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 Un métier stressant... hu hu hu

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Croc
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Féminin Nombre de messages : 719
Date de naissance : 07/11/1994
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Personnage préféré : Sans hésiter, le Choupinet Spencer Reid !
Loisirs : Lancer des rires machiavéliques, écrire de longs romans psychopates et baver devant le Seigneur Choupinou MGG.
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MessageSujet: Un métier stressant... hu hu hu   Mer 11 Aoû 2010 - 23:29

Heuuu, il est tard, j'ai rien à faire alors j'écris... ouais, mais au lieu de bosser sur mon roman qui n'avance pas --', j'écris une fic sur nos amis de CM, huhu.

Je sais pas si c'est une bonne idée,mais ça m'amuse, alors si ça peu vous amuser, je posterai toujours ^^
Voilà le premier chapitre, il est fort court mais heu voilà ><

Résumé : (y'en aura un autre à la fin du chapitre 1 qui en dira un peu plus ^^)
Nous en rêvons, c'est certain. Travailler à la B.A.U aux côtés de nos idoles... mais elle, elle ne s'y attendait pas. Elle, elle est un peu barge, mais elle, Millicen, elle est très motivée. Elle l'aura ce job ! Même si elle doit en souffrir... et pas de la façon dont elle le croit.

Désolée, c'est pas une histoire d'amour touchante, c'est pas toujours d'un suspens angoissant... c'est plutôt un humour parfois noir, parfois pourri, parfois ... "mais d'où elle sort ça !?" J'ai essayé de respecter au mieux les personnages mais certains pour le moment n'ont pas trop de dialogue... ça va venir ^^

(Ma façon de mettre en place les dialogues est celle d'un texte de théâtre... je ne sais pas pourquoi... ne cherchez pas.)

Dites-moi ce que vous en pensez ^^ Sinon je ne poste plus et je continue pour moi =)

Chapitre 0
Vous qui croyez tout savoir…

Moi.

Je me présente, Millicen Maloir, vingt ans et toutes ses dents, enfin presque. Je suis étudiante en criminologie à Quantico et je compte bien devenir profileuse. Il y a de cela trois semaines, j’ai obtenu un stage avec la meilleure équipe. C’est de la chance, un coup foireux du Hasard, un tirage au sort auquel je ne me souviens même plus avoir participé. Il n’en est que, depuis deux semaines, je suis sur le terrain avec cette équipe… de dingues.
Laissez-moi m’expliquer. Ce stage nous donne la possibilité de travailler comme un profiler, de six heures du matin à presque minuit. Enfin, ces horaires ne sont pas officiels, je ne suis que stagiaire et je m’occupe de plus de paperasse que prévu. En résumé : je passe mes jours et mes soirées avec sept personnes aussi douées que déconcertantes… le stress du métier me direz-vous… vous ne comprenez pas de quoi je parle ? C’est normal, mais ça ne va pas tarder. J’hésite à relater tout ça… si jamais ils lisent ce message… je n’ose y penser. Mais il le faut, pour ma survie…

(Si jamais vous êtes en possession de ce message, appelez Madame Renier, c’est ma dirigeant de stage, elle saura quoi faire… HELP !!!)

Moi il y a deux semaines.


Bon, je respire un coup… l’ascenseur va bien vite… déjà au cinquième ? Déjà au sixième !? Oh non… les portes s’ouvrent…
Millicen : Ne me faites pas de mal !
Hotch : Hmmm… bienvenue dans l’équipe, stagiaire Maloir.
J’ouvre un œil… ils sont tous là, sept, à me dévisager. Self control, tranquille. Un petit sourire ? Bon, quand je serai moins figée… j’agite la main, ça, j’y arrive.
Garcia : Bienvenue avec nous petite, si t’as besoin d’un renseignement, c’est à mon esprit de génie que tu t’adresses… et si tu veux te faire battre à Tetris aussi, ajouta-t-elle plus bas.
Sa coiffure me laissa perplexe… ils avaient plus de caractère vivants que sur une photographie… Le premier qui m’avait adressé la parole était l’agent Hotchner, le patron, le big boss, celui qui donne les ordres. Je lui souris faiblement. La blonde à côté de lui devait être Jennifer Jareau, agent de liaison… et à sa droite… comment déjà ? Emily… Prent-quelque chose. Le sourire charmeur et les bras musclés, Derek Morgan, aucun doute. Le plus âgé… Rossi ? Et celui qui buvait du café, Reid. Spencer Reid. Il me fit signe de la main.
Morgan : Alors, prête à coincer des serial killeurs ?
Reid : Savais-tu que deux stagiaires sur trois échouaient de manière lamentable à leur première enquête et que…
Hotch : Reid… tu lui fais peur.
Celui-ci hocha la tête et plongea le regard dans son café.
Millicen : Heu. Enchantée de vous connaître ?
Rossi : Nous aussi. Tu vas vite t’habituer à nos… habitudes.
L’ensemble de l’équipe sourit de façon… presque cruelle. Mais cela se passa tellement vite que je mis cette expression sur le compte de mon stress et de ma paranoïa.
Emily : Viens, je vais te montrer ton bureau.
Reid : Il est à 86 centimètres du mien… donc, si t’as besoin de quelque chose… demande.
Je hochai vigoureusement la tête.

Deux heures plus tard…


Bon, ça a l’air de bien se passer. Morgan et Garcia sont super sympa avec moi. C’était la première fois que je jouais à Tetris. Et j’ai perdu. Hotch et JJ ont disparus dans leur bureau et Emily trie des dossiers à côté de moi, elle m’a montré comment faire et je m’en sors plutôt bien. Reid a fait la tour Eiffel en origami, je ne sais pas quoi en penser. Et puis, JJ est sortie de son bureau et a demandé une « réunion alerte on va avoir du boulot ». Je ne savais pas si je devais venir mais Morgan m’a poussée par les épaules jusqu’à la salle. J’aurais même forcé que ça n’aurait eu aucun effet, sa masse musculaire était aussi impressionnante que la collection de stylo que Garcia avait tenu à me montrer. D’après Reid, depuis qu’elle travaillait au B.A.U, elle en avait amassé 462, perdu 58 et jeté 7. Je ne savais toujours pas quoi en penser. J’étais trop excitée, ma première « affaire » en tant que stagiaire. Je n’allais pas échouer lamentablement.

La salle était très éclairée, il n’y avait que six sièges autours de la table, ronde, mais un tabouret près de la porte d’entrée m’était destiné. Je m’y assis, le dos droit, les jambes croisées, un stylo et un cahier en équilibre sur les genoux. Hotch est apparu en parlant, Rossi le talonnait.
Hotch : … victime est une dénommée Hélène Gray, vingt-deux ans. Elle travaillait dans un restaurant en tant que plongeuse, son père en est le chef cuisinier. Très réputé. Son corps entier, enfin presque, a été retrouvé dans un des lave-vaisselle des cuisines. C’est un serveur qui a découvert le corps.
Rossi : C’est une vraie boucherie, pire que ta voiture, Morgan. Évidemment nous n’avons aucune emprunte, aucun témoin.
JJ : Hélène faisait un mètre quatre-vingt, blonde, yeux bleus, mince. C’est la quatrième victime a avoir été assassinée de cette manière.
Millicen : Dans un lave-vaisselle ?
Mon stress m’avait abandonné quelques secondes et c’est presque sans réfléchir que cette question était sortie. Seulement, ma voix, elle, devenue rauque et froide me rappela soudain que je n’étais pas de la maison.
JJ : Non… sur le lieu de leur travail, dans des situations étranges.
Elle alluma l’écran face à la table à l’aide d’une télécommande et les photos de trois filles, grandes, blondes, minces - bref, tout ce que je ne suis pas - apparurent.
JJ : Lise, Gwen et Nina.
Après un zoom sur Lise, des informations sur elle s’affichèrent à droite de l’écran.
JJ : Un mètre quatre-vingt-un, vingt-trois ans, elle vivait à Baltimore jusqu’à il y a deux mois. Son oncle lui a proposé de travailler dans son hôtel, service nettoyage, elle a été retrouvée noyée dans une baignoire de javelle.
Elle appuya sur un autre bouton de la télécommande, des images à vomir, puis le portrait de Gwen et des informations à droite et de nouveaux des images choc. Mon estomac déménagea dans un endroit plus petit mais moins houleux : ma gorge.
Hotch : Gwen Sanaga. Un mètre septante-neuf (soixante-dix-neuf ^^’) , vingt-deux ans. Elle habite à deux pas d’ici. Sa mère tient une laverie. Gwen s’occupait du repassage, son corps, retrouvé par sa mère, est dans un sale état. Apparemment, notre tueur l’aurait obligée à se repasser les doigts avant de lui faire avaler un fer encore brûlant, et branché. Le genre de séquelles qu’on n’oublie… ça ne va pas Stagiaire Maloir ?
Millicen : Je… où sont les toilettes ?

