes avant qu'il ne raccroche promptement.
    - Un agent a retrouvé coincée sous le canapé une feuille chiffonnée. Il s'agit du rapport qui stipule que la mort des deux passagers de la voiture n'était pas due à un accident. Le nom de Alice Parkson figure sur le document comme étant la conductrice au moment des faits, déclara-t-il de but en blanc sans prendre le temps de respirer.

Un coup sec fut porté sur la vitre ombragée par un store qui donnait sur le couloir et Morgan jeta un coup d'œil par l'interstice haussant les sourcils à la vue du lieutenant Fry en compagnie d'une femme aux alentours de la cinquantaine qu'il ne connaissait pas. D'un signe de tête, il les autorisa à entrer et à l'instant où l'inconnue passa le seuil de la porte, un silence glaça la pièce.
    - Voici Ann-Mary Keenan …, bégaya le lieutenant un peu perplexe.

La femme ne lui laissa pas le temps de s'appesantir. Elle prit la parole d'un ton ferme et pressé.
    - Il fallait que je retrouve mes esprits avant de venir ici, crut-elle bon d'informer avant de s'expliquer alors que tous étaient suspendus à ses lèvres.

Débuta alors un rapport concernant son récent enlèvement. Le courage et la détermination de cette femme donnèrent une lueur d'espoir à toute l'équipe qui entrevoyait nettement la possibilité d'arrêter Parkson. Lorsque Ann-Mary Keenan associa le mot vivante au prénom de Prentiss chacun poussa un soupir de soulagement et l'atmosphère parut se détendre. La femme allait leur décrire l'état de santé de l'agent toujours séquestré mais fut interrompue avant de pouvoir donner la moindre information.
    - La mère de Parkson s'appelle Lainey Johnson, informa une voix féminine qui fit pivoter les quatre hommes et Ann-Mary sur eux-même.

Garcia était entrée dans la pièce alors que Ann-Mary racontait son histoire. Son regard étincelait d'une étrange lueur. Entrevoyait-elle déjà le dénouement ?
    - Elle vit entre Lovdal et Beatrice environ à vingt minutes d'ici.
    - Garcia envoie nous l'adresse. Nous, on est parti.

Le ton autoritaire employé par Hotch donna un coup de fouet à l'équipe qui fut aussitôt sur le qui-vive. Les quatre hommes passèrent devant la jeune femme sans un mot, le regard déjà ailleurs. Seul Morgan la félicita. La porte se referma sur eux. Personne ne prit garde à Ann-Mary qui les suivit sans poser de question d'un pas résolu, prête à aider.

**

Ce fut le frôlement caressant d'un tissu sur sa peau qui éveilla Emily. Son regard hagard se promena lentement autour d'elle, cherchant l'origine de cette délicate caresse. Il fallut peu de temps à la jeune femme pour se rendre compte qu'un corps était allongé près du sien, immobile dans l'obscurité. Emily détourna brusquement la tête, les dents serrées et la mâchoire solidement fermée. Son regard se perdit dans le vague, entrevoyant déjà ce que la présence de ce corps impliquait. Si elle s'était donnée la peine de reporter son attention sur la silhouette inanimée, elle aurait pu voir une fois de plus le reflet de son propre visage mais elle n'en eut pas le courage et garda les yeux fixés sur la pénombre. Elle attendait désormais l'inévitable avec une détermination harassée.

**

Le trajet entre le commissariat et la résidence de Madame Johnson se fit dans un calme angoissant dans chacun des SUV et aucun des agents ne prit la peine de briser le silence, leurs pensées bien trop occupées par les évènements à suivre. Tous méditaient sans bruit, le front plissé et le regard vague. L'espoir d'arrêter Parkson n'était rien à côté de celui de revoir Prentiss vivante. Serrer Prentiss dans leurs bras, lui dire combien elle avait été courageuse, s'excuser de l'avoir abandonnée si longtemps; ce rêve récurrent qui les avait hanté chaque nuit des dernières semaines allait enfin devenir réalité. Personne ne se posa de question sur les conditions physiques de leur amie, encore moins sur l'évidente incohérence de la situation : Parkson, psychopathe dangereux et meurtrier, laissant la vie à une victime qu'il retenait depuis plus d'un mois. Les mots de Ann-Mary leur affirmant que Prentiss était toujours en vie avaient suffi à mettre fin à leurs doutes, aucun n'avait cherché à réfléchir plus longtemps. En cherchant bien, en laissant retomber l'émoi provoqué par cette révélation et en prenant le temps de réfléchir au suspect, l'équipe ne serait pas passée à côté de cette contradiction. Mais les nerfs trop à vifs pour penser et le cœur battant la chamade à en rompre la poitrine, chacun se contenta de cette phrase : l'agent Prentiss est vivante.

**

Emily fixait inlassablement le mur près d'elle sans même s'en rendre compte. Son esprit voyageait à des lieux de là, quittant ce corps qui semblait ainsi sans vie. Ce fut l'impression qu'eut la nouvelle détenue de Parkson lorsqu'elle s'approcha discrètement de Emily. Elle avait repris conscience bien vite et après s'être interrogée sur sa présence en ces lieux, elle s'était aperçue de la présence d'une autre personne dans la pièce. Essayant de distinguer quelque chose dans le noir, elle avait découvert un corps inerte et avait laissé échapper un cri aigu. La première chose à laquelle elle pensa ce fut que cette personne était morte mais n'étant sûre de rien, elle avança lentement en direction de cette forme indistincte qui l'intriguait. Ce fut en découvrant des grands yeux sombres vides de toute expression et rivés au néant qu'elle eut la confirmation : cette femme était morte. Sans qu'elle ne s'y attende une voix lugubre s'éleva dans son dos et la tétanisa.
    - Elle n'est pas encore morte ?
    - Si, bégaya la jeune fille en se retournant vers Parkson.

Son regard lançait des éclairs dans la nuit et une expression atroce comprima son visage. Il s'avança vers Emily d'un pas trainant et eut un rire démentiel. Il s'agenouilla aux côtés de l'agent et tourna sa tête molle dans sa direction comme pour la regarder en face une dernière fois. Avant que Parkson n'ait pu se réjouir de la situation, Emily battit des paupières et regarda confusément l'homme qui lui faisait face.
    - Non elle n'est pas morte ! cria-t-il, l'air soudainement furieux et hors de lui.

Emily souffla un mot que personne ne comprit mais qui attira l'attention de la jeune fille pelotonnée près d'elle. Celle-ci se courba au-dessus du visage de Emily qui lui demanda entre deux halètements son prénom.
    - Cassandra, je m'appelle Cassandra, se présenta la jeune fille en étouffant un sanglot.
    - Va bien, lui assura l'agent cherchant du regard Parkson qui faisait les cents pas derrière elles.
    - Je savais que tu ne mourrais pas aujourd'hui, pas encore, disait-il en tapant du poing sur le mur. Il faut avouer que tu es plus résistante que je ne le pensais. Alors, ça fait quoi de subir à son tour tout ce qu'on a fait subir aux autres ?

Emily ne répondit pas, trop lasse pour écouter et trop brisée pour comprendre. Une bataille digne des plus grandes guerres avait prit place au sein de son cerveau; son subconscient disputait hardiment la place à sa conscience qui luttait tant bien que mal pour garder l'avantage. Lorsque l'un cédait du terrain, l'autre revenait à la charge aussitôt. Elle percevait l'air frais de Woodbridge Park en même temps que les éclats de voix de Parkson et les pleurs de Cassandra. Les protagonistes debout dans cette pièce obscure vacillaient dangereusement sous ses yeux perdus entre deux mondes. Leurs noms lui échappaient et parfois le visage haineux d'un homme jaillissait devant elle, elle qui était incapable de distinguer si cette horrible vision provenait de son imagination ou de la réalité.
    - Je t'attendais depuis tellement longtemps Alice, reprit Parkson d'une voix nasillarde et le regard rivé sur Emily.
    - Pas Alice, répliqua l'agent entre deux hoquets, moi Emily.
    - N'essaie pas de m'embobiner, tu as toujours été très forte à ce petit jeu-là. Te défiler tu connais, pendant quinze ans tu t'en es donné à cœur joie. Et sais-tu que le destin s'est chargé de nous réunir à nouveau ? Toute ma vie j'aurais pu vivre avec le souvenir angoissant de mes quinze premières années mais j'ai découvert par hasard ce que tu avais fait à papa en cherchant d'anciens papiers. J'étais fou de rage en lisant le rapport d'expertise, en apprenant que c'était toi qui conduisait cette foutue voiture, que c'était toi qui avait tué papa. Quand j'ai croisé ce regard par coïncidence dans la rue, j'ai su que tu étais revenue. Tes yeux t'ont trahi Alice, tes yeux ! Ces yeux ne pourront jamais me tromper. Bien sûr tu as pris soin de changer d'apparence, intelligent de ta part je dois dire, mais je sais qu'à l'intérieur de ce corps règne toujours la même Alice. Cette affreuse garce qui m'enfermait dans le placard à balais pendant des jours sans nourriture, sans lumière, sans jouet, sans rien. Alors en te retrouvant j'ai décidé que tu ne ferais plus de mal à personne … À personne.

Quelqu'un étouffa un sanglot. Fut-ce Emily, Cassandra ou Parkson ? Personne n'en sut jamais rien.

----------

Vos impressions ?
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susy
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MessageSujet: Re: Tel est pris qui croyait prendre/Et maintenant ?   Mer 8 Déc 2010 - 14:15

trop bien !!!!Oo Tu es géniale ! je suis accro a cet fic vite la suite stp!!!
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manu29
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MessageSujet: Re: Tel est pris qui croyait prendre/Et maintenant ?   Mer 8 Déc 2010 - 19:22

Moi aussi jsuis a fond dans ta fic! Super!!!!
La suite!!!!
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MessageSujet: Re: Tel est pris qui croyait prendre/Et maintenant ?   Sam 11 Déc 2010 - 12:30

Suite Very Happy

----------

Hotch prit conscience de la présence de Ann-Mary lorsqu'ils descendirent du SUV dans la cour d'une ferme isolée. Des champs à perte de vue, voilà ce qu'ils voyaient et excepté la petite demeure branlante qui leur faisait face, aucun bâtiment ne s'élevait aux alentours. Lorsqu'il vit Ann-Mary sortir du 4x4, une expression décidée ancrée sur le visage, il l'arrêta d'un signe de la main. Ce n'était pas le moment de foirer pas si près du but.
    - Restez à l'intérieur, ordonna-t-il d'un ton indiscutable.

Il s'en voulait à lui-même plus qu'à cette femme de les avoir suivi sans que personne ne s'en rende compte. Mais pour l'heure, ils avaient des choses beaucoup plus urgentes à faire. Hotch s'avança le premier vers la bâtisse légèrement penchée, l'arme au poing, suivi par Morgan juste derrière, Rossi et Reid fermant la marche. Morgan tambourina sur la porte d'entrée, criant après la propriétaire des lieux qui ne se montrait pas assez vite à son goût. Enfin apparut sur le seuil une femme d'une cinquantaine d'années, de petite taille, le visage bourru, portant une salopette et un chapeau de paille. La ressemblance entre George et sa mère était indéniable et frappa les officiers.
    - Doucement les amis, dit-elle en guise de préambule et d'une voix tout à fait détachée malgré les quatre pistolets braqués sur elle. Le FBI ! lut-elle sur leur gilet pare-balles en accompagnant sa remarque d'un sifflement admiratif. C'est la première fois que je vois des agents du FBI en vrai. D'habitude je vous regarde à la télé dans les séries policières. Non pas que j'ai beaucoup de temps pour regarder la télévision avec la ferme et ...
    - Excusez-moi madame, êtes-vous bien Lainey Johnson ? l'interrompit Hotch.
    - Oui oui, tout à fait, c'est moi. Qu'est-ce que vous me voulez les cowboys ?

Lainey Johnson avait une contenance étonnante. Malgré sa petite taille, elle en imposait par la parole et son air léger la rendait sympathique. L'équipe pourtant fut rapidement exaspérée par cette attitude tout préoccupés qu'ils étaient à retrouver Prentiss le plus vite possible.
    - Connaissez-vous un dénommé George Parkson ? reprit Rossi en rangeant son arme, imité par les trois autres hommes.
    - George ? Bien sûr que je le connais ! C'est mon fils. Enfin, pas légalement car d'après la loi je ne suis rien pour lui. J'ai divorcé de son père Victor avant sa naissance ou plus précisément, c'est lui qui a demandé le divorce soit disant que je n'étais pas prête à prendre en charge une famille, ce qui, en passant, était complètement vrai. Bref, Victor et moi avons divorcé après trois mois de mariage. Il m'a demandé d'accoucher sous X pour que George puisse être adopté s'il venait à se remarier. J'étais d'accord, j'avais la ferme à gérer, je n'avais pas besoin d'un mioche dans les pattes. Mais revenons en aux faits, qu'est-ce que vous lui voulez à George ?
    - Depuis combien de temps êtes-vous en contact ?
    - Quatre ou cinq ans. Vous savez, les dates et moi ça fait deux ! Enfin. Je me souviens, il pleuvait le jour où il a sonné à ma porte, le pauvre était trempé. Quand j'ai ouvert, j'ai tout de suite su qui il était. Qu'est-ce qu'il me ressemble le petit, c'est dingue la génétique ! Passons. En entrant, il m'a souillé tout l'intérieur ce petit chenapan avec ses souliers boueux ! Les enfants, je vous jure, il faut toujours leur dire de faire attention. Même adultes !
    - Hum, acquiesça Hotch en hochant la tête. Vous a-t-il dit pourquoi il vous cherchait ?
    - Être sa mère me semblait un motif suffisant donc je ne lui ai jamais posé la question.
    - L'avez-vous vu récemment ?
    - Tous les jours dernièrement. Il a emménagé, sans affaires d'ailleurs. J'ai trouvé ça étrange, mais vous savez les jeunes maintenant ils agissent sur des coups de tête. Je me suis moquée de lui au début et puis …
    - Madame Johnson, votre fils est-il ici ? l'interrompit Reid d'une voix impatiente, moins bien contenue que celles de ses collègues.
    - Parti dans l'après-midi, répondit-elle. Il vérifie qu'aucun sans-abri n'habite les cabanons construits pour stocker les récoltes. Depuis le début de l'automne on en a déjà retrouvé deux. On ne porte pas plainte car ces pauvres gens essaient juste d'échapper au froid mais on ne peut pas se permettre de les laisser s'installer sinon ils reviendraient tous les ans et il n'y a qu'un pas à franchir pour ensuite piquer dans les récoltes.
    - Est-il le seul à s'occuper de cette tâche ?
    - Oui. Je n'ai pas d'employés l'hiver. Au départ c'était moi qui faisait la ronde, comme on appelle ça, et puis il s'est proposé.
    - Où sont ces cabanons dont vous parlez ? coupa court Rossi, pressé d'avoir les informations essentielles pour retrouver au plus vite Parkson.
    - Un peu partout sur les terres.
    - Commence-t-il par un cabanon en particulier ?
    - Vous en avez des questions vous autres ! Je n'en sais rien. Vous lui demanderez ça quand il reviendra les clowns.
    - Nous n'avons pas le temps Madame Johnson ! explosa Morgan qui ne chercha pas à masquer sa colère. Votre fils est recherché pour meurtres avec violence et kidnapping. En ce moment même une femme souffre entre ses mains parce que nous patientons là, sans rien faire. Par où est-il parti ?

Lainey Johnson resta incrédule, les bras ballants le long du corps, à les regarder. À voir leurs mines affectées, ils ne plaisantaient pas. George était recherché, non pas par la police locale, mais par le FBI. Avait-il pu réellement faire ce dont on l'accusait ? Les quatre personnes en face d'elle devinrent soudainement froides et distantes à ses yeux, elle les regarda d'un air impassible et haussa les épaules.
    - Je me souviens d'une odeur de pin, intervint une voix dans leur dos.

Ils firent volte-face et découvrirent Ann-Mary plantée derrière eux, bien droite, les mains sur les hanches et les paupières plissées à cause du soleil qui l'éblouissait.
    - J'avais les yeux bandés et j'étais sur la banquette arrière quand il m'a ramené chez moi. Je ne saurais pas vous dire le temps de trajet mais je me souviens qu'en sortant du cabanon, il y avait une odeur de pin mêlée à la terre humide d'un bois.
    - Est-ce que ça vous parle Madame Johnson ? interrogea Hotch l'air beaucoup plus menaçant.
    - Au nord-est il y a une parcelle boisée et un cabanon pas loin. Vous y serez dans une dizaine de minutes.
    - Montrez-nous le chemin.


**

Parkson se pencha sur Emily, l'obligeant à garder les yeux ouverts sur son visage triomphant. Cassandra s'était réfugiée dans un coin de la pièce et gardait la tête cachée entre ses genoux. Emily avait accepté une nouvelle fois d'endurer toutes les tortures pour épargner la vie de cette jeune femme. Prise aux mains d'un épais brouillard, avait-elle réellement conscience de son sacrifice ou faisait-elle cela par le biais d'un réflexe macabre acquis au fil des semaines ? Elle avait encaissé chaque souffrance possible, évitant de croiser la mort sur le chemin de ses peines, se détruisant peu à peu pour sauver ces femmes innocentes jusqu'à ce que l'intérieur soit vide de toute âme. Seul son corps résistait encore, dernier survivant d'une guerre atroce. Cette fois-ci, avec égoïsme peut-être, elle accepta la douleur pour rencontrer cette fois la mort et la suivre définitivement.
    - Chaque fois que je te tuais, murmura Parkson à son oreille, tu revenais plus forte.

Il continuait de prendre sa victime pour Alice, sa belle-mère, et pensait enfin prendre sa revanche sur cette femme qui l'avait tant fait souffrir des années auparavant. Parce qu'au travers de leurs grands yeux noirs il croyait revoir ce vieux démon, il tuait ces femmes les unes après les autres sans remords et certainement inconscient de sa folie. Sans prévenir, il agrippa les cheveux de sa victime et cogna violemment sa tête contre le sol.
    - Je dois dire que te réincarner dans le corps d'un agent de FBI était très ingénieux, tu as pris de la force et du caractère avec elle, les autres filles étaient moins féroces que celle-ci. Mais je suis plus fort que toi, rien ne pourra m'empêcher de te tuer encore et encore que tu sois agent du FBI ou président des États-Unis. Je vais devenir ton pire cauchemar Alice, il est grand temps que l'on inverse les rôles.

Il fit une pause puis cogna une nouvelle fois la tête de Emily contre le béton avant de reprendre :
    - Te souviens-tu de mon dernier séjour à l'hôpital, quand je suis arrivé avec des bleus autour du cou, complètement inconscient ? J'ai failli y passer cette fois-là et papa n'a jamais rien su. Jamais ! Il t'aimait de tout son cœur et toi tu prenais plaisir à passer pour la petite femme dévouée à son fils. Tout le monde a cru que nous étions une famille heureuse. Je n'ai jamais raconté ça à personne, j'ai failli mourir et personne n'a jamais été au courant. Maintenant c'est ton tour. Tu vas mourir et personne ne le saura. Tu resteras là, seule. Toute seule.

Sa voix s'effaça dans un murmure rauque qui glaça la pièce et Emily sentit son crâne heurtait le sol encore une fois avant que les chocs ne cessent brutalement. Alors, Parkson fit courir son index sur sa veine jugulaire et caressa presque amoureusement cette gorge offerte. Emily, vulnérable ainsi étendue sur le sol, ne réagit pas lorsque les mains de son bourreau empêchèrent l'arrivée d'air. La seule chose qu'elle put faire dans un dernier accès de lucidité ne fut que répéter six prénoms :
    - Katherine. Béatrice. Victoire. Roxane. Ann-Mary. Cassandra.

Et alors que Parkson resserrait son étreinte autour de son cou, elle laissa échapper un dernier soupir exténué et résigné.

----------

Encore un chapitre et la deuxième partie sera close.
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NTACvic
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MessageSujet: Re: Tel est pris qui croyait prendre/Et maintenant ?   Sam 11 Déc 2010 - 20:47

J'ai trop adore la conversation avec Lainey... Elle a du caractere, cette bonne femme!
Vite, vite, la suite!!! :prie:
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susy
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MessageSujet: Re: Tel est pris qui croyait prendre/Et maintenant ?   Sam 11 Déc 2010 - 23:27

sa va pa!!!Oo NOUS LAISSE PA COMME SA vite la suite je t'en supplie! =)
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manu29
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MessageSujet: Re: Tel est pris qui croyait prendre/Et maintenant ?   Dim 12 Déc 2010 - 21:08

Oulah la tête contre le béton! La pauvre ça ne doit pas faire que du bien!

Mais que va t-il nous rester d'Emily...............
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MessageSujet: Re: Tel est pris qui croyait prendre/Et maintenant ?   Lun 13 Déc 2010 - 0:11

manu29 a écrit:
Oulah la tête contre le béton! La pauvre ça ne doit pas faire que du bien!

Mais que va t-il nous rester d'Emily...............

C'est pour la suite Embarassed
Mais son cauchemar est bientôt fini, promis !

Je vous remercie pour vos commentaires et je posterai la fin de cette deuxième partie certainement mardi.
Encore merci :calin:
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MessageSujet: Re: Tel est pris qui croyait prendre/Et maintenant ?   Mar 14 Déc 2010 - 10:54

Comme promis voici le chapitre qui clos cette deuxième partie.

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    - C'est sa voiture, nota Lainey du siège passager où elle se trouvait.