Cinq minutes plus tard, dans les toilettes.

Ce qui n’est pas pratique avec les longs cheveux, c’est que lorsque l’on vomit, si on n’a personne pour les tenir, c’est galère. Heureusement, le Dr. Reid a tenu à m’accompagner. Sur le chemin, au pas de course, il m’a avoué avoir encore un peu de mal avec les tripes brûlées. Pour le moment, il tient à deux doigts la plus grosses des mèches, il est dos tourné et je l’entends frissonner à chaque fois que… voilà, à chaque fois que mon estomac tressaute et que le reste de mon déjeuner - céréales, jus d’orange et un yaourt à la pèche - s’échappe vers la liberté.
Millicen : Je suis vraiment désolée. D’habitude ça ne m’arrive pas…
Reid ne dit rien, il se contenta de sourire brièvement. Bon, j’avoue, d’habitude je sèche les cours de « Désensibilisation à l’horreur ». Mais j’avais fait exprès de pas trop manger ce matin… Super comme première impression. J’ai besoin d’un peu d’eau… ou de cola. Mes cheveux me revinrent soudainement dans la figure et je sursautai.
Reid : Dites… vous faites quelque chose ce soir ?
Millicen : Heu…
Oh oui, moi et l’éloquence c’est comme chien et chat. Rien ne veut un beau « heu » pour marquer l’étonnement. Mais… de quoi il parle l’intello !?
Millicen : Non.
Ah ! En fait c’est un test pour savoir si je vais pouvoir rester trier la paperasse plus longtemps. Vite, faut que je trouve un truc !
Il leva un doigt et ouvrit la bouche, sûrement pour ajouter quelque chose, mais je fus plus rapide que lui.
Millicen : Nonenfaitjedoisallerchezlevéterinaire… pour mon chien. Il est très malade vous savez !
Reid : … vous n’avez pas de chien.
Millicen : Vous avez lu mon dossier ?
Reid : Oui.
Je restai un moment silencieuse, à faire mon deuil. Ce soir, j’allais trier des dossiers… et des photos… ou peut-être Emily me laisserait-elle m’occuper des fardes de couleurs… de jolies couleurs… Pourquoi il me regarde encore celui-là ?
Reid : Donc, comme vous ne faites rien ce soir, l’équipe a décidé de vous inviter à… comme dire ? Une petite soirée… oui, c’est ça.
Chaque fois que ce mec parle, je ne sais pas quoi penser.

Dix minutes plus tard, devant un distributeur, entrain de boire de l’eau.

Hotch débarqua de sa super démarche dans le couloir où Reid vidait ses poches pour acheter un café (depuis que la stagiaire qui s’en occupait lui vouait une véritable haine, on ne sait pourquoi, il évitait les cafés préparés par des humains).
Hotch : Emily et moi allons interroger les parents de Hélène.
Il continua à marcher vers la sortie sans m’adresser un regard, juste un à Reid.
Hotch : Morgan et Rossi se rendent chez Lise. Les parents de Gwen vont arriver. Stagiaire Maloir, tirez-en le plus que vous pourrez. Reid, tu vas voir Garcia, elle a la mère de Nina, passée au mixer pièce par pièce, en ligne. Quand vous avez terminé, vous aller voir JJ, on fera notre profil à ce moment là. Nous irons sur les scènes des crimes plus tard, l'agence de nettoyage en a encore pour longtemps et les photos ont déjà été prises.Elles vous seront transmises dans de brefs délais. Nous n’avons aucune description du tueur, mais il est un agressif violent. Quatre meurtre en deux semaines, à intervalles réguliers, il faut qu’on se dépêche. Allez !
Quand je me retournai, le dos de Reid disparaissait dans un tournant.


Dernière édition par Croc le Mer 18 Aoû 2010 - 11:50, édité 4 fois
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abeytu
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MessageSujet: Re: Un métier stressant... hu hu hu   Jeu 12 Aoû 2010 - 9:25

Très bon début ! applaud

Maintenant j'attends de lire la suite.

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manu29
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MessageSujet: Re: Un métier stressant... hu hu hu   Jeu 12 Aoû 2010 - 11:30

Moi aussi j'aime bien!

C'est intéressant de créer un personnage stagiaire dans l'équipe!

Vivement la suite!
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Croc
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MessageSujet: Re: Un métier stressant... hu hu hu   Jeu 12 Aoû 2010 - 21:47

Merci vous deux x)
Bon, j'avais prévu de pas écrire le prochain chapitre (lisez : le début du prochain chapitre) avant demain mais comme demain je viens pas sur le forum triste6 enfin voilà x)

Je sais pas ce que vous en pensez, je trouve ça un peu trop centré sur la stagiaire mais ça va se régler. C'est surtout l'histoire d'un ennui mortel, non relu et pas écrit avec l'attention habituelle huhu ^^'

Moins bon ? Dites toujours sourit_vert

Résumé :
Spoiler:
 


Chapitre I

Les parents de Gwen sont arrivés. J’avais devant moi le dossier de leur défunte fille. Une vie sans accro, elle était entrée à l’université pour y étudier le droit il y a deux ans et tout se passait bien. Le mois passé, en avril, elle avait décidé de diminuer ses sorties pour étudier plus sérieusement. Ayant eu deux petits amis en tout, elle prévoyait de se fiancer avec… Arnold, au mois d’Août. Arnold ressemblait à un mannequin pour sous-vêtements homme. Mignon, pas trop différent des beaux gosses habituels, tout en muscle… Grrr… Je me demandais si son numéro était dans le dossier… C’est pendant que je cherchais un bic pour le noter qu’un officier m’apporta les parents. La mère de Gwen était très grosse, mais vraiment très grosse. Quand elle s’assit sur une des chaises en plastic placées devant mon bureau, j’eu peur que celle-ci ne se brise. Son mari, au contraire, était si mince qu’on aurait pu en placer quatre comme lui sur le siège. Les deux étaient en larmes. Je leur tendis une main franche et leur sourit. « Quand vous voyez des victimes, soyez compatissant mais pas au point de pleurer. Vous n’êtes pas assistantes sociales, vous êtes profileuses. »
Millicen : Bonjour. Je suis la stagiaire Maloir, mais appelez-moi Millicen. Ce que vous êtes entrain de vivre est difficile, c’est une horreur que les parents ne devraient pas subir. Mais maintenant que c’est fait, notre seul but est de coincer l’enflure qui leur a fait ça.
Le regard mi-effrayé mi-déconcerté que me lancèrent les parents me parut comme un signe alarmant. « Maintenant que c’est fait » … peut-être un peu brusque ? Qu’est-ce que je fais ? Je m’excuse ? Je reprends comme si rien n’était ?
Millicen : Bonjour. Je suis la stagiaire…
Maman Gwen : Excusez-moi mais…, elle renifla bruyamment. Je pouvais voir le filet de naze être aspiré vers un nez rouge et ensuite se laisser pendre à la narine. Notre fille est assassinée par un psychopathe, et on nous envoie une stagiaire pour s’occuper de l’affaire ?
Père de Gwen : Calme-toi chérie. Il doit s’agir d’une erreur.
Il attrapa la main de sa femme. J’avais envie de lui dire que, de nous deux, il n’y avait qu’une erreur : lui. Je sortis les photos les plus horribles de leur fille et les étalai sur mon bureau.
Millicen : Non, ce n’est pas une erreur. Regardez bien ces photos. Moi je n’y arrive pas, c’est trop dégoûtant. Un tueur en série va recommencer bientôt avec une autre fille et j’ai besoin, pour l’arrêter, que vous me parliez de Gwen. L’ordure qui a fait ça devait bien la connaître. Il savait où elle travaillait, peut-être la suivait-il. Vous n’avez rien remarqué !?
Mère de Gwen : Où… sont les toilettes ?
Millicen : Vous voyez le couloir là-bas ? C’est à droite. Je ne vous accompagne pas, vous avez les cheveux courts.
La dame se leva et, au pas de course, suivit la direction que je lui avais indiquée. Je remarquai que le père avait arrêté de pleurer et qu’il jouait avec un de mes bics. Il leva un regard ennuyé vers moi.
Père de Gwen : Vous savez, ma fille ne faisait rien de ses journées si ce n’est repasser. Seul Arnold la trouvait intéressante, cela m’étonne qu’un tueur s’intéresse à elle. Cependant, il y a quatre jours, notre facteur lui a foncé dessus avec sa mobylette. Il était désespéré. Elle est passée à l’hôpital St-Jean et est rentrée le lendemain soir, rien de grave. Elle m’a pourtant parlé d’un médecin qui semblait la connaître un peu trop. Je ne sais pas comment il s’appelait.
Je regardai le père, perplexe. Il ne semblait plus du tout choqué de la mort de sa fille. Je ne pouvais m’empêcher de le fixer droit dans les yeux, me demandant s’il ne l’avait pas tuée. Ses deux yeux bleus l’avaient-ils fixée alors que ses doigts brûlaient ? L’avait-il forcée à avaler le fer à repasser ? J’aperçus par-dessus son épaule son imposante femme qui revenait et grâce à des efforts surhumain - oui, je sais, je suis épatante - j’arrêtai de fixer le père qui se remit à sangloter, mine de rien.
Je me levai, leur serrai la main et les laissai s’en aller vers la salle d’attente. Famille de dingues.