Elle s'était tue durant tout le trajet, tout comme Hotch et Morgan présents avec elle dans le 4x4. Morgan qui conduisait jeta un coup d'œil dans le rétroviseur central et constata que Reid, Rossi et Ann-Mary suivaient derrière. Il accéléra si soudainement que les deux passagers du véhicule, surpris, se retrouvèrent enfoncés dans leur siège sous la force de l'accélération. Morgan se gara en travers du chemin derrière le van noir de Parkson et Rossi fit de même devant, cette mesure éviterait toute tentative de fuite de leur homme. D'un geste autoritaire, Hotch fit signe à Lainey Johnson de ne pas bouger de l'habitacle. La pauvre femme, l'esprit accaparé de questions, ne songea même pas à bouger. Pour elle, il n'y avait rien à voir. Ces quatre agents prétentieux allaient découvrir son fils dans un cabanon vide, rien d'exceptionnel en somme. La réalité n'avait donc rien à voir avec ces émissions policières si excitantes qu'elle regardait. Le spectacle n'allait pas être grandiose, ces agents n'allaient pas arrêter un criminel récidiviste comme ils le prétendaient, ils couraient tout droit à l'échec. George, un meurtrier ? Jamais de la vie, elle pouvait le jurer ! D'ailleurs Lainey cracha sur le tapis devant elle; un peu pour sceller cette promesse faite à elle-même, beaucoup pour se venger de l'arrogance de ces agents.
Dans l'autre SUV, Ann-Mary fut sommée de rester assise dans le véhicule et de ne pas en sortir cette fois. Reid et Rossi rejoignirent Morgan et Hotch qui inspectaient déjà le van noir de leur suspect … vide. La boule au ventre, les mâchoires serrées de peur, le mince cortège s'avança vers l'entrée de la pièce. Un gris sale maculait les parpaings du cabanon et le soleil couchant conférait une atmosphère inquiétante aux lieux. Aucune fenêtre pour vérifier l'intérieur, uniquement quatre murs ce qui semblait logique pour son utilisation de base : stocker des récoltes. La « porte d'entrée » si l'on pouvait parler ainsi, semblait pourtant plus sophistiquée. Lourde en apparence, elle disposait d'une serrure rayonnante de nouveauté et d'un cadenas, détail interpellant. L'anxiété qui leur oppressait l'estomac remonta à la gorge et ils éprouvèrent chacun leur tour un moment d'extrême angoisse. Il n'y avait pas de renfort. Juste eux quatre et deux civiles non armés, soit deux cibles potentielles si les évènements venaient à mal tourner. Hotch ouvrit le plus délicatement la porte qui, comme à son habitude grinça et laissa pénétrer le soleil, éblouissant pleinement pour la première fois cette cellule à l'histoire sanglante. Le spectacle qui s'offrit à eux les firent réagir en un quart de seconde. Parkson, agenouillé sur Prentiss, l'étranglait. Elle, ne bougeait plus. Cassandra blottie dans un coin passa inaperçue devant l'épouvante de la scène. Morgan fut le premier à s'élancer vers Parkson, le projetant au sol, loin de son amie. La suite fut très rapide. L'équipe constata avec effroi l'état de Prentiss qui gisait sans vie par terre et aussitôt la rage inhiba toutes pensées rationnelles. Rossi tira le premier, touchant Parkson à l'abdomen. Hotch fit feu à son tour, le blessant au thorax. Morgan porta le coup fatal en plein cœur sans l'once d'un scrupule. Reid, quant à lui, s'élança auprès de Prentiss, serrant contre sa bouche, la main glacée et molle de son amie.
Après les coups de feu s'ensuivit la panique. Laissé pour mort, on ne s'occupa pas plus de l'homme dont le visage s'illuminait encore dans les ténèbres de la mort d'un dernier sourire victorieux. Morgan sortait maladroitement son portable pour prévenir une ambulance lorsqu'une tête aux cheveux noirs les écarta du corps de Prentiss avec assurance.
    - J'ai déjà appelé, dit-elle à l'attention de Morgan bien qu'elle n'eût d'yeux que pour Prentiss. Que quelqu'un retourne à la ferme et les amène ici. Reculez maintenant, reculez !

Et prenant en main la situation, elle s'accroupit auprès de la jeune femme, poussa Reid d'un geste maternel et chercha un pouls. Rien. Emily Prentiss lui avait sauvé la vie, elle lui avait dû la pareille mais elle arrivait trop tard. Le sentiment de colère devant tant d'impuissance l'étouffa un instant. Et, alors que les larmes montaient, prêtes à libérer la fureur qui l'habitait, son instinct d'infirmière reprit le dessus. Ann-Mary n'avait pas tout tenté et elle se traita mentalement d'imbécile pour ces secondes précieuses perdues. Retirant précipitamment le pull que portait Prentiss et arrachant violemment sa robe, elle mit à nu la poitrine de la jeune femme. Elle plaça ensuite ses mains sur son thorax avec professionnalisme et exerça des pressions à intervalles réguliers accompagnant les mouvements d'un décompte angoissant. S'agenouillant près de son amie, Morgan attendit le signal de Ann-Mary pour pincer le nez de Prentiss et souffler tout l'oxygène qu'il pouvait dans ses poumons. Rossi partit à la rencontre des ambulanciers tandis que Hotch, aussi troublé qu'il était, s'occupa de faire sortir Cassandra dont il avait finalement noté la présence. Reid resta pantois, les bras ballants le long du corps, incapable de détacher son regard de la vision cauchemardesque dont il était témoin. Ce fut avec acharnement que Ann-Mary et Morgan essayèrent de ramener Emily à la vie, l'un poussant l'autre à de nouvelles tentatives après chaque échec. Les larmes coulaient sur leurs joues sans qu'aucun d'eux ne s'en rende réellement compte. Hotch était revenu et se tenait à côté de Reid, les épaules avachies par le poids de la réalité. Au loin, on entendait les sirènes. L'ambulance approchait. La mort s'échappait.
Leur faute. Voilà ce qui résonnait dans leur tête à cet instant précis alors que leur amie s'éloignait. C'était leur faute. Et cette culpabilité assommante les cloua sur place. C'était leur faute si Prentiss avait fermé les yeux dans l'horreur et la solitude. Elle avait tenu trente-quatre jours sans que son courage ni sa volonté ne faillent mais à bout de force et se croyant abandonnée elle avait fini par céder sous le poids de la douleur. Si seulement ils étaient arrivés une minute plus tôt, les voyant arriver alors elle n'aurait pas lâché et aurait lutté encore une fois, comprenant qu'après tout ce temps ils étaient toujours là, eux ses amis. Mais elle était partie sans même les avoir revu, sans croiser leurs regards arrivés trop tard. Prentiss s'était battue seule, sans signe de la famille que l'équipe représentait à ses yeux, sans preuve de son soutien.
Le corps mutilé de leur amie leur fit baisser les yeux. Mélange de honte et de respect. Ils ne comprenaient rien, n'essayaient pas de comprendre. Le brouillard de leurs pensées se dissipait uniquement pour que revienne cette rengaine de trente-quatre jours. Leur faute, oui vraiment, c'était tout ce qui revenait.
    - Non !

Ce cri de détresse déchira le silence alors que Reid tombait à genoux près du corps inerte. Mais résonnant dans le crépuscule ce fut comme un choc électrique. Alors que Morgan se penchait pour exhaler une énième fois de l'air dans les bronches de Prentiss, Ann-Mary l'arrêta. Il ne comprit rien et posa sur elle un regard hébété.
    - Elle respire.

Reid n'entendit pas, il regardait fixement le visage livide aux paupières fermées de son amie comme si, du fond de son éternel sommeil et sentant ce regard peser sur elle, Prentiss allait ouvrir les yeux. Hotch, une main sur l'épaule du jeune homme n'osa pas regarder si Ann-Mary disait vrai, peut-être même n'entendit-il pas. Seul Morgan comprit le sens de ces deux simples mots et eut le cran de chercher un pouls. Il poussa un profond soupir en sentant sous ses deux doigts les battements irréguliers mais bien réels de la vie. Et c'est les larmes ruisselant le long de ses joues qu'il chuchota à l'oreille de Reid :
    - Elle est vivante.

Fin de la IIème Partie

----------

Cette deuxième partie étant terminée, j'aimerais connaitre votre opinion ce qui vous a plu comme ce qui vous a déplu.
Pour la suite si vous avez des suggestions, des idées n'hésitez pas non plus. La troisième partie est en cours, bientôt achevée mais toute idée sera la bienvenue !
Assez parlé, à vous maintenant !
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miloune
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MessageSujet: fanfics   Mar 14 Déc 2010 - 12:19

pour ma part je n'ai rien a dire c'est exellent, toujours tres bien raconté applaud

VLS Very Happy
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NTACvic
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MessageSujet: Re: Tel est pris qui croyait prendre/Et maintenant ?   Mar 14 Déc 2010 - 20:20

Tu m'as fait peur, pendant un instant! J'ai cru qu'Emily ne survivrait pas... Ouf, elle est vivante!! omg oufouf1
J'ai tout lu d'une traite. J'etais tellement a fond et stressee. Mais heureusement, ca finit bien. Pauvre Emily, 34 jours prisonniere...
Pour ma part, j'ai rien a dire. Ta fic est tres bien comme elle est. Belle ecriture. super1
Donc merci pour ce bon moment de lecture! merci2 Et hate de lire la troisieme partie. Je suppose que tu vas te concentrer plus sur les sequelles psychologiques et physiques d'Emily et des autres membres de l'equipe? Et d'ailleurs, Parkson est-il vraiment mort? Ou sa mere biologique est-elle dans le coup? Ok, la, faut que j'arrete de regarder trop de films.

Bref, comme tu l'auras compris, j'aime ta fic et attends avec impatience la suite!!! :yeah:
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MessageSujet: Re: Tel est pris qui croyait prendre/Et maintenant ?   Mar 14 Déc 2010 - 23:55

miloune a écrit:
pour ma part je n'ai rien a dire c'est excellent, toujours tres bien raconté applaud

VLS Very Happy

Merci beaucoup ! :calin:

NTACvic a écrit:
Tu m'as fait peur, pendant un instant! J'ai cru qu'Emily ne survivrait pas... Ouf, elle est vivante!! omg oufouf1
J'ai tout lu d'une traite. J'etais tellement a fond et stressee. Mais heureusement, ca finit bien. Pauvre Emily, 34 jours prisonniere...
Pour ma part, j'ai rien a dire. Ta fic est tres bien comme elle est. Belle ecriture. super1
Donc merci pour ce bon moment de lecture! merci2 Et hate de lire la troisieme partie. Je suppose que tu vas te concentrer plus sur les sequelles psychologiques et physiques d'Emily et des autres membres de l'equipe? Et d'ailleurs, Parkson est-il vraiment mort? Ou sa mere biologique est-elle dans le coup? Ok, la, faut que j'arrete de regarder trop de films.

Bref, comme tu l'auras compris, j'aime ta fic et attends avec impatience la suite!!! :yeah:

Contente que cette deuxième partie t'ait plu. Exactement je vais me concentrer sur le point psychologique c'est ce que je voulais atteindre depuis le début, j'y arrive enfin ^^
J'attends que la troisième partie soit bouclée avant de poster ce qui ne devrait pas dépasser la fin de semaine mais ça reste à voir ...

Encore merci beaucoup !!! Ca fait vraiment plaisir de lire vos réactions sourit1
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manu29
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MessageSujet: Re: Tel est pris qui croyait prendre/Et maintenant ?   Jeu 16 Déc 2010 - 21:10

J'ai pas encore donné mon opinion mais j'y remédie tout de suite!
Dans ton histoire, j'ai tout aimé!!! ^^

D'abord tu as choisi Emily comme personnage principal de ton histoire, je ne peux que te suivres!!!
Ensuite, l'enquête est difficile pour l'équipe puisqu'ils n'ont aucune piste et que c'est quand même l'un des leurs qui est en danger, qui plus est elle s'est fait enlevée pendant une mission!!!
Enfin, tes séances de torture sont vraiment bien écrites, Emily qui préfère encaisser à le place des autres, quelle femme!

Donc voilà mon avis, j'ai hâte de pourvoir lire la suite de ton histoire!!!
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MessageSujet: Re: Tel est pris qui croyait prendre/Et maintenant ?   Jeu 16 Déc 2010 - 22:52

manu29 a écrit:
J'ai pas encore donné mon opinion mais j'y remédie tout de suite!
Dans ton histoire, j'ai tout aimé!!! ^^

D'abord tu as choisi Emily comme personnage principal de ton histoire, je ne peux que te suivres!!!
Ensuite, l'enquête est difficile pour l'équipe puisqu'ils n'ont aucune piste et que c'est quand même l'un des leurs qui est en danger, qui plus est elle s'est fait enlevée pendant une mission!!!
Enfin, tes séances de torture sont vraiment bien écrites, Emily qui préfère encaisser à le place des autres, quelle femme!

Donc voilà mon avis, j'ai hâte de pourvoir lire la suite de ton histoire!!!

Merci beaucoup ! Ca fait plaisir de voir que ça plait. J'espère que la suite ne vous décevra pas car il y aura un peu moins d'action ... Vous comprendrez très vite pourquoi Wink
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Sweetylove
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MessageSujet: Re: Tel est pris qui croyait prendre/Et maintenant ?   Ven 17 Déc 2010 - 12:40

j'adore ta fic elle est extra, je viens de tout devorer et je dois dire que pendant un moment j'ai moi-meme cesser de respirer.
Mais elle est vivante et c'est tout ce qui compte.
J'ai hate de lire la suite, savoir comment Emily va gerer tout ca et comment l'equipe va faire pour l'aider.