Un bon bout de temps plus tard, après une partie de Tetris avec Garcia, dans la salle de Débriefing.

Je suis allée faire mon rapport à JJ. Elle a appelé Hotch. Emily et lui sont arrivés une demi heure plus tard en même temps que Reid quittait le bureau de Garcia. Morgan et Rossi étaient déjà là, ils nous attendaient dans la salle après avoir noté sur le tableau blanc tout ce que nous avions mis en commun par téléphone. En gros, toutes les victimes étaient de gentilles petites filles sur le point de se fiancer. Je peux vous dire qu’avec leur physique, je ne serai ni gentille, ni sur le point de me fiancer…
Hotch : Stagiaire Maloir…
Millicen : Vous pouvez m’appeler Millicen, ça me mettrait plus à l’aise.
Hotch me lança un regard Hotchien. Le genre de regard qui vous ramenait à vos quatre ans et qui vous donnait envie de faire pipi dans la culotte.
Millicen : … Stagiaire Maloir c’est bien aussi.
Hotch : Vous allez commencer le profil, qu’on voit un peu comment vous réfléchissez.
J’aurais dû m’y attendre. Franchement, combien de chance pour que ça me tombe dessus ? Cent pourcent ? Je respirai un grand coup, Jennifer me sourit mais le fait que tous les autres me fixent avec impatience me rendait quand même, un tout petit peu, nerveuse. Courage moussaillon !
Millicen : Alors… heu… je suppose que c’est un homme. Normalement. Le fait qu’elles aient été retrouvées nues prouve que les agressions ont un caractère sexuel. Non ? Enfin, au labo ils ont dit qu’il n’y avait pas eu de viol donc c’est sûrement une question d’impuissance. Il est très agressif, le déclencheur doit être violent. Le tueur doit être assez imposant pour les avoir maîtrisées et avoir confiance en lui, paradoxalement, pour les attaquer en… plein… jour…
Ma voix disparu dans les méandres serrés de ma gorge. Je me sentais comme une enfant qui récite un poème mal appris. Mes cours « d’analyse du comportement » défilaient à toute vitesse dans mon cerveau noyé sous le flux d’informations. Mes petits yeux remontèrent craintivement vers ceux de Hotch. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’il semblait content, mais, contrairement à mes attentes, il ne me demanda pas de prendre mes affaires et de sortir. Il désigna mon tabouret et me demanda si je serais plus à l’aise parmi eux. Pour dire la vérité, non, mais ils allaient peut-être se vexer ou je ne sais quoi alors j’ai dit oui.

Trente secondes plus tard, entre Emily et Rossi.


Emily a fait remarqué que mon profil était presque bon. J’avais omis de dire que le suspect connaissait la victime, avait entre vingt et trente-cinq ans et ne devait pas attirer l’attention quand on le croisait en rue, d’où son assurance. Elle me prend parfois avec de grands airs, mais je l’aime bien. Déjà elle a été super patiente pour m’expliquer comment trier les dossiers, et maintenant elle me soutient. Hotch et Rossi ont approuvé ce qu’elle a dit. Jennifer, elle sourit tout le temps, c’est sympa, mais parfois un peu flippant.
Morgan : J’appelle Garcia ?
Hotch a penché la tête vers l’avant. Je me penchai vers Rossi pour lui demander pourquoi est-ce qu’on appelait Garcia.
Rossi : Maintenant qu’on a un profil, on appelle les agents, s‘ils tombent dessus, ils l‘interpelleront. Garcia va leur envoyer un message. Toi et elle allez vous occuper de parler aux familles qui attendent toujours dans le hall pendant que nous exposons le profil.
Jennifer se leva et vint placer une de ses mains sur mon épaule. Elle souriait, encore.
JJ : Tout va bien se passer, tu verras.

Quelques heures plus tard, affalée sur mon siège de bureau.

Tout ce qui vient de se passer aurait pu être palpitant à raconter. Vos yeux brillants auraient parcouru mes aventures - sang, sexe et meurtre - avec une fébrile attention. J’avoue, y’a eu ni sexe ni meurtre mais du sang, oui. Il se trouve que Monsieur le bel Arnold connaissait les quatre victimes. Son patron leur proposait un contrat de mannequinant mais elles refusaient depuis plusieurs mois. Enfin, comme elles ressemblaient à sa copine qui, apparemment, avait annoncé il y a deux semaines qu’elle le quittait, il a décidé de toutes les tuer, en commençant par Gwen, puis Hélène, ensuite Lise et Nina. Quand nous sommes arrivés, des morceaux de leurs corps traînaient partout dans l’appartement. J’ai glissé sur un et j’ai toujours du sang sur mon pull blanc. En glissant, je lui suis tombée sur notre serial killeur en hurlant, puis j’ai eu un super réflexe : « Vous avez le droit de garder le silence, je ne suis pas censée vous citer vos droits mais tout ce que vous direz pourra et sera utilisé contre vous. » Après j’ai voulu lui passer les menottes mais je n’en avais pas. Morgan s’en est occupé. C’était trop cool. Dans le jet au retour ils ont tous eu un moment nostalgie et Rossi a sorti une citation que je n’ai pas retenue. J’étais trop occupée a jubiler en mon fort intérieur. Tout est consigné dans mon rapport de stage. Il parait que c’est pas leur meilleure enquête, qu’elle était limite nulle et que le tueur a été beaucoup trop facile à trouver. Moi je suis certaine qu’ils sont tous jaloux. J’ai fait un super profil et j’ai arrêté le tueur. Peut-être devrais-je ouvrir un bureau à mon propre compte ? Bon, c’était de la chance, j’avoue.
J’ai passé mon pull à un des agents pour qu’il le porte au nettoyage. Il me l’a ramené cinq minutes plus tard en me disant que ce n’était pas dans ses capacités. Il a mis du temps à percuter. Il y avait soixante-sept dossiers à classer par urgence, date et enfin par niveau de barbarie. Je déteste regarder des photos mais j’y étais obligée. Des enfants, des jeunes adultes, des vieillards… Un homme s’amusait à tuer les chiens de victimes et revenait le lendemain pour les enfants, le surlendemain pour les parents… et le troisième jour s’il restait une grand-mère ou un canari. Complètement timbré et^certainement notre prochaine affaire. Garcia m’a envoyé un mot par messagerie instantanée. Ça disait « aujourd’hui à vingt-deux heures, rendez-vous sur le parking devant notre van… ». Je suppose que c’est pour la soirée d’accueil. J’ai appelé ma maman, elle trouve que c’est une bonne idée. Je vais décompresser et on va pouvoir créer quelques liens en papotant des affaires classées… Ça, c’est ce que je croyais…