VLS VLS VLS
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MessageSujet: Re: Tel est pris qui croyait prendre/Et maintenant ?   Mar 21 Déc 2010 - 14:30

C'est reparti pour une série d'aventures ! Enfin dans cette troisième partie il y aura moins de mouvement vous verrez très vite pourquoi. Je me suis plutôt concentrée sur l'équipe que sur Emily. J'espère que ça vous plaira tout de même mais n'hésitez surtout pas à me faire part de vos remarques !

Bonne lecture !


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IIIème Partie : Entre deux eaux

Le temps passé n'est plus, l'autre encore n'est pas,
Et le présent languit entre vie et trépas;
Bref, la mort et la vie en tout temps est semblable.


Jean-Baptiste Chassignet dans Le Mépris de la vie et Consolation contre la mort - Sonnet XLIV


Vivante. Les mots les plus simples peuvent devenir les plus dangereux. Vivante ne cache rien d'autre que la vie et pourtant, lorsque Ann-Mary Keenan avait dit devant l'équipe du BAU « l'agent Prentiss est vivante » personne n'avait imaginé ce qu'ils découvriraient dans ce maudit cabanon. Tout comme lorsque Morgan avait murmuré à l'oreille de Reid « elle est vivante », Emily Prentiss était tout sauf pleine de vie. À l'instant où les portes de l'ambulance s'étaient refermées, emmenant Prentiss, Ann-Mary et lui-même au loin, Reid avait compris toute la nuance qu'imposait le terme. Si par vivante Morgan entendait un rythme cardiaque normal et une indépendance respiratoire alors oui, Emily était vivante. Mais si vivante prenait en compte son sourire, ses grands yeux noirs étincelants de joie et son humour cinglant alors dans ce cas, le mot ne s'appliquait plus.
C'était ce à quoi cogitait Reid, assis seul dans la salle d'attente des Urgences. Il regardait les patients défiler sous ses yeux sans réellement les voir car une seule chose accaparait son attention : l'état de santé de sa coéquipière maintenue entre la vie et la mort. Lorsqu'il avait découvert le corps inanimé de Emily, étendue sur le sol et soumise aux mains de Parkson, son estomac avait été secoué par l'horreur. Jamais au cours de ce dernier mois, il n'avait envisagé de retrouver Emily torturée et, en se souvenant de l'expression d'effroi de ses compagnons entrant tour à tour dans le cabanon, Reid pouvait dire qu'il en allait de même pour eux. Souvent ils avaient entrevu la possibilité de retrouver le corps de Emily au sud de la départementale 80 comme toutes les autres femmes kidnappées, torturées et mortes avant elle mais leurs cerveaux avaient habilement occulté la possibilité de la retrouver à moitié vivante. Ainsi, la culpabilité qui rongeait le jeune homme depuis la disparition de son amie se décupla. Il remuait de sombres pensées, revoyait Emily avant cet épisode et l'imaginait après mais étrangement le futur semblait imprécis avec cette question tacite : survivra-t-elle ?
Reid se leva et fit quelques pas pour s'éclaircir le cerveau. Un léger tremblement s'était emparé de ses mains trahissant la tension des derniers évènements. Il leva les yeux en entendant les portes automatiques glisser sur le sol pour laisser entrer une personne étrangère. L'équipe n'était toujours pas arrivée et l'impatience commençait à poindre. Le jeune homme se rassit lourdement, prit un magazine qu'il reposa presque aussitôt. Une distraction aurait été de bonne augure mais en fait, rien n'aurait pu détourner ses pensées de Emily à cet instant précis. C'est ainsi que son esprit se tourna une nouvelle fois vers elle. Il n'avait pas eu de nouvelles de Emily depuis qu'elle était entrée aux Urgences et que Ann-Mary avait disparu avec elle. Ann-Mary. Cette femme encore inconnue quelques heures plus tôt était devenue rapidement leur seul espoir. En y repensant, elle avait été l'élément clé pour coincer Parkson. D'après son récit, Ann-Mary avait été enlevée par leur homme et s'était retrouvée au côté de Emily dans cet horrible cabanon. Là, Parkson avait proposé un marché à l'agent. Se livrer elle aux tortures ou laisser Ann-Mary mourir dans d'atroces souffrances. Le choix de Emily n'avait pas été long, elle avait épargné la vie de cette inconnue. En se rappelant ce détail, Reid fut impressionné. Pourtant il n'aurait pas dû l'être, se dit-il. Ce n'était pas la première fois que Emily se sacrifiait pour un autre. N'en avait-il pas lui-même fait l'expérience quelques années plus tôt dans le Colorado lorsqu'elle avait décidé sans hésitation de révéler son identité d'agent du FBI pour le protéger ? Cette femme au caractère fort avait la trempe des plus grands.
C'était donc grâce à Ann-Mary qui, après être libérée par Parkson, avait trouvé l'équipe du BAU malgré les menaces de mort pour les amener jusqu'à leur collègue. Pas la moindre once de peur dans son regard juste de la détermination, voilà ce qui avait frappé Reid en premier lieu. C'était encore grâce à elle s'ils étaient arrivés juste à temps pour sauver Emily car Ann-Mary s'était souvenue d'une odeur de pin, les envoyant directement au cabanon où leur amie restait prisonnière. À sa place, après avoir vécu une expérience aussi traumatisante, qui aurait été capable de noter cette odeur de pin ? Peu de monde, Reid en était conscient. Ann-Mary avait joué un rôle crucial dans cette affaire, particulièrement dans son dénouement et le jeune homme nota de l'en remercier sincèrement.
Alors qu'il réfléchissait intensément, une femme d'une cinquantaine d'années se dirigeait vers lui et, alors qu'il l'attendait avec fébrilité, il ne la remarqua pas s'avancer. Reid contemplait ses pieds, les avant-bras posés sur les cuisses et ce n'est qu'une fois qu'elle entra dans son champ de vision qu'il prit conscience de sa présence. Aussitôt il releva la tête dans sa direction, le visage anxieux et fermé. Ann-Mary se tenait devant lui, affichant un rictus qu'il ne sut déchiffrer. Mais Reid ne s'attarda pas sur cette mimique car ce qui jusque là ne l'avait pas frappé lui sauta aux yeux : les grands yeux noirs et expressifs de Ann-Mary. Le jour se faisait enfin dans son esprit; voilà où se trouvait la ressemblance entre toutes ces femmes dont il revoyait mentalement les photos. Ces yeux, ils étaient presque identiques à ceux de son amie. Chaque femme avait plus ou moins les mêmes traits comme les cheveux noirs mais ces yeux étaient le véritable lien entre toutes. Sous le regard intense du jeune docteur, Ann-Mary comprit qu'il la détaillait et pencha la tête en signe de réprimande affectueuse. Pris en faute, Reid rougit et détourna le regard précipitamment.
    - Je vous ai pris une tasse de café, dit-elle en s'asseyant près de lui. L'agent Prentiss vient de sortir du bloc. Elle est toujours dans le coma mais elle va bien.
    - Vous pouvez l'appeler Emily, je crois qu'elle serait d'accord, répondit Reid totalement à l'ouest bien que son cerveau enregistrât la nouvelle.

Il ne savait pas si c'était une bonne ou une mauvaise nouvelle, la frontière entre les deux était mince. Le jeune homme sourit timidement à Ann-Mary qui lui rendit son sourire avec un peu plus d'aplomb que lui. Il prit la tasse, ses mains prises du même tremblement, et but une gorgée du breuvage brûlant. Sentant la chaleur s'insinuer en lui, il ferma les yeux profitant de ce maigre réconfort et s'enfonça dans sa chaise.
    - Est-ce que je pourrai la voir bientôt ? demanda-t-il au bout d'un long moment de silence.
    - Vous pouvez y aller maintenant si vous le voulez. J'attendrai votre équipe ici.
    - Merci d'avoir sauver notre amie.

Reid plongea ses grands yeux noisettes dans ceux de Ann-Mary pour exprimer toute sa gratitude et celle-ci hocha imperceptiblement la tête en retour. Aurait-elle dû avouer la promesse faite à Emily ? Non, cela n'aurait servi à rien. Ann-Mary se contenta donc de garder le silence et Reid lui en fut reconnaissant. La seule présence de cette femme forte à ses côtés suffisait à le réconforter. Savoir que Ann-Mary avait veillé l'espace d'un instant sur Emily alors qu'elle doutait de la venue de son équipe lui mit du baume au cœur. Au moins, pendant quelques temps s'était-elle sentie non pas protégée du moins rassurée.
Le reste de l'équipe n'arrivant pas, le jeune homme se leva brusquement faisant presque sursauter sa voisine qui le regarda pourtant sans interrogation dans le regard. Elle savait où il allait. Reid s'éloigna à grand pas mais se fit interpeller une dernière fois par Ann-Mary.
    - Agent Reid !
    - Docteur. Docteur Reid, rectifia-t-il plus par habitude que par volonté.
    - Docteur Reid, je voulais que vous sachiez ...
    - Je sais, la coupa-t-il d'une voix sourde tout en se tournant vers son interlocutrice. Il se peut qu'elle n'en sorte jamais.


**

Morgan regarda la civière passer devant lui et, caché sous le drap blanc, le corps de George Parkson. Pas un seul instant il n'avait hésité à tirer sur cet homme. Regrettait-il maintenant ? Non, sans aucun doute. Une main pressa son épaule dans une poigne vigoureuse mais Morgan n'eut pas la force de se retourner pour voir de qui il s'agissait. Une chose le préoccupait : maintenant que tout était fini il fallait ramener Cassandra chez elle et établir un rapport sur la mort de Parkson avant de pouvoir seulement rendre visite à Emily. Certainement pourraient-ils rendre des comptes sur les circonstances de la mort de leur suspect après avoir pris des nouvelles de leur amie. Son portable vibra dans sa poche et Morgan l'en sortit précipitamment. Fut-ce de la déception qu'il ressentit en voyant le nom de Garcia s'afficher à l'écran ? Il ne chercha pas à savoir.
    - Morgan ?

La douce voix chevrotante à l'autre bout du fil le fit frissonner.
    - Baby girl je suis désolé.

Il entendit aussitôt un sanglot étouffé par un cri de détresse et comprit immédiatement la pensée de la jeune analyste.
    - Prentiss est vivante, bafouilla-t-il. Mais je suis désolé de ne pas t'avoir prévenu plus tôt. J'ai oublié, avoua-t-il à voix basse.
    - Oh mon Dieu ! soupira-t-elle de soulagement. Est-ce qu'elle va bien ? Elle est à côté de toi ? Passe la moi ! Et Parkson vous l'avez eu ? Est-ce que vous avez arrêté ce fou ?

Les questions fusaient. Morgan l'écouta distraitement, profitant pleinement de ce court instant de joyeux babillage et une fois que Garcia eut fini, il se demanda comment répondre à cette montagne d'interrogations sans s'attarder.
    - Parkson est mort. Prentiss est partie en ambulance à l'hôpital Sutter Health Sacramento. Elle ne respirait plus quand nous sommes arrivés mais Ann-Mary Keenan a réussi à la réanimer. Parkson lui a fait du mal Garcia … beaucoup de mal.

Il y eut un silence qu'aucun des deux ne souhaita combler. Puis Garcia reprit la parole :
    - Que va-t-il se passer maintenant ?
    - Ça va aller.

Morgan ne trouva rien d'autre que cette banalité stupide et le ton abattu qu'employât son amie pour répondre le lui fit comprendre.
    - Comme tu dis, ça va aller.
    - Garcia, c'est de Emily dont on parle. Et quand on parle de Emily la seule chose que l'on puisse dire c'est que ça ira. Parce que c'est elle la sale tête de mule qui ne lâche rien ! Alors, ça n'ira peut-être pas demain, peut-être pas après demain non plus mais un jour, ça finira par aller.