Encore quelques heures plus tard, se gelant les miches depuis trois-quarts d’heure sur le parking, devant notre van aux vitres teintées…


Après une demi heure d’attente, j’ai fini par aller gratter une clope à un agent qui fumait près de l’entrée. Je ne fume pas mais ça me donnait un prétexte pour parler à quelqu’un. Il n’a pas remarqué qu’elle n’était pas allumée, apparemment il avait la tête ailleurs. J’en ai profité pour lui raconter ma naissance, mon enfance et une partie de mon adolescence. Il souriait toutes les cinq minutes mais n’écoutait pas un mot de ce que je racontais. Assez mince, un peu trop, un tignasse rousse et coupée courte, des yeux bruns porcins… Dans la conversation je l’appelais John, mais il ne m’a pas dit son nom. Quand il est parti je suis retournée près du van. Je pense qu’ils m’auraient prévenu s’ils avaient un empêchement…Je m’étais trompée de van ! Ah non… y’a que celui-là dans le parking. Oh mon Dieu ! Ils ont été enlevés par un fou fan de jeu de rôle qui les a enfermés dans une pièce qui se rempli peu à peu d’eau… je suis la seule à pouvoir les sauver ! Ou pas… Au hasard, j’ai tourné une des poignées, y’a le chauffage dans le van. Et c’est là que tout est devenu noir… une douleur palpitante entre la nuque et le crâne.

Je sais pas trop quand plus tard, dans le noir total.


Ouche… ma tête. Elle va exploser. J’aimerais presser mes mains contre… mes mains ne répondent plus. Ah si, mais elles sont attachées. Je ne sais pas trop si je suis assise ou couchée. Quelque chose de froid écrase ma joue, du carrelage ? Ah ça y est, je suis arrachée à une chaise renversée sur le sol. Je sais que d’ici deux minutes je vais hurler, le stress commence à grimper, mais pour le moment je suis très calme…
Millicen : LAISSEZ-MOI SORTIR ! A L’AIDE !
Je hurle jusqu’à m’en péter les cordes vocales. C’est débile, après si quelqu’un arrive je ne pourrai plus lui dire où je suis située. Mais le stress me fait faire des choses…
Millicen : Putain… POURQUOI MOI ESPECE DE DEGENERE !
Je me trémousse, la chaise tressaute et rebondit contre le sol. Essoufflée… je m’immobilise. Mon cœur bat à deux cent à l’heure, j’ai l’impression qu’il cherche à sortir de mon corps en passant à travers la cage thoracique. J’ai très chaud et en même temps très froid. Et soudain… j’entends un bruit… un gémissement.
Millicen : Il y a quelqu’un ?
Les gémissements laissent place à des sanglots discrets, un reniflement, et de nouveaux des gémissements. Je sens une présence… Alors, que disait notre cours de « Réaction à des situations délicates » ? Les notes que j’ai prises défilent à toute vitesse dans mon cerveau douloureux. Chapitre six, prise en otage et enlèvement. Première règle : garder son calme… Bon, je vais trouver autre chose. Quelque chose me chatouille le cou… j’entends des voix… « On a perdu Reid ! Je crois qu’il est parti dans la salle… » « Mais quel idiot ! » « C’est verrouillé et plongé dans le noir ! » Je reconnais ces voix…
Millicen : Morgan ? Garcia !
Les voix s’arrêtent net et je me sens basculer. On a redressé la chaise. Un faisceau de lumière jaunâtre perce d’une ampoule au dessus de moi… Je discerne la pièce… une table, quelques chaises… des tentures tirées sur une fenêtre que je devine. La lumière est faible mais elle me permet de voir comment je suis attachée. Menottes ! Je le savais.
Reid : Les imbéciles ! Je leur avais dit d’attendre !
Je sursaute violemment, perds l’équilibre et m’éclate la joue droite sur le carrelage. Putain j’ai maaaal. J’ai cru reconnaître la voix de Reid et selon la paire de converses qui s’amène devant moi, je dirais que je ne me suis pas trompée. Je discerne deux mollets sous un pantalon brun vieilli.
Reid : Ça va ?
Millicen : Comme un charme, on se fait un bowling ?
Reid : Les autres vont arriver, ne bouge pas.
J’ai juste eu le temps de voir deux mollets s’éloigner, entendre une porte claquer avant de recommencer à hurler… Stress. Ah oui, comme d’habitude… je ne sais pas trop quoi penser.

Trois minutes plus tard, couchée sur le sol, les poignets meurtris.

Je le savais que je n’aurai pas du participer à ce stage. J’aurais dû enfoncer mon poing dans la jolie gueule de Mandy quand elle m’a assuré avec sa voix de pimbêche que « C’est une importunité que nous aurions tous voulue ! Soit heureuse et amuse-toi bien, ça t’ouvrira de nombreuses protes ». Elle transpirait de jalousie, par tous les pores. C’est peut-être ma meilleure amie mais je donnerai tout ce que j’ai pour que ce soit elle qui se retrouve ici ! Pour le moment je rampe vers la porte, enfin, d’où j’ai entendu le bruit de porte claquée. Je ne vois presque rien, l’ampoule est nase.

Quatre secondes plus tard, la porte enfoncée dans le nez, entrain de sangloter.


Hotch : Où est-elle ?
Morgan : Désolé, chef ! Je l’ai assommée avec la porte.
Millicen : Balheuresebent, e suis doujours consciende.
Rossi : Qu’est-ce qu’elle fait là ? Morgan, remets-là en place.
De mon angle de vue, je pus voir quatorze chaussures pénétrer la pièce, dont les converses grises de Reid. La porte se referma et Morgan s’accroupit à ma hauteur.
Morgan : Ça va ?
Millicen : E saigne du dez… du dez…
Morgan : Du nez ?
Millicen : Ouais.
Il sortit une clef de sa poche et chercha après mes mains. J’entendis le cliquetis de la serrure et sentis mon étreinte de fer lâcher prise. Ensuite, l’agent tout en muscle m’attrapa les épaules et me remit debout. Je pus voir l’équipe au complet, devant moi, me sourire.
Équipe : Surprise !
… Je crois que c’est là que je me suis évanouie.
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abeytu
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MessageSujet: Re: Un métier stressant... hu hu hu   Sam 14 Aoû 2010 - 13:00

Très bien !

Je ne m'attendais pas du tout à la fin !
Spoiler:
 
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Croc
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MessageSujet: Re: Un métier stressant... hu hu hu   Sam 14 Aoû 2010 - 13:47

=) Merci sourit_vert

Heureuse de te surprendre ^^

Spoiler:
 
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ronnie
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MessageSujet: Re: Un métier stressant... hu hu hu   Sam 14 Aoû 2010 - 14:56

perso,je trouve ça très bien super1 !vu ton age(je me permet je suis surement la doyenne du forum Embarassed ),je dirais même très bon! applaud
C'est une chose que j'aurais aimé savoir faire......écrire! j e me limite à des poêmes....."les gens" les trouvent super mais je ne me risque pas à aller plus loin dans l'excercice,sans doute par manque de confiance en moi,c'est mon gros pb,je trouve nul à peu près tout ce que je fais!
Bref,je vais pas étaler ici mes états d'âmes....encore bravo,j'adore! flower
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Croc
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MessageSujet: Re: Un métier stressant... hu hu hu   Lun 16 Aoû 2010 - 19:18

Merci Ronnie =)

D'habitude je n'écris vraiment pas dans ce style-là, et je suis une maniaque qui relis quinze fois ses phrases, etc.
Là c'est vraiment "écrire pour écrire" ^^
La fin du Chapitre 1 ^^
Le 2 viendra un peu plus tard dans la semaine. En espérant que ça vous plaise Razz Dites-moi quoi ^^

SUITE :

Trois semaines plus tard, entrain d’écrire.