Il l'entendit rire légèrement et cet éclat le réconforta; certainement revoyait-elle l'expression renfrognée de Emily et l'impétuosité de la jeune femme face à la défaite. Un profond soupir succéda à l'allégresse momentanée puis Garcia informa Morgan qu'elle rejoignait Reid à l'hôpital avant de raccrocher. Le jeune homme resta à considérer son téléphone portable l'esprit vide longtemps après la fin de la communication.
Ce fut le moteur du 4x4 qui le tira de sa contemplation et il lança un dernier regard sur ce cabanon que Emily haïrait probablement toute sa vie. Avec une extrême lenteur qui ne lui ressemblait pas il prit place à l'avant du SUV côté passager laissant Hotch conduire dans un silence de plomb. Avec eux, Lainey Johnson, la mère biologique de Parkson pleurait silencieusement, laissant échapper de temps en temps un gémissement de désespoir. Combien de temps faudrait-il à cette femme pour accepter le fait que son fils qu'elle ne connaissait que depuis quatre ans soit un assassin ? Morgan haussa vaguement les épaules à cette pensée, les yeux rivés sur la plaine alentour; Lainey Johnson s'en remettrait toujours plus vite que Emily. D'ailleurs Emily serait-elle toujours vivante lorsqu'ils arriveraient à l'hôpital ? Il vérifia son portable plusieurs fois pendant le trajet du retour mais ne reçut aucun message de Reid. Bonne ou mauvaise nouvelle, il n'aurait su le dire. Fixant de nouveau son regard sur l'horizon éclairé de scintillements étoilés, il laissa le flot de pensées le submerger.

Ce fut Rossi qui raccompagna Cassandra chez elle. La jeune femme, toujours en état de choc, marmonnait entre ses dents et l'agent ne chercha pas réellement à comprendre ce qu'elle disait. Tout ce qu'il put distinguer dans ce flot de paroles sans queue ni tête fut cette phrase : « ce fou a failli la tuer ». Ce fou : George Parkson. La : Emily Prentiss. Étrangement cette même phrase, mot pour mot, tournait en boucle dans la tête de Rossi. À quelques secondes près, ils n'auraient jamais retrouvé Prentiss vivante et sans l'intervention inopinée de Ann-Mary Keenan, Emily serait morte devant l'incapacité de ses collègues. Curieusement, le dénouement de cette enquête relevait de curieuses coïncidences et rendait la situation alarmante.
Parfois, à la place de cet odieux refrain, le nombre trente-quatre s'imposait à son esprit. Trente-quatre jours. Ce nombre semblait tellement dénué de sens, il ne portait aucune notion réelle du temps qui s'était écoulé entre la disparition de Emily et maintenant. Personne n'aurait pu décrire ce que ces derniers trente-quatre jours avaient représenté pour eux. Le temps s'était étiré à n'en plus finir jouant avec leurs nerfs comme avec leur corps. Ils étaient tous épuisés, exacerbés à la moindre peccadille, harcelés par la peur d'entendre le téléphone sonner une patrouille leur annonçant la découverte du corps de Emily au sud de cette damnée départementale 80. Et si eux avaient mal vécu cette période qu'en était-il pour elle alors ? Avait-elle seulement eu conscience du temps passé ?
Bien sûr, avec son air calme et son regard posé, Rossi ne laissa rien paraître du trouble intérieur qui l'habitait et il se borna à fixer la route sans un regard pour sa passagère qui baragouinait toujours.

Garcia arriva avant les autres membres de l'équipe à l'hôpital Sutter Health Sacramento. Elle était montée dans un taxi la mine sombre et les yeux humides. Il fallait qu'elle constate par elle-même l'état de santé de son amie pour juger la gravité de la situation et ne surtout pas se fier au ton accablé de Morgan. Mais Morgan ne parlait jamais avec autant d'inquiétude et d'émotion dans la voix. Voilà pourquoi elle paniquait. Et elle eut beau se répéter sans cesse d'arrêter son délire, elle ne parvint pas à oublier les visions d'horreur qui brouillaient sa vision. Ainsi, lorsque Garcia débarqua aux Urgences, elle se précipita à l'accueil et demanda à voir l'agent du FBI Emily Prentiss. La jeune secrétaire devant elle la détailla sans retenue avec des yeux ronds.
    - Margaret, lut-elle sur la petite plaque que portait à la poitrine la jeune blondinette, je suis du FBI et j'aimerais voir mon amie qui a été admise ici il y a une heure peut-être.

Devant le manque de réaction de la Margaret en question, Garcia posa son sac sur le comptoir et se mit en quête de sa carte témoignant de son appartenance au FBI.
    - Elle doit être quelque part dans tout ce bazar. Je l'ai toujours avec moi. En même temps, si ils pouvaient la faire un peu plus grande, ça ne serait pas du luxe. Ces « ils », que je ne connais pas en passant, n'ont assurément pas de sac pour ne pas y avoir pensé. Peut-être y a-t-il des femmes dans ces « ils » mais dans ce cas-là, elles n'ont pas de sac non plus. Et colorée la carte par la même occasion, ça serait plus joli. Bon sang, où est-ce qu'elle est ?
    - Excusez-moi. Je crois vous reconnaître. Vous êtes du FBI, n'est-ce pas ?

À cette phrase, Garcia fit volte-face et trouva Ann-Mary Keenan devant elle, un sourire bienveillant illuminant son visage et le regard interrogateur. Garcia confirma d'un hochement de tête et lui sourit en retour.
    - Penelope Garcia, dit-elle en tendant une main ornée de bagues extravagantes dont l'une portait des plumes bleutées. Nous nous sommes vues au commissariat de police. Ann-Mary …
    - Keenan mais Ann-Mary suffira. Suivez-moi, je vous accompagne à la chambre de votre amie. Un de vos collègues est déjà à son chevet.
    - Merci mon Dieu, sans vous je ne m'en serais jamais sortie. Mais assez de bavardage, comment va Emily ?
    - Elle est dans le coma.
    - Dans le coma, répéta Garcia incrédule.
    - L'agent Prentiss porte de nombreuses blessures au niveau du crâne. On suppose que sa tête a percuté plusieurs fois une surface solide et les contusions sont récentes, elles saignaient encore en arrivant à l'hôpital.
    - Ce qui veut dire que …
    - Dix minutes avant l'arrivée de votre équipe Emily n'avait rien, conclut Ann-Mary.

Garcia s'arrêta nette à cette nouvelle. Ann-Mary, comprenant son effroi, revint sur ses pas et poussa délicatement la jeune femme, l'obligeant à avancer. Une chambre les séparait de celle de Emily et lorsqu'elles se retrouvèrent face aux baies vitrées donnant sur l'intérieur de la pièce, la jeune analyste fut incapable d'esquisser le moindre mouvement. Devant elle se tenait Emily allongée dans un lit, le corps totalement immobile. Son teint agréablement pâle habituellement était totalement livide et aurait fait fuir n'importe quel fantôme. Ses cheveux avaient été coupés sans aucun égards, certains étaient encore assez longs pour lui tomber sur le visage tandis qu'à divers endroits des trous altéraient l'harmonie de sa chevelure. Des cernes encerclaient ses paupières closes, elle avait un œil au beurre noir, des hématomes sur les joues et le front, l'arcade sourcilière recousue et des empreintes violacées autour du cou. Maintenant Garcia tenait une vraie raison de paniquer. D'une main fébrile elle ouvrit la porte coulissante et se glissa dans la chambre sans que Reid ne tourne son regard vers elle. Ann-Mary, elle, retourna à l'accueil attendre le reste de l'équipe. Garcia s'avança lentement vers le lit entouré de machines bruyantes. Reid tenait la main de Emily dans la sienne et Garcia nota les deux doigts pansés.
    - Qu'est-ce que Parkson lui a fait ? demanda-t-elle sans détacher son regard des bandages.

Reid, une fois la surprise passée de trouver quelqu'un là, bégaya :
    - Elle a deux ongles arrachés.

Garcia plaqua une main devant sa bouche pour retenir des vomissements. Quelque chose lui soufflait que ce n'était pas tout, que son amie avait subi bien pire, qu'en s'approchant un peu plus elle verrait d'autres séquelles. Et quand Reid explicita les blessures corporelles de Emily qu'elle répugna à entendre, Garcia ne put retenir des nausées.

Enfin arriva le reste de l'équipe. Entra d'abord Hotch suivi de Morgan et Rossi, Ann-Mary fermant la marche. Tous s'installèrent autour du lit de la blessée et personne ne put détourner le regard de ce visage paisible. Ils restèrent un moment murés dans un silence pesant que seuls les signaux stridents du monitoring venaient interrompre à intervalle régulier. Alors qu'ils patientaient de la sorte, ne sachant pas réellement ce qu'ils espéraient, un homme en blouse blanche frappa à la vitre et entra dans la pièce sans en attendre l'autorisation. Il était grand et mince, les sourcils froncés et un air grave que le temps avait fini par ancrer définitivement sur son visage. S'éclaircissant la voix, il se présenta comme le Docteur Gruau dont l'accent trahit ses origines françaises. En reconnaissant Ann-Mary, il fit un signe de tête auquel elle répondit par un maigre sourire, le temps n'était pas tellement aux bavardages entre collègues. Le Docteur Gruau prit soin de vérifier les constantes de sa patiente, griffonna quelques chiffres sur la plaquette en bout de lit et finit par se retourner vers eux dont les yeux suivaient le moindre de ses faits et gestes.
    - Le bilan de santé de votre amie n'est pas réjouissant, déclara-t-il en guise de préambule. À l'heure actuelle, elle se trouve dans un coma profond qui, d'après nos constations, fait suite à un traumatisme crânien. Cela veut dire qu'elle n'a aucune réaction aux stimuli douloureux. Il faut que vous sachiez qu'il est impossible de déterminer la durée d'un coma, les chiffres varient de quelques jours à plusieurs semaines. Il existe des cas rares de réveil après des années de coma mais nous n'en sommes pas encore là. Les constantes de Madame Prentiss sont globalement correctes mais nous allons surveiller ça de très près les heures à venir.
    - Pour ses blessures, qu'est-ce qu'elle a exactement ? se renseigna Hotch.
    - La liste est longue vous pouvez me croire. Tout d'abord, Madame Prentiss compte quatre plaies faites à l'arme blanche au niveau de l'abdomen, plaies que l'on a retrouvé suturées et dont Madame Keenan nous en a fourni l'explication. Les coups portés n'ont touché aucun organe, il n'y a eu aucune infection non plus et les sutures ont même servi à stopper l'hémorragie ce qui est un bon point. Mais nous avons tout de même dû retirer les fils pour la recoudre à nouveau, cette fois-ci dans des conditions plus saines. Elle a également de nombreuses côtes cassées dont certaines se sont mal consolidées et d'autres fendues, résultats de violences répétées. Heureusement aucun poumon n'a été touché. On a aussi noté deux ongles de la main gauche arrachés récemment et la clavicule gauche était démise. Les blessures les plus anciennes sont celles portées aux pieds et au genou. Les deux voutes plantaires ont été brûlées mais se sont cicatrisées on ne peut donc rien faire. Aucune infection notée à ce niveau. Par contre, ce qui est là bien plus grave et ce qui m'inquiète réellement c'est le genou. Nous n'avons pratiqué aucun examen approfondi pour le moment mais il va s'en dire que le genou droit est totalement cassé et que les fractures remontent à un bon moment. Une radio nous confirmera la chose bien entendu et nous donnera la date exacte mais le rétablissement de l'articulation sera long et peut-être incomplet.
    - Est-ce tout Docteur ? questionna à son tour Morgan qui, tout en écoutant, n'avait pas lâché Emily du regard.
    - Juste une chose. Il se peut qu'il y ait autre chose dont nous ne sommes pas encore sûrs car pendant le lavage d'estomac nous avons remarqué la présence d'un liquide étrange. Des analyses nous le confirmeront mais nous pensons à des ingestions et inhalations d'eau de Javel. Si cela se trouve être confirmé il se peut qu'il y ait des brûlures internes conséquentes. Pour le moment nous continuons nos examens avant de rendre un bilan de santé final. Maintenant, si je puis me permettre, rentrer vous reposer. Votre amie est entre de bonnes mains et si son état s'améliore, nous vous tiendrons au courant.