Quand je vous disais qu’ils étaient dingues. Mais il y a deux trois trucs que je dois préciser. J’ai pu tester leur métier pendant presque un mois. Y’a de quoi devenir cinglé, c’est vrai. Mais pas à ce point-là ! Conduite irresponsable, comportement étrange… Les serials killers feraient les meilleurs profileurs… Je me demande si cette relation est réciproque.

Juste après mon évanouissement.

Garcia… Pénélope Garcia. Une chouette fille, elle a toujours le mot pour rire, remonter le moral, mais dès qu’elle est sur une affaire… ce n’est pas une fille, c’est un périphérique connecté à ses bêtes électroniques. Elle est capable de trouver le nom de jeune fille de la marraine de la sœur du tueur, son adresse et sa couleur préférée tout en commandant un repas à un traiteur chinois et me battant à Tetris. Elle, quand elle décide de faire quelque chose de fou, ça parait normal et c’est pour ça que quand, trempée et traumatisée, je relevai les yeux vers la détentrice de sceau d’eau, maintenant vide, je ne fus pas étonnée de la voir tout sourire, aussi sadique soit-il.
Garcia : Hey miss, il est temps de se réveiller. Non, ne te débat pas.
Je pris conscience de ma position avant de répondre. Traînée dans un coin, trempée, dans la même pièce, ligotée, un mur de profileurs devant moi. La lumière était faible, l’ampoule n’avait pas été changée. Je me redressai un peu et les observai. Rossi se pencha vers moi, restant à un mètre de distance. Ses yeux tombants plongés dans les miens. Il ne parlait pas. Ce n’est pas exactement ce à quoi je m’attendais comme soirée. Je quittait les yeux de Rossi, évitai ceux de Hotch, et me promenai sur les autres membres de l’équipe. Emily se tenait droite, son flingue en évidence. Je louchai dessus suffisamment pour qu’elle daigne me fusiller du regard. Reid buvait du café. Tranquille. Je m’imaginais sa femme, s’il en avait une, lui demander « Tu as fait quoi ce soir chéri ? » « J’ai bu un café. Oh, il y avait la nouvelle stagiaire terrorisée dans un coin de la pièce, mais ce café… excellent. » Il dirait ça avec des mots scientifiques et un détachement naturel, et sa femme ne saurait quoi en penser. Je regardai son doigt, pas de bague. Aucun n’avait de d’alliance. Ils avaient lu mon dossier, mais moi je ne connaissais pas une information sur eux si ce n’est leur prénom et leur place dans l’équipe. J’aurais bien aimé des petites informations style « ils vont vous torturer et tuer le premier soir ». Morgan était en position du mafieux costaud qui attend que son chef de gang lui donne un ordre. Droit, jambes écartés, bras croisés derrière le dos, tête relevée, regard de bulldog enragé qui garde son calme. Je ne sais pas si vous avez déjà vu un bulldog enragé, c’est assez rare, mais en plus qui garde son calme ! On a l’impression qu’il va mordre, il a envie de mordre, rien ne l’empêche de mordre, mais il ne mord pas… il se contente de regarder, et c’est pire. Jennifer souriait. C’était vraiment flippant. Rossi ouvrit la bouche. Je replongeai mes yeux dans les siens.
Rossi : On va t’expliquer ce qu’il se passe dans cette pièce. Si tu coopères, tout ira bien, mais si tu résistes… pense que ta seule chance de travailler dans notre immeuble sera en préparant le café et de nous tenant le parapluie lorsqu’il pleut. Compris ?
Millicen : Si vous me torturez, je ne coopèrerai pas. Quitte à faire du café dégueulasse. En plus j’ai froid, ajoutai-je plus faiblement, grelottant humide dans cette pièce glaciale.
Á peine avais-je fini ma phrase que tous se détendirent. Pour décrire l’ambiance de folie qui régnait, Hotch a même esquissé un sourire. Je ne dis pas qu’il l’a fait, mais on voyait dans son regard qu’il y pensait. JJ se pencha aux côtés de Rossi, elle avait arrêté de sourire. Elle plaça son pull sur mon corps tremblant.
JJ : Tu sais, notre métier n’est pas facile. On en voit tous les jours. Et on se bat contre ces détraqués. Tu te trompes en pensant que nous en sommes. Non… ce que nous faisons…
Elle marqua une pause. Ses longs cheveux blonds lui retombaient dans le visage. Ses grands yeux bleus scrutaient mon âme, elle serrait les dents, toutes alignées. Moi, tremblante, pendant que mes petits yeux verts s’agitaient en tout sens pour trouver une issue, je tentais vainement de libérer mes mains. Á force de luter, la corde utilisée étant de bonne qualité, mes poignets se trouvaient rouges et douloureux. Je fis une pause le temps de respirer.
Morgan : Tout ce qui se passera ici, poupée, restera ici. Demain matin, on va se voir à dix heures pour traiter de dossiers sordides et tu auras tout oublié.
Il me fit un clin d’œil que je ne relevai pas.
Reid : Ce qu’il veut dire par là, c’est que tu feras semblant qu’il ne s’est rien passé.
Hotch : Personne ne sera au courant, ni votre mère, ni personne d’autre.
JJ et Rossi se redressèrent soudainement et rejoignirent les autres.
Garcia : Tu as des questions, petite ?
Millicen : Je vous les pose par urgence, moment d’arrivée dans mon esprit ou niveau de barbarie ?
Émilie : NE RIGOLE PAS AVEC NOUS !
Elle tourna les talons et sorti de la pièce, frustrée. Ses talons résonnaient sur le carrelage, ils alourdissaient l’ambiance de la pièce, le regard de six personnes s’abattit sur moi. La voix autoritaire de Hotch me parvint.
Hotch : Maintenant, choisis l’un de nous.

Le lendemain matin au bureau.

Ça fait deux heures que je suis là, en avance. Je regarde après eux toutes les cinq minutes. Vingt-quatre fois que je manque le torticolis. J’ai voulu tourner mon bureau, pour être face à l’entrée, mais ils sont fixés au sol. On ne sait jamais, un grand criminel pourrait décider de se barrer avec un des bureaux de la B.A.U. Au fait, dans le bureau de Hotch-le-terrifiant il y a les dossiers de toute l’équipe. J’ai balayé celui de Reid et de Prentiss rapidement. Enfin, quand je dis rapidement… j’avais tellement peur que quelqu’un ne m’attrape que je lisais une demi page du dossier avant de sursauter et de le ranger à toute vitesse. Je sais maintenant que Reid a un Q.I de 187 et qu’il a tendance à trop s’impliquer dans certaines enquêtes. Pour le Q.I ça ne m’étonne pas trop, mais après la soirée d’hier, le fait qu’il s’implique me semblait aussi improbable que Hotch se mette à pleurer. Un fou, maniaque, assentimental, et au vu de ses tics sérieux, schizophrène ! Je vous raconte.

Cinq minutes après avoir choisi « l’inoffensif Dr. Reid ».

Ils ont quitté la pièce. Tous, sauf un. Reid s’est approché, il semblait plus faible que moi, et m’a demandé de me tourner. Comme je n’ai pas bougé énormément, il s’est penché vers moi et m’a poussé par les épaules jusqu’à ce que je sois dos à lui. Il sentait un peu comme mon grand-père, mais en mieux.
Millicen : Les autres nous observent ?
Il ne répondit pas. Il avait commencé à défaire les liens qui m’enserraient mais galérait. Ses doigts étaient faibles et tremblotants, les cordes étaient grosses et je lui mettais de coup de tête dans l’épaule dès que j’en avais l’occasion.
Millicen : C’est pour ça que la stagiaire qui fait du café te déteste ?
Reid : Ici il n’y a qu’une seule stagiaire.
Il avait dit ça avec un calme impressionnant. Sa voix enfantine aurait apaisé un bulldog enragé qui ne garde pas son calme. Il replaça une mèche de cheveux hors de son visage concentré et se remit au démêlage. Son torse, sous une chemise crème, était penché à quelques centimètres de mon visage.
Millicen : Si c’est un bête bizutage, vous y allez fort.
Reid sourit nerveusement, mais garda le silence.
Millicen : Combien de chance il y avait il pour que je meurs après que vous m’ayez assommée ?
Reid : Aucune. On savait ce qu’on faisait.
Toujours ce contrôle, il semblait presque amusé.
Millicen : Qu’est-ce que vous allez me faire, tous ?
Je sentis alors les liens se desserrer. Mon corps saucissonné se relâcha. Reid était accroupi. Si je me jetais sur lui, il y avait de forte chance pour qu’il tombe en arrière. Ensuite je devrais me frotter au reste de l’équipe, dont Morgan-le-tout-puissant, et ne jamais finir mon stage. Reid s’en alla à l’autre bout de la pièce où il avait abandonné son immense sac et se mit en expédition. J’ouvris la bouche afin de lui parler de n’importe quoi qui rompe le silence mortel qui s’installait, comme ma collection de pot de fleur en terre cuite, ma passion pour le choux-fleurs cru, le fait que après la crise cardiaque, comment j’étais revenue à mon état de « je prends les événements comme ils viennent et je ne crie pas même si je devrais le faire », mais il me coupa la parole.
Reid : Comment es-tu arrivée ici ?
Millicen : Heu…
On m’y a un peu forcée, non ? Assommée ? Menottée ? Ligotée ?
Reid : D’après ton dossier, tu n’as pas pour motivation de devenir profileuse.
Ah… « ici », au stage. Je garderai le silence jusqu’à ce qu’il me force à parler. De un parce qu’on ne me traite pas de cette façon, supérieur hiérarchique ou pas, et de deux parce qu’il y a des choses trop humiliante à raconter. Reid sorti ce qui, aux premières abords, me sembla être des instruments de torture, mais il s’agissait seulement de nombreux casses têtes. Puis d’un dictionnaire de poche… de feuilles de papiers… de morceaux de métal… de différents livres… de la colle… et… oh non, je rêve ! Un thermos de café. Il se retourna vers moi.
Reid : Si tu ne coopères pas, nous allons passer beaucoup de temps ensemble cette nuit et j’ai d’autres choses à faire.
Sa voix douce se durcissait au fil des mots. Quelque chose dans son regard avait changé. Je m’attendais à le voir devenir très gros, tout vert et crier « Mon nom est Hulk ! » mais il se contenta de croiser les jambes et d’ouvrir son dictionnaire.
Reid : Je vais lire un mot au hasard. Tu auras dix, puis neuf, puis huit secondes pour me donner la somme des chiffres qui correspondent aux lettres de ce mot. Un pour a, deux pour b, tu comprends ? Si je te dis molécule, tu me réponds…
Millicen : Tu es complètement dingue !
Reid : Faux. Tu devais dire cent-quinze.
Il sourit, amusé.
Reid : C’était un test. Nous allons commencer le vrai jeu. Chaque fois que tu te trompes ou dépasse le temps imparti, j’ajoute une lettre. Compris ?
Je ne sais pas quoi penser. J’ai envie de crier très fort, mais je sais que ça ne sert à rien. J’ai envie de m’échapper mais je sais que ce n’est pas possible. J’essaie même de faire un profil psychologique de Reid pour le manipuler mais toutes les informations se mélangent. Maman… viens me chercher, pitié. Ils me font très peur.
Reid : On commence. Achluophobie… bon, je t’avoue, ce n’est pas dû au hasard. Neuf… huit… sept… six… cinq… quatre… trois… deux… un… Tu ne joues pas ? J’ai tout mon temps. Arachnophobie ?
Des larmes coulent le long de mes joues tremblantes… je ne veux pas pleurer. Il faut que je m’arrête ! Qu’est-ce qu’il a dit comme mot ? A…un. R… heu… alors… dix-huit. Encore un a. Trois pour le c…
Reid : Temps écoulé… qu’est-ce que j’ai d’autre comme mot à cette page ?
Millicen : Je… j’ai besoin de plus de temps.
Il plongea ses yeux bruns dans les miens. Il était effrayant. Il sourit et sembla partir loin dans ses pensées. Puis son visage se crispa et il se mit à hurler.
Reid : DIX SECONDES C’EST TROP !
Il traversa la pièce, empoigna une chaise, la plaça devant moi et s’assis dessus. Je n’avais pas bougé de mon coin. Il sembla se détendre, les doigts pianotant sur sa tasse de café.
Reid : La réponse était cent quinze, une fois de plus, affirma-t-il. Antérieurement. Dix… neuf…

Le lendemain matin, alors que Rossi et JJ viennent d’arriver.

Son petit jeu à duré jusqu’à quatre heures du matin, j‘ai réussi à faire quelques mots mais pas assez. Reid avait l’air plus calme à la fin de la soirée, il a tenté de m’expliquer comment résoudre un casse-tête en quinze secondes mais j’étais trop fatiguée pour comprendre. Je reconnaissais le Reid de la journée et j’ai eu moins peur. Il m’a parlé de leur petites nuits, qu’il ne fallait pas s’inquiéter et que tous les stagiaires passaient par là. Ensuite le reste de l’équipe est revenu dans la pièce. Ils m’ont bandé les yeux et déposée devant chez moi. « N’oublie pas qu’il ne s’est rien passé ». Morgan m’a fait un clin d’œil et Garcia a agité la main jusqu’à ce que la voiture disparaisse au premier tournant. Je suis entrée dans l’immeuble, ai monté les cinq étages qui me séparaient de mon appartement, ai ouvert la porte et… me suis affalée sur le fauteuil. Deux heures plus tard, je devrais être au bureau.
J’étouffe un centième bâillement. Je n’ai dormi qu’une petite heure, le reste de la nuit passé à me questionner sur ce que j’allais faire. En temps normal, j’aurai appelé ma mère. Il n’y avait aucun doute, elle penserait que je suis saoule et se contenterait de raccrocher après le mot « enlèvement ». J’ai hésité à appeler la police mais… j’étudie depuis assez longtemps pour savoir qu’aucun agent digne de ce nom ne me prenne au sérieux. Je n’avais aucun contact, en général je me contente d’aller aux cours, de nourrir mon chat, d’étudier, puis d’aller dîner avec ma mère. Contrairement à Mandy qui passe sa vie « à nouer des relations avec les gens du métier», de préférence beaux, riches, influents et mariés.
JJ : Déjà debout Milly ? Je peux t’appeler Milly ? J’ai plein de dossiers à vous présenter, ça te dirait d’en lire quelque uns avec moi ?
Millicen : Je… heu…
Rossi me lança un regard qui voulait tout dire. « Il ne s’est rien passé ».
Rossi : Si tu n’as pas envie, que dirais-tu que je te donne des conseils pour ton stage ?
Millicen : Je… heu je…
Garcia : Salut la compagnie, votre déesse de l’informatique est arrivée. Prosternez-vous ou vous serez transformé en robots serviteurs !
JJ : Salut.
Rossi : Bonjour.
Millicen : Je vais faire un Tetris avec Garcia.
JJ : Pas de soucis, rendez-vous à dix heures pour une nouvelle aventure.
J’ai ramassé les dossiers qu’il me restait à classer et suivit Garcia dans les profondeurs de son antre diabolique.
Hier, pendant la partie ce n’était que blagues, mini délires et souvenir de carrière. Aujourd’hui, bien qu’elle essaie de me faire sourire, je ne pouvais m’empêcher de la voir me lancer un sceau d’eau en pleine figure. Soudain, mon Gsm résonna. Maman.
Millicen : Allo maman ? Oui… hier soir c’était…
Garcia ne me regardait pas, elle souriait devant son écran et tapait à toute vitesse. Je savais qu’elle écoutait.
Millicen : C’était génial… on s’est bien amusé. J’ai appris… de nouveaux mots… Premier jour réussi, oui. Promis, je t’appelle demain. Bisou.
Je raccrochai. Garcia me dévisageait. Elle dévia son regard sur l’ordinateur où une nouvelle partie commençait. Je posai ma main sur les flèches directionnelles.
Millicen : Pour hier… vous allez… Reid m’a dit que…
Garcia : Tu vas t’habituer. Si tu t’intègres dans l’équipe, ça s’arrêtera.
J’étais étonnée qu’elle m’en parle ouvertement. Je m’attendais à un « de quoi tu parles, chérie ? » mais elle m’avais répondu.
Millicen : Et cette nuit, quand tu as…
Garcia : Désolée, cette nuit j’ai ramené un petit gars chez moi et tu comprendras que je préfère qu’on en parle pas.
Elle me fit un clin d’œil. Je ne pus m’empêcher de sourire. M’intégrer à l’équipe coûte que coûte, réussir mon stage, me trouver un boulot bien payé. Je devrais y arriver.
Millicen : Tu aimes le gâteau au chocolat ?
Garcia : Il y a trois divinités dans ce monde… Moi, le prince William et les gâteaux au chocolat…
Je lui souris. Pour Garcia : un shooting avec un photographe célèbre, le numéro du prince et un gâteau au chocolat… faisable. Plus vite ces soirées s’arrêteront, mieux ça ira.
Millicen : Il va être dix heures, je monte et… je crois que je t’ai battue cette fois-ci.
Un game over rouge clignotait sur l’écran de Garcia. « Trois lignées de ta générations seront maudites, fille de Satan ! » s’écria-t-elle alors que je montais le marches vers le bureau. Était-ce le manque de sommeil ? Le surplus de café ? Ma façon de réfléchir ? Il n’en est que je commençais à me sentir plus à l’aise avec ces barges…