Chacun sortit la tête basse et desserra les lèvres uniquement pour saluer le Docteur Gruau. Le lendemain, ils apprirent que Emily avait ingéré trois ou quatre fois des doses d'eau de Javel au cours de sa captivité, heureusement pas trop concentrées. Cela écartait ainsi toutes complications possibles mais la souffrance qu'elle avait enduré, elle, ne faisait que s'accroitre au fil des nouvelles.
Ainsi passa les premiers jours qui suivirent la libération de Prentiss, les agents du FBI contraints de regagner Quantico, à l'exception de Garcia qui resta veiller sur son amie, et Emily toujours plongée dans ce profond sommeil d'où rien ne pouvait plus l'atteindre. Garcia informa JJ de la situation et celle-ci promit de venir visiter Emily le plus rapidement, son emploi du temps au Pentagone ne lui permettant pas d'absences improviste malgré l'état critique dans lequel se trouvait l'une de ses plus proches amies et ancienne collègue.

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Long chapitre pour commencer.
Dites-moi tout !
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NTACvic
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MessageSujet: Re: Tel est pris qui croyait prendre/Et maintenant ?   Ven 24 Déc 2010 - 16:59

Je te dis tout:

-Cette troisieme partie est geniale, comme les deux premieres!
-J'aime beaucoup le fait que maintenant, tu t'interesses aux consequences psychologiques de cette affaire sur les differents personnages.
-Je trouve ta facon d'ecrire et tes descriptions tres belles.
-La vache, pauvre Emily, quand meme... Tout ce qu'elle a subi... T'es cruelle avec elle (n'est-ce pas bizarre, cette phrase, surtout venant de quelqu'un qui lui fait subir des tortures dans sa propre fic??? scratch sourit2 )

Donc, BRAVO !!!!!!!!!!!!!!!!! top_1 top_1 :applaud2:
Et comme tu l'auras compris, je suis impatiente de decouvrir les suites!!!!!!!!!!!!!! :jesais: faim1

Enfin, tres bonnes fetes de fin d'annee!!!!!!!!! :santé: :tchin: :yeah:
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MessageSujet: Re: Tel est pris qui croyait prendre/Et maintenant ?   Dim 26 Déc 2010 - 10:38

Merci beaucoup ! sourit1

Je te souhaite également de bonnes fêtes de fin d'années, pleines de joie, de bonne humeur et de fête !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! :tchin:
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MessageSujet: Re: Tel est pris qui croyait prendre/Et maintenant ?   Lun 27 Déc 2010 - 12:54

Petite suite d'après Noel !

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Le lendemain, Hotch, Rossi, Morgan et Reid avaient dû rentrer de toute urgence à Quantico, convoqués par Strauss. Ils avaient donc pris l'avion, direction les emmerdes comme l'avait si bien exprimé Morgan en jetant sa valise sur le tapis d'enregistrement avec rage. Si jusque là, personne n'avait vraiment rien trouvé à dire, la conversation fila bon train durant tout le vol, manifestant ainsi la retombée de stress accumulé ces dernières semaines. On évitait de parler de la dernière enquête, de la raison qui les amenait à un retour si précipité et encore moins de Emily. Ces sujets tabous seraient assez vite abordés pour éviter d'en parler pour le moment. La nuit suivant la libération de Emily, ils n'avaient pas beaucoup dormi. C'est pourquoi les têtes tombaient lourdement sur les dossiers et les corps se nichaient au fond des sièges, à plusieurs reprises ils clignèrent farouchement des paupières pour rester éveillés car s'endormir égalait à retrouver des pensées qu'ils s'efforçaient de repousser. Alors ils parlaient, ne laissaient pas retomber la conversation, parfois ils imposaient des silences pour donner l'impression d'une conversation banale entre amis et non pas un besoin évident de bavarder sans interruption pour éviter de se perdre dans de noires ruminations. Mais le flot de paroles finit par se perdre, on ne savait plus quoi dire ni quoi penser. À force de rejeter toujours plus loin les pensées touchant à la situation actuelle, celles-ci finirent par se mélanger au reste. On entrevoyait dans chaque sujet la possibilité de dévier sur un terrain glissant que personne ne se sentait le cœur à affronter. Alors on préféra se taire et le silence reprit son droit.


Après avoir atterri tard dans la nuit, chacun avait regagné son domicile. Ils s'étaient séparés avec des sourires vagues où se cachaient les non-dits. Ce fut le lendemain matin, au bureau de la BAU que l'atmosphère changea. Hotch avait été convoqué seul en tant que chef d'équipe dans le bureau de Strauss. Porte fermée, stores clos. On n'aurait su dire ce qu'il s'y passait. Les trois autres membres de l'équipe étaient au téléphone avec Garcia qui leur donnait des nouvelles – sans grands changements – de Emily lorsque Hotch pénétra dans la salle de briefing et claqua la porte derrière lui. Le ton guilleret de la jeune analyste ne suffit pas à dérider leur supérieur dont les traits, s'il était encore possible, s'étaient tendus un peu plus.
    - Qu'est-ce que vous voulez Strauss ? demanda Morgan d'un ton badin après avoir raccroché avec Garcia.
    - On nous demande des comptes sur la mort de Parkson. Ça vient de tout en haut cette fois. Il y aurait des incohérences dans nos rapports ou pour reprendre les mots de Strauss : « Nos rapports ne correspondent pas à la mort de cet individu ». Ils se sont rendus compte de notre supercherie.

Lorsque l'équipe était arrivée sur place, Parkson n'était pas armé, il n'était dangereux pour aucun des agents ni pour les victimes puisque Morgan avait réussi à l'en écarter. Les trois balles qu'avaient reçu cet assassin avaient donc dû être justifiés. Ainsi les quatre agents avaient volontairement oublié de rapporter quelques détails espérant éviter les ennuis.
    - Nos postes sont en jeu, ajouta Hotch en posant ses deux poings sur la table.
    - Qu'est-ce que tu proposes ? s'enquit Rossi dont l'air calme n'avait pas quitté son visage.

Il y eut un silence. Chacun réfléchissait. Sans crier gare Morgan se leva et, comme Hotch précédemment, frappa des deux poings sur la table.
    - Écoutez Hotch, personnellement je n'en ai rien à foutre que le Bureau nous mette dehors. J'ai fait ce que j'avais à faire. Parce que c'est nous qui avons envoyé Prentiss là-bas ! C'est à cause de nous si à l'heure actuelle elle est dans le coma ! Alors, que le Bureau nous mette à la porte si ça leur chante, ça ne changera rien à la culpabilité que j'éprouve envers Prentiss. Si j'ai pu aider une amie à se débarrasser de ce démon je ne regrette rien. Demain c'est elle qui se réveillera la nuit hantée par ses souvenirs, pas nous ! Et au moins, elle pourra avoir la certitude de ne plus jamais recroiser la route de ce monstre.

La voix de Morgan s'effaça dans un murmure rauque alors qu'il se rasseyait. Il savait de quoi il parlait, tout le monde en eut conscience aux tremblements de sa voix. Ce qui avait été passé sous silence jusque ici était maintenant intelligible. Plus personne ne pouvait se défiler. La sombre réalité s'étalait désormais sous leurs yeux. Leur responsabilité, les remords, la culpabilité et tout ce qui allait avec. Voilà ce qu'ils ne pouvaient plus éluder à présent.
    - D'après toi, nous devrions dire ce qui s'est réellement passé, en conclut Hotch.

Morgan ne se donna pas la peine de répondre et se contenta simplement de hocher la tête.
    - Qu'est-ce que tu en dis Dave ?

Hotch s'était tourné vers Rossi qui regardait fixement devant lui, les doigts joints comme s'il réfléchissait.
    - Je suis d'accord avec Morgan. Nous n'avions peut-être pas le droit de décider du sort de Parkson mais Emily compte le plus et si l'aider signifiait tuer Parkson alors je suis prêt à en assumer les conséquences.

Hotch soupira bruyamment. Il aurait aimé argumenter contre ce piège de la culpabilité mais quelque chose l'en retenait, il n'aurait su dire quoi mais au fond de lui, il savait parfaitement que ses amis avaient raison. Il haussa les épaules pour exprimer sa résignation. La décision n'avait pas été longue à prendre, Strauss s'en étonnerait et discuterait leur choix mais parlerait pour ne rien dire. Une fois la décision prise, ils ne reviendraient pas en arrière.
    - Si vous devez donner des noms, j'aimerais que vous me mettiez dans le lot, annonça Reid d'une voix timide. Je sais que je n'ai pas tiré sur Parkson et qu'il n'y a eu que trois balles mais je ne veux pas être le seul à ne pas porter le chapeau.
    - Hors de question, décréta Hotch sans même y réfléchir à deux fois.
    - Nous sommes une équipe Hotch, j'en fais partie et je ne vous laisserai pas tomber. C'est mon droit de vouloir faire ça, je n'essaye rien de prouver, juste de faire ce que je trouve le plus juste.
    - Tu sais ce que tu risques si je fais ça ?
    - Oui, j'en suis conscient, conclut le jeune Docteur en se pinçant les lèvres.

Hotch secoua la tête en signe d'insatisfaction mais n'argumenta pas pour faire changer ses collègues d'avis.
    - Vous avez des regrets ? demanda soudainement Morgan en rivant sur lui son regard le plus noir.
    - Je n'en sais rien, répondit-il franchement en se levant. Bon, je vais expliquer notre cas à Strauss, je vous tiendrai au courant des suites.
    - Nous t'attendons ici, affirma Rossi sans consulter ses deux autres collègues.

Personne ne bougea, aucun ne dit un mot. Ils regardèrent la porte se refermer scellant leur destin sans broncher et sans peur du résultat final.


Hotch porta deux coups secs à la porte du bureau et attendit que Strauss lui donne l'autorisation d'entrer. Lorsqu'il franchit le seuil, refermant la porte derrière lui, il ne manqua pas de remarquer l'étonnement dans son regard. D'un signe de tête autoritaire, elle lui fit signe de s'asseoir offre qu'il déclina poliment.
    - Je ne vais pas tergiverser, dit-il promptement les mains dans le dos. Nous reconnaissons notre part de responsabilité dans la mort de Parkson et nous admettons qu'il n'y avait aucune raison d'ouvrir le feu sur le suspect.
    - Pardon ? demanda Strauss en retirant lentement ses lunettes.
    - Excusez-moi, je précise. Aucune raison menaçante d'ouvrir le feu.
    - Êtes-vous en train de me dire que vous et votre équipe avez délibérément tiré sur un suspect ?
    - C'est exact Madame.
    - Êtes-vous devenu complètement fou agent Hotchner ?