Dernière édition par Croc le Lun 16 Aoû 2010 - 21:15, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un métier stressant... hu hu hu   Lun 16 Aoû 2010 - 20:21

Toujours super !

J'aime bien le jeu de Reid, j'ai même joué, j'ai trouvé 115 (pour achulophobie et arachnophobie) mais en un peu plus de temps.
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Croc
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MessageSujet: Re: Un métier stressant... hu hu hu   Lun 16 Aoû 2010 - 20:42

sourit_vert

Merciii =)

J'y jouais souvent quand j'étais petite, pour passer le temps ^^ Je voyais bien Reid faire ça.
Hmm... heureusement que tu me le dis pour Achluophobie, j'avais mis un autre mot au départ et j'ai oublié de changer le nombre... j'édite, ni vu ni connu angel
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Croc
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MessageSujet: Re: Un métier stressant... hu hu hu   Lun 23 Aoû 2010 - 13:06

Salut les choux, voilà le début du Chapitre 2

(En retard, plus court, moins... heu... moins. xD)

Pour le moment je fais pleins de trucs, sauf écrire. Enfin si mais pas de fic ^^ Donc désolée pour le retard, je me ferai pardonner avec la prochaine partie, promis.

En espérant que ça vous plaise sourit_vert

Résumé :
Spoiler:
 

Chapitre 2

Oubliez ce que j’ai dit ! Ils sont dingues, c’est tout. Je ne serai jamais à l’aise avec eux. Vivement que ce stage soit fini… j’ai peur.

Deuxième jour - Dix heures, le temps des dossiers.

Ils sont tous là, assis, mine de rien. Garcia est à l’écran. Quand Hotch est arrivé, il m’a demandé si j’appréciais le stage, que ce boulot était un boulot magnifique mais qu’il fallait que je me sente plus à l’aise si je voulais montrer toutes mes compétences… Dans ma tête, je lui frappais tellement fort la tête contre mon bureau, ses dents pleines de sang, que son dentiste avait mal pour lui. Mais je lui ai souri « Oui monsieur, parfait monsieur, pas de problème monsieur. » avant de les rejoindre en salle de Débriefing. JJ a claqué un dossier sur la table, elle ne souriait pas. Elle avait les larmes aux yeux.
- C’est injuste ! Je ne comprends pas que personne ne se soit encore inquiété de l’affaire ! Je… excusez-moi.
Sa voix tremblait et elle avait du mal à cacher ses émotions. Hotch demeurait de marbre, Emily avait tourné la tête devant les photos, Reid… je n’osais plus le regarder en face mais il semblait intrigué par ce document envoyé à Garcia il y a quelques minutes. Morgan avait l’air furieux, un poing martelant la table irrégulièrement, la faisant vibrer et manquant de renverses mon thé à chaque seconde. Garcia était choquée mais se contentait de taper je ne sais quoi au clavier. Rossi, comme moi, observait les corps mutilés avec intérêt. Personnellement, tant qu’il n’y avait pas de sang, mon cœur ne chavirait pas. Cinquante corps de jeunes garçons nus étaient abandonnés dans ce qui semblait un bâtiment abandonné. L’ensemble formait le mot « H.E.L.P ». Flippant. Peut-être un parking souterrain. Couché sur le ventre, blancs, les enfants semblaient à des clones. Des cheveux bruns rasés, d’une minceur inquiétante, environ dix ans, certains étaient là depuis plusieurs années au vu de la décomposition élevée des corps. D’autres semblaient endormis, à jamais.
Hotch appela Garcia qui remplaça les images morbides à l’écran.
Hotch : Si le tueur l’a envoyé sur ton e-mail personnel, Garcia, c’est qu’il a des informations confidentielles sur nous. Peux-tu le localiser à partir de ce mail ?
Garcia : Ce serait déjà fait, chéri. D’après mon traqueur, il est à Mexico, Paris, Amsterdam et Las Vegas en même temps. Il a utilisé un relais. Mais j’y travaille, s’il m’envoie un autre mail, je le coincerai.
Hotch : Merci Garcia… je t’ai déjà dit de ne plus m’appeler « chéri ».
Hotch était très sombre. En mode « je suis un méchant, très méchant zombie qui mange des enfants au petit déjeuner et même que le soir j’égorge ta mère ! » Peut-être n’avait-il pas assez dormi… l’enflure. Je lui en voulais plus qu’aux autres d’être barge parce que c’est lui qui parlerait à ma dirigeante de stage dans deux semaines et qu’il était sensé me rassurer quand quelque chose se passait mal. Sur mon carnet de note, une bête mi Hotch mi Godzilla prenait forme. Ma mère m’avait dit de prendre des cours artistiques mais un grain inexpliqué m’avait envoyé vers le profilage. Rossi se pencha vers mon croquis.
Rossi : Très ressemblant. J’aime la bulle « I’ll kill your mum after breakfast », murmura-t-il.
Je l’observai, lui souris nerveusement puis amicalement. Lui non plus ne semblait pas écoeuré devant la violence des photos. Il but une gorgée de café, grimaça et se reprit d’attention pour les débriefing. Moi aussi. Garcia avait disparu et les trois prises de vue envoyées étaient de retour. Une vue plongeante, sûrement prise d’un étage supérieur, une parmi les corps qui ne laissait malheureusement pas voir l’ombre du photographe et une troisième du visage paisible d’un gamin. JJ s’assit brutalement et planta son regard dans celui de Hotch.
JJ : Cinquante enfants ont disparus sans que personne n’enquête. J’ai le dossier de celui dont on voit le visage. Michael Johnson, surnommé Mike…
Michael Johnson. Mike Johnson. Quelle idée d’appeler son fils Michael si notre nom de famille est Johnson. Sur six milliards et demi de terriens, cinq milliards devaient s’appeler Michael Johnson. Je notai distraitement son nom aux côtés du « Hotchzilla »
JJ : C’était un enfant qui traînait dans la rue. Il n’avait pas vraiment de famille, pas vraiment d’amis, pas de domicile fixe, pas de quoi se nourrir tous les jours… c’est comme les putes, personnes n’y fait attention. Personne pour le porter disparus, pour porter plainte… Il s’attaque à des enfants, Aaron. On prend le dossier ?
Hotch, très solennel, hocha la tête alors quand dans la mienne résonnait le joyeux « je m’appelle Rémi et je suis sans famille ».
Hotch : Reid, va aux labos et aide-les à analyser les photos. JJ et Garcia, vous éplucher tous les dossiers de enfants entre six et douze ans qui correspondent au physique disparus ces cinq dernières années. Rossi et Emily, vous allez interroger les sans abris qui fréquentaient le petit Mike… Dans quel quartier vivait-il, JJ ?
JJ : A deux pas d’ici. Dans la cinquième avenue. Vous pouvez interroger le gérant d’un restaurant chinois. Mike venait chercher les déchets des repas tous les jours après le service.
Elle renifla, essuya une larme et se leva.
JJ : Je… je vais chercher l’adresse.
Millicen : Et nous, que fait-on ?
Hotch daigna enfin me regarder.
Hotch : Toi, tu accompagnes Reid. Moi, j’ai quelqu’un à voir…
Millicen : Mais pourquoi Re…
Hotch : Parce que. Allez !
Je ramassai mes affaires et me dirigeai vers la porte où « Le Grand Méchant Reid », appuyé nonchalamment contre la porte, m’attendait. Quand je passai à côté de lui, il me fit signe de la main qui ne tenait pas son gobelet de café. En mode « Je suis jeune, beau, riche, intelligent, modeste, stressé et en plus j’ai du café ». Je descendis les marches sans l’attendre mais dû me rendre à l’évidence…
Millicen : Hmm… où est le labo ?
Reid sourit et passa devant moi. En me tournant vers lui, j’avais remarqué que Rossi et Hotch s’étaient attardé en salle de débriefing et parlaient, très sérieux. Leurs regards croisèrent le mien… J’espère que Rossi n’a rien dit à propos de mon dessin. Faut que je change place.