Le ton était monté, Strauss s'était levée mais Hotch ne le remarqua même pas. Il gardait le même air impassible presque dédaigneux.
    - Oui Madame, nous étions fous de rage en trouvant l'agent Prentiss laissé pour morte. Fous de rage contre nous et contre le malade que l'on traquait depuis plus d'un mois. Vous voulez savoir ce qui, moi et mes collègues, nous a décidé à appuyer sur la détente ? Je vais vous le dire. Parkson étranglait Prentiss sans défense, Morgan a réussi à le contrôler sans problème et ça en serait resté là si nous n'avions jamais vu la suite. La suite c'est-à-dire l'agent Prentiss et du sang … Partout du sang. Sur elle, sur lui, par terre, sur les murs. Et puis tout le reste ! Son visage livide et tordu de douleur alors que déjà, la vie avait quitté son corps. Ce fou lui a fait subir des sévices inimaginable dont nous n'en connaitrons jamais la totalité et dont le secret sera une torture quotidienne pour elle. Il suffisait de regarder son corps abîmé pour comprendre ce qu'il s'était passé. Même les lieux empestaient le crime ! Elle a vécu trente-quatre jours de souffrance et de solitude face à ce monstre. L'agent Prentiss s'est sacrifié pour sauver la vie de deux femmes tout au moins, elle a décidé de vivre l'enfer sans jamais être certaine d'en voir la fin. Et nous sommes peut-être des agents du FBI Madame, mais nous ne sommes pas des super héros, lorsque l'on nous blesse, nous sentons la douleur. Pour tout vous dire, ce que nous avons vu ce jour-là n'est pas prêt de nous quitter. Mais le pire de tout c'est que l'agent Prentiss n'oubliera pas. Jamais elle ne pourra se défaire de ce fardeau. Car les souvenirs sont tenaces. Précis et vicieux. Alors voilà. Voilà ce qui vous passe par la tête en un millième de seconde quand vous décidez d'abattre de sang-froid un individu tel que Parkson. Effectivement, nous n'avons aucun droit de vie ou de mort sur les criminels, j'en suis conscient. Nous aurions dû rester objectifs et professionnels mais nous sommes des êtres humains après tout, peut-être même des animaux dans ce cas, et quand on s'attaque à un membre de la famille, les autres réagissent, n'est-ce pas ? Eh bien c'est ce que nous avons fait, nous avons réagi.
    - Est-ce tout agent Hotchner ?
    - Il faut savoir où sont nos priorités. Mon équipe m'a aidé à trouver les miennes. Si l'on a pu offrir cette espèce de répit à l'agent Prentiss alors oui, c'est tout.
    - Encore une dernière question : qui a tiré ?
    - Nous sommes une équipe, fut la seule réponse qu'elle put obtenir.

Et n'ajoutant rien à cela, Strauss hocha imperceptiblement la tête et laissa Hotch sortir calmement de la pièce.

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J'espère que vous avez passé de Joyeuses fêtes de Noël et qu'il en ira de même pour la nouvelle année !
Je vous souhaite pleins de bonnes choses et vous dis à bientôt !
Very Happy
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MessageSujet: Re: Tel est pris qui croyait prendre/Et maintenant ?   Lun 27 Déc 2010 - 15:13

Genial, tu as fait revenir Strauss !!! Oui, parce que Strauss = pepins (ou emmerdes comme tu l'as ecrit)... Et j'adore quand la politique entre en jeu et menace notre team!!!!!

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MessageSujet: Re: Tel est pris qui croyait prendre/Et maintenant ?   Jeu 6 Jan 2011 - 11:46

Suite :)

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Garcia pianotait sur son ordinateur portable tout en parlant. De temps en temps elle relevait la tête, fixait de grands yeux inquisiteurs vers Emily toujours alitée en face d'elle comme attendant une réponse de sa part ou une objection puis, voyant qu'aucun son ne viendrait alimenter la conversation, elle retournait à ses occupations sans cesser toutefois de parler. Garcia faisait les questions, les réponses, elle argumentait, trouvait le pour comme le contre, racontait des anecdotes, parlait de l'équipe dont elle prenait des nouvelles tous les jours, taquinait Emily sur ses différents défauts qu'elle avait relevait au fil des années, commentait le temps ou la vue sur le parking que donnait la fenêtre de la chambre, elle amusait le personnel, essayait de se distraire elle-même, râlait parfois contre les infirmières mais gardait par dessus tout sa légendaire bonne humeur.
    - Tu sais que les ordinateurs sont interdits ici.

La jeune analyste redressa vivement la tête en direction de cette voix connue et sourit en voyant JJ se faufiler dans la pièce. Aussitôt elle fut sur ses pieds, prenant tout de même le temps de poser délicatement son ordinateur sur la chaise, et se jeta dans les bras de la jeune blonde qui venait de faire son apparition. JJ n'avait pas rappelé depuis le dernier coup de fil de Garcia mais elle s'était arrangée pour se libérer et venir au plus vite. Trois jours plus tard elle était là, en chair et en os à Sacramento, venue spécialement pour prendre des nouvelles de Emily.
    - Tu parlais toute seule ? s'enquit JJ en repoussant Garcia et portant son regard sur Emily.
    - On dit que les patients dans le coma entendent ce que l'on dit alors je l'occupe parce que ça doit être vachement long dans ce trou noir, tu ne penses pas ?

Malgré l'atmosphère tendue, Garcia gardait cet esprit malicieux et inaltéré par les ans qui fit sourire JJ. Avec Penelope pour compagnie Emily ne devait pas s'ennuyer, JJ n'avait aucun doute là-dessus, même égarée dans les abîmes du plus profond des sommeils. Son sourire se figea lorsqu'elle se rendit compte d'un détail qu'elle n'avait pas noté jusque là.
    - Garcia, pour … Pourquoi Emily est-elle … ?

JJ ne put finir sa phrase et montra d'un geste fébrile la tête chauve de leur amie. Garcia ne perdit rien de sa contenance et expliqua dans un haussement d'épaules :
    - Les médecins lui ont rasé la nuque pour pouvoir recoudre. J'ai demandé à ce qu'on lui rase aussi le crâne pour garder une harmonie.
    - Mais … ses cheveux ?
    - Parkson lui avait …

À cet instant sa voix fléchit et ses yeux s'humidifièrent un peu, donnant à JJ la mauvaise impression d'arriver trop tard.
    - Disons qu'elle n'avait plus sa belle chevelure d'autrefois. Elle est mieux ainsi, assura-t-elle en posant son regard le plus affectueux sur Emily. Et puis, je lui ai acheté tout ce qu'il faut !

La vraie Garcia revenait au galop, pensa JJ et sans qu'elle ne s'en rende compte, lâcha un soupir de contentement. Elle regarda la jeune femme se précipiter sur le seul et unique placard de la pièce qui, il fallait bien le reconnaître, ne servait pas à grand chose, Emily gardant la même tenue verte pâle attribuée à chaque patient. Elle en sortit un sachet d'où dépassés des morceaux de tissus colorés.
    - D'abord les foulards de tête. C'est fashion ! J'en ai pris plusieurs pour qu'elle change tous les jours. Regarde celui-ci je l'adore, je trouve les petits chats verts dessinés dessus vraiment mignons.

L'air sceptique de JJ à la vue de ces foulards haut en couleur parut décourager Garcia un instant. Mais elle se reprit en un clin d'œil et sortit d'autres foulards, une lueur enfantine dans le regard.
    - J'en ai choisi des plus sobres. Noir, bleu ciel, marron. C'est beaucoup moins fun mais beaucoup plus en accord avec le style de Emily tu me diras. Attends, ce n'est pas fini j'ai aussi les bonnets.

Recommença une longue liste encore plus farfelue que la première. JJ découvrit avec horreur un bonnet de Père Noël, un autre avec des oreilles de chats et encore un avec des pompons. La jeune femme ne put s'empêcher de rire à la vue d'un chapeau en forme de citrouille ce qui ne vexa pas Garcia mais la fit rire aussi.
    - Je lui demanderai de me le prêter si elle ne le met pas, avoua la jeune analyste en rougissant légèrement.
    - Je suis sûre qu'elle te le donnera volontiers.

Le fou rire reprit de plus bel et les filles ne firent rien pour l'arrêter. À voir les larmes ruisselant sur les joues de son amie, JJ en conclut qu'elle n'avait pas ri depuis un bon moment. JJ se força à sourire lorsqu'elle vit du coin de l'œil Garcia la regarder mais déjà, son esprit se portait vers Emily. C'était la première fois que JJ la voyait si vulnérable. Elle était là sans réellement y être et cette pensée lui donna la chair de poule. JJ n'avait pas tout su car Garcia lui avait téléphoné en coup de vent à la fin de l'enquête, certainement ne saurait-elle jamais l'entièreté de cette histoire et peut-être était-ce mieux ainsi. Emily, qu'elle regardait maintenant attentivement, apparaissait comme un être surhumain aussi fragile fût-elle à cet instant précis. Un mois à endurer les pires atrocités sans aucun signe de ses collègues, JJ se demanda si elle-même aurait réussi à tenir. Et maintenant, Emily aurait-elle la force de se réveiller ?
    - Elle a reprit des couleurs, assura la voix douce de Garcia qui avait passé un bras autour des épaules de JJ.
    - Tu t'es posée la question ? demanda-t-elle alors, sans préciser le fond de sa pensée.
    - Oui je me la suis posée.
    - Qu'est-ce que tu penses ?
    - Qu'il faut laisser faire le temps et espérer le meilleur sans pour autant occulter le pire.

JJ se tourna vers son amie, le regard plein de larmes, un sourire en coin accroché aux lèvres.
    - Sage pensée.
    - Qu'est-ce que tu crois ? J'ai des années d'expériences avec vous qui courez à droite et à gauche sauver le monde et qui oubliez de vous sauver vous-même.

JJ rit franchement cette fois. Garcia était tout ce que l'équipe pouvait compter de mieux. Sa fantaisie restait intacte même après ce qu'ils venaient de traverser.
    - Viens. Allons faire un tour et tu me parleras un peu de toi, proposa JJ en glissant son bras sous celui de son amie.
    - Et Emily, on la prend avec nous ? railla Garcia en levant les yeux au ciel.
    - Tu sais, je ne crois pas qu'elle aille bien loin.

Le regard de Garcia se voila l'espace d'un instant avant qu'un sourire enjoué ne reconquisse ses lèvres. JJ n'avait pas tord, Emily n'irait nulle part. Mais …
    - Un petit tour pour que tu prennes l'air, insista JJ voyant qu'elle ne détachait pas ses yeux de Emily. Je te promets qu'on sera revenue avant qu'elle n'ouvre un œil.
    - Alors dépêchons !

Garcia avait attrapé son écharpe et son manteau posé sur un fauteuil et était déjà dehors. JJ secoua la tête en riant et sortit à son tour.

**

Après une rapide promenade dans les jardins de l'hôpital, Garcia et JJ firent le chemin inverse d'un pas pressé pour rejoindre les bâtiments. Lorsque les deux jeunes femmes regagnèrent la chambre de Emily, elles furent étonnées de trouver, assis près d'elle, leurs quatre collègues du FBI. Elles partagèrent un regard perplexe avant d'entrer dans la pièce. Quatre paires d'yeux se tournèrent alors dans leur direction et tous furent surpris de trouver JJ.
    - Qu'est-ce que vous faites là ? s'enquit alors Garcia, les mains sur les hanches et les sourcils froncés.
    - Qu'est-ce que tu fais ici JJ ? demanda à son tour Reid.
    - Elle épluche des carottes, lança sarcastiquement Garcia. J'ai posé ma question la première alors auriez-vous l'amabilité d'y répondre s'il vous plait.

Elle accompagna sa requête d'un sourire hypocrite qui tira un haussement de sourcils à Morgan.
    - J'adore quand tu fais ça, nota-t-elle. Bon alors, c'est Strauss qui vous envoie ?
    - Nous sommes mis à pied une semaine, annonça Rossi l'air totalement détaché.
    - Tous les quatre ?
    - Tous les cinq, rectifia Morgan. Tu fais aussi partie du lot chérie.
    - Apparemment Hotch a su convaincre Strauss de ne pas nous virer, commenta Reid. Tiens d'ailleurs, que lui avez-vous dit pour notre défense ?
    - Que l'on prendrait deux fois plus de cas.

Tous les yeux s'agrandirent y compris ceux de JJ qui savait très bien où cela les mènerait.
    - Vrai ? gémit Reid.
    - Non, répondit laconiquement Hotch bien qu'un sourire en coin illumina l'espace d'un instant son visage. Maintenant à ton tour JJ. Qu'est-ce que tu fais ici ?
    - Garcia m'a appelé à la fin de l'enquête pour me dire tout ce qu'il s'était passé ces dernières semaines, elle m'a rapidement expliqué pour Emily et je … Je suis venue pour voir comment elle allait et comment vous, vous alliez.
    - Tu n'as pas de souci à te faire pour nous, assura Morgan. Nous irons toujours mieux que Prentiss.
    - Peut-être mais … ça a dû être traumatisant pour vous.
    - On parlera de ça une autre fois, établit Hotch en rejetant la supposition d'un geste de la main. Quand comptent-ils la transférer à Quantico Garcia ?
    - En fin de semaine Monsieur. Ils veulent s'assurer que tout aille bien avant de la transférer.