Aux labos, entre le Dr. Reid et le Dr. Jekyll.

J’ai appris plein de choses intéressantes. Je savais que le fait d’abandonner ses victimes était signe de négligence, les enfants sont des objets. Mais la mise en scène théâtrale démontre un besoin d’attention, une grande solitude. Les placer face contre terre et synonyme de remord, contradictoire avec ce qui a été dit plus haut, mais que cela renvoyait à un autre petit garçon pour lequel le tueur avait du remord. Donc les corps ne servent à rien, juste à exprimer sa peine d’avoir tué, ou fait du mal, à un autre petit Mike Johnson. Ensuite Reid et les laborantins ont démontrés avec deux rayons de soleil, des plaques abandonnées au sol et une tâche d’encre sur la photo qu’il s’agissait effectivement d’un parking abandonné situé en Virginie. Tant mieux, c’est là qu’on est. Pour une fois que cette affaire était automatiquement la notre, elle aurait pu être… aux Seychelles, sur une île privée, au milieu de l’océan, en Alaska… non. Virginie. D’un côté, c’est pratique, y’a des restaurants un peu partout. Garcia a appelé toute paniquée, elle a découvert un virus super discret qui se cachait sur son ordinateur depuis qu’elle avait ouvert le mail, il y a une heure et demie. Il y envoyait des informations sur un ordinateur situé… Oh ouiiiiii !
Millicen : Dis-moi, dis-moi, dis le moi !
Reid : Te dire quoi ?
Millicen : Qu’on part à Miami Beach !
Reid : C’est possible, si Hotch décide que l’ensemble de l’équipe s’y rend pour visiter l’adresse donnée où s’il préfère que l’on se sépare.
Son manque d’enthousiasme me semblait juste incroyable. Je lui tapotai l’épaule, bien qu’elle soit trop haute pour que je fasse cela aisément.
Millicen : T’es étrange, mais pas dangereux. Et même si, quand je dis « carotte », tu penses « soixante », il y a des choses que tu dois apprendre. Miami Beach dans ma chambre c’est l’équivalent d’un poster d’une femme dans la chambre de Morgan. Un truc auquel je rêve mais pour lesquels je n’ai pas les moyen. Alors que je te dis, « Dis le moi ! », tu réponds…
Reid : … Quatre-vingt-deux.
Millicen : Laisse tomber.
Les gars du labos nous dévisageaient avec la Discrétion Infuse mais ne dirent rien alors que nous sortions vers le bureau de Hotch.

Deux heures plus tard, dans mon appartement.

Je vais épouser Hotch. Je l’ai décidé quand il a dit :« Je pense que… nous devrions préparer le jet pour Miami ». Garcia a gloussé de plaisir, je parie qu’on a le même poster dans nos chambres. Morgan doit y passer tous ses week-end, il n’a pas sourcillé. Le bulldog n’a qu’un seul but : attraper le tueur. Rossi a soupiré, la plage,… non. Il préférait rester ici et interroger tout ce qui bougeait. Au vu du regard lancé par Hotch, je doutai qu’il ne s’agisse que de cela. Je n’étais pas un fin limier, si quand même, mais le reste de l’équipe se doutait de quelque chose. Des agents locaux avaient fait une descente dans l’immeuble situé en bord de mer. Personne. Mais un ordinateur demeurait sur un bureau. Ils nous attendent pour l’ouvrir.
Hotch : Rendez-vous à seize heures au jet.
Il a attendu que tous partent avant de me rappeler. Il ferma la porte, je m’assis loin de lui.
Hotch : Pas trop difficile ?
Millicen : … quoi ?
Hotch : Ce que tu vis. Le métier… les collègues… les morts.
Millicen ; Non… ça va. Fort étonnant parfois, d’autres sont l’application de mes connaissances. Le métier me plait beaucoup.
Je me levai et ouvris la porte dont je ne m’étais pas éloignée mais il continua. Je refermai la porte.
Hotch : Et avec Reid, ça va ? Il est surprenant c’est vrai. Tu t’y fera.
Il planta ses yeux dans les miens, les sourcils froncé, sérieux comme un tronc d’arbre.
Millicen : Je peux y aller ?
Il hocha la tête et je me ruai vers le dehors. Avec un peu de chance un bus passerait rapidement.
J’avais bouclé ma valise depuis longtemps. Nous ne restions que deux jours, bien assez pour me faire une idée de l’endroit. Deux maillots, de la crème solaire, des tongs, des mots croisés en masse, des vêtements, un appareil photo et mon portable pour appeler maman. Pour le moment, assise sur mon lit, je réfléchissais au notre tueur, et ce depuis une heure et demie, couchée sur mon lit. Si autant de pauvres gosses l’avaient suivis - car s’il y avait eu violence, il y aurait des signes de luttes - il s’agissait d’une personne d’apparence chaleureuse, séduisante, peut-être une femme ? Ou un autre enfant appât ? Il y avait-il un ou des tueurs ? Peut-être ces gamins avaient été menacé par une arme et contrait de suivre leurs agresseurs… pourquoi ne pas utiliser cette arme pour les tuer ? Si les agressions avaient commencé il y a plus ou moins cinq ans, c’est que le déclencheur avait eu lieu dans ces eaux là. Il fallait rechercher les disparitions, les meurtres, les tentatives de meurtre, les viols ou n’importe quelles agressions d’enfant de dix ans, brun, maigre et pâle. Autant dire qu’on cherchait une goutte d’eau précise dans l’océan. Je soupirai, quelle heure était-il ?

16 heures 30, dans le jet.

Je viens de me rappeler d’une chose, assez importante. La seule fois où j’ai pris l’avion, je n’ai pas pu profiter du panorama mais des toilettes et des relents d’estomacs étouffants. Garcia non plus n’était pas très à l’aise, elle voyageait rarement avec l’équipe. Assises l’une à côté de l’autre, nous écoutions très attentivement, un peu trop, ce que Hotch nous disait. En gros que nous foncions probablement dans un piège, que le tueur nous épiait mais que nous ne le verrions pas. Quelque chose l’a poussé à nous contacter de façon « privée », il le refera bientôt. JJ m’a regardé droit dans les yeux, un petit sourire aux lèvres.
JJ : Pas de repos tant que nous n’avons pas attrapé ce monstre.
… C’est-ce qu’on verra, JJ.
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Un métier stressant... hu hu hu
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