N'ayant plus grand chose d'autres à partager, ils se turent. Personne ne questionna JJ sur sa nouvelle vie, si elle se sentait bien et si elle aimait son nouveau job. Pourtant ils auraient eu le temps mais d'autres questions les préoccupaient plus pour le moment. Le temps n'était plus compté non, il s'était suspendu à la minute même où Emily était entrée dans le coma. S'ils riaient un peu devant elle, ils ne se sentaient pas le droit de parler de leurs soucis personnels ou même de leur vie sachant que la sienne pouvait s'arrêter d'une minute à l'autre. Alors ils restaient là, le regard vague, un sourire de convenance accroché aux lèvres, des questionnements plein la tête et l'avenir écrit en pointillé. À vingt heures, fin des visites, ils sortirent tous non sans regarder une dernière fois derrière eux.
    - Bonsoir Prentiss.
    - Salut Princess.
    - Fais de beaux rêves ma douce.
    - À demain Emily.
    - Bonne nuit jeune fille.
    - À bientôt Em.


Ils se retrouvèrent tous les six dans un bar un peu plus bas sur la rue. Rossi poussa la lourde porte de l'établissement et se sentit aussitôt engourdi par l'atmosphère de la salle. Une légère odeur d'alcool se mêlait à l'agréable chaleur des lieux. On chuchotait, on riait, on dansait, on vivait.
Ils prirent place tous les six autour d'une table dans un coin donnant une vue d'ensemble sur la pièce faiblement éclairée. Les yeux s'accoutumèrent très vite à la semi-obscurité, les traits se détendirent et les corps se relâchèrent. Ici aucun stress et aucune crainte, juste le moment présent. Ils se contentèrent donc de profiter sans avoir peur de parler ni de rire. Ce soir-là ils oublièrent le monde et ses problèmes, l'homme, le mal et la douleur; ils laissèrent à l'entrée du bar leur peine et leurs doutes; ils s'abandonnèrent à l'ivresse des lieux et trinquèrent avec allégresse à la santé de Prentiss.

**

Le lendemain matin, levés à l'aube, Hotch et JJ partirent pour l'aéroport. Hotch avait décidé de passer un peu de temps avec Jack qu'il avait délaissé plus d'un mois mais qui, à son grand étonnement, ne lui tenait pas rigueur de cette longue absence. JJ, elle, dut reprendre au plus vite le chemin du retour, demandée de toute urgence au Pentagone.
    - Une journée sans moi et leur monde s'écroule, avait-elle dit en riant la veille au soir.

Son rire avait sonné faux, tout le monde s'en était rendu compte mais personne n'avait relevé. Elle assura de passer par Quantico dès qu'elle le pourrait et fit promettre à Garcia de la tenir au courant du rétablissement de Emily.
Rossi, Morgan, Garcia et Reid se retrouvèrent tous les quatre à parcourir les rues de Sacramento sans but précis. Les visites des malades n'étant autorisées qu'à partir de quatorze heures, ils avaient le temps de flâner un peu. Garcia voulut les emmener faire les boutiques ce que les trois hommes refusèrent catégoriquement. Ils se promenèrent donc sous le soleil flamboyant de début octobre à découvrir une ville qu'ils avaient habité pendant plus d'un mois sans jamais réellement l'avoir explorer. Ils se perdirent dans les rues désertées, apprécièrent les commentaires saugrenus de Garcia et se laissèrent envahir par le calme des lieux. Ils trouvèrent une terrasse ensoleillée où ils s'installèrent pour déjeuner. L'or que déposait le soleil sur les façades des bâtiments ramena Rossi à Venise et son premier voyage de noces. Les yeux pétillants de souvenir et un sourire distrait épinglé aux lèvres, il se mit à conter à voix basse quelques bribes de ces souvenirs joyeux comme pour bien se remémorer la beauté de cette ville mystérieuse qu'il n'avait pas revu depuis. Les autres écoutèrent avec un intérêt non dissimulé, les coudes sur la table, le menton posé au creux de la main. Parfois ils jetaient un coup d'œil autour d'eux, s'abandonnaient à leurs propres pensées, perdaient le fil du récit et puis, constatant finalement leur étourderie, plissaient les yeux et reprenaient l'histoire de Rossi là où ils l'avaient laissé.
Vint quatorze heures le moment de s'éloigner en direction de l'hôpital. Ils firent le chemin à pied et durent passer outre les plaintes de Garcia, rompue de marcher avec ses hauts talons. À leur arrivée, ils remarquèrent immédiatement les cinq femmes patientant près de l'accueil. Ils échangèrent des regards ahuris en comprenant l'évidence. Impossible de se tromper, ces femmes avaient quelque chose à voir avec l'enquête qu'ils venaient de boucler. Femme, cheveux noirs, yeux profonds et sombres. Le résultat ressemblait plus ou moins à Emily et l'équation les inquiéta. Un pressentiment indistinct envahit Morgan et une boule de nervosité se forma au niveau de son estomac.
    - Excusez-moi, dit Rossi en s'avançant vers le groupe. Je suis l'agent Rossi du FBI et voici le Docteur Reid, l'agent Morgan et l'agent Garcia. Vous êtes ici pour Emily, n'est-ce pas ?
    - Je m'appelle Katherine Ryan, répondit une jeune fille tendant vers lui une main confiante. Effectivement nous sommes là pour Emily mais … Nous devions rencontrer Ann-Mary Keenan et non le FBI.
    - Ann-Mary m'a parlé d'une surprise en passant hier en début d'après-midi, intervint Garcia en saluant tout ce petit monde d'un sourire chaleureux. C'est vous la surprise, non ?
    - C'est exact.
    - Quel est votre rapport avec l'agent Prentiss ? s'enquit Reid qui jusque là était resté silencieux.
    - Nous … Nous nous sommes croisées.

La voix de Katherine se brisa et elle n'eut pas besoin d'en rajouter, les agents comprirent aussitôt. Chaque jeune femme se présenta alors. Roxane McJary, Victoire Hugues, Béatrice Railey et Cassandra Daxon qu'ils connaissaient déjà.
Le ton brut que Morgan employât alors pour les interroger glaça tout le monde.
    - Qu'est-ce qui vous pousse à vous manifester seulement maintenant ?
    - Il vaudrait mieux ne pas les juger.

Cette voix, ils commençaient à la connaître. Était-ce un hasard si elle intervenait toujours au bon moment ? Morgan pivota sur lui-même, imité par ses collègues, se retrouvant sans surprise face à Ann-Mary. Il ne put retenir un sourire en la voyant là, le regard sévère mais toujours bienveillant. Sourire qu'elle lui retourna instantanément, comprenant et la colère qui l'habitait et sa loyauté envers son amie. Katherine reprit :
    - Si vous voulez tout savoir agent … Morgan, c'est bien cela ?

En le voyant hocher subrepticement la tête elle continua :
    - Parkson en nous relâchant nous a menacé. Il a promis de nous faire subir des choses bien pires que ce que l'agent Prentiss avait vécu. Si l'on parlait, on mourrait. Nous étions déjà passées près de la mort une fois, nous ne voulions pas retenter l'expérience une seconde fois. J'avoue que notre comportement n'a rien d'héroïque, c'était juste de la préservation, un instinct animalier de préservation.

La dite Katherine semblait être la plus jeune des cinq femmes et peut-être la mieux remise des évènements car, contrairement aux autres, le nom de Parkson ne la fit pas frissonner. Elle garda son regard noir planté dans celui de Morgan comme pour s'assurer qu'il comprenait. Tout au contraire ces explications lui furent insuffisantes et il sentit son corps se raidir de rage. Sans prévenir, une main presque maternelle enserra son bras et il n'eut pas besoin de lever les yeux pour savoir qu'il s'agissait de Ann-Mary. C'était tout son calme qu'elle essayait de faire passer au travers de cette poigne et d'un signe de tête, Morgan l'en remercia. Sans la quitter des yeux il se défit docilement de cette étreinte et sortit prendre l'air. À peine se fut-il adossé au mur que Reid le rejoignit. Après un instant de silence, Morgan ne put s'empêcher de poser cette question qui lui brûlait les lèvres.
    - Ça ne te met pas hors de toi ?
    - Ces femmes n'ont pas choisi de donner leur vie pour d'autres, pas comme nous Morgan, et je pense qu'il faut respecter leur choix.
    - Emily n'en serait certainement pas là si l'une d'elles avait réussi à voir plus loin que sa petite personne. Alors quoi, elles n'ont pas eu le courage ? Elles n'ont pas eu le cran d'affronter leur peur et braver la mort ? Parce que tu crois que Emily s'est posée la question elle, quand il a fallu faire un choix ? Tu crois qu'elle a pesé le pour et le contre ? Six fois Reid, six fois elle a défié la mort pour des inconnues et elle s'est peut-être engagée à sauver des vies mais elle n'a pas signé pour mourir à la place des autres. Ne me dis pas que tu trouves ça normal qu'aucune n'ait levé le petit pour l'aider en retour.
    - Je n'ai pas dit ça, se défendit le jeune homme. D'ailleurs je crois que si elles sont là aujourd'hui c'est plus par culpabilité que par reconnaissance. Se taire a engendré chez elles la naissance de remords, elles sont en trouble avec elles-même. Ce qu'elles veulent c'est retrouver une paix intérieure et voir Emily vivante malgré leur silence leur donnera satisfaction. Mais bon ça n'a pas d'importance tu sais; il me semble que Jean Grenier a écrit : « L'égoïsme des autres ne nous fait pas plus de mal que l'esprit de sacrifice de ceux qui nous aiment. »
    - Reid, arrête s'il te plait. Ça n'aide vraiment pas.
    - Tu ne devrais pas être en colère Morgan ça ne sert à rien. Il faut accepter. De toute façon, on ne peut pas changer le cours des choses, n'est-ce pas ?
    - Je ne savais pas que tu donnais aussi dans la philosophie, répondit Morgan d'un sourire en coin. Mais effectivement non, on ne changera pas le cours des choses.

Il y eut un silence durant lequel les deux hommes ne pensèrent à rien.
    - Dis Morgan, tu crois qu'elle va se réveiller ?
    - Il y a plutôt intérêt ! Non mais il ne faudrait pas qu'elle se défile en plus. J'espère bien lui secouer les puces à cette demoiselle et je compte aussi lui faire savoir mon opinion quant à mettre sa vie en danger pour des personnes qui n'en valent pas la peine, Ann-Mary restant l'exception, je n'oublierai pas de préciser.
    - Elle se bat de là où elle est, pas vrai ?
    - Tu parles ! Elle se la coule douce et avec son esprit pervers elle serait capable de prolonger son petit somme uniquement pour le plaisir de nous voir inquiets, plaisanta Morgan en entourant de son bras musclé les frêles épaules de son ami dans une étreinte rassurante. Allez viens petit, allons voir comment se porte notre princesse aujourd'hui.


Quatre jours plus tard, Emily était transférée à Quantico toujours plongée dans le coma.


Fin de la troisième partie

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Hey !

Voici un long chapitre pour rattraper mon absence. J'espère que cette troisième partie vous aura plu.
En ce qui concerne la suite, ça n'avance pas beaucoup. J'ai un manque d'inspiration et de temps aussi qui ne fait pas avancer les choses. Je pense donc qu'il faudra patienter un peu avant de voir la quatrième partie bien que je me concentre dessus tout de même.
J'attends vos impressions !
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